Un couple en crise décide de passer un week-end dans une maison isolée à la campagne. À leur arrivée, ils sont accueillis par l’agent qui leur fait visiter la maison et leur remet les clés. Cependant, avant de les laisser, quelque chose de bizarre se produit : le temps recule soudainement de 5 minutes.
5 minutos más
Espagne, 2026
De Javier Ruiz Caldera
Durée : 1h32
Sortie : –
Note : ![]()
ENCORE, ENCORE
Les conditions pour des vacances ou un weekend ont l’air idylliques au tout début de Cinco minutos más, mais très rapidement, la rengaine rétro de l’autoradio est interrompue et l’atmosphère nous raconte autre chose. Présenté en première mondiale dans la compétition du Festival de San Sebastian, Cinco minutos más est un film de paradoxe temporel qui appartient à la même famille que les récents longs métrages du Japonais Junta Yamaguchi, Beyond the Infinite Two Minutes et En boucle. Mais là où les jeux de pistes entravés de Yamaguchi avaient une action concentrée sur un lieu (un café ou une auberge) avec un ton très jovial, Cinco minutos más choisit d’élargir le champ.
Si l’action du long métrage réalisé par l’Espagnol Javier Ruiz Caldera se concentre sur une maison, un jardin et son voisinage immédiat, le paradoxe temporel dont il est question a des répercussions sur le monde entier, et à la ludique science-fiction s’ajoute une plus sombre atmosphère de film catastrophe. Les choix de casting rendent Cinco minutos más crédible, avec des acteurs aux têtes et aux corps normaux – ce ne sont pas d’évidents héros bodybuildés. Voilà qui participe à l’effet de réel, mais aussi à la comédie : car en plus d’être un film de SF, et d’être un mini-film catastrophe, Cinco minutos más est très drôle : drôle de bouffonnerie, drôle de mauvais esprit, drôle… jusqu’à devenir macabre et le film ajoute là encore une touche de tonalité inattendue.
Le long métrage a en effet une étonnante ressource narrative qui lui permet d’être toujours vivant et surprenant. C’est une vraie qualité d’écriture, mais c’est aussi une question de forme : comment parvient-on a maintenir le suspens avec un procédé aussi répétitif ? Javier Ruiz Caldera y arrive avec maestria grâce à des plans-séquences vifs et maîtrisés, avec d’habiles variations de points de vue et autres idées visuelles bienvenues. Le tempo de Cinco minutos más est diablement efficace, sans jamais que le jeu, l’écriture ou la mise en scène n’appuient sur le bouton de la frénésie. Voilà un bolide accueilli très chaleureusement en salle et dont la carrière devrait être brillante.
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par Nicolas Bardot
