Corry est française et vit au Japon. Elle partage sa vie avec Jin et s’occupe d’enfants en attente de greffe cardiaque à l’hôpital de Kobé. Alors que la culture Japonaise a du mal à accepter le don d’organe, Corry se bat au quotidien pour faire évoluer les mentalités et trouver plus de donneurs. Quand Jin disparait un jour sans laisser de trace, elle tente de le retrouver, mais doit aussi mener une course contre la montre pour que la greffe de son jeune patient aboutisse…
L’Illusion de Yakushima
Japon, 2025
De Naomi Kawase
Durée : 2h02
Sortie : 17/06/2026
Note : ![]()
CŒUR A CŒUR
Après son documentaire dédié aux Jeux Olympiques de Tokyo, L’Illusion de Yakushima signe le retour de la Japonaise Naomi Kawase à la fiction après son beau True Mothers en 2020. Dans True Mothers comme dans bien des films de la cinéaste, la question de la transmission est centrale. C’est une transmission qui ne va jamais vraiment de soi : celle-ci est examinée au sein d’une famille recomposée, entre les morts et les vivants, ou encore entre des générations qu’a priori rien ne rapproche. Dans L’Illusion de Yakushima, Kawase se penche sur ce qui reste un tabou culturel au Japon : le don d’organes. Et dessine, en pointillé, la possibilité d’un lien entre ceux qui disparaissent et ceux qui ont encore la possibilité de survivre.
La toujours brillante Vicky Krieps incarne une professionnelle de la santé qui travaille au Japon auprès d’enfants en attente de greffe cardiaque. L’Illusion de Yakushima ne débute pourtant pas dans les couloirs de hôpitaux, mais dans un décor plus familier du cinéma de Naomi Kawase : une nature gigantesque, contemplée avec émerveillement, du haut d’une montagne tandis que se lève le soleil matinal. On croirait presque à un conte, avec des portes à pousser à travers les arbres. De fait, si L’Illusion de Yakushima est un film d’hôpital, ça n’est pas tant les questions réalistes du quotidien hospitalier qui semblent intéresser Kawase en premier lieu. Plutôt un rapport spirituel au monde, à la vie et à la mort, motif qui traverse des films tels que La Forêt de Mogari ou Still the Water.
Qu’est-ce qui, culturellement, définit la mort ? Cette question qui habite tant la filmographie de la réalisatrice est ici abordée avec une perspective nouvelle et très concrète, puisque nous sommes sous la lumière crue des hôpitaux – et ce même si les fantômes ne sont jamais très loin. Le film, hélas, pêche par une construction laborieuse qui le prive de grâce et l’empêche d’être à la hauteur des réussites de la cinéaste. L’Illusion de Yakushima rappelle néanmoins, de temps à autre, la capacité qu’a Kawase de composer un récit sensoriel sur ce qui constitue un tissu humain, un lien sensible et poétique entre nous, à la fois visible et mystérieusement invisible.
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par Nicolas Bardot
