Critique : La Dernière patiente

La veille de son départ à la retraite, Judith, médecin de banlieue, ouvre la porte de son cabinet à Aïda, enceinte de huit mois et en rupture de soin. Confrontée à un système de santé à bout de souffle, Judith accepte d’héberger la jeune femme et s’engage alors dans une nuit où toutes ses convictions de soignante seront mises à l’épreuve.

La Dernière patiente
France, 2026
De Rémi Bassaler

Durée : 1h20

Sortie : 02/09/2026

Note :

SOS MÉDECINS

Le cinéma français ne court toujours pas le risque d’une pénurie de films sur l’hôpital et, si la question politique de la crise du milieu hospitalier demeure toujours aussi urgente, on peut se demander si le sujet se prête à une variété infinie d’approches scénaristiques. Premier long métrage du réalisateur français Rémi Bassaler, La Dernière patiente raconte le face-à-face entre une femme médecin qui s’apprête à partir à la retraite et une jeune femme enceinte en rupture de parcours de soin. Or, le film ne se déroule pas vraiment dans un hôpital (juste quelques brèves scènes), ni même vraiment dans le cabinet de consultation de la médecin car celle-ci débute le film en refusant sans nuance de faire monter cette patiente inconnue. Il y a sans doute une place pour accueillir cette dernière, mais ce n’est pas ici.

Et si il n’y avait en réalité aucune place pour elle ? Il faut un concours de circonstances bien retors pour parvenir à vaincre le refus de la médecin mais il faut se rendre à l’évidence : il n’y a nulle part où cette jeune fille en danger puisse être sauvée. La mise en scène et la mise en image de La Dernière patiente demeurent sages, restent au plus proche des personnages sans tenter de dévier d’un réalisme gris plutôt limité. Là où la personnalité du film se voit de manière plus flagrante, c’est dans le choix de son principal décor, une tour d’immeuble qui semble avoir poussé au milieu d’une forêt, dans un quartier à la fois bétonné et boisé qui déjoue les clichés du cinéma français sur la banlieue.

Réunies par l’adversité, les deux protagonistes se retrouvent dans cette tour comme une plateforme au-dessus du monde, mais ce refuge est aussi un cul-de sac. La Dernière patiente débute comme un drame social et se transforme en effet progressivement en film à suspens, soit une formule bien identifiée et respectée avec soin. Celle qui emballe le tout avec talent, c’est Anouk Grinberg, apportant beaucoup de relief à son personnage de médecin/cowboy qui n’en fait qu’à sa tête et garde le menton haut face à la menace, et épouse les variations de rythme et d’intensité du film.

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par Gregory Coutaut

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