Quels sont les films à ne pas manquer en janvier ? Le Polyester vous propose sa sélection de longs métrages à découvrir en salles.

• Les Échos du passé, Mascha Schilinski (7 janvier)
L’histoire : Quatre filles de quatre décennies différentes grandissent ensemble dans une ferme et semblent être liées les unes aux autres.
Pourquoi il faut le voir : Gothique n’est pas un adjectif qu’on a souvent l’occasion de coller au cinéma allemand contemporain mais c’est sans doute celui qui colle le mieux aux Échos du passé, dont les scènes les plus stupéfiantes méritent de conserver toute leur surprise mais sont portées par des pulsions de mort dont le jaillissement et l’ampleur laissent coi.

• Eleonora Duse, Pietro Marcello (14 janvier)
L’histoire : A la fin de la Première Guerre mondiale, alors que l’Italie enterre son soldat inconnu, la grande Eleonora Duse arrive au terme d’une carrière légendaire. Mais malgré son âge et une santé fragile, celle que beaucoup considèrent comme la plus grande actrice de son époque, décide de remonter sur scène. Les récriminations de sa fille, la relation complexe avec le grand poète D’Annunzio, la montée du fascisme et l’arrivée au pouvoir de Mussolini, rien n’arrêtera Duse « la divine ».
Pourquoi il faut le voir : Le cœur battant d’Eleonora Duse est avant tout son héroïne et celle qui l’interprète, Valeria Bruni-Tedeschi. Avec son visage unique, son jeu à fleur de peau et ses yeux bleus lumineux, Bruni-Tedeschi est servie par une écriture plus grande que nature qui offre au film une flamme à la fois pertinente et particulièrement appréciable.

• Jusqu’à l’aube, Sho Miyake (14 janvier)
L’histoire : Misa et Takatoshi ne se connaissent pas encore lorsqu’ils rejoignent une petite entreprise japonaise d’astronomie. En quête d’un nouvel équilibre, ils ont délaissé une carrière toute tracée : elle, en raison d’un syndrome prémenstruel qui bouleverse son quotidien ; lui, à cause de crises de panique aiguës. Peu à peu, ils apprennent à travailler autrement, se rapprochent, s’apprivoisent… et découvrent qu’une présence suffit parfois à éclairer la nuit.
Pourquoi il faut le voir : Avant de découvrir en salles son Léopard d’or Un été en hiver, voici Jusqu’à l’aube du Japonais Sho Miyake qui sait avec finesse mettre en scène une douceur enveloppante Rehaussé par la bande originale signée Hi’Spec (également auteur de celle de And Your Bird Can Sing), Jusqu’à l’aube est une tendre et humble petite réussite.

• Hamnet, Chloé Zhao (21 janvier)
L’histoire : Angleterre, 1580. Un professeur de latin fauché, fait la connaissance d’Agnes, jeune femme à l’esprit libre. Fascinés l’un par l’autre, ils entament une liaison fougueuse avant de se marier et d’avoir trois enfants. Tandis que Will tente sa chance comme dramaturge à Londres, Agnes assume seule les tâches domestiques. Lorsqu’un drame se produit, le couple, autrefois profondément uni, vacille. Mais c’est de leur épreuve commune que naîtra l’inspiration d’un chef d’œuvre universel.
Pourquoi il faut le voir : Hamnet réussit un émouvant contraste des échelles entre le quotidien humble et ses percées tragiques, entre la simplicité et le romanesque, entre le souffle du vent et la musique de Max Richter. Jessie Buckley impressionne et fait d’ores et déjà figure de grande favorite pour l’Oscar de la meilleure actrice.

• Grand ciel, Akihiro Hata (21 janvier)
L’histoire : Vincent travaille au sein d’une équipe de nuit sur le chantier de Grand Ciel, un nouveau quartier futuriste. Lorsqu’un ouvrier disparaît, Vincent et ses collègues suspectent leur hiérarchie d’avoir dissimulé son accident. Mais bientôt un autre ouvrier disparait.
Pourquoi il faut le voir : Akihiro Hata signe un drame social à la fois très concret et à l’efficace pouvoir allégorique sur une main d’oeuvre méprisée, exploitée et avalée. Cette perspective fantastique donne une singularité à Grand ciel mais c’est bel et bien la brutalité réelle du monde du travail et du libéralisme qui sont dépeints.

• Le Retour du projectionniste, Orkhan Aghazadeh (21 janvier)
L’histoire : Dans une région reculée des montagnes du Caucase, en Azerbaïdjan, Samid, réparateur de télévision, dépoussière son vieux projecteur 35mm de l’ère soviétique et rêve de rouvrir le cinéma de son village. Les obstacles se succèdent jusqu’à ce qu’il trouve un allié inattendu, Ayaz, jeune passionné de cinéma et de ses techniques. Les deux cinéphiles vont user de tous les stratagèmes pour que la lumière jaillisse de nouveau sur l’écran.
Pourquoi il faut le voir : Ce documentaire, qui pose de bonnes questions de cinéma, est assez généreusement porté par sa conviction et son énergie (mais aussi sa candeur), des armes qui permettent d’affronter les échecs en tout genre et de remuer des montagnes. Un récit chaleureux qui parvient assez habilement à éviter la carte postale pittoresque.

• Baise-en-ville, Martin Jauvat (28 janvier)
L’histoire : Quand sa mère menace de le virer du pavillon familial s’il ne se bouge pas les fesses, Sprite se retrouve coincé dans un paradoxe : il doit passer son permis pour trouver un taf, mais il a besoin d’un taf pour payer son permis. Heureusement, Marie-Charlotte, sa monitrice d’auto-école, est prête à tout pour l’aider – même à lui prêter son baise-en-ville. Mais… C’est quoi, au fait, un baise-en-ville ?
Pourquoi il faut le voir : Baise-en-ville est une comédie populaire réussie, ce qui n’arrive pas chaque mercredi au cinéma. C’est une fantaisie rose et jaune fluo, violette et turquoise, avec tant de cœur que même sa déprime est colorée. Martin Jauvat emballe tout cela en trouvant le bon esprit, ni gras ni mièvre, avec humour et générosité.

• Dreams, Michel Franco (28 janvier)
L’histoire : Fernando, un jeune danseur de ballet originaire du Mexique, rêve de reconnaissance internationale et d’une vie meilleure aux États-Unis. Convaincu que sa maîtresse, Jennifer, une Américaine mondaine et philanthrope influente, l’aidera à réaliser ses ambitions, il quitte clandestinement son pays, échappant de justesse à la mort. Cependant, son arrivée vient bouleverser le monde soigneusement construit de Jennifer. Elle est prête à tout pour protéger leur avenir à tous deux, mais ne veut rien concéder de la vie qu’elle s’est construite.
Pourquoi il faut le voir : Dreams est un drame féroce où le camp vient entre autres questionner les rôles sociaux, et sert ici d’outil pour interroger les rapports de classe ou de domination. C’est aussi une perspective, comme un filtre tragi-comique pour parler d’horreurs, autour de Jessica Chastain qui se montre très convaincante.

• Promis le ciel, Erige Sehiri (28 janvier)
L’histoire : Marie, pasteure ivoirienne et ancienne journaliste, vit à Tunis. Elle héberge Naney, une jeune mère en quête d’un avenir meilleur, et Jolie, une étudiante déterminée qui porte les espoirs de sa famille restée au pays. Quand les trois femmes recueillent Kenza, 4 ans, rescapée d’un naufrage, leur refuge se transforme en famille recomposée tendre mais intranquille dans un climat social de plus en plus préoccupant.
Pourquoi il faut le voir : A la fois dur et lumineux, Promis le ciel se distingue par son écriture nuancée, à la hauteur des enjeux complexes ici racontés. Le film d’Erige Sehiri évoque quelque peu le cinéma de l’Autrichienne Sudabeh Mortezai, dont les drames politiques sont rehaussés par des protagonistes qui ont différentes dimensions.

• Le Chasseur de baleines, Philipp Yuryev (28 janvier)
L’histoire : Leshka est un adolescent qui vit dans un village isolé sur le détroit de Béring, situé entre la Russie et l’Amérique. Comme la plupart des hommes de son village, il vit de la chasse de la baleine et mène une vie très calme à l’extrémité du monde. Avec l’arrivée récente d’internet, Leshka découvre un site érotique où officie une cam girl qui fait naître en lui un désir d’ailleurs…
Pourquoi il faut le voir : Visuellement majestueux, Le Chasseur de baleines décrit un décor qui est aussi un paysage onirique et sensible. Philipp Yuryev fait ressentir ce besoin de liberté en filmant certes les élans et actions de ses personnages, mais aussi en rendant les lieux tout aussi expressifs.
• Retrouvez notre dossier sur les films à ne pas manquer en décembre.
Nicolas Bardot
| Suivez Le Polyester sur Bluesky, Facebook et Instagram ! |
