Festival de Busan | Critique : The Table: Day and Night

Les histoires de différents protagonistes qui se croisent dans un même café.

The Table: Day and Night
Corée du Sud, 2026
De Kim Jong-kwan

Durée : 1h20

Sortie : –

Note :

À TABLE !

On sait depuis au moins Hong Sangsoo que les cafés et petits bars coréens peuvent être, derrière leur apparence cosy et proprette, des lieux de tous les possibles narratifs et d’enchevêtrements d’imaginaires. The Table: Day and Night n’a pas grand chose à voir avec l’œuvre de Hong mais le café dans lequel se déroule le film est lui aussi un réservoir à histoires. Présenté en ouverture du Festival de Busan, ce long métrage est signé par Kim Jong-kwan, qui tourne depuis vingt ans mais dont la filmographie est largement méconnue en France (son film Worst Woman a néanmoins été montré au Festival du Film Coréen à Paris en 2016). La même année, Kim réalisait également The Table dont les quatre héroïnes se réunissaient dans un café – The Table: Day and Night en est en quelque sorte une variation.

Les premières images plantent l’enveloppant décor : des peintures murales représentant des personnages endormis, et autour des tables se trouvent différentes personnes menant différentes discussions. Tout est simple, quotidien et anti-événementiel dans The Table: Day and Night, mais il y a souvent un léger trouble qui s’invite dans le long métrage : lorsqu’on y raconte un rêve, lorsque deux personnages semblent lié•es alors qu’iels ne sont pas dans le bar au même moment, ou encore lorsqu’on ne sait plus bien si l’une des protagonistes est complètement paranoïaque ou si elle se joue de son interlocuteur. La simplicité du dispositif met en valeur ces légères tensions surréelles.

L’ensemble est lisse, parfois trop – à l’image d’un segment mettant en scène la rupture d’un couple et dont le ton sucré est proche d’un kdrama ; ce sentiment n’est d’ailleurs pas arrangé par l’omniprésence d’une musique très envahissante. Il y avait probablement de la place pour plus de silence dans ce huis-clos conduit par les discussions et jeux de regards. Sur ce pari du décor unique et du minimalisme, Kim Jong-kwan s’en sort avec un solide savoir-faire formel. Le long métrage sait rester dynamique en variant les valeurs de plan, en nous immergeant dans la vision obstruée des protagonistes, ou en effectuant un découpage efficace. De jour automnal en nuit bercée par les lumières de la ville, The Table: Day and Night est une humble miniature dont le charme tranquille infuse et étreint.

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par Nicolas Bardot

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