Festival de San Sebastian | Critique : On Behalf of My Son

Quand un bus conduit par son fils tombe d’un pont, tuant des dizaines de personnes, Vicentina va voir les familles des victimes pour s’excuser, tout en découvrant les limites du pardon.

On Behalf of My Son
Brésil, 2026
De Gabriel Martins

Durée : 2h28

Sortie : –

Note :

TOUTES MES EXCUSES

Sélectionné à la Quinzaine en 2017 avec son court métrage Nada, le Brésilien Gabriel Martins a été plus particulièrement remarqué en France avec son long Au cœur du monde sorti chez nous en 2019. L’héroïne de son nouveau long métrage est plutôt mise au ban du monde lorsque toustes les occupant.es d’un bus conduit par son fils trouvent la mort suite à un terrible accident. C’est un trajet de bus du matin, comme tous les trajets de bus, et la caméra s’attarde sur chacune des personnes qui ont pris place dans le véhicule avant le drame. Le titre original, moins sentencieux et plus factuel, est Vicentina pede desculpas – Vicentina présente ses excuses.

Vicentina (incarnée avec talent par Rejane Faria, vue récemment dans Temporada, Levante ou The Best Mother in the World) vit un deuil personnel mais l’affaire est aussi collective. C’est son deuil mais aussi celui des autres, aussi comment traverser cette épreuve ensemble ? Le dispositif de On Behalf of My Son est simple et ample à la fois, il permet d’aborder une multitude d’histoires, avec un examen minutieux et contrasté qui ne tombe jamais dans la mièvrerie ou la manipulation émotionnelle. La qualité de l’écriture et de l’interprétation générale donne au long métrage une grâce et une humanité sans naïveté.

Présenter ses excuses, c’est écouter les autres, et le monde. Il y a une attention remarquable accordée au son dans On Behalf of My Son, comme lorsque les discussions ont lieu avec les bruits de la rue, d’un concert de rock ou de l’usine en accompagnement sonore. Cela a un effet immersif, c’est aussi une manière de dessiner un portrait de la ville autant visuel qu’auditif. Le long métrage raconte la responsabilité que Vicentina ressent en tant que mère, il dépeint aussi le mystère que peut représenter son fils, s’interrogeant finement sur les rôles familiaux et leurs ambiguïtés. « Tout a changé » entend-on dans On Behalf of My Son et ce serait « mieux de ne pas y penser ». Au contraire, Gabriel Martins montre le caractère précieux des mots et des étreintes.

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par Nicolas Bardot

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