Les films à ne pas manquer en juillet

Quels sont les films à ne pas manquer en juillet ? Le Polyester vous propose sa sélection de longs métrages à découvrir en salles.



• In Waves, Phuong Mai Nguyen (1er juillet)
L’histoire : À Los Angeles, AJ, lycéen discret, rencontre Kristen. Elle est passionnée de surf, lui de skateboard et de dessin. Ils tombent follement amoureux ; un avenir heureux se profile. Mais tout bascule lorsque Kristen tombe malade. Ensemble, ils se lancent dans un combat contre l’adversité, portés par la force de leur amour, leurs amis et leur passion désormais commune pour le surf et l’océan.
Pourquoi il faut le voir : Film d’ouverture de la dernière Semaine de la Critique et tout récemment en compétition à Annecy, In Waves est l’adaptation réussie du roman graphique signé AJ Dungo. Phuong Mai Nguyen offre un ravissement pour les yeux avec ce film d’animation à la fois rayonnant et mélancolique – un doux équilibre entre cool et tristesse souligné par la bande originale composée par Oklou et Rob.



• Andre is an Idiot, Anthony Benna (1er juillet)
L’histoire : Éternel impertinent, André s’est défilé devant la coloscopie. Il va apprendre à mourir heureux et ridicule, sans jamais perdre son sens de l’humour.
Pourquoi il faut le voir : Produit par A24 et dévoilé en compétition au Festival de Sundance, André est un idiot met toutes les billes dans sa poche pour aller à rebours de son sujet sinistre et injecter beaucoup de vie là où il n’y en a plus beaucoup. Car André is an Idiot est bel et bien une généreuse comédie, qui sait également se recentrer sur la dignité de son protagoniste avec une sobriété inattendue.



• La Chaleur, Stéphane Demoustier (8 juillet)
L’histoire : Il fait anormalement chaud sur les plages des Landes et Marouane, 17 ans, passe sa dernière journée au camping avec une angoisse : le corps qu’il a enseveli la veille sur la plage va-t-il apparaitre au grand jour ?
Pourquoi il faut le voir : Adapté du roman très remarqué signé par Victor Jestin, La Chaleur est un drame efficacement mené qui, au-delà de son histoire de crime et de culpabilité, sait faire ressentir l’angoisse triste propre à l’adolescence. Stéphane Demoustier parvient à trouver la musique intérieure de son personnage principal, incarné de manière convaincante par le débutant Hadrien Hussein. (critique bientôt en ligne)



• L’Aventure rêvée, Valeska Grisebach (15 juillet)
L’histoire : À Svilengrad, une petite ville à la frontière bulgare, aux confins d’une Europe délaissée, Veska, archéologue, renoue avec Said, un ami d’enfance, dont la voiture vient d’être volée. En voulant l’aider, Veska glisse progressivement au coeur d’une société criminelle dont l’emprise règne sur la ville. Veska va devoir affronter ce monde à la fois trouble et dangereux.
Pourquoi il faut le voir : Prix du jury au dernier Festival de Cannes, L’Aventure rêvée est un film dans lequel l’Allemande Valeska Grisebach se réapproprie avec un mélange de malice et de sérieux les codes de récits considérés comme exclusivement masculins et emploie un filtre bien à elle pour les débarrasser des clichés virils. Le résultat se révèle d’un réalisme chaleureux et plein de relief.



• Nightborn, Hanna Bergholm (22 juillet)
L’histoire : Rêvant de construire une vie de famille paisible, Saga et son mari Jon s’installent dans la maison où elle a passé une grande partie de son enfance, au cœur de la forêt finlandaise. Mais dès la naissance de leur enfant, et malgré un entourage qui se veut rassurant, Saga perçoit chez son bébé quelque chose d’inexplicable et d’inquiétant…
Pourquoi il faut le voir : Révélée avec Ego, Grand Prix au Festival de Gérardmer, la Finlandaise Hanna Bergholm utilise dans Nightborn des motifs classiques du cinéma horrifique qu’elle rafraichit par un ton surprenant. Dévoilé en compétition à la Berlinale, Nightborn ne vise pas la subtilité mais a le mérite d’offrir du spectacle. Et n’oublie pas une qualité essentielle du genre : la subversion.



• Gavagai, et autres malentendus, Ulrich Köhler (22 juillet)
L’histoire : Au cours du tournage chaotique d’une adaptation de Médée au Sénégal, l’actrice allemande Maja trouve refuge dans une liaison avec son partenaire Nourou. Quelques mois plus tard, ils se retrouvent à la première du film à Berlin. Les sentiments refont surface, mais un incident raciste vient troubler leurs retrouvailles. Tandis que la tragédie antique se joue à l’écran, un drame moderne se déploie dans la vie réelle.
Pourquoi il faut le voir : A travers l’histoire d’un tournage de film, l’Allemand Ulrich Köhler (In My Room) parvient de manière convaincante à traiter des dynamiques de pouvoir, du privilège blanc, des micro-agressions racistes, du racisme ordinaire qui n’est jamais ordinaire. Porté par une brillante distribution (Maren Eggert, Jean-Christophe Folly, Nathalie Richard), Gavagai est une comédie cinglante et une satire percutante.



• Gorgonà, Evi Kalogiropoulou (22 juillet)
L’histoire : Au cœur d’une petite cité-État chaotique dominée par une gigantesque raffinerie pétrolière, les hommes, tous armés, détiennent le pouvoir. Leur chef Nikos, gravement malade, doit organiser sa succession. Des tensions s’installent lorsqu’il inclut sa protégée, Maria, parmi les prétendants au trône. Le destin de cette jeune femme va basculer avec l’arrivée d’Eleni, une chanteuse qui va enflammer le bar de la ville et bien au delà…
Pourquoi il faut le voir : Dans un monde misogyne situé quelque part entre dystopie et mythologie, digne d’un Mad Max de poche à Athènes, la cinéaste grecque Evi Kalogiropoulou (remarquée l’an passé à la Mostra de Venise) fait d’un récit d’émancipation féminine une appétissante réappropriation queer des codes traditionnels du cinéma d’exploitation, autant portée par la colère que par la joie. (critique bientôt en ligne)



• Home Stories, Eva Trobisch (29 juillet)
L’histoire : Léa a 16 ans, un petit frère, une grande amie, des parents récemment divorcés, et une tante qu’elle admire. Au cœur des forêts majestueuses de l’ex-Allemagne de l’Est, ses grands-parents gèrent un hôtel au passé glorieux aujourd’hui menacé par la faillite. Dans cette famille, chacun cherche sa place et son horizon. Léa, elle, a un talent pour le chant, et se prépare à participer à une émission de téléréalité.
Pourquoi il faut le voir : Révélée avec le brillant Comme si de rien n’était, l’Allemande Eva Trobisch signe un drame étrange, dévoilé en compétition à la dernière Berlinale. Habité par un élégant sens du malaise, ce portrait familial emprunte des chemins de traverse qui témoignent d’une richesse d’écriture et d’une sacrée personnalité. Voilà un film fort curieux, qui oscille entre l’austère, le grinçant et le vertige existentiel.



• Tommy Guns, Carlos Conceição (29 juillet)
L’histoire : 1973, en Angola. Tchissola, adolescente aide de camp, est tuée par un soldat portugais. Des années plus tard, Zé, jeune soldat, tente de fuir sa caserne encerclée d’un mur infini.
Pourquoi il faut le voir : Cinéaste portugais né en Angola, Conceição fait d’abord le récit violent de la présence de colons en Afrique. Mais la boussole de Tommy Guns ne nous est jamais réellement confiée en avance et cela participe à l’excitation procurée par le film. Peuplé de visions impressionnantes et généreuses, fantastique et politique, le long métrage de Carlos Conceição est un remarquable ovni qui raconte avec intelligence un présent hors-champ.



• The Ugly, Yeon Sang-ho (29 juillet)
L’histoire : Aveugle de naissance, un maître artisan, admiré pour la beauté des sceaux qu’il grave, vit reclus avec son fils unique. Mais cette paix vole en éclats lorsque les ossements de sa femme, disparue quarante ans plus tôt, sont découverts. Son fils entreprend alors de mener l’enquête sur ce passé. Cette quête de vérité va dévoiler de lourds secrets, de ceux qui touchent à la laideur humaine.
Pourquoi il faut le voir : Nouveau long métrage du réalisateur entre autres de Dernier train pour BusanThe Ugly est un film dont l’esprit radicalement sombre renoue avec les réjouissants excès de ses débuts. Le long métrage réussit le pari d’être un thriller efficace dont la tension réside exclusivement dans des scènes de dialogues, et touche du doigt un vertige absurde qui lui donne un relief particulier.


Nicolas Bardot

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