Festival de San Sebastian | Critique : 7h40 ce matin-là

Alice s’installe dans une petite ville du sud de la France où elle se fait engager comme serveuse dans une cafétéria. Elle semble sans attache. Mais c’est pour Milo qu’elle est là, un jeune homme qui travaille dans un garage près de là , et semble ignorer tout d’elle. Sans lui dire qui elle est, Alice veut l’approcher, lui parler, le connaître… Le reconnaître.

7h40 ce matin-là
France, 2026
De Nicole Garcia

Durée : 1h54

Sortie : 20/01/2027

Note :

ENCORE UN MATIN

7h40 ce matin-là débute sur une route nocturne. Puis vient le petit matin et un hôtel anonyme. Nous sommes dans une zone périurbaine où rien ne semble se passer, et où pourtant toute la dense intrigue de ce long métrage va se dérouler. « C’est un nouveau départ ? » demande t-on au personnage incarné par Marion Cotillard, et on n’en saura pas beaucoup plus dans l’immédiat. La mise en scène froide et la rétention d’informations installent une tension efficace dans le long métrage.

Sélectionné en compétition au Festival de San Sebastian, le nouveau film de la Française Nicole Garcia peut s’appuyer sur l’excellence de ses interprètes. Déjà brillante tout récemment dans des registres aussi différents que La Tour de glace et Roma Elastica, Marion Cotillard change à nouveau de tonalité avec cette héroïne quotidienne et abîmée. Elle parvient de manière très convaincante à donner une intériorité à un personnage dont on ne sait longtemps que peu de choses. Face à elle, Théodore Pellerin apporte une candeur et une profondeur qui nourrissent son personnage – et c’est un plaisir de voir Cotillard et Pellerin interagir. Autour d’elleux, Garcia a réuni une distribution convaincante, allant de Laura Calamy à Anne Brochet.

Que devient-on lorsque les idéaux de jeunesse se sont éteints ? Il y a différentes dynamiques dans 7h40 ce matin-là (sociales, familiales), mais celle-ci occupe une place singulière dans le long métrage. Garcia dessine des rapports de classe, des illusions et des échecs, et le bleu déçu prédomine dans ce monde où il ne suffit vraiment pas de vouloir pour pouvoir. Avec un élégant sens de l’ellipse, le film évite les grandes scènes dramatiques et démonstratives. Il y a en creux quelques émotions qui passent et, in fine, un subtil récit de transmission.

| Suivez Le Polyester sur Bluesky et Instagram ! |

par Nicolas Bardot

Partagez cet article