Critique : Les Lumières de New York

Lu, arrivé de Chine à New York avec le rêve d’ouvrir son restaurant, voit rapidement ses espoirs s’effondrer, le laissant enlisé dans les dettes et les petits boulots invisibles. Sa femme et sa fille, qu’il n’a pas vues depuis des années, le rejoignent, avec le désir de reconstruire une vie à ses côtés. Alors, le temps de quelques jours, Lu s’efforce de leur offrir un moment de bonheur et de raviver les lumières d’un avenir possible. 

Les Lumières de New York
Etats-Unis, 2025
De Lloyd Lee Choi

Durée : 1h43

Sortie : 07/01/2026

Note :

PERDU DANS NEW YORK

Lu a-t-il de la chance ? C’est ce que semble nous indiquer le titre original des Lumières de New York (Lucky Lu, soit littéralement Lu le veinard). Lu débarque à New York avec des rêves dans la tête mais aussi avec des atouts réels : un emploi de livreur et un appartement prêt à accueillir sous peu sa femme et sa fille. Mais l’appartement ne reçoit un réel rayon de soleil qu’à un moment très précis de la journée (et encore, grâce à un reflet sur l’immeuble d’en face) et le job possède la dangereuse précarité qu’on lui connait. Isolé, rapidement arnaqué par son logeur, voilà que Lu se fait en plus voler la moto sans laquelle il ne peut travailler. De la chance, vraiment ?

Cela pourrait pourtant être encore pire, car dans le quartier où habite Lu, les rues ne manquent pas de sans-abris racisés. Si l’action des Lumières de New York se situe majoritairement dans Chinatown, le film évite avec justesse les cartes postales trop faciles. Le chef opérateur canadien Norm Li, dont le talent illuminait déjà Blue Sun Palace ou The Body Remembers When the World Broke Open, parvient à mêler harmonieusement les rayons d’espoir et la grisaille têtue et le résultat donne à l’ensemble une note douce-amère bien distincte.

Du coté du scénario, le slalom n’est pas tout à fait le même. Les archétypes y sont davantage cochés qu’évités, à commencer par un personnage de fillette qui s’exprime comme une ancienne sage. Une couche de violons vient encore lisser un peu plus ce récit qui a pour malchance, il fat bien le dire,  de sortir sur les écrans français après L’Histoire de Souleymane. En adaptant son propre court métrage Same Old, sélectionné à Cannes en 2022, le jeune réalisateur coréano-canadien Lloyd Lee Choi fait le choix d’une forme avant tout accessible et chaleureuse pour évoquer la situation des sans papiers. Le film ne trouve pas toujours l’équilibre le plus percutant entre réalisme social, urgence et cœur gros comme ça, mais sur ce point il possède néanmoins un atout de taille :  décidemment à l’aide dans tous les registres, Chang Chen emballe rondement le tout avec son talent et son charme habituel.

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par Gregory Coutaut

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