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	<title>Interviews - Le Polyester, La fibre du cinéma d&#039;auteur</title>
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	<title>Interviews - Le Polyester, La fibre du cinéma d&#039;auteur</title>
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		<title>Entretien avec Valeska Grisebach </title>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Jul 2026 15:14:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il aura fallu attendre presque dix ans le retour de la trop rare Valeska Grisebach. Dans L&#8217;Aventure rêvée, lauréat du [&#8230;]</p>
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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Il aura fallu attendre presque dix ans le retour de la trop rare Valeska Grisebach. Dans <a href="https://lepolyester.com/critique-laventure-revee/"><em>L&rsquo;Aventure rêvée</em></a>, lauréat du Prix du jury au dernier Festival de Cannes, la brillante cinéaste allemande suit une héroïne archéologue à la frontière entre la Bulgarie et la Turquie et déjoue de façon chaleureuse les archétypes masculins du western et du film de gangster. <em>L&rsquo;Aventure rêvée</em> sort dans les salles françaises le 15 juillet, et Valeska Grisebach est notre invitée.</strong></h4>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Lors d&rsquo;une scène de <em><a href="https://lepolyester.com/critique-laventure-revee/">L&rsquo;Aventurée rêvée</a></em>, un personnage féminin qualifie les années 90 d&rsquo;<em>« âge d&rsquo;or des hommes »</em>. Que signifie a vos yeux cette expression&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une expression que j&rsquo;ai entendue prononcée telle quelle, à plusieurs reprises, et qui a d&rsquo;ailleurs servi de point de départ pour ce projet. J&rsquo;avais déjà tourné mon film précédent, <strong>Western</strong>, en Bulgarie, et déjà à l&rsquo;époque j&rsquo;avais conscience que je ne voulais pas me séparer trop rapidement de cette région-là et que j&rsquo;allais revenir y tourner. J&rsquo;avais bien sûr mes doutes sur ma place là-bas en tant que réalisatrice allemande, mais je dirais justement que, pour la génération qui a connu les années 90, les habitants de cette région et les Allemands ont beaucoup en commun&nbsp;: nous avons vécu cette période d&rsquo;espoir d&rsquo;unification européenne mais nous en avons des souvenirs et des expériences très différents. Les Bulgares et moi avons traversé cette période de manière très différente, j&rsquo;en avais conscience et je tenais justement à garder cela à l&rsquo;esprit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En parlant de cette période avec des Bulgares, une image récurrente revenait, celle de l&rsquo;homme blanc héros d&rsquo;une reconquête à grande échelle. Ce cliché est beaucoup moqué aujourd&rsquo;hui, enfin disons que les hommes et les femmes en parlent très différemment. On pourrait dire que cette figure est devenue un mythe, une légende, et c&rsquo;est justement à partir de là qu&rsquo;elle m&rsquo;intéresse, parce qu&rsquo;elle devient alors une figure de cinéma, de fiction, une métaphore, un personnage de western ou de film de guerre. C&rsquo;est à cela que fait référence cette expression d&rsquo;<em>« âge d&rsquo;or des hommes »</em>. Je me suis demandé quel écho pouvait bien trouver cette notion dans notre monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, et qu&rsquo;est-ce qui reste de ce supposé âge d&rsquo;or dans l&rsquo;Europe de 2026.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee1-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-73365" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee1-1024x576.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee1-300x169.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee1-768x432.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee1-1536x864.jpg 1536w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee1.jpg 1600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Votre film précédent s&rsquo;appelait effectivement <em>Western</em>, <em>L&rsquo;Aventure rêvée</em> tourne autour des figures du film de gangster ou de mafia, vous évoquez également le film de guerre, soit des genres très masculins. En quelque sorte votre cinéma s&rsquo;attaque lui aussi à un <em>« âge d&rsquo;or des hommes »</em>.</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est vrai, d&rsquo;ailleurs je voudrais dire que je ne fais pas vraiment de distinction claire entre ces différents genres. Il s&rsquo;agit tout simplement du cinéma avec lequel j&rsquo;ai grandi, je fais partie d&rsquo;une génération où l&rsquo;on grandissait toutes et tous avec ces modèles-là. La télévision des années 70 et 80 était remplie à ras bord de ces classiques hollywoodiens ou ces films de genre. Je me sens tout simplement chez moi dans ces registres. Un phénomène particulier avait lieu lorsque je découvrais ces films, et il se produit encore quand je les revois&nbsp;: parmi tous les personnages de ces films, c&rsquo;est toujours au héros masculin que je m&rsquo;identifiais, parce que ces films étaient construits ainsi. En tant que spectatrice, je suis fascinée par la complexité de cette question. Qui est-ce que je regarde et comment est-ce que je regarde lorsque je vois ces films&nbsp;? Et aujourd&rsquo;hui en tant que réalisatrice, je trouve que ces genres ont énormément de choses à nous apprendre sur le genre, sur le type d&rsquo;action ou de réaction que l&rsquo;on attend d&rsquo;un personnage masculin ou féminin.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;Aventure rêvée </strong>a été décrit comme un western au féminin et je crois que la formule me convient. Lorsque j&rsquo;ai réalisé <strong>Western</strong>, j&rsquo;avais bien sûr déjà conscience de l&rsquo;énorme influence que ce genre avait eu sur moi, mais une fois le film terminé, je me suis demandé si je n&rsquo;avais pas laissé passer l&rsquo;occasion de faire davantage intervenir de personnages féminins. J&rsquo;avais donc gardé à l’esprit le désir de revenir un jour au western mais en cherchant comment une héroïne pourrait justement interagir avec les codes très masculins du genre. Mon idée c’était vraiment de laisser débarquer une femme sur un plateau de tournage de western et de voir ce qui se passait. Ça aussi, ce fut un point de départ pour <strong>L’Aventure rêvée</strong>.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee2-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-73366" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee2-1024x576.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee2-300x169.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee2-768x432.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee2-1536x864.jpg 1536w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee2.jpg 1600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Je suis étonné de vous entendre parler d’occasion manquée à propos de <em>Western</em>. Que souhaitez-vous dire par là&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Disons que mon désir de donner un rôle plus important aux personnages féminins était déjà présent à l&rsquo;époque, mais je crois que je n&rsquo;arrivais tout simplement pas à me défaire de ce satané cliché qui veut qu&rsquo;une héroïne de film de genre soit simplement un décalque d&rsquo;un personnage masculin. Dire qu&rsquo;un personnage féminin est fort juste parce qu&rsquo;on a écrit ses actions et dialogues exactement comme si c&rsquo;était un homme, c&rsquo;est trop facile. Un personnage féminin doit pouvoir être autre chose qu&rsquo;un simple miroir pour les hommes. C&rsquo;est quelque chose que j&rsquo;ai voulu mettre au premier plan cette fois-ci.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Est-ce la raison pour laquelle l’héroïne de <em>L&rsquo;Aventure rêvée </em>répond souvent à des situations de stress par un sourire inattendu, qui lui confère une sorte de force positive ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas quelque chose que j&rsquo;ai consciemment imposé à Yana Radeva <em>(l&rsquo;actrice principale, ndlr)</em>, mais en y repensant c&rsquo;est vrai que durant le début du tournage, elle avait tendance à interpréter Veska de façon plus dure et elle se moquait gentiment de moi à chaque fois que je lui demandais d&rsquo;ajouter un petit peu de diplomatie ou de douceur. Je voulais qu&rsquo;elle conserve en permanence son regard inquisiteur d&rsquo;archéologue.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee3-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-73367" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee3-1024x576.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee3-300x169.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee3-768x432.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee3-1536x864.jpg 1536w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee3.jpg 1600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Pourquoi avoir justement choisi l’archéologie comme métaphore centrale du récit&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Cela m&rsquo;est arrivé par surprise&nbsp;! Pendant longtemps, je n&rsquo;avais aucune idée du type de métier que Veska allait avoir. Au début je ne pensais pas du tout à l’archéologie et je crois bien que si l&rsquo;idée m&rsquo;était venue en tête au moment où j&rsquo;étais tranquillement en train d&rsquo;écrire chez moi à Berlin, je me serais dit <em>« Non mais quel cliché, c&rsquo;est vraiment trop gros »</em> <em>(rires)</em>. Lors de mes recherches à la frontière entre Bulgarie et Turquie, j&rsquo;ai fait la connaissance d&rsquo;un groupe d&rsquo;archéologues à la tête duquel se trouvait justement une femme de Sofia, et j&rsquo;ai eu une sorte de révélation. Là-bas, au cœur d&rsquo;un paysage immense, j&rsquo;ai eu l&rsquo;impression que cette femme n&rsquo;était pas en train de déterrer des sales secrets mais bien en train d&rsquo;ouvrir mon cœur et d&rsquo;ouvrir le cœur de tout le monde présent à ce moment là. J&rsquo;ai conscience qu&rsquo;il y a une part de cliché dans ce choix mais j&rsquo;ai décidé de l&rsquo;assumer.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Vous mentionnez les recherches que vous faites avant le tournage et à chacun de vos projets il s&rsquo;agit d&rsquo;une période très longue. Qu&rsquo;est-ce qui vous pousse à vous investir aussi longuement dans la préparation d&rsquo;un film&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Je savais que les recherches prendraient du temps sur ce film. En tant qu&rsquo;étrangère débarquant dans un pays que je ne connais qu&rsquo;à moitié, j&rsquo;avais besoin de prouver, aux autres et à moi-même, mon désir de collaboration et contact. Qu&rsquo;est-ce que faire un film, si ce n&rsquo;est entrer en contact avec l&rsquo;autre&nbsp;? Je savais que ce serait long, mais dans mon processus, recherches casting et écriture marchent main dans la main. Quand je me lance dans un projet, souvent je ne connais même pas encore le pitch <em>(rires)</em> mais plutôt le sous-texte, les thèmes. La construction de la fiction se fait en parallèle de ma recherche approfondie de la réalité, et la relation entre les deux devient celle d&rsquo;un boxeur et de son punchingball. Ce qui fait qu&rsquo;en fin de compte, mes recherches ne s&rsquo;arrêtent jamais <em>(rires)</em>.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee4-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-73355" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee4-1024x576.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee4-300x169.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee4-768x432.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee4-1536x864.jpg 1536w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee4.jpg 1600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Quand sentez-vous que vous avez terminé&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas toujours facile. Faire des recherches c&rsquo;est un peu comme retourner à l&rsquo;école, j’emmagasine beaucoup d&rsquo;informations. Il faut faire un effort pour redevenir actif, reprendre le dessus face à ces informations, s&rsquo;en emparer d&rsquo;un coup et dire <em>« Voilà, ça je vais le transformer en fiction »</em>.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Au moment où le tournage débute, avez-vous un scénario traditionnel fini de A à Z&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><em>(rires)</em> Un scénario oui, mais pas un scénario traditionnel. C&rsquo;est un texte qui est clair sur trois points&nbsp;: la construction du récit, l’atmosphère générale de chaque scène, et les enjeux de chaque dialogue. C &lsquo;est un document que je ne partage pas avec les actrices et acteurs car je préfère leur transmettre tout cela à l&rsquo;oral scène après scène. J&rsquo;utilise mes propres mots pour leur décrire les enjeux de ce qu&rsquo;ils s&rsquo;apprêtent à tourner, afin qu&rsquo;eux puissent à leur tour utiliser leurs propres mots.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="577" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee5-1024x577.jpg" alt="" class="wp-image-73356" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee5-1024x577.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee5-300x169.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee5-768x432.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee5-1536x865.jpg 1536w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee5.jpg 1600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le rythme de vos films n&rsquo;est jamais celui que l&rsquo;on pourrait attendre d&rsquo;un film de genre, mais il ne s&rsquo;agit pas non plus de <em>slow cinéma</em> radical. Avez-vous une recette pour atteindre votre rythme idéal , ou bien est-ce surtout instinctif&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est tout un procédé. Cela commence dès l&rsquo;écriture, c&rsquo;est quelque chose que je conserve toujours à l’esprit au moment du tournage, et qui se concrétise bien entendu au montage. J&rsquo;ai eu de nombreuses discussions à ce sujet avec Lisa Bierwirth <em>(coscénariste du film, ndlr)</em>. Pour trouver le rythme idéal du film il faut avoir sa structure en tête, mais pour avoir la structure en tête il fallait que nous prenions bien conscience du va-et-vient qui s&rsquo;opérait entre d&rsquo;un coté le récit, et de l&rsquo;autre côté l&rsquo;atmosphère du film. Un autre point que nous abordions régulièrement est la question du suspens. A quel point et à quelle dose en avions-nous besoin&nbsp;? Quand est-ce qu&rsquo;on peut se permettre de le laisser entièrement de côté&nbsp;? Il a fallu jongler entre deux désirs&nbsp;: celui de malicieusement cacher le récit sous la table, et au contraire celui de jouer carte sur table d&rsquo;un seul coup quand le moment s&rsquo;y prête. Quant à Bettina Böhler <em>(la monteuse du film, ndlr</em>), pour moi c&rsquo;est une magicienne. C&rsquo;est un plaisir de travailler avec elle car elle ne parle pas de plans ou de durées mais plutôt de circulation du sous-texte et des émotions.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>En parlant de structure narrative, tout le début de L&rsquo;Aventure rêvée laisse à penser qu&rsquo;il va s&rsquo;agir d&rsquo;une romance plutôt que d&rsquo;un film de gangster. Qu&rsquo;est-ce qui vous a donné envie d&rsquo;entamer le film de cette manière&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;était présent dès les toutes premières versions du scénario et même dès mes recherches sur le film de genre car cela fait précisément écho à cette figure très archétypale du héros solitaire masculin qui doit accomplir une mission et qui rencontre une fille en cours de route. C&rsquo;est une structure bien identifiée et qui donne l&rsquo;impression que l&rsquo;histoire d&rsquo;amour, ou plutôt la conquête d&rsquo;une femme, est offerte au héros comme récompense finale d&rsquo;avoir bien mené son affaire. En contrepoint à toutes les histoires de guerre que j&rsquo;aborde dans le film, je voulais donner au personnage la possibilité d&rsquo;une ouverture, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;une histoire d&rsquo;amour ou bien d&rsquo;une amitié forte, ou encore tout simplement de la possibilité d&rsquo;entrer en empathie avec l&rsquo;autre, de le comprendre. Je trouvais que le film avait besoin de ces ouvertures-là.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est à la fois une décision claire et un travail conscient de ma part que de réfléchir à comment déjouer les archétypes qui composent ces mondes cinématographiques très codés, mais aussi nos imaginaires. Je pense à tous les clichés qu&rsquo;on obtient souvent en réponse dès qu&rsquo;on pose des question du style « Qui est fort et qui est faible&nbsp;? », « Qui est <em>top </em>et qui est <em>bottom</em>&nbsp;? », « Ne faut-il pas se battre pour gagner sa vie&nbsp;? ». Je ne nie pas la réalité pour autant&nbsp;: certains personnages masculins de <strong>L&rsquo;Aventure rêvée</strong> sont proches de ces archétypes-là car cela correspond à ce que j&rsquo;ai pu observer sur place. Faire ce film est en quelque sorte un acte de résistance contre cela.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee6-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-73357" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee6-1024x576.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee6-300x169.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee6-768x432.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee6-1536x864.jpg 1536w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/Laventurerevee6.jpg 1600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Pour finir, qu&rsquo;est-ce qui vous a amenée à choisir ce titre&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">A la base, cela ne devait être que le titre de travail, mais à chaque fois que j&rsquo;essayais d&rsquo;en imaginer un autre je n&rsquo;étais pas satisfaite. Il m&rsquo;est venu dans le cadre des mes réflexions sur le cinéma de genre et ses nombreux codes masculins. Je me suis mise à imaginer un film de genre comme une structure architecturale, la charpente d&rsquo;un bâtiment si vous voulez, dans laquelle une femme ne peut pas rentrer et qu&rsquo;elle n&rsquo;a le droit de regarder que de l&rsquo;extérieur. <strong>L&rsquo;Aventure rêvée</strong>, c&rsquo;est le moment où cette femme va justement décider d&rsquo;entrer dans cette structure interdite, où elle va se donner à elle-même le feu vert. L&rsquo;autre sous-entendu derrière ce titre c&rsquo;est aussi bien sûr l’idéal d&rsquo;une Europe unie et sans frontière qui a marqué les années 90, ce moment où un continent entier semblait rêver d&rsquo;une démocratie capable de vaincre le capitalisme.</p>



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<p class="wp-block-paragraph"><em>Entretien réalisé par Gregory Coutaut le 06 juillet 2026. Merci à Chloé Lorenzi et Kim Bourgeois-Mollier.</em> <em>Crédit photo Jens Koch.</em></p>



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		<title>Festival de Karlovy Vary &#124; Entretien avec Priscilla Kellen</title>
		<link>https://lepolyester.com/entretien-avec-priscilla-kellen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Jul 2026 10:04:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Présenté à la Berlinale et au programme de Karlovy Vary cette semaine, Papaya raconte l&#8217;épopée d&#8217;une graine de papaye dans [&#8230;]</p>
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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Présenté à la Berlinale et au programme de <a href="https://lepolyester.com/category/festivals/karlovy-vary/">Karlovy Vary</a> cette semaine, <em><a href="https://lepolyester.com/critique-papaya/">Papaya</a></em> raconte l&rsquo;épopée d&rsquo;une graine de papaye dans la forêt amazonienne. La Brésilienne Priscilla Kellen signe une fable écologique visuellement resplendissante, produite par son compatriote Alê Abreu (<em>Le Garçon et le monde</em>). Elle nous en dit davantage sur ce film d&rsquo;animation aussi spectaculaire que ravissant.</strong></h4>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Pouvez-vous nous parler de votre approche d’une animation à la fois minimaliste et géométrique, mais aussi très riche et spectaculaire dans <em><a href="https://lepolyester.com/critique-papaya/">Papaya</a></em> ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Avant même de commencer le développement de Papaya, pendant mes études de fin d’études et plus tard en tant que graphiste, j’avais l’habitude de collecter toutes sortes de références visuelles, comme des papiers cadeaux spéciaux, de l’art abstrait géométrique, des motifs ethniques dans l’artisanat, des tissus vintage, des étiquettes de tous les jours, des livres pour enfants, des choses que je trouvais jolies. En travaillant comme illustratrice de contenu pour enfants, j’ai réalisé que la plupart des dessins destinés à ce public étaient trop descriptifs. J’ai senti que les bébés et les enfants méritaient d’être en contact avec des représentations graphiques moins littérales, plus abstraites, laissant plus de place à leur perception visuelle pour « combler les lacunes », dans le respect de leur imagination en développement. </p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai cherché des moyens d’appliquer un peu d’abstraction et de géométrie à mon travail, en m’exerçant notamment sur les collages. Lorsque j&rsquo;ai commencé à créer l&rsquo;histoire de <strong>Papaya</strong>, j&rsquo;ai élargi cette recherche imagée aux artisanats des régions d&rsquo;origine du fruit de la papaye (Amérique centrale, sud de l&rsquo;Amérique du Nord et région amazonienne d&rsquo;Amérique du Sud), où j&rsquo;ai découvert des motifs de design incroyablement colorés et beaux.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="554" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/02/papaya-3-1024x554.jpg" alt="" class="wp-image-69365" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/02/papaya-3-1024x554.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/02/papaya-3-300x162.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/02/papaya-3-768x415.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/02/papaya-3-1536x830.jpg 1536w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/02/papaya-3.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Comment avez-vous travaillé sur cette narration dépourvue de dialogues ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Je voulais raconter l&rsquo;histoire de Papaya de manière sensorielle, pour la rapprocher de la façon dont les bébés et les jeunes enfants découvrent le monde qui les entoure. La décision de créer une histoire totalement non verbale, sans narrateur ni dialogue, est survenue au cours du développement, lorsque j&rsquo;ai structuré le scénario à travers une description détaillée des situations, des actions basées sur le langage corporel et les expressions faciales. J&rsquo;ai également pris des notes sur les éléments sonores et les sensations environnementales qui seraient importantes pour faire avancer l&rsquo;intrigue. L&rsquo;étape suivante a été de croquer les scènes dans un storyboard, et de créer un animatique (une sorte de croquis vidéo) où l&rsquo;histoire continuait d&rsquo;évoluer dans le temps.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="512" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/02/Papaya-3-1024x512.jpeg" alt="" class="wp-image-69508" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/02/Papaya-3-1024x512.jpeg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/02/Papaya-3-300x150.jpeg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/02/Papaya-3-768x384.jpeg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/02/Papaya-3.jpeg 1152w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>La musique joue un rôle important dans l’atmosphère de votre film. Pouvez-vous nous en dire plus sur cet élément en particulier ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Lors de la réalisation de l’« animatique », des sons et de la musique de référence ont été ajoutés, marquant les atmosphères et les points culminants. Avec la partie visuelle du film presque finalisée, Talita Del Collado, la directrice musicale, l’a regardée et a proposé une réinterprétation profonde de ces références, créant une bande originale pour <strong>Papaya </strong>à travers un processus artisanal de plusieurs mois. Elle a développé des éléments musicaux inspirés des sons de la nature et, à partir de ceux-ci, a composé les thèmes musicaux principaux inspirés de la musique populaire brésilienne de différentes régions, contextualisant également culturellement l’environnement de <strong>Papaya</strong>. En dialogue avec les compositions de Talita, l’équipe du studio Submarino Fantástico a créé et monté les effets sonores et les réactions des voix (dirigées par la doubleuse Melissa Garcia). Enfin, la chanteuse brésilienne Tulipa Ruiz, qui prête sa voix à la fois douce-amère et puissante au personnage de « Mère-Arbre » dans le film, interprète également la chanson finale, <em>Borboleta</em>, composée par son père Luiz Chagas et produite par son frère Gustavo Chagas.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="554" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/02/papaya-2-1024x554.jpg" alt="" class="wp-image-69364" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/02/papaya-2-1024x554.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/02/papaya-2-300x162.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/02/papaya-2-768x415.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/02/papaya-2-1536x830.jpg 1536w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/02/papaya-2.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Y a-t-il une couleur au monde qui ne soit pas dans votre film ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Hahahah ! Quelle question pleine d&rsquo;esprit ! J&rsquo;ai essayé d&rsquo;utiliser autant de couleurs que possible. En tant qu&rsquo;enfant qui aimait visiter le magasin de fournitures artistiques, rêvant simplement d&rsquo;avoir toutes ces crayons de couleur, peintures et crayons de cire, j&rsquo;ai l&rsquo;impression d&rsquo;avoir pris ma revanche.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="697" height="1024" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/02/papaya-affiche-1-697x1024.jpg" alt="" class="wp-image-69509" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/02/papaya-affiche-1-697x1024.jpg 697w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/02/papaya-affiche-1-204x300.jpg 204w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/02/papaya-affiche-1-768x1128.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/02/papaya-affiche-1-1046x1536.jpg 1046w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/02/papaya-affiche-1.jpg 1200w" sizes="(max-width: 697px) 100vw, 697px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Qui sont vos cinéastes de prédilection et/ou qui vous inspirent ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Pour être complètement honnête, je ne suis pas une grande cinéphile. Encore moins depuis que je suis devenue mère, car je n&rsquo;ai plus beaucoup de temps pour regarder des films. Cela dit, ma vision cinématographique est certainement influencée par les films du Cinema Novo brésilien et les animations du Studio Ghibli, Michel Ocelot, Marjane Satrapi, ainsi que d&rsquo;autres cinéastes acclamé•es des années 90 et 2000 tels qu&rsquo;Anna Muylaert, Lais Bodanzky, Pedro Almodóvar, Spike Jonze, Jean-Pierre Jeunet, Danny Boyle, Michel Gondry, Lars Von Trier, et par les clips musicaux d&rsquo;artistes comme Björk, Air et Daft Punk, mais je me suis également toujours inspirée d&rsquo;artistes d&rsquo;autres domaines, tels que des artistes visuels comme Beatriz Milhazes, Keith Haring, Jean-Michel Basquiat, Burle Marx et bien d&rsquo;autres artistes contemporains moins connus.</p>



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<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="jetpack-video-wrapper"><iframe title="Papaya Official Clip" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/UGFTddZHzEw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Entretien réalisé par Nicolas Bardot le 11 février 2026. Merci à Barbara Van Lombeek.</em></p>



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		<title>Festival de Karlovy Vary &#124; Entretien avec Dorian Jespers</title>
		<link>https://lepolyester.com/entretien-avec-dorian-jespers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Jul 2026 01:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Berlinale]]></category>
		<category><![CDATA[Cannes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Où sommes-nous ? Voilà la première question que l’on se pose au tout début de Loynes, dévoilé à la Quinzaine des [&#8230;]</p>
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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Où sommes-nous ? Voilà la première question que l’on se pose au tout début de <em>Loynes</em>, dévoilé à la Quinzaine des Cinéastes. Et ce n’est pas la seule fois que cette question va se poser. Liverpool, au XIXe siècle : procès d’un cadavre qui n’a ni nom ni passé. Dans ce tribunal, tout le monde semble dingue – imaginez le procès à la fin d’<em>Alice au pays des merveilles</em>, mais en prises de vue réelles. Réelles ? L’image étrangement cotonneuse questionne ces visions insensées. Dans ce tourbillon chaotique où personne ne sait ce qu’il fait, le Belge Dorian Jespers filme l’Histoire et le monde comme un cercle fou où rien ne change jamais. <em>Loynes</em>, une vision stupéfiante qui figure dans notre <a href="https://lepolyester.com/dossier-2025-les-20-meilleurs-courts-metrages-de-lannee/">dossier des meilleurs courts de 2025</a>, est au programme <strong>cette semaine au <a href="https://lepolyester.com/category/festivals/karlovy-vary/">Festival de Karlovy Vary</a></strong>.</strong></h4>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Quel a été le point de départ de <em>Loynes </em>?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet de <strong>Loynes </strong>a connu de nombreuses transformations et changements de forme au fil des années de sa création. Il est passé d’un traitement de long métrage à une installation vidéo au Fresnoy, puis finalement à ce court-métrage. Si bien que je me perds un peu dans les points de départ. Je peux cependant en isoler deux très anciens :</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire du pape Formose, un pape sorti de sa tombe pour être jugé lors du Concile cadavérique. L’image de ce cadavre rhabillé de ses vêtements papaux pour faire face à l’élite romaine me fascine, elle mêle l’absurde, la philosophie et le sacré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un choc esthétique au musée d’Orsay devant le regard d’une célèbre prostituée du Second Empire — Marie-Anne Detourbay, devenue puissante comtesse de Loynes en gravissant les échelons grâce à ses charmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film est resté sur cette ligne étrange, entre le tout petit, un regard, un corps et une grande société qui se cherche.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="510" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/loynes-1-1024x510.png" alt="" class="wp-image-62916" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/loynes-1-1024x510.png 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/loynes-1-300x149.png 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/loynes-1-768x382.png 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/loynes-1-1536x765.png 1536w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/loynes-1.png 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong><em>« Où sommes-nous ? »</em> : c&rsquo;est une question qu&rsquo;on se pose à plusieurs reprises dans votre film. Est-ce que cette désorientation était l&rsquo;un des moteurs créatifs de <em>Loynes </em>?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Pas vraiment. En moi, ces lieux, à ces époques et dans ces ambiances, se complètent de manière harmonieuse ; ils se renforcent même. L’agitation de l’un, le calme de l’autre, l’obscurité face à la lumière, le calme et le bruit, le vrai du rêve : ces différences aident à garder une balance naturelle des choses et rendent l’expérience plus immersive et agréable plutôt que désorientante. Mais je suis conscient que l’effet procuré est très subjectif. J’ai habité dans beaucoup d’endroits très différents depuis mon adolescence ; peut-être ai-je développé une familiarité avec les « incohérences » de lieu !</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Pouvez-vous nous parler de votre collaboration avec votre directeur de la photographie Arnaud Alberola et de votre approche visuelle pour votre film ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons des forces différentes en image et celles-ci se combinent pour créer l’image d’un film comme <strong>Sun Dog</strong> ou <strong>Loynes</strong>. Arnaud excelle sur le plateau : avec la lumière et la caméra en main, il comprend les décors, les acteurs, les couleurs, les costumes ; il a une énorme sensibilité esthétique. Personnellement, j’ai un côté plus geek : j’adore expérimenter avec les nouvelles technologies, des systèmes de caméras nouveaux ou incongrus, et me perdre dans les sous-menus des logiciels de post-production pour raconter différemment. Je passe beaucoup par la préparation et l’expérimentation alors qu’Arnaud est plus intuitif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’intro de <strong>Loynes </strong>s’est faite avec une caméra 360° attachée à un drone, le procès avec une dizaine de caméras TV cachées dans les décors et les costumes, et la fin a été augmentée par l’IA et les effets spéciaux. Il faut mes idées et mes recherches pour trouver le système, et il faut la sensibilité d’Arnaud pour lui donner vie et casser l’aspect théorique.</p>



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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/Loynes-2.jpg" alt="" class="wp-image-62917" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/Loynes-2.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/Loynes-2-300x169.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/Loynes-2-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>La scène du tribunal est complètement insensée et m&rsquo;a évoqué le procès absurde d&rsquo;<em>Alice au pays des merveilles</em>. Pouvez-vous nous parler de vos inspirations pour Loynes ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Outre les deux références citées dans la première question, il y a l’humour des Monty Python (les blagues de répétition sont totalement volées à ce sketch du <em>Brain Specialist</em>). Il y a aussi l’absurde de Beckett, tout y est précis, millimétré, et pourtant, ce sont des constructions qui semblent ne mener nulle part. Ça rejoint le système du procès de <strong>Loynes </strong>qui s’effondre sur lui-même tout en continuant de fonctionner.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus sombre encore Thomas Bernhard et son livre <strong>Gargoyle </strong>qui, de manière moins évidente, aurait pu être cité comme point de départ — pour cette manière dont l’intérieur semble parasiter l’extérieur et le faire vaciller. Je me sens aussi extrêmement proche de la musique d’Einstürzende Neubauten, dont j’utilise une track pour la scène finale. EN, c’est de l’absurde, de l’humour, du sérieux, beaucoup de rigueur à mettre en forme l’insignifiant. Et contrairement à Beckett ou Bernhard, je crois qu’ils aiment profondément le monde et c’est très important pour moi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Notez que les meilleurs passages du film sont écrits par Raphael Meyer et qu’il faut aller lui poser la question également !</p>



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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="554" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/Loynes-3.jpg" alt="" class="wp-image-62918" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/Loynes-3.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/Loynes-3-300x162.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/Loynes-3-768x416.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Dans quelle mesure la dimension grotesque du film vous a-t-elle servi d&rsquo;outil narratif pour dépeindre ce qui ressemble à une société folle et chaotique ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne sais pas si j’évite volontairement de donner du sens, ou si je n’en suis tout simplement pas capable, mais je promets que toute ressemblance avec une société contemporaine relève du ressenti, pas d’un message politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si je m’en tiens à ce ressenti — comme pour les anachronismes spatio-temporels du film — je n’ai pas l’impression d’avoir cherché à brouiller les pistes. Le grotesque m’entoure, il infuse naturellement les histoires que je raconte. Rien de nouveau, d’ailleurs : je doute que l’an 800 du pape Formose ait été plus cohérent ou moins absurde que notre époque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais j’y tiens : se reconnaître aussi grotesques que nos ancêtres me semble plus beau que désespérant. J’admire nos danses qui ne riment à rien ; puissent-elles durer encore longtemps !</p>



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<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="jetpack-video-wrapper"><iframe title="Loynes - teaser" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/X_TgnwWLPS8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Entretien réalisé par Nicolas Bardot le 26 mai 2025. Un grand merci à Jules Reinartz. </em></p>



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		<title>Festival de Karlovy Vary &#124; Entretien avec Sandra Wollner</title>
		<link>https://lepolyester.com/entretien-avec-sandra-wollner-everytime/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jul 2026 11:18:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Interviews]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Révélée avec le stupéfiant The Trouble With Being Born, l&#8217;Autrichienne Sandra Wollner confirme avec Everytime qu&#8217;elle est l&#8217;un des noms [&#8230;]</p>
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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Révélée avec le stupéfiant <em><a href="https://lepolyester.com/critique-the-trouble-with-being-born/">The Trouble With Being Born</a></em>, l&rsquo;Autrichienne Sandra Wollner confirme avec <em><a href="https://lepolyester.com/critique-everytime/">Everytime</a></em> qu&rsquo;elle est l&rsquo;un des noms les plus prometteurs apparus sur la scène internationale ces dernières années. Son nouveau film, lauréat de la compétition Un Certain Regard à Cannes et au programme de <a href="https://lepolyester.com/category/festivals/karlovy-vary/">Karlovy Vary</a>, raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;une famille brisée par un deuil. Le talent narratif et formel de Wollner donne une vibration sensorielle à toute chose dans ce film profondément bouleversant, qui rappelle le meilleur de l&rsquo;École de Berlin. <em>Everytime</em>, qui sortira le 28 octobre,<em> </em>s&rsquo;inscrit parmi les films importants de cette année de cinéma. Sandra Wollner, <a href="https://lepolyester.com/entretien-avec-sandra-wollner/">que nous avions déjà rencontrée il y a quelques années</a>, est à nouveau notre invitée.</strong> <em><strong>***Cet entretien ne contient pas de spoiler mais peut aborder des points importants de l&rsquo;intrigue***</strong></em></h4>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong><em>The Trouble With Being Born</em> était déjà, d&rsquo;une certaine manière, un film de fantômes. Je ne pense pas que le mot « fantôme » soit utilisé dans <em><a href="https://lepolyester.com/critique-everytime/">Everytime</a> </em>mais il y a aussi une atmosphère très hantée, avec des éléments d&rsquo;histoire de fantômes. Pouvez-vous me parler de votre goût pour les fantômes en tant qu&rsquo;outil narratif ou métaphorique ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Peut-être que si je suis si intriguée, c&rsquo;est parce que je suppose que nous pouvons nous décrire comme des fantômes. Une grande partie de ce que nous appelons l&rsquo;expérience humaine est faite d&rsquo;absences : des souvenirs, d&rsquo;anciens moi, des futurs non réalisés. Même lorsque nous sommes vivants, nous hantons nos propres vies avec des versions de nous-mêmes qui n&rsquo;existent plus ou qui n&rsquo;ont peut-être jamais existé. Et nous laissons déjà derrière nous des traces qui nous survivront un jour : des images, des messages, des vidéos, des fragments qui peuvent continuer sans nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et bien sûr, les fantômes sont aussi une description très précise de la manière dont nous vivons avec les personnes que nous avons perdues, ou même avec les personnes qui sont encore là mais qui nous sont inaccessibles. Quelqu&rsquo;un disparaît, mais il ne disparaît pas vraiment du monde intérieur. Il reste comme une image, comme une phrase, ou comme un geste, comme quelque chose qui entre soudainement dans la pièce de nouveau et sans avertissement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous sommes constamment entouré.es de fantômes. Des souvenirs, des projections, des désirs, des choses que nous n&rsquo;avons pas dites. Dans <strong>Everytime</strong>, Jessie est morte, mais elle est aussi partout. Elle est dans le téléphone, dans les vieilles vidéos, dans le paysage, dans le jeu, dans la manière dont les autres se comportent. Elle est absente, mais l&rsquo;absence devient presque matérielle.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="553" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/sandra-wollner-everytime-1-1024x553.jpg" alt="" class="wp-image-71691" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/sandra-wollner-everytime-1-1024x553.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/sandra-wollner-everytime-1-300x162.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/sandra-wollner-everytime-1-768x415.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/sandra-wollner-everytime-1.jpg 1377w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Votre mise en scène est extrêmement évocatrice, il y a quelque chose de très expressif dans votre utilisation du cadre, de la lumière et des couleurs. Comment avez-vous travaillé avec votre directeur de la photographie Gregory Oke sur votre approche visuelle ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Timm (mon compagnon et directeur de la photographie de mes deux premiers films) et moi avons regardé <strong>Aftersun </strong>ensemble il y a quelques années, et nous étions sûr.es que Greg devait être le directeur de la photographie de <strong>Everytime</strong>. Alors un de nos amis, un homme mystérieux appelé Joscha Eickel, nous a mis en contact et, eh bien, ça a vraiment fonctionné. Gregory est lui-même réalisateur et scénariste, donc il a vraiment essayé de comprendre ce que je cherchais dans chaque scène. Il ne s&rsquo;agissait jamais seulement de <em>« où la caméra doit aller ? »</em>. Il remettait toujours le scénario en question et je me suis vraiment connectée à certaines de ses idées, son humour aussi, et il a donc eu une influence assez profonde. Il était important que le film puisse osciller entre quelque chose de très concret, presque documentaire, et quelque chose de plus instable. La réalité devait être suffisamment crédible pour que, lorsqu&rsquo;elle commence à se plier, quand quelque chose d’impossible y entre, vous ne rejetiez pas cela immédiatement comme un rêve ou un tour de magie. Greg avait exactement la sensibilité nécessaire pour que cela fonctionne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand j&rsquo;ai commencé à écrire en 2020, j&rsquo;avais déjà ce sentiment que je voulais travailler avec une très longue focale. Il y a quelque chose de presque interdit là-dedans. On observe quelqu&rsquo;un de loin, et pourtant l&rsquo;image crée une intimité qui semble légèrement malvenue, ou du moins pas entièrement innocente. Cela soulève, pour moi, l&rsquo;une des questions centrales du cinéma : qui regarde réellement ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">À chaque instant, j&rsquo;avais l&rsquo;impression qu&rsquo;il y avait une entité observatrice non nommée. Peut-être que c&rsquo;est Dieu, peut-être un esprit ou l&rsquo;existence elle-même, peut-être une version étendue de soi. Mais ce n&rsquo;est pas un regard particulièrement empathique. Il ne fait pas de distinction entre ce qui est significatif et ce qui est banal de la manière que nous le faisons. Il prend le jeu vidéo aussi sérieusement que la tragédie qui se déroule devant lui. Que ce soient de vraies feuilles qui bruissent ou des feuilles virtuelles, cela ne fait aucune différence, pour ainsi dire. Pour ce regard, cet ensemble entier de significations humaines, ce que nous appelons une histoire peut ne pas avoir d&rsquo;importance du tout. Je suppose qu&rsquo;il y a une similarité avec mon dernier film. Là, c&rsquo;était le petit androïde qui s&rsquo;en fichait, maintenant c&rsquo;est l&rsquo;univers entier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est l&rsquo;une des tensions dans lesquelles le film évolue : le fait que nous nous expérimentons nécessairement comme les protagonistes de l&rsquo;existence, alors que pour l&rsquo;univers lui-même nous ne sommes peut-être que des figurants, des points entièrement remplaçables ou insignifiants en périphérie.<br>La lumière était centrale pour la même raison. Au début du film, il y a cette image banale, presque stupidement belle d’un lever de soleil ; le genre d’image que tout le monde a quelque part sur son téléphone. Mais c’est aussi la dernière chose que Jessie photographie. Ainsi le soleil devient chargé de quelque chose qu’il ne peut en réalité contenir. Ce n’est qu’un soleil, indifférent, continuant, suspendu là comme si rien ne s’était passé. Et en même temps, il devient un écran pour le chagrin, pour le désir, peut-être même pour l’accusation. Pourquoi continue-t-il de briller ? C’est le genre de choses dont nous avons parlé.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="559" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/sandra-wollner-everytime-3-1024x559.jpg" alt="" class="wp-image-71692" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/sandra-wollner-everytime-3-1024x559.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/sandra-wollner-everytime-3-300x164.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/sandra-wollner-everytime-3-768x419.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/sandra-wollner-everytime-3.jpg 1384w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le temps dans votre film peut avoir quelque chose d’un labyrinthe. C’est comme si vos personnages étaient prisonniers du temps, mais qu’iels le traversaient aussi. Comment avez-vous travaillé sur la construction de <em>Everytime</em>, comment avez-vous trouvé l’équilibre idéal entre donner des informations au public et la décision de laisser le public deviner ce qui se passe ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Bien sûr, il y a la construction, et la chronologie, et il y a une architecture émotionnelle très claire derrière cela. Mais le deuil ne se produit pas vraiment selon une chronologie propre, ce n’est pas linéaire. Vous pouvez être des mois plus tard et soudain vous retrouver exactement au moment de la mort, où vous ne pouvez pas saisir ce qui s’est passé ou que cela s’est passé tout court. Ou vous pouvez regarder une vieille vidéo et le passé n’est pas du tout le passé. Il est là, devant vous, vous pouvez presque le toucher.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Donc je me suis intéressée au temps comme à quelque chose de poreux. Les personnages sont piégés dans le fait que Jessie est morte. C&rsquo;est irréversible. Mais en même temps, la mémoire viole constamment cette irréversibilité. Elle dit : elle est là. Elle bouge, elle rit. Et le cinéma fait la même chose. Il ramène les morts. Quand cela se produit, le temps se dissout dans ce moment, le passé peut devenir présent, devenir un étrange <em>Everytime</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;équilibre était surtout intuitif. Je voulais que le public comprenne émotionnellement suffisamment pour rester avec les personnages, mais pas au point que le film devienne fermé. Il y a des moments où je pense que ne pas savoir est plus vrai. Parce que les personnages ne savent pas non plus ce qui leur arrive.<br>Ils essaient de se comporter comme des gens raisonnables dans une situation qui n&rsquo;est pas du tout raisonnable. Pour moi, l&rsquo;ambiguïté n&rsquo;est pas une chose décorative. Elle n&rsquo;est pas là pour rendre le film mystérieux. Elle est là parce qu&rsquo;il y a plusieurs vérités en même temps. Lux est coupable et non coupable. Ella veut lui pardonner et ne peut pas lui pardonner. Melli comprend quelque chose et ne le comprend pas. Jessie est morte et pourtant toujours présente. Le film doit contenir ces contradictions sans les résoudre trop rapidement.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="553" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/sandra-wollner-everytime-2-1024x553.jpg" alt="" class="wp-image-71693" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/sandra-wollner-everytime-2-1024x553.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/sandra-wollner-everytime-2-300x162.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/sandra-wollner-everytime-2-768x415.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/sandra-wollner-everytime-2.jpg 1375w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Pouvez-vous m&rsquo;en dire plus sur votre utilisation de la musique, avec ce mélange étrange d&rsquo;électro rêveuse et parfois de musique naïve/enfantine ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La musique devait appartenir à différents mondes à la fois. Il y a le monde du jeu vidéo, qui a quelque chose de très naïf, artificiel, presque innocent. Mais cette innocence est étrange, car le jeu est aussi un univers complet. Il a ses propres lois, ses mécanismes de survie, ses propres paysages, son infinité. On peut créer des choses, détruire des choses, plonger dans l&rsquo;obscurité, voler. C&rsquo;est à la fois enfantin et métaphysique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;aimais cette contradiction. Une mélodie peut sembler simple, presque mignonne, et rester néanmoins inquiétante si elle est placée à côté de la mort. Dans le deuil, les choses banales deviennent souvent insupportables. Une sonnerie de téléphone, la sonnette à un certain moment, le bruit d&rsquo;un jeu auquel quelqu&rsquo;un avait l&rsquo;habitude de jouer. Ces choses ne savent pas que quelqu&rsquo;un est mort, elles continuent. C&rsquo;est en partie ce qui les rend si brutales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;aspect electro était important parce que le film est plein de souvenirs passant par différents médias : téléphones, vidéos, images numériques, messages, le jeu. La musique semble parfois venir de ces appareils, mais elle s’étend ensuite en quelque chose de plus vaste. Comme si le son privé et domestique d’un jeu devenait soudainement cosmique. Ce mouvement m’intéressait : de l’écran d’un enfant à l’univers, de quelque chose de presque ridicule à quelque chose de sacré ou de terrible.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Birgit Minichmayr est l&rsquo;une des plus grandes actrices de notre époque. Pouvez-vous m&rsquo;en dire plus sur votre désir de travailler avec elle, et comment avez-vous collaboré sur ce rôle complexe ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Birgit a cette incroyable capacité de porter la contradiction sans la simplifier. C&rsquo;était essentiel pour le personnage. Ella n&rsquo;est pas seulement une mère en deuil. Elle est aussi quelqu&rsquo;un qui essaie de rester fonctionnelle, décente et rationnelle. Elle organise les choses, s&rsquo;occupe de Melli et elle s&rsquo;occupe même de Lux, d&rsquo;une certaine manière. Mais en dessous de cela, il y a quelque chose de beaucoup plus sombre et moins résolu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chagrin d&rsquo;Ella est souvent caché dans un comportement ordinaire. Elle peut avoir une conversation de travail au cimetière, peut être pratique et chaleureuse. Mais elle peut aussi être cruelle sans vouloir être cruelle. Birgit comprend très profondément ces ambivalences. Elle n&rsquo;a pas besoin de tout montrer. Je suppose que, parfois, la chose la plus importante est ce qu&rsquo;elle retient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons aussi beaucoup parlé de la relation d’Ella avec Lux, car elle est moralement très instable. Elle veut faire ce qui est juste. Alors elle l’invite dans cette étrange constellation familiale. Peut-être parce qu’elle veut être généreuse, ou peut-être parce qu’elle a besoin de lui, peut-être parce qu’il est lié aux derniers moments de Jessie. Mais bien sûr, il lui rappelle aussi le fait que Jessie est morte. Donc chaque geste envers lui contient son contraire. Avec Birgit, il ne s&rsquo;agissait jamais de rendre Ella sympathique de manière simple. Je pense qu&rsquo;elle est extraordinaire pour montrer combien de choses peuvent coexister en une seule personne en même temps.</p>



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<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="jetpack-video-wrapper"><iframe title="Everytime new clip official from Cannes Film Festival 2026" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/PsLSvf99UDg?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Entretien réalisé par Nicolas Bardot le 7 mai 2026. Merci à François Gaboret.</em> <em>Crédit portrait : Robert Newald.</em></p>



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		<title>Festival de Karlovy Vary &#124; Entretien avec Shuntaro Uchida</title>
		<link>https://lepolyester.com/entretien-avec-shuntaro-uchida/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Jul 2026 19:59:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Interviews]]></category>
		<category><![CDATA[Karlovy Vary]]></category>
		<category><![CDATA[Japon]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est à nos yeux le sommet de cette édition du Festival de Karlovy Vary. Dévoilé dans la compétition Proxima, Incinerator [&#8230;]</p>
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<h4 class="wp-block-heading"><strong>C&rsquo;est à nos yeux le sommet de cette édition du <a href="https://lepolyester.com/category/festivals/karlovy-vary/">Festival de Karlovy Vary</a>. Dévoilé dans la compétition Proxima, <em><a href="https://lepolyester.com/critique-incinerator/">Incinerator</a> </em>du Japonais Shuntaro Uchida fait le récit d&rsquo;apprentissage estivale d&rsquo;une jeune Japonaise de 10 ans. Solitaire et taciturne, Kozue vit dans son monde et a le béguin pour un étudiant. Visuellement exquis, à la fois triste et tendre <em>Incinerator </em>est un long métrage inspiré dont le minimalisme fait des merveilles. Shuntaro Uchida est notre invité.</strong></h4>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Votre film est adapté d&rsquo;une nouvelle écrite par Kaori Ekuni. Pouvez-vous me parler du choix de cette nouvelle&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il s&rsquo;agit initialement d&rsquo;une suggestion de Nagao Takuma, qui est producteur du film mais qui joue également le rôle du père dans <strong><a href="https://lepolyester.com/critique-incinerator/">Incinerator</a></strong>. Nagao Takuma a lu cette nouvelle alors qu&rsquo;il était encore adolescent. Nous avons entamé l&rsquo;écriture du scénario en ayant le sentiment qu&rsquo;il y avait, dans cette nouvelle, toute une gamme d&rsquo;émotions à explorer pour en faire un long métrage.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Votre jeune actrice, Karin, parvient à évoquer de nombreuses et profondes émotions tout en restant impassible. Pouvez-vous me parler de votre collaboration sur ce rôle assez singulier&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Karin a été sélectionnée pour le rôle de Kozue après une phase classique de casting. Elle ressortait vraiment du lot et on a eu assez peu de doutes sur le fait qu&rsquo;il fallait travailler avec elle. Elle a une présence naturelle et une intériorité puissante. C&rsquo;est encore une inconnue, ce sont ses débuts au cinéma. Elle a quelque chose de très captivant et on s&rsquo;est dit qu&rsquo;elle saurait parfaitement incarner un personnage comme celui de Kozue.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong><em>Incinerator </em>est visuellement remarquable, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de la composition des cadres, de la lumière, des couleurs. Comment avez-vous abordé le travail visuel avec votre directeur de la photographie&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a une magie qui est née de la collaboration non seulement avec mon directeur de la photographie Shin Yonekura mais aussi avec notre technicien lumière Taiki Takai. On était toujours en discussion sur la forme à adopter et nous avons établi une vraie alchimie. L&rsquo;un des points centraux est que nous avons essayé de travailler avec une lumière naturelle autant que possible.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/incinerator-3-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-73160" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/incinerator-3-1024x576.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/incinerator-3-300x169.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/incinerator-3-768x432.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/incinerator-3.jpg 1400w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>La musique joue également un rôle important dans l&rsquo;atmosphère du film, pouvez-vous nous en dire davantage à ce sujet&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;était, à l&rsquo;origine, mon idée de travailler avec Riki Hidaka. Riki Hidaka compose également de la musique en tant qu&rsquo;artiste solo, il est guitariste. Il fait une ambient dont j&rsquo;apprécie l&rsquo;atmosphère depuis longtemps. Je lui ai demandé de venir sur le tournage pour qu&rsquo;il ressente ce qui se passe. Nous avons beaucoup échangé, lui, moi et notre technicien du son Izumi Matsuno. Notre but était que la musique exprime à la fois les mouvements et le silence. Et durant la scène de théâtre d&rsquo;ombres, on souhait également une musique particulière et j&rsquo;ai beaucoup aimé son travail.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Est-ce que cette partie sur le théâtre d&rsquo;ombres était déjà présente dans la nouvelle&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Elle y figure, mais pas avec des détails clairs. C&rsquo;est quelque chose que nous avons développé pour le film.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Dans le film, j&rsquo;ai remarqué lors d&rsquo;un plan un calendrier accroché au mur, et qui indique l&rsquo;année 1995. Le film se déroule donc dans le passé&nbsp;? Il y a comme un flou sur l&rsquo;époque à laquelle l&rsquo;histoire peut se dérouler.</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;histoire se passe bien en 1995. A l&rsquo;époque, il y avait encore des incinérateurs dans toutes les écoles élémentaires comme on peut voir dans le film. C&rsquo;est dans ces années-là qu&rsquo;ils ont commencé à être interdits. C&rsquo;est un détail que les jeunes Japonais peuvent remarquer car ils n&rsquo;ont pas connu ça dans leur école. Je fais partie de la dernière génération à avoir connu ça dans mon établissement scolaire.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/incinerator-2-2-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-73161" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/incinerator-2-2-1024x576.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/incinerator-2-2-300x169.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/incinerator-2-2-768x432.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/incinerator-2-2.jpg 1400w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;incinérateur revient plusieurs fois dans le film mais ce n&rsquo;est pas non plus un élément central de l&rsquo;intrigue. Comment avez-vous choisi ce titre&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il s&rsquo;agit également du titre de la nouvelle, que nous avons décidé de garder. Effectivement ce n&rsquo;est pas un élément qui est au premier plan de l&rsquo;intrigue, mais d&rsquo;une certaine manière cet incinérateur revient et est toujours là, c&rsquo;est une présence discrète qui fonctionne comme l&rsquo;expérience du chat de Schrödinger.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Pour moi il y a un fort pouvoir métaphorique dans cet incinérateur, dont Kozue se sert comme d&rsquo;un chaudron magique.</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas précisément ce que j&rsquo;avais en tête mais c&rsquo;est intéressant&nbsp;!</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Dans le film, on a l&rsquo;impression que le monde intérieur et imaginaire de Kozue compte autant, si ce n&rsquo;est plus, que le monde extérieur – ce qui est une belle manière de parler de l&rsquo;enfance. Est-ce que c&rsquo;est quelque chose que vous partagez et ressentiez quand vous étiez enfant&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">A vrai dire, une partie de l&rsquo;histoire est basée sur ma propre expérience. Mes parents travaillaient tous les deux quand je rentrais à la maison et je passais beaucoup de temps seul après l&rsquo;école. L&rsquo;école était pour moi une source d&rsquo;angoisse, j&rsquo;avais peur de la piscine, peur des piqûres etc. Ca ce sont des éléments qui me lient fortement au personnage de Kozue. Et c&rsquo;est aussi pour ça que son intériorité compte autant.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/incinerator-3-1-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-73162" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/incinerator-3-1-1024x576.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/incinerator-3-1-300x169.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/incinerator-3-1-768x432.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/incinerator-3-1.jpg 1400w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;école, l&rsquo;appartement, la nature jouent un rôle dans le film, pouvez-vous me parler de vos choix pour ces décors&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le film n&rsquo;a pas été tourné là d&rsquo;où je viens, à Tokyo. Mais j&rsquo;ai essayé de trouver un lieu similaire, avec ces immeubles japonais typiques qui étaient près de chez moi. Quelque chose qui me rappelle ma jeunesse, avec ce que j&rsquo;y ai vu, et expérimenté.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Pouvez-vous me parler des conditions de production d&rsquo;un tel projet indépendant dans l&rsquo;industrie japonaise d&rsquo;aujourd&rsquo;hui&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Comme je vous l&rsquo;ai dit, l&rsquo;idée initiale vient de mon producteur, et nous avons ensuite travaillé sur un scénario. C&rsquo;est ensuite que nous avons demandé les droits à la maison d&rsquo;édition, avant de travailler sur le financement. Mais je dois dire que le moteur principal du film, c&rsquo;était la passion.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Qui sont vos cinéastes de prédilection et/ou qui vous inspirent&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il y en a beaucoup, mais je citerais Victor Erice.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Entretien réalisé par Nicolas Bardot le 8 juillet 2026. Merci à Gloria Zerbinati.</em></p>



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		<title>Festival de Neuchâtel &#124; Entretien avec Leo Černic</title>
		<link>https://lepolyester.com/entretien-avec-leo-cernic/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jul 2026 09:31:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Annecy]]></category>
		<category><![CDATA[Festival du Film Fantastique de Neuchâtel]]></category>
		<category><![CDATA[Interviews]]></category>
		<category><![CDATA[Animation]]></category>
		<category><![CDATA[Court métrage]]></category>
		<category><![CDATA[Slovénie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans une croisière intergalactique pour célibataires, divers personnages sont à la recherche de sexe, de plaisir, d&#8217;amour. Voici le point [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h4 class="wp-block-heading"><strong>Dans une croisière intergalactique pour célibataires, divers personnages sont à la recherche de sexe, de plaisir, d&rsquo;amour. Voici le point de départ du surprenant court métrage d&rsquo;animation <em>Cosmonauts</em>, signé par le cinéaste d&rsquo;origine slovène Leo Černic. Passé par la Berlinale avant d&rsquo;être sélectionné cette semaine à <a href="https://lepolyester.com/category/festivals/festival-du-film-fantastique-de-neuchatel/">Neuchâtel</a>, <em>Cosmonauts </em>évoque le mauvais esprit à la fois absurde, tendre et irrévérencieux de Bill Plympton à travers un récit sexpositif, fantaisiste et mélancolique. Leo Černic est notre invité.</strong></h4>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Comment l&rsquo;idée de situer cette histoire dans l&rsquo;espace s&rsquo;est-elle imposée&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;ai toujours été fasciné par l&rsquo;espace. Peut-être est-ce son immensité, le fait que je sois un grand fan des Cosmicomics de Calvino, ou juste mon ignorance à son sujet qui me permet de l&rsquo;imaginer naïvement comme je veux et d&rsquo;en déterminer les règles. L&rsquo;espace convenait à ce genre d&rsquo;histoire parce qu&rsquo;il crée un joli contraste entre la densité, la physicalité et l&rsquo;hédonisme du vaisseau et le vide absolu de l&rsquo;espace, comme pour souligner un sous-texte mélancolique et poser une question au public : nos sexualités non conventionnelles peuvent-elles vraiment être considérées comme libres si elles n&rsquo;existent que lorsque nous sommes cachés dans un coin reculé de l&rsquo;univers, à l&rsquo;abri de tout et de tous ?</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/cosmonauts-1-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-72619" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/cosmonauts-1-1024x768.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/cosmonauts-1-300x225.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/cosmonauts-1-768x576.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/cosmonauts-1-1536x1152.jpg 1536w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/cosmonauts-1.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Comment avez-vous abordé le design de ces personnages très différents&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La conception des personnages est ma partie préférée de l&rsquo;animation, donc c&rsquo;était un pur bonheur et un vrai plaisir de devoir inventer des centaines de personnages bizarres, scène après scène. Comme je traitais du sujet de l&rsquo;amour et de la sexualité, j&rsquo;ai consciemment fait attention à les rendre aussi fluides que possible pour élargir la question de l&rsquo;amour à nous tous.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/cosmonauts-3-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-72620" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/cosmonauts-3-1024x768.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/cosmonauts-3-300x225.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/cosmonauts-3-768x576.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/cosmonauts-3-1536x1152.jpg 1536w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/cosmonauts-3.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Comment avez-vous trouvé votre équilibre idéal entre cette description de l&rsquo;excitation sexuelle et la mélancolie qui la traverse&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Ça s&rsquo;est passé de manière très naturelle. Je pense que l&rsquo;existence même d&rsquo;une minorité apporte une sorte de mélancolie. Quand on parle de sexualité, cette mélancolie peut souvent être accentuée ou liée à des sentiments de honte, de solitude et de culpabilité – qui, paradoxalement, accompagnent pourtant les seuls moments où on se sent épanoui et comme notre vrai moi.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/cosmonauts-2-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-72622" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/cosmonauts-2-1024x768.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/cosmonauts-2-300x225.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/cosmonauts-2-768x576.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/cosmonauts-2-1536x1152.jpg 1536w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/cosmonauts-2.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Pouvez-vous m&rsquo;en dire plus sur la construction du récit, comment avez-vous assemblé (pendant le processus d&rsquo;écriture ou le montage) toutes ces petites scènes pour créer <em>Cosmonauts </em>?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Mon processus créatif est plutôt chaotique dans ses phases initiales. En général, après avoir une idée, un contexte, des thèmes et quelques personnages, je commence simplement à dessiner toutes les choses possibles qui pourraient se passer dans les limites que je me suis fixées. Des centaines de petites illustrations en sortent, ce qui m&rsquo;aide à créer le monde de mon film et à esquisser l&rsquo;histoire. Dans ce cas, vu les nombreuses intrigues qui se croisent dans un film relativement court, la collaboration avec la monteuse Iva Kraljević a été fondamentale, avec qui j&rsquo;ai commencé à travailler dès la phase d’animatique.</p>



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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="840" height="630" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/cosmonauts-4.jpg" alt="" class="wp-image-72623" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/cosmonauts-4.jpg 840w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/cosmonauts-4-300x225.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/cosmonauts-4-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 840px) 100vw, 840px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Qui sont vos cinéastes de prédilection et/ou qui vous inspirent&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il y en a tellement. J&rsquo;adore Federico Fellini, Paolo Sorrentino, Roy Andersson, <a href="https://lepolyester.com/entretien-avec-chintis-lundgren/">Chintis Lundgren</a>, Nikita Diakur, Nikolas Keppens, et beaucoup d&rsquo;autres. J&rsquo;adore quand des cinéastes essaient de trouver leur langage unique sans se prendre trop au sérieux, en maintenant une approche ironique.</p>



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<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="jetpack-video-wrapper"><iframe title="&quot;Cosmonauts&quot; (Official Trailer) | Berlinale Shorts 2026" width="640" height="480" src="https://www.youtube.com/embed/RkfrlQ8gGP4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Entretien réalisé par Nicolas Bardot le 22 juin 2026. Merci à Luce Grosjean.</em></p>



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		<title>Festival de Karlovy Vary &#124; Entretien avec Christian Avilés</title>
		<link>https://lepolyester.com/entretien-avec-christian-aviles-stallion-y-la-bola-de-cristal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jul 2026 09:08:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Interviews]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sélectionné cette semaine à Karlovy Vary, Stallion y la bola de cristal (qui figure dans notre sélection courts de la [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h4 class="wp-block-heading"><strong>Sélectionné cette semaine à <a href="https://lepolyester.com/category/festivals/karlovy-vary/">Karlovy Vary</a>, <em>Stallion y la bola de cristal</em> (qui figure dans <a href="https://lepolyester.com/les-12-meilleurs-courts-metrages-de-la-berlinale-2026/">notre sélection courts de la Berlinale 2026</a>) raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;un adolescent qui brûle de désir pour un sorcier. Superposant la banalité d’une chambre d’ado solitaire à une monde de sorciers gay, le film chevauche son balais et s’envole en équilibre entre cœur brisé et visions galvanisantes. Du cinéma queer magique et inventif, par un jeune cinéaste à suivre. Christian Avilés s&rsquo;était déjà distingué avec le merveilleux <a href="https://lepolyester.com/entretien-avec-christian-aviles/"><em>La Herida luminosa</em></a>, il est à nouveau notre invité.</strong></h4>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Comment avez-vous abordé le style visuel de <em>Stallion y la bola de cristal</em>, et en particulier la manière de représenter son atmosphère magique &#8211; de votre utilisation du 16 mm à la conception des décors ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Bien qu&rsquo;il y ait des étincelles de lumière, je l&rsquo;ai toujours conçu comme un film essentiellement sombre. L&rsquo;approche répond à une douceur apparente sous laquelle se cache une obscurité, comme si elle vous attirait lentement dans une fièvre et introduisait insidieusement un sentiment de malaise à la surface.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le protagoniste est piégé dans un lieu, mais d&rsquo;une certaine manière, il est également prisonnier d&rsquo;un temps incertain. C’est un appartement qui semble contemporain, cependant il est éclairé à travers un prisme expressionniste qui, en association avec le format de tournage en 16 mm et le fait de l’avoir entièrement tourné sur pellicule Kodak 500T afin d’obtenir une texture très présente et presque agressive, peut évoquer une époque révolue. Je voulais jouer sur l’invocation du passé dans le présent, parler de l’oppression contemporaine tout en la reflétant dans le miroir de la tradition, comme le roman gothique lorsqu’il traite de passions accablantes, d’enfermement involontaire, de châteaux et de tours. Pour cela, nous avons recréé l’appartement sur une petite scène, ce qui nous permet de contrôler au maximum la manière de remplir cet espace, notamment en termes d’ombres.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="620" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/03/entretien-christian-aviles-stallion-3-1024x620.jpg" alt="" class="wp-image-70481" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/03/entretien-christian-aviles-stallion-3-1024x620.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/03/entretien-christian-aviles-stallion-3-300x182.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/03/entretien-christian-aviles-stallion-3-768x465.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/03/entretien-christian-aviles-stallion-3-1536x930.jpg 1536w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/03/entretien-christian-aviles-stallion-3.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Pouvez-vous nous parler de votre choix de représenter votre sorcier de manière très archétypale (chapeau pointu, balai, etc.) ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est basé sur ‘La bruja’ du train de la sorcière, un personnage mythique espagnol de fête foraine. Dans notre culture, les fêtes foraines voyagent à travers le pays de ville en ville, principalement pendant les vacances d&rsquo;été, et les attractions sont toujours les mêmes. Celle-ci en particulier est un train pour enfants qui fait des cercles et est animé par ce personnage masculin de sorcier, généralement un homme très viril (faisant partie de la même équipe qui construit la machine) qui se place au milieu des rails habillé en sorcière féminine et joue avec un balai au-dessus des têtes des enfants. C&rsquo;est un jeu qui, quand vous êtes plus jeune, avec la fumée artificielle, les moteurs bruyants et la musique, tend à être terrifiant. Il est courant de devenir obsédé par cet homme lorsque l&rsquo;on est petit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis, en grandissant, l&rsquo;obsession peut rester, mais on réalise qu&rsquo;il y a une lecture queer accidentelle dedans. Il y a quelque chose d&rsquo;envoûtant à le regarder, à l&rsquo;observer dans son élément et à se montrer séduisant. Je voulais sauvegarder ce souvenir et élaborer un récit autour de lui, et autour du jeune garçon. C&rsquo;est aussi un film qui suit le fil de sa pensée, réalisant que s&rsquo;il veut attirer l&rsquo;attention du sorcier, il doit suivre sa logique. Pour séduire le sorcier, il doit parler sa langue, donc l&rsquo;enchanter.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="620" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/03/entretien-christian-aviles-stallion-2-1024x620.jpg" alt="" class="wp-image-70482" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/03/entretien-christian-aviles-stallion-2-1024x620.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/03/entretien-christian-aviles-stallion-2-300x182.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/03/entretien-christian-aviles-stallion-2-768x465.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/03/entretien-christian-aviles-stallion-2-1536x930.jpg 1536w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/03/entretien-christian-aviles-stallion-2.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Dans <em>Stallion y la bola de cristal</em>, le monde secret de la jeunesse semble profondément lié au mystère et à la magie. Cela vient-il de votre propre expérience en tant qu&rsquo;adolescent ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le désir d&rsquo;évasion et la recherche de moyens pour échapper à l&rsquo;hostilité ont nourri l&rsquo;idée que je poursuis d&rsquo;un type différent de réalité pour ces personnages. Mon propre vécu en tant qu&rsquo;adolescent queer dans un petit village était rempli du désir de trouver une alternative à habiter. En regardant en arrière, il y a eu d&rsquo;innombrables heures à fixer le plafond en souhaitant manifester autre chose, un contexte différent et une logique dans laquelle on pourrait gagner. Bien que j&rsquo;aie été élevé dans un environnement fortement religieux et conservateur, il y avait des ressources à disposition pour développer et s&rsquo;appuyer sur d&rsquo;autres types de croyances.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="620" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/03/entretien-christian-aviles-stallion-4-1024x620.jpg" alt="" class="wp-image-70483" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/03/entretien-christian-aviles-stallion-4-1024x620.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/03/entretien-christian-aviles-stallion-4-300x182.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/03/entretien-christian-aviles-stallion-4-768x465.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/03/entretien-christian-aviles-stallion-4-1536x930.jpg 1536w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/03/entretien-christian-aviles-stallion-4.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Quel.le est votre sorcière ou sorcier de cinéma favori.te&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Carrie White. Bien que j&rsquo;aie le sentiment que nous aurions été ami.es, peut-être aurions-nous été trop timides pour le réaliser, donc elle m&rsquo;aurait probablement détruit accidentellement pendant la tuerie du bal de promo, mais c&rsquo;est aussi bien. Carrie, tout ce que tu as fait, tu l&rsquo;as fait avec un cœur ouvert.</p>



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<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="jetpack-video-wrapper"><iframe title="&quot;Stallion and a Crystal Ball&quot; (Official Trailer) | Berlinale Shorts 2026" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/EbC6nKK2zDQ?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>



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<p class="wp-block-paragraph"><em>Entretien réalisé par Nicolas Bardot le 8 mars 2026. </em></p>



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		<title>Festival d’Annecy &#124; Entretien avec Iva Tokmakchieva</title>
		<link>https://lepolyester.com/entretien-avec-iva-tokmakchieva/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jul 2026 06:13:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Annecy]]></category>
		<category><![CDATA[Interviews]]></category>
		<category><![CDATA[Animation]]></category>
		<category><![CDATA[Bulgarie]]></category>
		<category><![CDATA[Court métrage]]></category>
		<category><![CDATA[Réalisatrice]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Remarqué au Festival National d&#8217;Animation de Rennes, Balconada a également été à l&#8217;honneur tout récemment au Festival d&#8217;Annecy. Ce court [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h4 class="wp-block-heading"><strong>Remarqué au <a href="https://lepolyester.com/festival-national-du-film-danimation-2026-nos-10-courts-metrages-favoris/">Festival National d&rsquo;Animation de Rennes</a>, <em>Balconada </em>a également été à l&rsquo;honneur tout récemment au <a href="https://lepolyester.com/category/festivals/annecy/">Festival d&rsquo;Annecy</a>. Ce court d&rsquo;animation se déroule lors d&rsquo;une chaude journée d&rsquo;été, alors que des voisins et voisines se retrouvent chacun•e sur leur balcon. La réalisatrice bulgare Iva Tokmakchieva met en scène un lieu et les inconnu•es qui l’habitent. Variations de bleus et touches de rose, ombres et silhouettes, attention délicate apportée au son : la cinéaste crée tout un univers avec sa propre patte. Et dessine, sans dialogue, entre torpeur estivale et averse tempétueuse, le lien tendre qui unit ses personnages. Iva Tokmakchieva est notre invitée.</strong></h4>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Pouvez-vous m&rsquo;en dire plus sur votre choix d&rsquo;utiliser seulement du rose et des nuances de bleu pour ce court-métrage ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le bleu correspond au matin, avec une grande ombre qui se déplace sur les bâtiments et est utilisé pour montrer l&rsquo;état émotionnel mélancolique du flûtiste. Alors que la tension dans le jardin arrière monte lentement jusqu&rsquo;à un climax, l&rsquo;ombre bleue envahit à nouveau la cour d&rsquo;un bleu profond. Pendant la tempête, l&rsquo;ombre s&rsquo;intensifie, nous plongeant dans un état de chaos, où la musique du flûtiste crée un moment partagé entre les voisins. Le rose des fraises et des fleurs évoque le moment de connexion entre les voisins et a une signification symbolique, représentant la beauté créée par le processus créatif. Il relie le quotidien au rêve, transformant des détails ordinaires en quelque chose de beau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La palette de couleurs a traversé de nombreuses variations avant de prendre peu à peu forme. Au fur et à mesure du processus, nous étions ravis de découvrir des liens significatifs entre la couleur et le récit lui-même. Ces idées ont émergé naturellement grâce à notre collaboration avec le background designer, en restant ouverts à l&rsquo;expérimentation tout au long du processus.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="540" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/balconada-3-1024x540.jpg" alt="" class="wp-image-72863" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/balconada-3-1024x540.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/balconada-3-300x158.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/balconada-3-768x405.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/balconada-3.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Comment avez-vous abordé l&rsquo;écriture de cette histoire sans dialogues&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant la phase de développement, nous avons participé à un programme de formation pour développer des projets de films d&rsquo;animation, où nous avons reçu beaucoup de retours précieux. Après beaucoup d&rsquo;écriture, notre mentor en scénario a suggéré que je commence à travailler sur l&rsquo;animatique avant de terminer le scénario.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette suggestion m&rsquo;a vraiment aidée à découvrir de nouvelles possibilités pour la structure narrative, qui m&rsquo;était très difficile à voir pendant le processus d&rsquo;écriture. Le rythme du film repose sur les mouvements et les réactions des personnages, et c&rsquo;était la meilleure solution possible pour penser l&rsquo;histoire de manière visuelle. Nous avons collaboré avec une super monteuse qui comprenait les besoins du film et a façonné son tempo, créant du contraste tout en réunissant les intrigues.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="540" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/balconada-2-1024x540.jpg" alt="" class="wp-image-72864" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/balconada-2-1024x540.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/balconada-2-300x158.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/balconada-2-768x405.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/balconada-2.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Povuvez-vous me parler de l&rsquo;importance du son et de la musique dans <em>Balconada&nbsp;</em>?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le film parle d&rsquo;isolement mais aussi de connexion, et la musique incarne un sentiment d&rsquo;unité et de libération pour les personnages. Contrairement à la musique, le design sonore était essentiel pour montrer la tension intérieure des voisins et créer un sentiment de chaos entre eux pendant le climax. Il y a une progression constante vers le désordre, qui se transforme en harmonie pendant la tempête. C&rsquo;était vraiment important non seulement de contraster le chaos avec l&rsquo;harmonie, mais aussi de les relier entre eux, car c&rsquo;est le passage à un état de désordre presque onirique qui fait naître chez le joueur de flûte le désir de jouer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La musique et le design sonore étaient une partie essentielle de la narration du film, et je suis vraiment reconnaissante d&rsquo;avoir eu l&rsquo;occasion de collaborer avec des artistes talentueux pour façonner cet aspect du film. C&rsquo;était un processus collaboratif, où les idées ont évolué grâce au dialogue et à l&rsquo;expérimentation.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="540" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/balconada-4-1024x540.jpg" alt="" class="wp-image-72865" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/balconada-4-1024x540.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/balconada-4-300x158.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/balconada-4-768x405.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/balconada-4.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Comment avez-vous travaillé sur les décors, ces bâtiments où se déroule l&rsquo;histoire ? Avez-vous eu une inspiration spécifique ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;inspiration pour le décor est née pendant la pandémie de Covid, quand j&rsquo;observais beaucoup depuis mon balcon. Je dessinais des personnages qui reflétaient l&rsquo;isolement, mais de façon drôle, ce qui servait aussi à me distraire de la situation stressante. Vessela Dantcheva, la productrice du film, a remarqué un de ces dessins, celui d&rsquo;un personnage faisant de l&rsquo;exercice sur son balcon, et m&rsquo;a suggéré d&rsquo;essayer de développer une idée à partir de ça. Je me suis vraiment sentie connectée à ce concept et j&rsquo;ai commencé à créer intuitivement plus de personnages et de situations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le balcon était pour moi un cadre très intéressant pour explorer le contraste entre l&rsquo;isolement et la connexion, car les voisins existent à la fois ensemble et séparément, partageant la même cour intérieure en ville tout en restant isolés dans leur propre univers privé.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="540" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/balconada-5-1024x540.jpg" alt="" class="wp-image-72866" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/balconada-5-1024x540.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/balconada-5-300x158.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/balconada-5-768x405.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/07/balconada-5.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Qui sont vos cinéastes de prédilection et/ou qui vous inspirent&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Balconada, je me suis profondément inspirée en observant la vie quotidienne et les gens autour de moi. J&rsquo;ai aussi mené quelques recherches très importantes… en observant les gens depuis ma fenêtre. En fait, beaucoup de petits détails du film sont basés sur ce genre d&rsquo;observations. Tout au long du processus, j&rsquo;ai également échangé des idées, des détails et des situations avec mes collègues et mes amis proches, dont les perspectives ont beaucoup enrichi le film.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est en travaillant sur l’animatique que j’ai été fortement inspirée par des films d’animation et des films en prises de vue réelle. J’ai essayé d’analyser des scènes spécifiques et la manière dont les plans étaient composés. Certains films comme <strong>Punch-Drunk Love</strong>, <strong>Les Nuits de Cabiria</strong> et <strong>Le Lauréat </strong>m’ont fait réfléchir à des gestes précis des personnages, au silence et à l’expérience de la magie dans le quotidien. Je pense que ces références ne sont pas directement visibles dans le film, mais elles m’ont inspirée tout au long du processus.</p>



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<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="jetpack-video-wrapper"><iframe title="&amp;apos;Balconada&amp;apos; trailer (Iva Tokmakchieva, France, Bulgaria)" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/WHWlMutCtLI?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Entretien réalisé par Nicolas Bardot le 30 juin 2026. Merci à Gaetan Trigot.</em></p>



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		<title>Festival d’Annecy &#124; Entretien avec Diego Maia</title>
		<link>https://lepolyester.com/entretien-avec-diego-maia/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Jun 2026 02:05:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Annecy]]></category>
		<category><![CDATA[Interviews]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dévoilé en compétition au Festival d&#8217;Annecy, Lagune de l&#8217;abandon a pour protagonistes des aigrettes qui, au bord d&#8217;un lac menacé [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h4 class="wp-block-heading"><strong>Dévoilé en compétition au <a href="https://lepolyester.com/category/festivals/annecy/">Festival d&rsquo;Annecy</a>, Lagune de l&rsquo;abandon a pour protagonistes des aigrettes qui, au bord d&rsquo;un lac menacé par un projet de construction, peinent à trouver un endroit où faire un nid. Le Brésilien Diego Maia signe une fable écologique visuellement inspirée, avec une utilisation remarquable du son et de la musique. Le cinéaste est notre invité.</strong></h4>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Comment avez-vous eu l&rsquo;idée d&rsquo;avoir des aigrettes comme personnages principaux pour ce récit écologique ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">L’aigrette a été un symbole récurrent dans mon travail pendant de nombreuses années, et j’ai toujours été fasciné par sa symbolique. Quand j’ai commencé à développer le film, je voulais explorer le contraste que je perçois quand je regarde le lac Messejana. C’est un endroit incroyablement beau, mais en même temps il est entouré de négligence et de conditions précaires. Alors j’ai réalisé que l’aigrette pourrait devenir le point central entre la croissance urbaine et la nature.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/lagune-de-labandon-2-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-72783" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/lagune-de-labandon-2-1024x576.jpeg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/lagune-de-labandon-2-300x169.jpeg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/lagune-de-labandon-2-768x432.jpeg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/lagune-de-labandon-2.jpeg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Pouvez-vous me parler de la technique d&rsquo;animation que vous avez utilisée pour <em>Lagune de l&rsquo;abandon&nbsp;</em>?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le film est une animation numérique en 2D, mais chaque arrière-plan et chaque image a été peint à la main. Cela est étroitement lié au contraste que le film explore entre le technologique et l&#8217;empirique. C&rsquo;est un film qui entretient un fort dialogue avec la peinture et le geste. Chaque tache, chaque coup de pinceau, et même chaque « erreur » a été réalisée par une personne, et je crois que cela donne vie au film.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Quels défis avez-vous rencontrés pour raconter une histoire sans dialogues&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;était l&rsquo;un des aspects les plus difficiles du film, puisque j&rsquo;ai choisi de montrer les aigrettes comme de vrais animaux, sans expressions ou comportements humanisés. À cause de ça, j&rsquo;ai été très attentif à en faire la force active qui fait avancer l&rsquo;histoire, plutôt que des personnages passifs qui réagissent juste aux événements. Le film repose aussi sur la fantaisie et l&rsquo;action. Ça nous a aidés à ne pas nous perdre seulement dans la beauté et la douceur des images. En même temps, l&rsquo;absence de dialogues permet d&rsquo;élargir la communication. C&rsquo;est beau de voir que, peu importe la langue, nos drames sont souvent les mêmes.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/lagune-de-labandon-1-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-72784" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/lagune-de-labandon-1-1024x576.jpeg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/lagune-de-labandon-1-300x169.jpeg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/lagune-de-labandon-1-768x432.jpeg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/lagune-de-labandon-1.jpeg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Pouvez-vous m&rsquo;en dire plus sur votre utilisation du son et de la musique&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Pour moi, c&rsquo;est l&rsquo;un des aspects les plus importants du film. C&rsquo;était aussi la partie du processus où j&rsquo;ai eu l&rsquo;occasion de collaborer avec d&rsquo;autres artistes. Messejana est un quartier qui s&rsquo;est développé à partir de colonies indigènes autour du lac. Même si le film se déroule en 2040, je voulais que cette présence ancestrale se ressente d&rsquo;un point de vue plus subjectif. Pour la musique, j&rsquo;ai invité les mêmes producteurs qui ont travaillé sur mon premier court métrage, Barra Nova — João Victor Barroso et Victor Cozilos. J&rsquo;ai également invité Marta Aurélia et Éden Barbosa, des artistes dont la recherche sur les rythmes afro-brésiliens et les chants indigènes est vraiment remarquable. Nous avons combiné des rythmes de Maracatu et des chants festifs indigènes avec des éléments contemporains comme les guitares électriques et les synthétiseurs. João Victor a également intégré des flûtes traditionnelles de Maracatu dans la bande-son.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le design sonore est aussi assez unique. Il a été réalisé par Lucas Coelho, avec l&rsquo;aide au montage de Letícia Belo. Le son sur le lieu a été enregistré directement au lac Messejana, ce qui a permis de préserver l&rsquo;authenticité du paysage sonore local. En même temps, le mixage et les effets sonores font évoluer cette réalité, en s&rsquo;inspirant des animes et des films de science-fiction. Nous avons aussi eu la chance de collaborer avec Tres Sonido en Argentine, qui a créé une piste de bruitage très sensible et nuancée pour le film.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/lagune-de-labandon-3-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-72785" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/lagune-de-labandon-3-1024x576.jpeg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/lagune-de-labandon-3-300x169.jpeg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/lagune-de-labandon-3-768x432.jpeg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/lagune-de-labandon-3.jpeg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Qui sont vos cinéastes favoris et/ou qui vous inspirent&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Isao Takahata, Hayao Miyazaki et Satoshi Kon sont mes réalisateurs préférés, mais je pourrais en citer beaucoup d&rsquo;autres qui m&rsquo;ont également fortement marqué, comme Sébastien Laudenbach, Sylvain Chomet, Michaël Dudok de Wit et Mamoru Hosoda. Ale Abreu est aussi un réalisateur que j&rsquo;admire profondément et qui a été une grande source d&rsquo;inspiration. <strong>Le Garçon et le monde</strong> est l&rsquo;un des plus beaux films que j&rsquo;aie jamais vus, et il a certainement inspiré de nombreux réalisateurs d&rsquo;animation brésiliens. J&rsquo;apprends également beaucoup du cinéma en prise de vue réelle. Je suis particulièrement inspiré par les films de Pedro Diógenes et Guto Parente, deux réalisateurs de mon État d&rsquo;origine. Leurs films dépeignent notre réalité de manière très contemporaine et moderne, et leur travail a été une influence importante pour moi.</p>



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<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="jetpack-video-wrapper"><iframe title="Lake Messejana (Lagoa do Abandono) | Official Teaser" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/WLo1E6z-OX4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Entretien réalisé par Nicolas Bardot le 18 juin 2026. Merci à Estelle Lacaud.</em></p>



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		<title>Festival d’Annecy &#124; Entretien avec Andrea Szelesová</title>
		<link>https://lepolyester.com/entretien-avec-andrea-szelesova/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Jun 2026 09:22:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Annecy]]></category>
		<category><![CDATA[Interviews]]></category>
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		<category><![CDATA[Réalisatrice]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Remarquée notamment avec son court&#160;Sisters&#160;(passé par Annecy et Clermont-Ferrand), la Slovaque Andrea Szelesová signe avec Eeny, Meeny, Miny, Moe ! [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://lepolyester.com/entretien-avec-andrea-szelesova/">Festival d’Annecy | Entretien avec Andrea Szelesová</a> est apparu en premier sur <a href="https://lepolyester.com">Le Polyester</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h4 class="wp-block-heading"><strong>Remarquée notamment avec son court&nbsp;<em>Sisters&nbsp;</em>(passé par Annecy et Clermont-Ferrand), la Slovaque Andrea Szelesová signe avec <em>Eeny, Meeny, Miny, Moe !</em> un film chaleureux dont les couleurs et la rondeur du design possèdent un charme irrésistible. Derrière de flamboyants emprunts à la mythologie grecque se cache la fable au pouvoir intelligemment allégorique d’un garçonnet qui rayonne trop pour les autres. Une réussite qui peut s’adresser à tous les publics, au programme du <a href="https://lepolyester.com/category/festivals/annecy/">Festival d&rsquo;Annecy</a> cette semaine. Andrea Szelesová est notre invitée. </strong></h4>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Pouvez-vous m&rsquo;en dire davantage sur votre intérêt pour la mythologie ancienne et la façon dont vous souhaitiez l&rsquo;incorporer dans votre court métrage ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La toute première idée que j&rsquo;ai eue pour ce film était un personnage – ce petit Soleil, un enfant solitaire, assis tout seul, isolé. J&rsquo;ai commencé à me demander pourquoi ce personnage m&rsquo;était venu à l&rsquo;esprit et quelle était son histoire. Je sentais que nous regardions un enfant rejeté à cause de ses différences. Bien que, au fond, son histoire soit assez simple, il était aussi évident que ce personnage avait un lien avec les mythes d&rsquo;une manière ou d&rsquo;une autre. Après tout, le soleil est au centre de la plupart de nos mythes. La mythologie contient quelque chose de primitif en elle-même, quelque chose qui vit profondément et qui relie l&rsquo;humanité à son passé. Ce fort sentiment de nostalgie semblait très approprié pour un film sur l&rsquo;enfance.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/Eeny-Meeny-Miny-Moe-2-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-72765" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/Eeny-Meeny-Miny-Moe-2-1024x576.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/Eeny-Meeny-Miny-Moe-2-300x169.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/Eeny-Meeny-Miny-Moe-2-768x432.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/Eeny-Meeny-Miny-Moe-2.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Il y a une forte puissance métaphorique dans <em>Eeny Meeny Miny Moe !</em>. Comment avez-vous trouvé votre équilibre idéal entre un récit simple et l&rsquo;allégorie ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Équilibrer ces deux éléments a été un point sur lequel j&rsquo;ai porté mon attention depuis mon précédent film, <strong>Sisters</strong>. C&rsquo;était une histoire fortement allégorique sur la manière de faire face à la perte, ou plus précisément, à l&rsquo;inévitabilité. C&rsquo;était l&rsquo;histoire de deux sœurs, l&rsquo;une de taille moyenne et l&rsquo;autre gigantesque – qui est coincée dans le sable et s&rsquo;enfonce lentement. Dans le film, on a très peu d&rsquo;explications sur la situation. Avec pratiquement aucune exposition, je voulais que le public vive le voyage des personnages en temps réel, ressentent ce qu&rsquo;ils ressente dans ce format brut, et finisse ainsi par projeter leur propre explication et leur propre histoire sur le film.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec <strong>Eeny, Meeny, Miny, Moe !</strong>, j&rsquo;espérais retrouver une forte connexion avec les personnages, mais peut-être d&rsquo;une manière différente. Même si le film est plus narratif et qu&rsquo;il se passe beaucoup de choses, je me suis encore concentrée sur l&rsquo;émotion. Il était important que Yios, le personnage principal, réagisse très émotionnellement, et de s&rsquo;assurer que les spectatrices et spectateurs se connectent profondément à lui. À la fin, peu importe si on le voit juste comme un petit soleil explosif, ou comme un enfant avec un TDAH, car le plus important, c&rsquo;est qu&rsquo;il devienne un personnage auquel on se connecte. Ainsi, l&rsquo;allégorie s&rsquo;est mêlée à tous les aspects de l&rsquo;histoire et à ce stade, je ne peux même plus différencier une approche d&rsquo;une autre.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/Eeny-Meeny-Miny-Moe-1-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-72766" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/Eeny-Meeny-Miny-Moe-1-1024x576.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/Eeny-Meeny-Miny-Moe-1-300x169.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/Eeny-Meeny-Miny-Moe-1-768x432.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/Eeny-Meeny-Miny-Moe-1.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le design est très chaleureux et charmant, comment avez-vous abordé le traitement visuel de cette histoire&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le style visuel, je me suis beaucoup inspirée de la culture minoenne. Les fresques colorées de Knossos et d&rsquo;Akrotiri ont éveillé mon intérêt pendant mes études d&rsquo;histoire de l&rsquo;art, et je m&rsquo;en suis immédiatement souvenu en créant ce film. Elles ont une grande part de fantaisie que je voulais capturer. Précédant l&rsquo;art grec antique plus stéréotypé que la plupart des gens connaissent, cela correspond aussi au thème de puiser dans le mythe, dans quelque chose d&rsquo;antérieur. En même temps, je voulais intégrer de la poterie et de l&rsquo;architecture dans le film, car je pense que la première fois que les enfants découvrent l&rsquo;art de la Grèce antique à l&rsquo;école, c&rsquo;est en voyant ces objets. La poterie grecque peut être très ludique et utilise souvent des têtes d&rsquo;animaux ou de personnes comme base, donc l&rsquo;utiliser pour les têtes des personnages était une évidence.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/Eeny-Meeny-Miny-Moe-3-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-72767" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/Eeny-Meeny-Miny-Moe-3-1024x576.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/Eeny-Meeny-Miny-Moe-3-300x169.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/Eeny-Meeny-Miny-Moe-3-768x432.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/Eeny-Meeny-Miny-Moe-3.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Les couleurs sont spectaculaires dans votre court métrage, comment avez-vous travaillé sur ce point précis&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Les couleurs du film ont été un vrai casse-tête. J’étais sûre de vouloir que le film ait une palette très riche. La base était inspirée par les couleurs des fresques minoennes, qui sont assez spécifiques étant donné les pigments qu’ils utilisaient. Je voulais aussi que les couleurs aient un aspect “brûlé”, qu’elles soient plus sombres et plus riches. Je pense que c’est un aspect qui pourrait distinguer le film des couleurs plus habituelles qu’on voit dans les films pour enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, il y avait la question de la brillance de Yios. On ne voulait pas se concentrer sur l’idée que c’était de la lumière, et mélanger la question de la lumière et de l’obscurité. À la place, la brillance de Yios est quelque chose de très tactile. Elle a des épines, elle peut couper et piquer. Du coup, elle est devenue d’un rouge profond, plus foncé que la couleur des nuages crème, qui servent de fond pour la majeure partie du film. En même temps, Yios doit aussi traverser la Terre, ce qui soudain semble beaucoup plus réaliste que de courir dans les nuages. Comme vous pouvez le voir, il y avait beaucoup d’éléments à considérer et à résoudre. De quoi avoir un ou deux maux de tête… mais un processus agréable malgré tout.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/Eeny-Meeny-Miny-Moe-4-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-72768" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/Eeny-Meeny-Miny-Moe-4-1024x576.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/Eeny-Meeny-Miny-Moe-4-300x169.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/Eeny-Meeny-Miny-Moe-4-768x432.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/Eeny-Meeny-Miny-Moe-4.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Qui sont vos cinéastes de prédilection et/ou qui vous inspirent&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Pour être honnête, pour moi c&rsquo;est une question que je redoute toujours, puisque je n&rsquo;ai pas vraiment de réponse. J&rsquo;ai grandi en aimant les films d&rsquo;animation, mais je suis arrivée à l&rsquo;animation d&rsquo;une manière un peu inattendue. J&rsquo;ai fini par lutter contre le syndrome de l&rsquo;imposteur pendant longtemps, ne me sentant pas comme une « vraie réalisatrice ». Une des raisons étant que je n&rsquo;ai jamais été passionné par le cinéma de la même manière que mes pairs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;ai récemment compris qu&rsquo;en tant qu&rsquo;artiste, je vis l&rsquo;art d&rsquo;une manière différente, et que je ne le relie pas forcément à son créateur ou sa créatrice. Il se peut même que je n&rsquo;en garde pas un souvenir complet, ou que je ne cherche pas sa source, mais si ça me touche, ça vit quelque part au fond de mon cerveau ou alors c&rsquo;est enregistré dans un dossier sur mon ordinateur, et ça ressortira plus tard d&rsquo;une nouvelle manière. Dans mon propre art, je fonctionne beaucoup par association visuelle, donc quand je crée pour le cinéma, j&rsquo;ai tendance à m&rsquo;inspirer plus d&rsquo;autres médias que du cinéma lui-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela dit, en rapport avec <strong>Eeny, Meeny,…</strong> je peux citer quelques films comme sources d&rsquo;inspiration. <strong>Le Prince d&rsquo;Égypte</strong> est mon préféré de tous les temps, et il pourrait expliquer mon besoin de rendre un film émotionnellement puissant tout en visant un sentiment de grandeur évocatrice. Voir le film de Marcell Jankovics, <strong>Le Fils de la jument blanche</strong>, au cinéma a été une expérience qui a changé ma vie et qui a influencé le film pendant son développement – encore une fois, je ne me souviens même plus de l&rsquo;intrigue. Et la filmographie de Tim Burton pourrait aussi être mentionnée, car elle nourrit mon amour de l&rsquo;horreur fantastique quand j&rsquo;étais enfant.</p>



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<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="jetpack-video-wrapper"><iframe title="&quot;Eeny, Meeny, Miny, Moe!&quot; (Official Clip) | Berlinale Generation 2026" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/3FR8_f9XJyc?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Entretien réalisé par Nicolas Bardot le 22 juin 2026. Merci à Luce Grosjean.</em></p>



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