Amy est une travailleuse sociale dévouée qui met tout son cœur et son énergie dans son travail pour prendre soin de ceux dans le besoin. À la maison, cependant, elle se retrouve face à de nouveaux défis alors que son père bien-aimé commence à avoir des problèmes. Sa mère et elle doivent apprendre à accepter leur nouvelle réalité.
Tender Loving Care
Royaume-Uni, 2026
De Mike Leigh
Durée : 1h47
Sortie : –
Note : ![]()
PRENEZ SOIN DE VOUS
« Ca va aller » est une phrase que l’on entend régulièrement dans Tender Loving Care. Les quatre principaux personnages du film, tous protagonistes à égalité grâce à une élégante structure narrative, s’échangent cette phrase ou l’accordent à des inconnus, selon les circonstances. Ca va aller : plus facile à dire qu’à faire quand une assistante sociale voit s’amoindrir les moyens nécessaires pour bien mener son travail d’accompagnement, ou quand la maladie vient assombrir la complicité d’un vieux couple. Malgré la dureté des sujets abordés, le nouveau (et peut-être dernier, d’après le principal intéressé) film de Mike Leigh n’est pas un plombant nuage noir. Associé à l’épure qui faisait déjà merveille dans Deux sœurs, le perpétuel mélange entre rires et larmes est d’une dextérité si gracieuse, si miraculeuse par moments, qu’il dépasse le simple slogan.
Ca va aller. Les personnages de Tendre Loving Care (non, ce titre n’est pas l’acronyme du groupe TLC) ont beau être des gens de tous les jours et non des super héros, ils ne se mentent pas à eux-mêmes en utilisant cette formule. En la disant, ils font plutôt entre les lignes un pacte les uns envers les autres, celui de prendre mutuellement soin d’eux, dans la mesure de leur capacité, de leurs peurs, de leur talent à raconter la bonne blague rassurante au bon moment. Cela qu’il s’agisse de leur métier, de leur rôle de parent ou d’ami, ou simplement de leur désir. Ca n’a rien d’une formule magique et Mike Leigh n’a certainement pas gagné en naïveté. Tender Loving Care est rempli d’échecs familiaux et de verres de vin blancs enchainés pour mieux digérer les micro humiliations quotidiennes. Mais, le temps d’un basculement saisissant, le cinéaste sait quitter les visages de ses interprètes (tous et toutes méritant les plus grands prix d’interprétation) pour soudain saisir la bouleversante intimité d’un geste affectueux de la main.
Ca va aller. Une tâche sans doute plus facile à accomplir en privé qu’en public. Plus fin scénariste que jamais, Mike Leigh a beau réaliser ici un film de salon (littéralement : la quasi intégralité du film se déroule sur des canapés cosy où l’on se confie et se remémore le passé), il n’oublie pas la réalité de la rue. Ses protagonistes ont beau appartenir à des générations ayant connu des économies bien différentes, tous s’accordent sur le désastre de l’époque actuelle. Selon un équilibre doux amer rappelant Another Year, Tender Loving Care possède à la fois suffisamment d’espoir pour galvaniser, et des angles suffisamment aigus pour briser le cœur. Vivre a un coût, prendre soin de soi-même et des autres aussi, telle est la leçon de ce film, parmi les plus poignants et chaleureux de l’année.
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par Gregory Coutaut
