Les films à ne pas manquer en septembre

Quels sont les films à ne pas manquer en septembre? Le Polyester vous propose sa sélection de longs métrages à découvrir en salles.



• Salvation, Emin Alper (2 septembre)
L’histoire : Deux villages turcs, l’un à flanc de montagne, l’autre dans la plaine. Quand les habitants du bas, exilés, décident de revenir sur leurs terres, des conflits ancestraux ressurgissent avec ceux du haut. Progressivement, croyances, paranoïa et luttes de pouvoir s’exacerbent, mettant en péril la fragile cohabitation des deux communautés.
Pourquoi il faut le voir : Le passionnant réalisateur turc Emin Alper puise son inspiration dans le western mais aussi dans l’horreur pour cette cinglante métaphore politique. Grand Prix à la dernière Berlinale, Salvation est un film tendu et inspiré, qui a dans son viseur les colons et les leaders fous du monde entier.



• Rose, Markus Schleinzer (9 septembre)
L’histoire : Au lendemain de la guerre de Trente Ans, un mystérieux soldat balafré s’installe dans un village isolé d’Allemagne. À force de labeur et de services rendus, il gagne la confiance des habitants et croit enterrer son secret.
Pourquoi il faut le voir : L’œuvre de l’Autrichien Markus Schleinzer est relativement rare (3 films en 15 ans) mais percutante à chaque fois. Prix d’interprétation à la Berlinale pour son actrice, la sensationnelle Sandra Hüller, Rose est une fable magnétique sur les réactionnaires d’hier mais aussi ceux d’aujourd’hui.



• Adieu monde cruel, Félix de Givry (9 septembre)
L’histoire : Otto Vidal, 14 ans, a disparu après avoir adressé une lettre d’adieu aux élèves de sa classe. Alors que tout le monde le croit mort, Léna, une fille de son lycée, le reconnaît une nuit en train d’errer dans les rues de la ville.
Pourquoi il faut le voir : Felix de Givry a beau partir d’un sujet particulièrement sombre (le désir de mort d’un très jeune adolescent), il compose avec grâce un anti-film de fantôme à la fois buissonnier et hors du temps. Un clin d’œil poignant à un cinéma français d’un autre âge, entre Eustache à Bresson, symbolisé par la voix off délicate de Françoise Lebrun. (critique bientôt en ligne)



• Her Private Hell, Nicolas Winding Refn (23 septembre)
L’histoire : Alors qu’une étrange brume engloutit une métropole futuriste et libère une présence mortelle insaisissable, une jeune femme troublée part à la recherche de son père. Au cours de cette quête, son destin croise celui d’un GI américain engagé dans un voyage désespéré pour arracher sa fille de l’Enfer.
Pourquoi il faut le voir : De retour dix ans après l’ensorcelant The Neon Demon, le Danois Nicolas Winding Refn délivre un nouveau tour de magie avec Her Private Hell. Ce long métrage, dévoilé à Cannes, est une splendeur vénéneuse dans laquelle le cinéaste mêle de manière fascinante l’absolu sérieux du mythe et l’absolu fun du camp.



• Les Elephants dans la brume, Abinash Bikram Shah (23 septembre)
L’histoire : Dans un village népalais niché au cœur d’une forêt peuplée d’éléphants sauvages vit une communauté kinnar aussi vénérée que crainte pour ses pouvoirs de bénédiction et de malédiction. Pirati, l’une des mères de la communauté, rêve de s’échapper avec l’homme qu’elle aime. Mais lorsqu’une de ses filles disparaît, elle se doit mener l’enquête et choisir entre son désir de liberté et ses responsabilités envers sa communauté.
Pourquoi il faut le voir : Prix du jury lors de la dernière compétition Un Certain Regard à Cannes, ce premier long métrage népalais brille par son rythme nerveux et son talentueux savoir-faire. Les Éléphants dans la brume est peuplé de personnages à la richesse réjouissante et réussit à s’adresser équitablement et généreusement à des publics très différents.



• Notre salut, Emmanuel Marre (30 septembre)
L’histoire : Septembre 1940, le régime de Pétain se met en place. Henri Marre, 49 ans, débarque à Vichy sans le sou, sans contact, loin de sa femme et ses enfants. Il voit dans la nouvelle administration l’opportunité de trouver enfin la place qu’il mérite. Dans sa valise, son traité politique édité à compte d’auteur, Notre Salut, où il défend ses convictions patriotiques et ses méthodes d’ingénieur. Son credo : « gagner en efficacité » pour relever la France de la débâcle. Mais peut-être qu’Henri cherche avant tout à fuir sa propre débâcle…
Pourquoi il faut le voir : Notre salut est un drame historique de 2h30 mais il ne pèse jamais sur lui la raideur qui guette ce type de reconstitution. Emmanuel Marre saisit de manière à la fois grinçante et grotesque une époque, mais aussi, plus profondément, ce que cette déchéance a d’humain. L’un des grands films français de l’année.



• Un hiver russe, Patric Chiha (30 septembre)
L’histoire : Entre Paris et Istanbul, Margarita, Yuri et leurs amis, un groupe de jeunes exilés russes, cherchent leur place dans un monde qui ne semble plus être le leur.
Pourquoi il faut le voir : L’Autrichien Patric Chiha adopte dans ce documentaire un point de vue rarement abordé – celui de jeunes Russes qui ont fui leur pays suite à l’invasion à grande échelle de l’Ukraine. Dévoilée lors de la dernière Berlinale, cette expérience existentielle de la solitude pose de nombreuses et bonnes questions.


• Retrouvez notre dossier sur les films à ne pas manquer en août.

Nicolas Bardot

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