Festival Visions du Réel | Critique : The Return of the Projectionist

Samid et Ayaz ont 50 ans d’écart mais une passion commune : le cinéma ! Tous deux ne tarissent pas d’idées pour ressusciter le cinéma de leur village perché au milieu des collines d’Azerbaïdjan. Lorsqu’arrive enfin le Graal : une ampoule pour le projecteur commandée depuis des mois. Les habitant·e·s se serrent dans la salle… mais la magie fonctionnera-t-elle ?

The Return of the Projectionist
Azerbaïdjan, 2024
De Orkhan Aghazadeh

Durée : 1h27

Sortie : –

Note :

LA PREMIÈRE SÉANCE

Samid est un homme d’un certain âge qui vit dans un petit village au sud de l’Azerbaïdjan. Il attend impatiemment l’arrivée par le courrier (en provenance de Lituanie) d’une… ampoule. Cela pourrait ressembler à la lubie d’une comédie lunaire mais cette ampoule particulière est la clef du rêve de Samid : elle est nécessaire pour projeter des films dans la salle de cinéma de son village que le vieil homme espère rouvrir. A Sym, la vie semble en apparence douce et le réalisateur azerbaïdjanais Orkhan Aghazadeh saisit la beauté paisible du décor. Mais à Sym peut-être plus qu’ailleurs, il est parfois difficile de trouver du réseau.

The Return of the Projectionist, dévoilé en première mondiale dans la compétition du Festival Visions du Réel, est un chaleureux récit sur le rêve d’un homme et la façon dont celui-ci rayonne sur toute une communauté. Aghazadeh dépeint la relation entre Samid et le tout jeune Ayaz qui le seconde dans cette aventure. Mais il y a tout un village qui est mis à contribution, comme les femmes qui vont coudre l’écran. C’est aussi d’une mémoire collective dont il est question : on se souvient ému d’un vieux films musical indien des années 80, et on voyage dans le temps – un voyage que ne permet pas le petit écran de la télévision. La magie dont Samid et ses amis se souviennent n’a rien d’aussi étriqué.

Quelles considérations techniques sont à prendre en compte ? Les films seront-ils, comme le suggèrent de futurs spectateurs, « hautement moraux » ? Reste t-il suffisamment de bouts du film que Samid souhaite projeter pour l’inauguration ? Voici quelques uns des facétieux questionnements abordés par le long métrage, mais Orkhan Aghazadeh parvient assez habilement à éviter la carte postale pittoresque – notamment en mettant en lumière le parcours et les blessures de son protagoniste. Le film est assez généreusement porté par sa conviction et son énergie (mais aussi sa candeur), des armes qui permettent d’affronter les échecs en tout genre et de remuer des montagnes.

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par Nicolas Bardot

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