Festival Visions du Réel | Critique : A New Kind of Wilderness

Une famille qui a créé une vie idyllique et autosuffisante pour ses quatre enfants est obligée de repenser ses choix et d’essayer de se (ré)intégrer dans la société moderne lorsqu’une tragédie frappe de manière inattendue. 

A New Kind of Wilderness
Norvège, 2024
De Silje Evensmo Jacobsen

Durée : 1h23

Sortie : –

Note :

LA PETITE VIE

Vivre coupé du monde en harmonie avec la nature ? Ce fantasme, la famille Payne l’a réalisé. Grâce à leur potager et leur sens de la débrouillardise, ils vivent en autosuffisance dans une maison isolée au cœur de la forêt norvégienne. Papa et maman travaillent de leurs mains et les enfants de sont pas en reste même s’ils ont encore l’âge de rêver les yeux écarquillés devant la beauté des paysages majestueux qui leur servent de pièce à vivre. Pas d’école pour ces bambins qui font leur cursus scolaire à domicile, et pas d’ordinateur non plus. Une reconnaissance émerveillée étreint même l’un d’entre eux au moment de recevoir comme cadeau d’anniversaire… une cuillère en bois.

Les Payne sont-ils radicaux ou naïfs ? A vrai dire, il n’y aurait pas de raison de remettre en question leur choix de vie (ils ont tous l’air heureux et épanouis), si la mise en scène ne venait pas rajouter une pénible couche de joie sur cette carte postale. La petite musique d’accompagnement tape rapidement sur les nerfs et ce bonheur trop parfait pour être honnête fait très vite ressembler ce documentaire primé à Sundance à une publicité toc. La bulle naïve s’évapore d’un coup sec avec l’arrivée d’une tragédie qui oblige la famille à mettre un terme prématuré à leur rêve et à envisager de rebrousser chemin vers la ville.

Avec son titre à double sens, A New Kind of Wildnerness raconte en réalité deux types de rendez-vous en terre inconnue : la première partie du film s’attache aux enfants laissés libres en pleine nature, tandis que la deuxième suit la délicate réadaptation forcée à la vie contemporaine. Cette dernière possède un potentiel tragicomique qui mériterait d’être exploité (l’ado de la famille se voit donner comme devoir au lycée d’avoir son propre téléphone portable), mais la réalisatrice Silje Evensmo Jacobsen continue d’utiliser un ton de conte de fées qui infantilise à la fois les personnages et les spectateurs, et qui transforme ce gigantesque changement de monde en une succession de vignettes superficielles. Voilà un film qui sourit tellement qu’il en devient louche et fatigant.

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par Gregory Coutaut

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