Festival de Cannes | Critique : Le Triangle d’or

Pour gagner sa vie, Laura accepte un emploi au service de Souria. Installée dans un hôtel particulier du triangle d’or par son amant, un riche prince saoudien, Souria vit dans l’attente de ses visites. Tandis que Laura doit s’adapter à cet univers de luxe démesuré et de surveillance constante, un lien fragile se tisse entre les deux femmes. Mais Laura pressent qu’un danger pèse sur Souria et que cette cage dorée pourrait bien se refermer sur elles deux.

Le Triangle d’or
France, 2026
De Hélène Rosselet-Ruiz

Durée : 1h27

Sortie : 15/07/2026

Note :

FEMMES EN CAGE

Celles et ceux qui connaissent les courts métrages qu’Hélène Rosselet-Ruiz a coréalisée avec sa sœur Marie (Les Reines du mambo, Les Héritières…) seront sans doute surpris que son premier long métrage se situe sous des latitudes différentes que les charmantes comédies dans lesquelles elle évoluait jusqu’ici. Le confortable et cossu triangle d’or annoncé par le titre du film s’avère être en réalité une cage dorée filmée sans naïveté et même par moments avec une certaine tension.

Laura arrive chez Souria pour travailler. Assistante ? Femme de ménage ? Plutôt esclave à tout faire, y compris effectuer à la place de Madame les taches les plus simples comme ouvrir une bouteille d’eau. Cette dernière n’est pourtant ni vieille ni impotente, sa beauté et sa richesse la rendent puissante et insolente, or la demeure sur laquelle Souria feint de régner ne lui appartient pas. Telle la princesse de Barbe Bleue, elle se voit interdite de quitter les lieux par son amant, le véritable propriétaire. Tout oppose Laura et Souria : l’une est blanche et butch, l’autre est arabe et obéit aux codes traditionnels de la féminité. Toutes deux ont besoin d’argent et se retrouvent à devoir avaler des couleuvres et endosser des rôles sociaux de femmes dominées par les hommes même lorsque ces derniers sont absents. C’est la réalisation de ce parallèle entre elles qui va faire les faire passer d’une relation de travail abusive à une sororité amicale.

Helene Rosselet-Ruiz a-t-elle vu le film Moon, réalisé l’an dernier par la cinéaste autrichienne Kurdwin Ayub, dans lequel un personnage de coach sportive blanche de retrouvait à habiter chez des princesses jordaniennes enfermées dans leur palais ? Peut-être pas, mais les nombreux points communs entre les deux films sont difficile à ignorer, jusque dans l’utilisation nerveuse des caméra de surveillance et dans la manière de transformer une luxueuse résidence en désert carcéral. Drame proche de ses personnages, Le Triangle d’or peine parfois à retranscrire l’urgence de la situation. Restent deux personnages féminins fiers, qu’on n’a pas l’impression d’avoir trop souvent croisés ailleurs et portés par deux actrices convaincantes : Soundos Mosbah (vue dans The Grill) et Malou Khebizi (la révélation de Diamant brut).

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par Gregory Coutaut

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