Les 25 révélations de ces 5 dernières années

Le Polyester fête ses 5 ans ! 5 ans au cours desquels nous avons chroniqué près de 1400 longs métrages, interviewé près de 500 artistes et couvert plus de 50 festivals en France et à l’étranger. Depuis sa création, Le Polyester a toujours eu à cœur de partager les découvertes du cinéma d’auteur et de soutenir les jeunes cinéastes. C’est tout naturellement que pour notre anniversaire, nous vous proposons une sélection des 25 meilleurs premiers longs métrages du monde entier, réalisés ces 5 dernières années de 2018 à 2022.


Photo du film An Elephant Sitting Still, de Hu Bo

An Elephant Sitting Still, Hu Bo (Chine)
L’histoire : Au nord de la Chine, une vaste ville post-industrielle et pourtant vide, plongée dans un brouillard perpétuel qui semble piéger ses habitants. Un matin, une simple altercation entre deux adolescents dans un lycée dégénère et va souder les destins de quatre individus brisés par l’égoïsme familial et la violence sociale.
Pourquoi on l’aime : C’est l’un des coups de tonnerre de ces dernières années. Dévoilé à la Berlinale, An Elephant Sitting Still est un film-fleuve hypnotique, un éprouvant labyrinthe dont la mise en scène fait preuve d’une grande virtuosité. Portrait d’une société à l’égoïsme glaçant, ce chef d’œuvre restera l’unique film de Hu Bo, qui s’est suicidé avant que son film ne soit vu. An Elephant est l’une des nombreuses merveilles du jeune cinéma chinois, omniprésent dans cette sélection.



Atlantique, Mati Diop (Sénégal, France)
L’histoire : Dans une banlieue populaire de Dakar, les ouvriers du chantier d’une tour futuriste, sans salaire depuis des mois, décident de quitter le pays par l’océan pour un avenir meilleur. Parmi eux se trouve Souleiman, l’amant d’Ada, promise à un autre. Quelques jours après le départ des garçons, un incendie dévaste la fête de mariage de la jeune femme et de mystérieuses fièvres s’emparent des filles du quartier…
Pourquoi on l’aime : Déjà remarquée avec son moyen métrage Mille soleils, la Franco-Sénégalaise Mati Diop est entrée par la grande porte avec son premier long, lauréat du Grand Prix au Festival de Cannes. Atlantique est un film d’un panache fou, qu’on a l’impression de n’avoir jamais vu, à l’imaginaire aussi envoûtant que son discours politique est tranchant. Une révélation rayonnante.



Au commencement, Dea Kulumbegashvili (Géorgie)
L’histoire : Yana vit une existence rangée dans une petite ville de province géorgienne orthodoxe, au sein d’une communauté de Témoins de Jéhovah. Quand le lieu de culte où son mari officie est incendié par des extrémistes, un mystérieux enquêteur s’empare de l’affaire. Le monde de Yana bascule alors.
Pourquoi on l’aime : Sorti trop discrètement dans nos salles après un brillant parcours en festival, Au commencement est une découverte majeure, d’une extraordinaire puissance formelle. L’épure chez Dea Kulumbegashvili fait naître une bouleversante intensité émotionnelle et son film envoûtant n’est jamais meilleur que quand il est insondable. La cinéaste travaille sur la post-production de son nouveau film, Those Who Find Me.



La Casa lobo, Cristóbal León & Joaquín Cociña (Chili)
L’histoire : Poursuivie par des fanatiques religieux pour avoir laissé s’échapper trois petits cochons de leur enclos, Maria se réfugie dans une maison qui semble réagir à ses émotions.
Pourquoi on l’aime : Avec son animation mêlant stop-motion et peinture dans un mouvement constant, La Casa lobo est un sombre conte aussi audacieux qu’étourdissant. C’est un étrange ovni, à la fois politique et merveilleux, habité par une poésie noire comme rarement vue ailleurs. Les cinéastes ont, depuis, été repérés par Ari Aster qui leur a proposé de réaliser la formidable séquence animée du récent Beau is Afraid.



The Cloud Messenger, Rahat Mahajan (Inde)
L’histoire : Jaivardhana, 16 ans, ne s’épanouit guère dans son pensionnat quelque part dans les brumes de l’Himalaya. Un répit se présente lorsqu’un ancien enseignant arrive à l’école et offre aux élèves intéressés la possibilité d’assister à un atelier de photographie. Les jeunes n’apprennent pas la profondeur de champ ou la vitesse d’obturation, mais à ouvrir leurs sens et à faire l’expérience du monde qui les entoure…
Pourquoi on l’aime : Le jeune cinéma indien est, aux côtés du cinéma chinois, l’un de ceux qui s’est distingué ces dernières années. The Cloud Messenger de Rahat Mahajan (lire notre entretien) en est l’exemple le plus fou et flamboyant : à la fois histoire d’amour et récit légendaire, ce formidable pari esthétique est un film envoûté et envoûtant. L’occasion de saluer l’excellent travail de défrichage du Festival de Rotterdam et de sa directrice Vanja Kaludjercic (lire notre entretien).



Comme si de rien n’était, Eva Trobisch (Allemagne)
L’histoire : Si vous ne percevez pas ce qui vous arrive comme un problème, alors vous n’en avez pas. Voilà résumée l’attitude de Janne. Même quand ce problème est le viol qu’elle subit, elle refuse de se considérer comme une victime, ne reporte pas le crime et n’en parle à personne. Pourtant, dans sa volonté d’affirmer que tout va bien, elle va perdre peu à peu le contrôle de sa vie.
Pourquoi on l’aime : L’Allemagne est probablement le pays dont les réalisatrices ont le moins froid aux yeux. Eva Trobisch (lire notre entretien) en est un brillant exemple avec ce film gonflé et sans compromis, à l’héroïne nuancée. Ni thriller et encore moins rape & revenge, Comme si de rien n’était est porté par une tension dingue jusqu’à l’un des dénouements les plus marquants de ces dernières années.



Farewell, My Hometown, Wang Erzhuo (Chine)
L’histoire : Trois femmes de générations différentes sont filmées à un tournant de leur vie. Quel que soit leur âge, toutes ont perdu quelque chose en chemin et mis leurs rêves de côté. Dureté de l’existence, mort d’un·e enfant, sirènes trompeuses de la vie moderne, sacrifice des parents : dans cette société, les raisons de perdre ses illusions ne manquent pas.
Pourquoi on l’aime : Couronné au Festival de Busan, Wang Erzhuo (lire notre entretien) fait preuve à la fois d’un talent très fin de narrateur et s’inscrit parmi les formalistes chinois les plus prometteurs. Farewell, My Hometown est constitué d’un flot d’images qui ressemble à de la poésie filmée. Le résultat est profondément émouvant et d’une beauté étourdissante – une pure grâce.



Foudre, Carmen Jaquier (Suisse)
L’histoire : Pendant l’été 1900, Elisabeth a dix-sept ans et s’apprête à faire ses vœux après cinq ans passés au couvent, quand le décès brutal et inattendu de sa sœur aînée l’oblige à rentrer auprès de sa famille. Élisabeth va alors être confrontée à nouveau à la vie de labeur qu’elle avait laissée derrière elle, mais cette fois-ci elle n’est plus un enfant et les mystères qui entourent la mort de sa sœur la poussent à réfléchir à sa vie.
Pourquoi on l’aime : Choisi pour représenter la Suisse aux prochains Oscars après une remarquable carrière en festivals, Foudre est une exploration incandescente et sensorielle de la liberté. Carmen Jaquier (lire notre entretien) a un talent stupéfiant pour mettre en scène ses différents mystères. C’est effectivement là une révélation foudroyante, qui sortira prochainement dans les salles françaises.



Hérédité, Ari Aster (Etats-Unis)
L’histoire : Lorsque Ellen, matriarche de la famille Graham, décède, sa famille découvre des secrets de plus en plus terrifiants sur sa lignée. Une hérédité sinistre à laquelle il semble impossible d’échapper.
Pourquoi on l’aime : La façon avec laquelle Ari Aster a confirmé son talent avec deux autres films hors normes (Midsommar et Beau is Afraid) donne l’impression de parler (déjà) d’une vieille connaissance. Hérédité est arrivé comme une comète : c’est un film d’horreur qui n’a peur de rien, un conte dérangeant rempli de visions horrifiques inspirées, par un talent qui semble parti pour durer.


Photo du film Les Héritières (Las herederas), de Marcelo Martinessi (Paraguay, 2018)

Les Héritières, Marcelo Martinessi (Paraguay)
L’histoire : Chela, la soixantaine, appartient à la petite bourgeoisie paraguayenne et est forcée d’affronter la vie alors que son héritage est en train de disparaître et que sa compagne est envoyée en prison.
Pourquoi on l’aime : Doublement primé à la Berlinale avant sa sortie française, Les Héritières est un portrait surprenant, à l’ambiguïté enthousiasmante et d’une très grande finesse d’écriture. Marcelo Martinessi (lire notre entretien) fait montre d’un sens de la suggestion particulièrement prometteur. Il prépare actuellement son nouveau long métrage, intitulé ¿Quién mató a Narciso?.



Holiday, Isabella Eklöf (Danemark)
L’histoire : La jeune Sascha découvre, alors qu’elle passe ses vacances sur la Riviera turque à Bodrum auprès de son compagnon mafieux, que sa vie rêvée de luxe, d’insouciance et de plaisir a un prix.
Pourquoi on l’aime : La Suédoise Isabella Eklöf (lire notre entretien) signe une chronique politiquement incorrecte avec Holiday. Aussi imprévisible qu’inconfortable, Holiday parvient peu à peu à être plus complexe et subtil qu’il n’en a l’air – la talentueuse cinéaste semble en effet avoir de la ressource. Elle également brillé comme scénariste de l’inclassable Border et prépare son prochain long métrage intitulé Kalak.



To Kill the Beast, Agustina San Martín (Argentine)
L’histoire : A la frontière de l’Argentine et du Brésil, Emilia, 17 ans, recherche ardemment son frère disparu. Son périple la mène dans l’hôtel de sa tante au coeur de la jungle tropicale, hanté par une bête monstrueuse, qui, selon les mythes et croyances locales, serait l’incarnation protéiforme d’un esprit diabolique. Entre réalité et mythe, culpabilité et éveil de sa sexualité, Emilia va devoir affronter son passé.
Pourquoi on l’aime : Alors que trop de premiers films semblent être avant tout des illustrations de scénarios, ce conte gothique, sensuel et tropical révèle un talent pictural rare. Agustina San Martín (lire notre entretien) sait ouvrir la porte du rêve et nous fait pénétrer dans l’inconscient de cette jungle enivrante. Avant sa sortie en salles, rappelons que le film, comme d’autres qui composent cette sélection, a fait sa première française au Festival de La Roche-Sur-Yon dont le travail de recherche est chaque année remarquable.



Mama, Li Dongmei (Chine)
L’histoire : 7 jours au cœur d’un village rural dans la Chine des années 90. Le film retrace les souvenirs de Xianxian, alors 12 ans, concernant sa famille et son village. Durant cette semaine, elle va être la témoin de trois morts et deux naissances, notamment le décès de sa propre mère lorsque celle-ci donne naissance à la quatrième sœur de Xianxian…
Pourquoi on l’aime : D’inspiration autobiographique, Mama est un premier long métrage émouvant, radical et majestueux. Li Dongmei (lire notre entretien) signe un petit trésor qui refuse le sentimentalisme – c’est par son élégance et sa pudeur que le film se distingue. La sensibilité de la cinéaste nous invite à redécouvrir ce que l’on voit.



Manta Ray, Phuttiphong Aroonpheng (Thaïlande)
L’histoire : Près d’une côte où des réfugiés Rohingyas ont été retrouvés noyés, un jeune pêcheur thaïlandais trouve en pleine forêt un homme blessé et inconscient. Il lui porte secours et le soigne. L’étranger se révèle être muet. Il le nomme Thongchai et lui offre son amitié…
Pourquoi on l’aime : Les visions stupéfiantes de Manta Ray inscrivent le film dans la lignée du cinéma hypnotique et magique d’Apichatpong Weerasethakul. Ce premier long métrage se distingue par une grâce troublante et un sens du merveilleux : chez Phuttiphong Aroonpheng (lire notre entretien), le propos politique, l’imaginaire et la poésie ne sont ni étanches, ni déconnectés. Aroonpheng a achevé son nouveau film, intitulé Morrison.



Moon, 66 Questions, Jacqueline Lentzou (Grèce)
L’histoire : Après des années passées éloignés, Artemis doit retrouver son père à Athènes en raison de l’état de santé fragile de ce dernier. La découverte du secret bien gardé de son père permet à Artemis de mieux le comprendre, d’une manière dont elle était incapable auparavant, et ainsi de l’aimer vraiment pour la première fois.
Pourquoi on l’aime : Déjà repérée avec son excellent court métrage The End of Suffering, la Grecque Jacqueline Lentzou signe une chronique familiale très singulière : Moon, 66 Questions donne l’impression d’ouvrir grand une fenêtre sur son intimité la plus profonde, donnant chair à une émotion complexe et contagieuse. La cinéaste travaille sur son nouveau film, un récit adolescent intitulé A Day in the Life of Jo. Chapter : Phaedra.



Saint Maud, Rose Glass (Royaume-Uni)
L’histoire : Maud, infirmière à domicile, s’installe chez Amanda, une célèbre danseuse fragilisée par la maladie qui la maintient cloîtrée dans son immense maison. Maud, tourmentée par un terrible secret et par les messages qu’elle pense recevoir directement de Dieu, se persuade qu’elle doit accomplir une mission : sauver l’âme d’Amanda.
Pourquoi on l’aime : Malheureusement privé de sortie française au cours de la crise sanitaire, Saint Maud est l’une des grandes révélations fantastiques de ces dernières années. Ce film très retenu et très spectaculaire, parfaitement sérieux et pourtant drôle, brille par sa dextérité d’écriture et sa densité formelle. Rose Glass (lire notre entretien) achève actuellement son nouveau film intitulé Love Lies Bleeding, qui met en scène Kristen Stewart.



The Scary of Sixty-First, Dasha Nekrasova (Etats-Unis)
L’histoire : Noelle et Addie cherchent une colocation et tombent sur l’affaire du siècle: un duplex dans le quartier chic de l’Upper East Side à Manhattan. Peu après leur emménagement, l’appartement révèle un visage plus sinistre alors qu’une mystérieuse femme les informe que celui-ci appartenait à Jeffrey Epstein.
Pourquoi on l’aime : Découvert à la Berlinale dans la nouvelle compétition Encounters (le meilleur vivier de découvertes de ces dernières années), The Scary of Sixty-First est l’un des films récents les plus gonflés. Dasha Nekrasova se permet une totale liberté de ton (empruntant notamment au camp du giallo) sans jamais cesser de prendre au sérieux l’horreur réelle de l’affaire Epstein. Voilà bien un incroyable tour de force narratif.



She Will, Charlotte Colbert (Royaume-Uni)
L’histoire : Veronica part en convalescence dans la campagne écossaise avec sa jeune infirmière, Desi, après avoir subie une double mastectomie. Les deux femmes développent un lien particulier, alors que des forces mystérieuses amènent Veronica à s’interroger sur ses traumatismes passés et comment les venger.
Pourquoi on l’aime : Prix du meilleur premier film à Locarno, She Will est un superbe conte fantastique en forme de métaphore sur le cinéma. Également artiste plasticienne, Charlotte Colbert (lire notre entretien) jongle avec talent et intelligence entre les registres horrifiques et offre un regard rare sur le cinéma de genre. Le résultat est aussi imprévisible que galvanisant.


Suburban Birds, de Qiu Sheng

Suburban Birds, Qiu Sheng (Chine)
L’histoire : Un effondrement de terrain s’est produit dans un quartier de banlieue et une équipe d’ingénieurs, dont Hao fait partie, est dépêchée pour en trouver la cause. Après des jours à arpenter la banlieue vide en quête de réponses, chargé de son lourd matériel, Hao entre dans une école primaire où il trouve un journal retraçant l’histoire d’un garçon…
Pourquoi on l’aime : Au croisement entre Hong Sangsoo, Apichatpong Weerasethakul et le meilleur du jeune cinéma chinois d’auteur actuel, Suburban Birds est un film poétique, mystérieux et étonnant. Le jeune Qiu Sheng (lire notre entretien) se révèle être un grand styliste dans ce film rayonnant (quelles lumières ! quelles couleurs !), à la fois énigmatique et chaleureux.



Taste, Lê Bảo (Vietnam)
L’histoire : Un Nigérian passe sa journée dans les bidonvilles sombres et peu accueillants de Ho Chi Minh-Ville. Il est apparemment familier avec cet environnement sans soleil. Lorsque son contrat avec une équipe de football est résilié, il emménage avec quatre Vietnamiennes entre deux âges…
Pourquoi on l’aime : Taste est un film-monde hypnotisant, peuplé d’inoubliables visions. Le Vietnamien Lê Bảo (lire notre entretien), primé à la Berlinale, réalise une œuvre aussi poétique que politique, dans laquelle on retrouve les échos de deux illustres maîtres du cinéma contemporain : Tsai Ming-Liang et Pedro Costa. Cette flamboyante mise en scène est un tour de force.



Touch Me Not, Adina Pintilie (Roumanie)
L’histoire : A la frontière entre réalité et fiction, Touch Me Not suit le parcours émotionnel de Laura, Tomas et Christian qui cherchent à apprivoiser leur intimité et leur sexualité. Si cette soif d’intimité (toucher et être touché, au sens propre comme au sens figuré) les attire autant qu’elle les effraie, leur désir de se libérer de vieux schémas est plus fort.
Pourquoi on l’aime : Ours d’or surprise à la Berlinale 2018, Touch Me Not est une expérience unique qui tranche nettement avec ce que l’on peut habituellement voir du cinéma d’auteur roumain. Stupéfiant et subversif, le film d’Adina Pintilie (lire notre entretien) réimagine à sa manière le rapport à son propre corps, et les limites de ce dernier. Pintilie a depuis représenté la Roumanie à la dernière Biennale d’art contemporain de Venise.



Tu me ressembles, Dina Amer (Egypte)
L’histoire : En banlieue parisienne, deux sœurs se retrouvent séparées. Hasna, l’aînée, lutte pour trouver son identité.
Pourquoi on l’aime : Resté inédit chez nous et probablement pas assez raccord avec l’actuelle France réactionnaire, Tu me ressembles est un film complexe, courageux et puissant. L’Égyptienne Dina Amer (lire notre entretien) offre un point de vue unique sur un sujet brûlant – celles et ceux qui se lamentent sur une soi disant cancel culture concernant des cinéastes largement mis en avant devraient se pencher sur une telle invisibilité.



Vanishing Days, Zhu Xin (Chine)
L’histoire : En 2009, lors d’un été suffocant. Li Senlin peine sur un essai qu’elle a à rédiger quand sa tante vient lui rendre visite. La réalité et la mémoire s’embrouillent quand sa tante lui remémore une étrange histoire survenue sur une île déserte. Et pendant ce temps, tout le monde est écrasé par la chaleur…
Pourquoi on l’aime : Dernière révélation chinoise de notre dossier, Vanishing Days est un petit joyau. Zhu Xin (lire notre entretien) fait preuve d’un imaginaire grand comme une carte du monde dans ce film qui brouille à merveille la frontière qui sépare le présent de la mémoire, le fantasme du réel. Pourquoi choisir ? La grâce onirique et la dimension enchanteresse de ce premier film sont très prometteuses.



When the Trees Fall, Marysia Nikitiuk (Ukraine)
L’histoire : Larysa est amoureuse de Scar, une petite frappe, mais dans leur petit village ukrainien leur amour est vu du mauvais œil. Les amoureux rêvent de s’enfuir et de s’émanciper des traditions.
Pourquoi on l’aime : When the Trees Fall mêle avec brio le drame social, le thriller et le conte de fées. Il y a ici plus de personnalité que dans la plupart des films qu’on peut voir chaque année – ainsi qu’un souffle à renverser les arbres. Après ce long métrage étourdissant, Marysia Nikitiuk (lire notre entretien) a signé Lucky Girl, qui a commencé à circuler en festivals fin 2022.



You Won’t Be Alone, Goran Stolevski (Australie)
L’histoire : Au 19e siècle, dans un village de montagnes isolé de Macédoine, une sorcière propose un pacte terrifiant à une villageoise.
Pourquoi on l’aime : Un dernier film qui se distingue par son originalité pour ce dossier de découvertes – avec ici une captivante folk horror saupoudrée de Terrence Malick, et dont l’excitante structure narrative est d’une admirable liberté. Le nouveau long métrage de Goran Stolevski, Housekeeping for Beginners, fait partie de la compétition Orizzonti à la prochaine Mostra de Venise.


Nicolas Bardot & Gregory Coutaut

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