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	<title>Le Polyester</title>
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		<title>Festival Côté Court &#124; Entretien avec Margaux Fournier</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Jun 2026 02:41:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Lauréat du César du court métrage documentaire et au programme cette semaine à Côté Court, Au bain des dames est [&#8230;]</p>
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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Lauréat du César du court métrage documentaire et au programme cette semaine à <a href="https://lepolyester.com/category/festivals/cote-court/">Côté Court</a>, <em>Au bain des dames</em> est une petite pépite réalisée par la Française Margaux Fournier. La cinéaste fait le portrait de quelques retraitées qui profitent des rayons du soleil sur une plage marseillaise. Margaux Fournier filme la parole mais aussi des corps libres. Elle signe une comédie irrésistible qui trouve le bon point de vue et apporte des nuances inattendues. Elle est notre invitée.</strong></h4>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Pouvez-vous nous parler de votre rencontre avec Joëlle et de la manière dont est née l&rsquo;idée de réaliser un film autour d&rsquo;elle ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">L’origine de ce film est d’abord une note que je m’étais écrite « les tournesol(les) », en référence à ces femmes qui, la peau tachetée et burinée par le soleil, tournent leurs transats en fonction de son orientation. C’est une image qui appartient aux paysages de mon enfance, assez commune, que j’ai beaucoup observée à Marseille, et pourtant largement absente des représentations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au départ, j’ai envisagé de faire une fiction. Je me suis vite heurtée à l’absence de comédiennes professionnelles de plus de soixante ans, qui plus est parlant avec un authentique accent marseillais. Si j’avais trop réfléchi à ce moment-là, mon film serait sans doute resté une note dans mon téléphone. Heureusement, une pincée d’inconscience et un soupçon de naïveté m’ont poussée à me lancer dans un casting sauvage. J’ai commencé par la plage du Bain des Dames, un peu par hasard, pour son nom. Joëlle et Régine sont les premières que j’ai approchées et j’ai eu un coup de cœur immédiat. Après un bref échange, Joëlle a exigé que je revienne filmer le lendemain ; elle m’a confié plus tard qu’elle pensait que c’était une blague, tant le fait qu’on puisse s’intéresser à elle lui semblait impossible. Face à l’évidence de cette rencontre (et à la menace !), je n’ai pas cherché plus loin…</p>



<p class="wp-block-paragraph">En rencontrant le reste du groupe, j’imaginais faire un film choral, mais Joëlle s’est imposée peu à peu comme personnage principal. D’abord par son humour et son aisance, ensuite par la forme de mystère, de complexité, qui affleurait au détour de phrases chargées de non-dits. Cette part d’énigme est restée diffuse jusqu’au moment où elle m’a parlé de son passé et des violences conjugales subies. Ses confidences sont venues donner sens et forme à tout le reste, et il m’est apparu évident que le cœur du film se jouerait là, autour d’elle.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="614" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/01/au-bain-des-dames-1-1024x614.jpg" alt="" class="wp-image-68079" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/01/au-bain-des-dames-1-1024x614.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/01/au-bain-des-dames-1-300x180.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/01/au-bain-des-dames-1-768x461.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/01/au-bain-des-dames-1-1536x921.jpg 1536w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/01/au-bain-des-dames-1.jpg 1796w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Comment avez-vous abordé la mise en scène des corps (et ici de corps qu&rsquo;on voit peu au cinéma) dans <em>Au bain des dames</em> ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">C’est avant tout quelque chose de très organique qui s’est mis en place avec le chef opérateur Théo Vincent Suzzoni, car nous portions un regard commun sur ces femmes que nous trouvions profondément belles et naturellement cinégéniques. Il y a tout de même des moments plus construits, où la mise en scène est plus intentionnelle ; c’est le cas notamment de la séquence composée de fragments macro de corps, quasi photographiques, en plans fixes. L’idée, ici, était de créer une rupture, un moment suspendu pour être sûre que les spectateurs puissent se décentrer du flot de paroles continu et prendre le temps de regarder, de vraiment voir, la beauté de ces corps que l’on ne montre jamais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mise en scène des corps a été par ailleurs largement conditionnée par la question du consentement. Avant de filmer, j’ai demandé aux filles, qui pratiquent habituellement le monokini, si elles acceptaient que l’ensemble de leurs corps soit filmé. Certaines m’ont demandé de les prévenir avant de filmer afin de remettre le maillot, d’autres simplement de ne pas montrer leurs seins frontalement, à l’exception de Joëlle qui n’a émis aucune restriction. Cela a donc, bien évidemment, influencé de nombreux cadres, plans et choix de montage. </p>



<p class="wp-block-paragraph">D’ailleurs, à partir de la première version définitive du film, mes productrices, Laureen Bolton et Audrey Smajda Iritz, et moi avons tenu à organiser une projection en salle avec l’ensemble du groupe afin de revalider leur consentement et d’identifier d’éventuels plans ou séquences qu’elles souhaiteraient voir retirés. Car entre consentir à être filmée et consentir à la manière dont son image sera ensuite donnée à voir sur grand écran, l’enjeu n’est pas le même, et la réception peut parfois s’avérer désagréable, voire violente. Finalement, aucune n’a demandé de modification. Au contraire, elles se sont trouvées belles et ont été étonnées d’avoir autant aimé se voir à l’écran !</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="611" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/01/au-bain-des-dames-2-1-1024x611.jpg" alt="" class="wp-image-68083" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/01/au-bain-des-dames-2-1-1024x611.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/01/au-bain-des-dames-2-1-300x179.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/01/au-bain-des-dames-2-1-768x459.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/01/au-bain-des-dames-2-1-1536x917.jpg 1536w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/01/au-bain-des-dames-2-1.jpg 1804w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Pouvez-vous nous en dire davantage sur la façon dont vous avez souhaité filmer la parole dans votre film ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La parole était au cœur du film dès le départ, et je l’ai filmée comme une véritable matière, à la fois libre, vivante, mais aussi fragile. <em>« De quoi peuvent-elles bien parler toute la journée, tous les jours, sur la plage, du matin au soir, été comme hiver ? »</em> est la question qui m’a guidée et, au départ, la seule que je cherchais réellement à élucider. Avant même de rencontrer Joëlle et sa bande, je savais, en tant que Marseillaise, qu’il y avait de fortes chances pour que ces femmes soient, comme on dit chez nous, des bazarettes, et que le film serait avant tout un film de parole. Je n’avais donc aucun mal à imaginer une parole légère, spontanée, vive, pleine d’humour et de répartie. Mais face à son abondance, il a fallu être très attentifs, au tournage comme au montage, pour ne jamais tomber dans un « mauvais strip-tease » où l’on rirait d’elles et non avec elles, ni dans un film « best-of » de leurs meilleures blagues.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est finalement l’arrivée disruptive d’une autre forme de parole, une « parole chargée », qui a largement contribué à déplacer le film et ses enjeux mais aussi à nous permettre de trouver un équilibre. Après la première semaine de tournage, c’est au détour d’une conversation téléphonique que Joëlle m’a raconté les violences conjugales qu’elle avait subies. J’ai été à la fois surprise par cette confession et frappée par une forme d’évidence. Son récit, et celui de sa reconstruction, m’est apparu comme quelque chose d’essentiel, capable à la fois d’éclairer la complexité de sa personne et de dépasser le cadre strictement intime. </p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’heure où la parole des jeunes femmes se libère et où notre génération commence progressivement à intégrer l’idée que la honte change de camp, celle de nos mères et de nos grands-mères me semble encore rare, sans doute encore entravée par cette idée de honte. Je lui ai partagé ce sentiment, ce que cette parole pouvait avoir d’utile pour d’autres, et lui ai proposé d’en parler face caméra. Elle a immédiatement accepté. Nous sommes donc revenus tourner, et le dispositif de l’entretien s’est imposé naturellement, par sa simplicité et parce qu’il permettait de laisser toute la place à Joëlle et à son récit. Nous n’avons fait qu’une seule prise de quinze minutes, pour ne surtout pas dévoyer sa parole ni rendre cette épreuve encore plus difficile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une autre question mérite d’être évoquée au regard de la parole, surtout quand il s’agit d’une « parole chargée », mais je crois que cela marche aussi plus largement dans le documentaire ; c’est la question de la responsabilité. C’est une dimension dont je n’avais pas mesuré toute l’ampleur avant de filmer les confessions de Joëlle. Ce n’est qu’en repensant au film <strong>D’amore si vive</strong> de Silvano Agosti, que je me suis rappelée que la libération de la parole n’est pas toujours, à l’échelle individuelle, libératrice et qu’au contraire elle peut aussi être violente, voire dévastatrice. Dans ce film on trouve notamment le récit d’Anna, une prostituée qui parle de sa vie et détaille certaines expériences de violences et d’humiliation, le sourire aux lèvres, avant qu’un carton noir n’indique qu’elle s’est suicidée après avoir donné cette interview. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Au montage, nous avons donc travaillé avec cette conscience, en choisissant soigneusement certains moments et en en préservant d’autres. Mais surtout, nous avons maintenu une relation forte et une communication régulière avec Joëlle que ce soit immédiatement après l’entretien, puis après la première projection privée, la projection publique, et encore aujourd’hui. Car finalement, comme cela est dit dans Le Petit Prince : <em>« on est responsables de ce qu’on apprivoise »</em>.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="615" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/01/au-bain-des-dames-4-1024x615.jpg" alt="" class="wp-image-68081" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/01/au-bain-des-dames-4-1024x615.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/01/au-bain-des-dames-4-300x180.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/01/au-bain-des-dames-4-768x461.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/01/au-bain-des-dames-4-1536x923.jpg 1536w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/01/au-bain-des-dames-4.jpg 1798w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Au bain des dames est un film solaire, drôle, très vivant &#8211; mais il porte en lui comme vous l&rsquo;avez évoqué une histoire plus sombre. Comment avez-vous trouvé l&rsquo;équilibre idéal entre les tonalités du film, est-ce une question qui s&rsquo;est posée au montage ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré le témoignage, ma direction principale au montage a toujours été d’en faire un film à leur image, en tout cas celle qu’elles donnent à voir au monde, et donc un film globalement joyeux. En ce sens, c’est la notion de flamboyance qui nous a guidés. Au-delà d’être un trait que je considère comme profondément méridional, la flamboyance correspond à un mouvement par lequel l’extraversion masque, souvent presque à parts égales, des blessures plus profondes. L’enjeu n’a donc jamais été de forcer le contraste entre « le soleil et l’ombre » mais de laisser l’un contenir l’autre et se révéler progressivement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui m’intéresse, finalement, ce n’est pas la tonalité dramatique en soi, mais ce qui surgit de la rupture de ton, ce moment où le rire se fissure, où quelque chose bascule physiquement chez le spectateur. En ce sens, il me semble que la tonalité comique permet justement de créer un espace de confiance et de lâcher-prise tel que le basculement vers le dramatique devient plus fort, plus troublant, et sans doute plus efficace sur le plan émotionnel et empathique. On s’est d’ailleurs rendu compte que cette rupture avait aussi une fonction dramaturgique intéressante : ce n’est pas tant Joëlle en tant que personnage qui, au sens classique, connaît une évolution fondamentale au fil du film, mais le regard du spectateur. Il se transforme et laisse émerger une conscience plus lucide et une perception plus complexe et empathique dans son rapport à l’autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au regard de cette question d’équilibre, la fin du film a d’ailleurs été un véritable sujet de discussion au montage. Il existait une séquence où Joëlle rentrait seule chez elle après la plage. Nous avons d’abord essayé de la placer à la fin du film, comme pour clore cette longue journée. Mais il ne m’a finalement pas semblé juste de conclure sur cette image, de la montrer dans cet espace trop étroit pour elle. Nous l’avons ensuite déplacée au milieu du film, le scindant ainsi en deux journées, afin de montrer l’appartement comme un simple lieu de transition, où elle mange et dort, avec pour seule hâte celle de repartir à la plage à la première heure. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais, finalement, nous avons décidé de la supprimer. D’abord parce que l’appartement n’est pas le lieu qu’elle choisit pour être ; ce lieu, c’est la plage. Mais aussi parce que cette scène aurait pu symboliquement et injustement donner un sentiment négatif d’échec et susciter la pitié chez le spectateur, ce qui est impensable quand on connaît Joëlle et la force mise dans sa reconstruction. Nous avons donc imaginé la dernière partie du film, après le témoignage, comme une forme de happy ending qui, sans balayer la confession précédente, donne à voir que la vie continue malgré tout, et qu’une reconstruction est possible. La scène des jeunes vient quant à elle ouvrir sur un espoir intergénérationnel, comme une forme d’optimisme quant à l’évolution des mentalités et à l’idée de faire société.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="613" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/01/au-bain-des-dames-3-1024x613.jpg" alt="" class="wp-image-68082" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/01/au-bain-des-dames-3-1024x613.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/01/au-bain-des-dames-3-300x180.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/01/au-bain-des-dames-3-768x460.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/01/au-bain-des-dames-3-1536x919.jpg 1536w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/01/au-bain-des-dames-3.jpg 1796w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Qui sont vos cinéastes de prédilection et/ou qui vous inspirent ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Mon regard s’est construit pendant longtemps de manière assez instinctive au gré de l’envie de voir un film ou non. J’ai donc des filmographies assez lacunaires et pas vraiment de cinéaste de référence. Je pense d’ailleurs que les références ne sont pas toujours une bonne chose car elles peuvent finir par écraser. D’ailleurs, je suis convaincue que ce qui m’a aidée pour <strong>Au bain des dames</strong>, a justement été le fait d’avoir très peu de références en documentaire avant d’en faire un. Il y avait quelque chose de très autorisateur, un endroit où j’étais totalement libre car je ne connaissais pas les attentes, ni les codes à respecter. Même si in fine le documentaire reste en soi un genre très libre !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais pour revenir à la question de l’inspiration, il y’a une phrase que j’ai lue il y a quelques semaines et qui m’a vraiment parlé. Elle est de Jean-Christophe Meurisse, dont j’apprécie beaucoup le travail, au cinéma comme au théâtre, notamment dans sa collaboration avec Les Chiens de Navarre. A propos de son dernier spectacle <em>I Will Survive</em> (que je recommande), dans une interview donnée à La Villette, il dit : <em>« Selon moi, l’humour n’a de sens que s’il s’enracine dans un terrain sensible, émotionnel. Le rire touche juste quand il affleure à la lisière de la tragédie (…) Je cherche de plus en plus ce frisson qui surgit là où le désespoir flirte avec le burlesque »</em>.</p>



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<p class="wp-block-paragraph"><em>Entretien réalisé par Nicolas Bardot le 27 janvier 2026. Un grand merci à Catherine Giraud.</em></p>



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		<title>Critique : Bait</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 04:52:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans un village de pêcheurs au cœur des Cornouailles, la pêche se fait de plus en plus rare au profit [&#8230;]</p>
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									<p><strong>Dans un village de pêcheurs au cœur des Cornouailles, la pêche se fait de plus en plus rare au profit d’une activité touristique grandissante. Martin Ward, est un pêcheur sans bateau, son frère ayant transformé celui de leur père à des fins touristiques. Après la vente de leur maison familiale à de riches londoniens qui n’y passent que leurs vacances, Martin lutte pour conserver une place au sein de son village.</strong></p>								</div>
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									<p><b>Bait</b><br />Royaume-Uni, 2019<br />De Mark Jenkin</p><p>Durée : 1h29</p><p>Sortie : 03/06/2026</p><p>Note : <img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-123" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2018/07/5-6.png" alt="" width="100" height="14" /></p>								</div>
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									<p><strong>MIROIR DÉFORMANT</strong></p><p>Un petit village côtier des Cornouailles, ses mouettes, son pub, ses pêcheurs, ses traditions, ses touristes venus de la ville… le décor planté par le réalisateur Mark Jenkin pourrait être une parfaite et charmante carte postale, ainsi qu’une liste d’ingrédients toute prête à devenir un énième film social et réaliste comme les Britanniques savent les faire. Or dès les premiers plans, Jenkin envoie valser très loin ce fameux réalisme. Dans son ton, son montage et surtout son traitement visuel: <strong>Bait</strong> ne ressemble à rien de ce que l’on voit aujourd’hui, au Royaume-Uni comme ailleurs.</p><p>Voir <strong>Bait</strong>, c’est comme découvrir l’un des premiers films parlants de l’Histoire. Comme s’il s’agissait là d’un film lui-même laissé trop longtemps à l’air du large et qui avait rouillé. Le film se passe à l’époque actuelle mais pourrait tout aussi bien dater d’il y a un siècle. Tournées en noir et blanc et en 16mm, les images du film ont l’air d’avoir été saisies avec la plus vieille caméra du monde. Retravaillées et vieillies artificiellement, elles ont les rayures et les tâches des pellicules d’antan. Les dialogues tous doublés en post-prod rajoutent encore un décalage. Quant au montage, vraiment l’une des qualités les plus saisissantes du film, il a l’air de sortir d’un cours sur l’école soviétique, avec ses très gros plans et ses associations brutales. La moindre partie de pêche ou discussion familiale devient alors un angoissant film noir de poche .</p><p><strong>Bait</strong> pourrait n’être qu’un exercice de style, un objet un peu vain mais surtout claustrophobe, où le personnages et leurs histoires ne seraient traités que comme de vagues prétextes. Une crainte renforcée par le jeu particulièrement distancié des acteurs. Sauf qu’il y a justement quelque chose de très vibrant qui se trame dans ce récit archétypal d’affrontement familial (chez des cinéastes moins ambitieux, cela pourrait virer à la saga de l’été). Alors même qu’on nage en plein artifice, les gaillard taiseux qu’on croyait monolithiques prennent une profondeur inattendue. Même chose pour les personnages féminins, qu’on avait peur de voir sacrifiés à la périphérie du récit. Comment nait cette émotion? Bien malin qui saura y répondre.</p><p>C’est la le tour de magie le plus paradoxal opéré par Mark Jenkin : alors même qu’il vogue très loin des codes classiques du cinéma social britannique, c’est comme s’il en avait emporté en cachette dans son voyage les meilleures qualités. <strong>Bait</strong> n’est pas un film coupé du monde. C’est un film qui parle de nous, de la vie en communauté, des rapports de classe et de sexe. C’est un geste pictural d’une réjouissante ambition, et alors même qu’il a l’air de sortir d’un autre monde, c’est un film sur ici et maintenant. Un miroir pas si déformant que ça.</p><p>| Suivez Le Polyester sur <a href="https://bsky.app/profile/lepolyester.bsky.social">Bluesky</a> et <a href="https://www.instagram.com/le_polyester/">Instagram !</a> |</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><strong><span class="author">par Gregory Coutaut<br /></span></strong></p>								</div>
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		<title>Critique : Saccharine</title>
		<link>https://lepolyester.com/critique-saccharine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 04:50:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Une étudiante en médecine mal dans son corps se met à consommer une étrange gélule pour perdre du poids, libérant [&#8230;]</p>
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									<p><strong>Une étudiante en médecine mal dans son corps se met à consommer une étrange gélule pour perdre du poids, libérant une force surnaturelle qui envahit de plus en plus son quotidien.</strong></p>								</div>
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									<p><b>Saccharine</b><br />Australie, 2026<br />De Natalie Erika James</p><p>Durée : 1h52</p><p>Sortie : 03/06/2026</p><p>Note : <img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-122" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2018/07/4-6.png" alt="" width="100" height="14" /></p>								</div>
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									<h4><strong>PLEIN REGIME</strong></h4><p>La cinéaste australienne <a href="https://lepolyester.com/entretien-avec-natalie-erika-james/">Natalie Erika James</a> s&rsquo;était fait repérer en 2020 avec <a href="https://lepolyester.com/critique-relic/"><strong>Relic</strong></a>, un premier long métrage réussi qui invitait l&rsquo;horreur dans le drame d&rsquo;une famille confrontée à la maladie d&rsquo;Alzheimer. Après une parenthèse américaine pour un préquel de<strong> Rosemary&rsquo;s Baby</strong>, James revient en Australie et ausculte cette fois une autre forme de névrose : la dysmorphophobie. Hana, étudiante en médecine, s&rsquo;imagine plus grosse et moins jolie qu&rsquo;elle ne l&rsquo;est en réalité. C&rsquo;est moins un trouble narcissique qu&rsquo;une authentique angoisse, et c&rsquo;est bien ce qui la pousse à commettre deux erreurs.</p><p>La première : s&rsquo;inscrire à un programme intensif de remise en forme uniquement dans le but secret de choper la coach hyper sexy (contre toute attente : elle y parvient, bravo). La deuxième : consommer des pilules miracles illégales qui s&rsquo;avèrent uniquement composées de cendres humaines. Cette révélation devrait suffire à faire fuir n&rsquo;importe quelle personne équilibrée, mais comme tous les protagonistes de légendes urbaines, Hana est trop têtue. Dès lors, elle ne se contente pas de perdre un poids inquiétant : la voilà poursuivie par le fantôme dont les cendres ont fini dans ses gélules.</p><p>Natalie Erika James remplace l&rsquo;atmosphère d&rsquo;inquiétant sérieux de <strong>Relic</strong> par la forme pop et fluo d&rsquo;un bonbon acidulé. A vrai dire ce bonbon là pourrait viser une ivresse plus forte. <strong>Saccharine</strong> conserve en effet quelques défauts tels ce carnet dans lequel Hana note toutes ses péripéties alors même qu&rsquo;on vient de les voir, et cette sous-intrigue avec papa qui semble avoir été agrafée au scénario sur le chemin de la photocopieuse. Á coup de blagues vachardes, le script slalome efficacement pour éviter la grossophobie, quitte à tomber sur une impasse en faisant justement du fantôme une créature obèse.</p><p>Sélectionné coup sur coup à Sundance et à la Berlinale, <strong>Saccharine</strong> n&rsquo;est pas un déluge gore à la <a href="https://lepolyester.com/critique-the-substance/"><strong>The Substance</strong></a>, c&rsquo;est surtout lorsqu&rsquo;elle jongle entre son versant gag (l&rsquo;hilarante scène où Hana révèle son problème à sa collègue lesbienne) et ses visions saisissantes (un gâteau/cadavre, une tête de mort parmi les sacs poubelles) que cette comédie queer trouve son équilibre le plus juteux : celui d&rsquo;un mauvais esprit évoquant <strong>Les Contes de la crypte</strong>, où le mauvais goût est une punition pour les personnages et une récompense pour les spectateurs.</p><p>| Suivez Le Polyester sur <a href="https://bsky.app/profile/lepolyester.bsky.social">Bluesky</a> et <a href="https://www.instagram.com/le_polyester/">Instagram !</a> |</p><p><div class="jetpack-video-wrapper"><iframe title="SACCHARINE - bande annonce VOSTFR" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/mltjdT-Gpn8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div></p><p style="text-align: right;"><strong>Gregory Coutaut</strong></p>								</div>
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		<title>Critique : The Plague</title>
		<link>https://lepolyester.com/critique-the-plague/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 02:49:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Toutes les critiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans un camp d’été, la rumeur d’une peste se propage. Quand Ben refuse d&#8217;y croire, les frontières de la réalité [&#8230;]</p>
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									<p><strong>Dans un camp d’été, la rumeur d’une peste se propage. Quand Ben refuse d&rsquo;y croire, les frontières de la réalité se brouillent et un jeu impitoyable se déclenche entre les garçons.</strong></p>								</div>
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									<p><b>The Plague</b><br />États-Unis, 2026<br />De Charlie Polinger</p><p>Durée : 1h35</p><p>Sortie : 03/06/2026</p><p>Note : <img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-121" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2018/07/3-6.png" alt="" width="100" height="14" /></p>								</div>
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									<h4><strong>SOUS L&rsquo;EAU</strong></h4><p>Le bassin de la piscine est un drôle d’endroit, où des jeunes filles faisant de la natation synchronisée semblent défier la pesanteur : un plan filmé à l’envers dans <strong>The Plague</strong> les montre parfaitement maîtresses de leurs mouvements sous l&rsquo;eau. A l&rsquo;inverse, le long métrage s’ouvre par des plongeons de préados dans l’eau, et c’est à un étrange et maladroit ballet de jambes auquel on assiste. Pas de grâce ni d’harmonie ici, mais un chaos agité qui ressemble aux interactions que les garçons ont hors du bassin. On essaie de ne pas se noyer, mais on a tôt fait de boire la tasse.</p><p>Dans ce premier long métrage sélectionné l’an passé à Cannes dans le cadre d’Un Certain Regard et lauréat du Grand Prix à Deauville, l’Américain Charlie Polinger dépeint comment les dynamique de groupe se déploient. Le délicat Ben, comme beaucoup de jeunes ados sentant qu’ils ne font pas partie du groupe, essaie timidement de s’inclure – pas tant par conviction que par peur d’être exclu, ou harcelé. Il y a des castes chez les garçons, et les règles sont impitoyables. De quoi la peste du titre est-elle le nom ? C’est là un prétexte conscient pour harceler, et quoi de mieux que le sport qui, dans le cadre scolaire, a toujours constitué un sésame et une autorisation pour la brutalité. Il n’y a pas de portable dans <strong>The Plague</strong> et la musique 90s ne trompe pas : l’histoire ne se déroule pas aujourd’hui – mais c’est tout comme.</p><p><strong>The Plague</strong>, très librement inspiré de la propre expérience du réalisateur, a pour lui de ne pas édulcorer la tristesse étouffante de l’adolescence. Cela donne un relief intéressant au film, à rebours des clichés romantisant le passage à l&rsquo;âge adulte. Polinger ne lisse pas non plus ce que le groupe peut avoir de plus idiot, et ce que les enfants peuvent avoir de plus bête et méchant. Le long métrage, à notre sens, manque d’un déroulement plus imprévisible. Ce qui, à un moment du récit, donne l&rsquo;impression que celui-ci peut enfin dérailler, reste un pas de côté un peu timoré. Comme si <strong>The Plague</strong> trempait quelques orteils dans l&rsquo;eau là où l&rsquo;on attendrait enfin le plongeon. Ce premier essai est néanmoins efficacement mené et fait peu de concessions confortables pour dépeindre ce jeu, à la piscine ou dans la vie, où il n&rsquo;y a rien à gagner.</p><p>| Suivez Le Polyester sur <a href="https://bsky.app/profile/lepolyester.bsky.social">Bluesky</a> et <a href="https://www.instagram.com/le_polyester/">Instagram !</a> |</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><strong><span class="author">par Nicolas Bardot<br /></span></strong></p>								</div>
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		<title>Critique : En nous</title>
		<link>https://lepolyester.com/critique-en-nous/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 02:15:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 2007, l’actrice française Juliette Binoche et le danseur et chorégraphe britannique Akram Khan décident de se lancer dans une [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://lepolyester.com/critique-en-nous/">Critique : En nous</a> est apparu en premier sur <a href="https://lepolyester.com">Le Polyester</a>.</p>
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									<p><strong>En 2007, l’actrice française Juliette Binoche et le danseur et chorégraphe britannique Akram Khan décident de se lancer dans une aventure artistique inédite : Akram veut jouer, Juliette souhaite danser. Ensemble, ils vont écrire et créer IN-I, un spectacle qui les poussera à se dépasser. Avec ce premier film en tant que réalisatrice, Juliette Binoche propose au spectateur d&rsquo;entrer dans l’intimité de la création, révélant les épreuves, les joies, les doutes qui mènent des répétitions au spectacle final. 120 représentations seront données à travers le monde.</strong></p>								</div>
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									<p><strong>En nous</strong><br />France, 2025<br />De Juliette Binoche</p><p>Durée : 2h07</p><p>Sortie : 03/06/2026</p><p>Note : <img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-121" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2018/07/3-6.png" alt="" width="100" height="14" /></p>								</div>
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									<h4><strong>MOI CE QUI ME PLAIT, C&rsquo;EST DE DANSER COMME ÇA</strong></h4><p><strong>En nous</strong> est le tout premier long métrage réalisé par Juliette Binoche, mais à l&rsquo;origine de ce nouveau geste artistique se trouve un autre acte de création, remontant quasiment vingt ans en arrière, et dont elle était déjà l&rsquo;instigatrice. En 2007, l&rsquo;actrice s&rsquo;est associée au danseur Arkam Khan pour un spectacle dansé dont la particularité devait être de se baser sur une pure base d&rsquo;improvisation. Ne mettons pas la charrue avant les bœufs puisque <strong>En nous</strong> à la bonne idée de nous mettre à égalité avec Binoche et Khan. Le film débute en effet avec un strict minimum d&rsquo;explication, nous plongeant dans leur atelier le jour de leur toute première répétition. Il n&rsquo;y a alors pas de texte ou de ligne directrice à suivre, juste un premier saut dans le vide.</p><p>La première moitié d&rsquo;<strong>En nous</strong> est consacrée à une entreprise rare : la captation d&rsquo;une improvisation artistique de grande échelle. Composé d&rsquo;images originellement filmées par Marion Stalens, la sœur de l&rsquo;actrice, le documentaire suit la chronologie de ce processus créatif hors normes dans son dispositif minimaliste. En effet, non seulement il n&rsquo;y a ni texte ni voix off en guise de guide, mais il ne se passe rien en dehors du studio de répétitions. On ne suit certainement pas Binoche décompressant en coulisses comme dans un making-of d&rsquo;un concert rock. Il n&rsquo;y a rien d&rsquo;autre que les échanges (quasi tous en anglais) entre les deux artistes et leurs rares collaborateurs, une coach d&rsquo;art dramatique et une chorégraphe.</p><p><em>« Le doute fait partie du processus créatif »</em> entend-on ici. Le principe de l&rsquo;improvisation est de prendre le risque de foncer dans le mur. Le film ne fait d&rsquo;ailleurs pas l&rsquo;impasse sur les différences culturelles importantes entre l&rsquo;actrice blanche et le danseur arabe, et il n&rsquo;aurait sans doute pas non plus été honnête envers leur travail de recherche artistique de n&rsquo;inclure que les moments de réussite. Les meilleurs moments d&rsquo;<strong>En nous</strong> rappellent par leur vertige les monumentales improvisations d&rsquo;<strong>Out 1</strong> de Jacques Rivette et Suzanne Schiffman. Parfois, à force verbiage artistique solennel, le film se rapproche aussi de la caricature de lui-même.</p><p>Ce film de funambule, qui fait qu&rsquo;<strong>En nous</strong> peut autant s&rsquo;apprécier avec le plus grand sérieux que comme un sketch humoristique, selon les sensibilités, tient sans doute à la personnalité de Juliette Binoche telle qu&rsquo;on croit la connaître. Ici plus que jamais, elle fait preuve d&rsquo;un professionnalisme et d&rsquo;un charisme rare, mais aussi d&rsquo;une curiosité intense qui la pousse à se lancer sans aucun garde fou, quitte à justement prendre le risque de singer un temps la folie malgré elle. Le passage à la seconde moitié du documentaire, intégralement dédiée à la captation du résultat final sur scène, ne vient étonnamment pas trancher entre ces deux visages. Il y a en effet de quoi s&rsquo;avouer surpris de découvrir que tous ces défrichages intellectuels aboutissent en réalité (entre autres) à une scène ou Binoche mime quelqu&rsquo;un qui s&rsquo;assoit par erreur sur une cuvette recouverte d&rsquo;urine. Quoi qu&rsquo;il en soit, l&rsquo;actrice prouve avec ce film que ce spectacle n&rsquo;était pas un projet vain, sans effort ni investissement. Le pertinence de ce documentaire arrivant deux décennies après les faits est sans bien plus relative mais celui-ci confirme la personnalité hors-normes de sa réalisatrice et protagoniste.</p><p>| Suivez Le Polyester sur <a href="https://bsky.app/profile/lepolyester.bsky.social">Bluesky</a> et <a href="https://www.instagram.com/le_polyester/">Instagram !</a> |</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><strong><span class="author">par Gregory Coutaut<br /></span></strong></p>								</div>
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		<title>Festival de Cannes &#124; Critique : Roma Elastica</title>
		<link>https://lepolyester.com/critique-roma-elastica/</link>
		
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		<pubDate>Tue, 02 Jun 2026 16:38:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>1982. Eddie est une actrice qui a eu son heure de gloire américaine. Accompagnée de Valentina, sa fidèle maquilleuse, elle [&#8230;]</p>
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									<p><strong>1982. Eddie est une actrice qui a eu son heure de gloire américaine. Accompagnée de Valentina, sa fidèle maquilleuse, elle accepte le rôle principal d’un film de science-fiction tourné à Rome, qui pourrait bien être son ultime film…</strong></p>								</div>
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									<p><b>Roma Elastica</b><br />France, 2026<br />De Bertrand Mandico</p><p>Durée : 1h47</p><p>Sortie : 23/12/2026</p><p>Note : <img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-123" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2018/07/5-6.png" alt="" width="100" height="14" /></p>								</div>
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									<h4><strong>CIMETIÈRE DE LA SPLENDEUR</strong></h4><p>Eddie est une scream queen, autant dire quelqu&rsquo;un de terriblement important pour chaque cinéphile déviant.e qui se respecte, ce qui inclut bien entendu Bertrand Mandico. La séquence d&rsquo;ouverture nous montre cette héroïne alors qu&rsquo;elle vraisemblablement contrainte de tourner l&rsquo;ultime scène d&rsquo;une série Z de pas très haute volée, mais dès qu&rsquo;elle daigne sortir de sa caravane, il n&rsquo;y a aucun doute : derrière son regard brouillé de femme perdue dans ce décor toc, Eddie est une star, une géante, une divinité tel qu&rsquo;on n&rsquo;en croise presque que dans les films de Mandico. Or, on a à peine le temps de poser les yeux sur cette charismatique comète qu&rsquo;elle est déjà happée ailleurs.</p><p>Flanquée de son assistante et unique amie (Noémie Merlant, pure dynamite), voilà Eddie dans l&rsquo;avion pour Rome, où elle est invitée à tenir le rôle principal d&rsquo;un film de science fiction. Le Rome où elle atterrit, où elle se retrouve plutôt plongée comme en apnée, ne ressemble ni à la réalité ni à une carte postale. Bertrand Mandico a tourné dans les studio de Cinecittà et <strong>Roma Elastica</strong> ressemble surtout à une succession de tableaux dans des décors rétro à l&rsquo;artifice assumé, presque des maquettes. L&rsquo;action du film se déroule entre la fin des années 70 et le début des années 80, mais son atmosphère nébuleuse vise un mélange plus grand encore.</p><p>Dans un catalogue de références et clins d&rsquo;oeil, la haute culture et la culture alternative se superposent. D&rsquo;un coté, Cocteau (cette idée de statues revêtues de peau humaine semble sortir directement de son œuvre) et bien sûr Fellini, notamment les visions baroques de ses derniers films. De l&rsquo;autre, Franco Nero et tout un imaginaire de cinéma de genre à la mauvaise réputation, qu&rsquo;il soit italien ou non. Le film qu&rsquo;Eddie est censée tourner dans ce cirque est une sorte de remake féministe de <strong>New York 1997</strong>, et c&rsquo;est une formule qu&rsquo;on pourrait offrir en compliment à <strong>Roma Elastica</strong> dans son ensemble. Un futur fantasmé de science fiction s&rsquo;y superpose avec la nostalgie d&rsquo;une civilisation qui est déjà en ruines sans s&rsquo;en rendre compte. L&rsquo;ironie a sa place dans cette étrange comédie fantastique, mais pas le cynisme.</p><p>Film-rêve et film-cauchemar, il peut avoir l&rsquo;air difficile de trouver la porte de sortie ou même une fenêtre pour respirer dans <strong>Roma Elastica</strong>, mais Mandico ne se contente pas de nous proposer une partie de <em>Memory</em> pour cinéphiles. Situé dans une sorte de réalité parallèle, son long métrage est pourtant bel et bien relié à notre monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. La scénariste du film-dans-le-film s&rsquo;avère trouver son inspiration dans son don de médium et les visions qui lui arrivent de notre futur. Cette idée malicieuse permet à Mandico de creuser ce qui est une nouvelle piste de son cinéma, ouverte dans ses derniers courts, concernant le rôle politique des artistes dans le monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui face à l&rsquo;IA, la censure et le fascisme.</p><p>La générosité de Mandico se retrouve également ailleurs. Bien entendu dans sa galerie de personnages féminins plus riches, puissants et hors-normes que n&rsquo;importe où ailleurs, et qui font de <strong>Roma Elastica</strong> non pas une simple cité des femmes mais une planète de femmes. Mais aussi dans sa direction d&rsquo;actrices. On n&rsquo;a tout simplement jamais vu Marion Cotillard ainsi. Rien que la manière que Mandico a de filmer ses yeux donne l&rsquo;impression de découvrir pour la première fois son visage pourtant familier. Après le superbe <a href="https://lepolyester.com/critique-la-tour-de-glace/"><strong>La Tour de glace</strong></a> de Lucile Hadzihalilovic, <strong>Roma Elatisca</strong> vient poursuivre la passionnante entreprise consistant à enfin débarrasser la star française des apparats bourgeois qui l&rsquo;enfermaient dans un sage cinéma à la <em>Studio Magazine</em>, pour remettre en avant son charisme, son étrangeté et l&rsquo;excellence de son jeu.</p><p>| Suivez Le Polyester sur <a href="https://bsky.app/profile/lepolyester.bsky.social">Bluesky</a> et <a href="https://www.instagram.com/le_polyester/">Instagram !</a> |</p>								</div>
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		<title>Les compétitions du Festival de Karlovy Vary 2026</title>
		<link>https://lepolyester.com/les-competitions-du-festival-de-karlovy-vary-2026/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Jun 2026 13:46:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La 60e édition du Festival de Karlovy Vary aura lieu dans la ville tchèque du 3 au 11 juillet prochain, [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://lepolyester.com/les-competitions-du-festival-de-karlovy-vary-2026/">Les compétitions du Festival de Karlovy Vary 2026</a> est apparu en premier sur <a href="https://lepolyester.com">Le Polyester</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph">La 60e édition du Festival de Karlovy Vary aura lieu dans la ville tchèque du 3 au 11 juillet prochain, et la rédaction du Polyester sera sur place pour couvrir la manifestation. Le festival vient de dévoiler la liste des longs métrages qui concourront dans la compétition principale (<em>Crystal Globe competition</em>) et dans la section parallèle <em>Proxima</em>. L&rsquo;an dernier, le Crystal Globe était décerné à <strong>Better Go Mad in the Wild</strong> du cinéaste slovaque Miro Remo. Parmi les films en compétition, citons les nouveaux longs métrages de la Chypriote <a href="https://lepolyester.com/entretien-avec-tonia-mishiali/">Tonia Mishiali</a> (découverte avec <strong><a href="https://lepolyester.com/critique-pause/">Pause</a></strong>), du Slovaque <a href="https://lepolyester.com/entretien-avec-ivan-ostrochovsky/">Ivan Ostrochovský</a> (<strong><a href="https://lepolyester.com/critique-servants/">Les Séminaristes</a></strong>, <strong><a href="https://lepolyester.com/critique-photophobia/">Photophobia</a></strong>) ou encore du duo bulgare Kristina Grozeva et Petar Valchanov (couronné.es à Karlovy Vary en 2019 avec <strong>La Saveur des coings</strong>, sorti chez nous en 2021).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Découvrez les films en lice ci-dessous. Le reste de la sélection sera dévoilé prochainement.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/only-beautiful-things-to-look-at-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-72334" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/only-beautiful-things-to-look-at-1024x576.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/only-beautiful-things-to-look-at-300x169.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/only-beautiful-things-to-look-at-768x432.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/only-beautiful-things-to-look-at.jpg 1400w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Only Beautiful Things to Look At</em></figcaption></figure>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Compétition Crystal Globe</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Behind the Rain</strong> (<strong>Detrás de la lluvia</strong>), de Valeria Sarmiento (Chili)<br><strong>Black Money for White Nights</strong>, de Kristina Grozeva et Petar Valchanov (Bulgarie)<br><strong>Five Years, Four Months</strong> (<strong>Cinco años, cuatro meses</strong>), d&rsquo;Esteban Hoyos García et Juan Miguel Gelacio Ramíre (Colombie)<br><strong>Fruit Gathering</strong>, d&rsquo;Aung Phyoe (Myanmar)<br><strong>The Guest</strong>, de Mads Mengel (Danemark)<br><strong>A Happy Family</strong>, de Jan-Eric Mack (Suisse)<br><strong>Hijamat</strong>, de Nader Saeivar (Allemagne)<br><strong>Chica Checa</strong>, de Šimon Holý (Tchéquie)<br><strong>The Lion at My Back</strong>, de Tonia Mishiali (Chypre)<br><strong>Only Beautiful Things to Look At</strong> (<strong>Pramen</strong>), d&rsquo;Ivan Ostrochovský (Slovaquie)<br><strong>Pipes</strong>, de Karim Kassem (Liban)<br><strong>3 Weeks After</strong> (<strong>3 nedelje posle</strong>), de Miroslav Terzić (Serbie)</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/my-friend-the-porn-star-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-72335" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/my-friend-the-porn-star-1024x576.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/my-friend-the-porn-star-300x169.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/my-friend-the-porn-star-768x432.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/06/my-friend-the-porn-star.jpg 1400w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>My Friend the Porn Star</em></figcaption></figure>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Compétition Proxima</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Against Nature </strong>(<strong>Contra la Naturaleza</strong>), de Axel Bertha (Mexique)<br><strong>Homo Sive Natura</strong>, de Giovanni C. Lorusso (Italie)<br><strong>Incinerator </strong>(<strong>Shokyakuro</strong>), de Shuntaro Uchida (Japon)<br><strong>The Ink-Stained Hand and the Missing Thumb</strong>, de Yashasvi Juyal (Inde)<br><strong>Lover, Not a Fighter</strong> (<strong>Milovník, nie bojovník</strong>), de Martina Buchelová (Slovaquie, Tchéquie)<br><strong>My Friend the Porn Star</strong> (<strong>Mein Freund der Pornostar</strong>), de Rosa Friedrich (Autriche)<br><strong>Paris Paris</strong>, de Isabelle Tollenaere (Belgique)<br><strong>Petty Thieves</strong> (<strong>Sitni lopovi</strong>), de Mate Ugrin (Croatie)<br><strong>Rain Catcher</strong>, de Michele Fiascaris (Italie)<br><strong>Truck Driver </strong>(<strong>Camionero</strong>), de Francisco Marise (Espagne)<br><strong>A Whole Person Almost</strong> (<strong>Enas olokliros anthropos schedon</strong>), de Efthimis Kosemund-Sanidis (Grèce)<br><strong>33 Steps</strong> (<strong>33 krokov</strong>), de Anna &amp; Šimon Domček (Slovaquie, Tchéquie)</p>



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<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.kviff.com/cs/uvod" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le site officiel</a></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Gregory Coutaut</strong></p>



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		<title>Festival de Cannes &#124; Critique : Viva</title>
		<link>https://lepolyester.com/critique-viva/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 May 2026 15:43:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Festivals]]></category>
		<category><![CDATA[Toutes les critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Espagne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après avoir échappé de peu à la mort, Nora, 40 ans, est animée par une brûlante urgence de se sentir [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="72255" class="elementor elementor-72255">
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									<p><strong>Après avoir échappé de peu à la mort, Nora, 40 ans, est animée par une brûlante urgence de se sentir en vie. Elle se jette à corps perdu dans deux relations amoureuses avec deux hommes que tout oppose, Tom et Max, reflets de ses propres aspirations contradictoires. Mais lorsque ni l’un ni l’autre ne parvient à combler son vide intérieur, Nora est contrainte d’affronter la vérité : elle devra faire face à la peur profonde qui alimente sa soif de vivre.</strong></p>								</div>
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									<p><b>Titre</b><br />Espagne, 2026<br />D&rsquo;Aina Clotet</p><p>Durée : 1h53</p><p>Sortie : 14/10/2026</p><p>Note : <img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-122" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2018/07/4-6.png" alt="" width="100" height="14" /></p>								</div>
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									<h4><strong>T&rsquo;ES MALADE OU QUOI ?</strong></h4><p><strong>Viva</strong> s&rsquo;ouvre sur un diagnostic qui n&rsquo;a rien de joyeux : une possible rechute du cancer du sein de l&rsquo;héroïne, Nora, alors que celle-ci a déjà subi une mastectomie partielle. Visiblement pas pressée de traverser cette épreuve une seconde fois, Nora jette à peine un regard à son docteur avant de prendre la poudre d&rsquo;escampette, au propre comme au singulier. Nora n&rsquo;en parlera pas à son conjoint, ni à ses amis, elle n&rsquo;en parlera tout simplement à personne car il n&rsquo;y a rien à raconter et que tout va bien, n&rsquo;est ce pas ? Un tel déni n&rsquo;a rien de drôle, et pourtant c&rsquo;est bel et bien dans une comédie que nous plonge <strong>Viva</strong>.</p><p>Aina Clotet, qui travaille en tant qu&rsquo;actrice depuis la fin des années 90 et qui interprète ici le rôle principal, réalise son tout premier long métrage avec <strong>Viva</strong>. Elle dit avoir bâti son scénario sur ses inquiétudes les plus profondes et en effet le sujet est grave &#8211; Nora ne cache aucune de ses cicatrices, qu&rsquo;elles soient physiques ou mentales. Cette attachante héroïne n&rsquo;est pourtant pas du genre à s&rsquo;en laisser compter. Sur le chantier de sa maison de campagne, elle est aussi bien capable d&rsquo;abattre les murs que de trouver une source d&rsquo;eau en plein désert, ou presque.</p><p>Une telle formule pourrait laisser croire que <strong>Viva</strong> n&rsquo;a d&rsquo;autre ambition que d&rsquo;offrir un « magnifique portrait de femme » comme le veut cette satanée formule pleine de clichés. Aina Clotet a heureusement plus d&rsquo;humour que ça. Le chemin de Nora vers la liberté retrouvée va s&rsquo;avérer plus dingo que prévu, à mesure que se réveille sa libido et qu&rsquo;un gamin de 20 ans se met à lui envoyer des sextos. En toute honnêteté, le tour de piste que la réalisatrice nous offre à travers les situations cocasses ne cherche pas une originalité révolutionnaire.<strong> Viva</strong> provoque moins des éclats de rires choqués qu&rsquo;un gros capital sympathie. Clotet sait néanmoins trouver le rythme nécessaire pour nous émouvoir de bien des manières avec cette héroïne désinvolte qui est tantôt l&rsquo;instigatrice, tantôt le risible jouet du joyeux chaos sensuel qu&rsquo;est sa vie.</p><p>| Suivez Le Polyester sur <a href="https://bsky.app/profile/lepolyester.bsky.social">Bluesky</a> et <a href="https://www.instagram.com/le_polyester/">Instagram !</a> |</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><strong><span class="author">par Gregory Coutaut<br /></span></strong></p>								</div>
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		<title>Festival de Cannes &#124; Critique : Notre salut</title>
		<link>https://lepolyester.com/critique-notre-salut/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 May 2026 08:32:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Cannes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Septembre 1940, le régime de Pétain se met en place. Henri Marre, 49 ans, débarque à Vichy sans le sou, [&#8230;]</p>
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									<p><strong>Septembre 1940, le régime de Pétain se met en place. Henri Marre, 49 ans, débarque à Vichy sans le sou, sans contact, loin de sa femme et ses enfants. Il voit dans la nouvelle administration l’opportunité de trouver enfin la place qu’il mérite. Dans sa valise, son traité politique édité à compte d’auteur, Notre Salut, où il défend ses convictions patriotiques et ses méthodes d’ingénieur. Son credo : « gagner en efficacité » pour relever la France de la débâcle. Mais peut-être qu’Henri cherche avant tout à fuir sa propre débâcle…</strong></p>								</div>
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									<p><b>Notre salut</b><br />France, 2026<br />De Emmanuel Marre</p><p>Durée : 2h30</p><p>Sortie : 30/09/2026</p><p>Note : <img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-123" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2018/07/5-6.png" alt="" width="100" height="14" /></p>								</div>
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									<h4><strong>TOUJOURS DU BON CÔTÉ</strong></h4><p>Apprendre à gueuler correctement <em>« Vive le Maréchal ! »</em> pour célébrer Pétain n’est pas chose si aisée. C’est ce qu’expérimentent quelques personnages dans une scène de <strong>Notre salut</strong> : la voix est parfois timide, la honte bloque tout dans la gorge. D’autres, en revanche, n’ont ni ces difficultés ni ces états d’âme et crient <em>« Vive le Maréchal ! »</em> avec autant de simplicité que de naturel, comme s’ils poussaient un <em>« Allez les Verts »</em> à un quelconque match de foot. Le nouveau film du Français Emmanuel Marre, révélé avec le formidable moyen métrage <a href="https://lepolyester.com/entretien-avec-emmanuel-marre/"><strong>D’un château l’autre</strong></a>, raconte la France de la Seconde Guerre Mondiale – et pas vraiment du côté des héros. Lorsque Marre filme une discussion épineuse au tout début du long métrage, la caméra reste concentrée sur Henri (prodigieusement interprété par Swann Arlaud) qui écoute. On s’attend comme par réflexe à ce qu’il intervienne, qu’il soit un héros, qu’il soit un résistant – c’est tout le contraire qui arrive et ce sera le sujet du film.</p><p>Le réalisme de <strong>Notre salut</strong> est à la fois dû à la façon qu’a Emmanuel Marre de refuser la romantisation du récit national (combien de films de résistants a-t-on vu au cinéma contre combien de récits de collabos ?) mais aussi tout simplement au matériel qu’il adapte, même librement. Le personnage principal de <strong>Notre salut</strong> se nomme Henri Marre, c’est tout simplement l’arrière-grand-père du cinéaste, et ce dernier s’est inspiré de ses correspondances pour écrire son film. Mais si le long métrage semble dépeindre la Seconde Guerre Mondiale et la collaboration de façon réaliste et comme on ne les avait jamais vues, c’est aussi grâce à ses artifices. A de nombreuses reprises, les personnages semblent toustes plongé.es dans le noir, comme éclairé.es de manière brutale, maladroite, avec un air de cauchemar, à la lampe de poche. Voilà un parti-pris formel saisissant pour mettre en scène ce monde sur lequel la nuit la plus lugubre est tombée.</p><p>La caméra à l’épaule invite une forme de déséquilibre à l’image, comme si les personnages claudiquaient, marchaient sur des œufs. C’est que nous sommes dans une période urgente, une époque dramatique où tout peut s’emballer très vite – et certains n’ont pas besoin d’être poussés longtemps pour se rallier aux pires causes. Le Pétainisme était une opportunité : voilà entre autres ce que raconte le film. Henri Marre était un médiocre, <strong>Notre salut</strong> est l’histoire d’un trou du cul. Mais un trou du cul qui a compris que sa condition de petit mec pathétique pouvait être un atout s’il savait se poser au bon endroit, auprès des bonnes personnes. Henri Marre est un <em>« fanfaron opportuniste »</em> comme on le décrit dans le long métrage, c’est un perdant qui n’a pas les codes, un guignol lâche et pathétique comme d’autres collabos – ce pauvre type est fascinant et à travers lui on regarde l’Histoire autrement, et probablement mieux qu’à travers les déguisements héroïsants d’autres récits épiques.</p><p><strong>Notre salut</strong> est un drame historique de 2h30 mais il ne pèse jamais sur lui la raideur qui guette ce type de reconstitution. On a parlé de son approche formelle qui dynamite les clichés, mais il y a également un trouble qui garde <strong>Notre salut</strong> toujours vivant et jamais figé. Le film n’est pas une parodie, mais il peut être une comédie très noire et cinglante. Les discussions de décisionnaires, entre deux picoles et une tarte aux pommes (bien sucrée), semblent sorties d’un mockumentary. Certains propos tenus dans <strong>Notre salut</strong> ressemblent comme deux gouttes d’eau à des propos politiques lamentables que l’on entend aujourd’hui : Henri Marre et ses potes vivent dans les années 40 mais on croirait voir une caméra cachée dans des bureaux de macronistes. <em>« Les Allemands sont beaucoup plus polis que les Français »</em> dit une dame élégante, passant d&rsquo;ores et déjà sur le fait que ces gens polis sont des nazis.</p><p>Emmanuel Marre saisit de manière à la fois grinçante et grotesque une époque, mais aussi, plus profondément, ce que cette déchéance a d&rsquo;humain. Dans <strong>D&rsquo;un château l&rsquo;autre</strong>, on apercevait déjà un protagoniste au bord du précipice, se questionnant sur son possible vote RN. Parmi les collabos de <strong>Notre salut</strong>, on a sauté le pas et le basculement tragique narré par Marre peut avoir des conséquences très rapides. Son impressionnant long métrage est vu avec des yeux de 2026 et comme on l&rsquo;entend durant le film : <em>« Je ne suis pas sûr que le monde change tant que ça »</em>.</p><p>| Suivez Le Polyester sur <a href="https://bsky.app/profile/lepolyester.bsky.social">Bluesky</a> et <a href="https://www.instagram.com/le_polyester/">Instagram !</a> |</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><strong><span class="author">par Nicolas Bardot<br /></span></strong></p>								</div>
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		<title>Critique : Father</title>
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		<pubDate>Thu, 28 May 2026 12:00:51 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="64753" class="elementor elementor-64753">
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									<p><strong>Michal et Zuzka sont un couple épanoui, comblé par la réussite et la présence de leur petite fille, Dominika. Mais un jour de canicule, un drame vient briser leur amour et bouleverser leur vie. Leur histoire est exposée par les médias et malgré le poids de l’opinion et de leur entourage, un lien fragile va renaître entre eux, suspendu entre culpabilité et amour.</strong></p>								</div>
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									<p><b>Father</b><br />Slovaquie, 2025<br />De Tereza Nvotová</p><p>Durée : 1h43</p><p>Sortie : 28/05/2026</p><p>Note : <img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-121" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2018/07/3-6.png" alt="" width="100" height="14" /></p>								</div>
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									<h4><strong>A LA PAPA</strong></h4><p>Le hasard de la programmation fait qu&rsquo;après s&rsquo;être ouverte hier avec un film macédonien sobrement intitulé <a href="https://lepolyester.com/critique-mother/"><strong>Mother</strong></a>, la section Orizzonti de la Mostra projette aujourd&rsquo;hui un film nommé <strong>Father</strong>. Or, si <strong>Mother</strong> faisait référence à une mère particulièrement hors du commun, Mère Teresa, <strong>Father</strong> s&rsquo;attache quant à lui à un père de famille modèle courant. Enfin presque car ce papa, toujours beau et musclé en dépit de ses doutes de quadragénaire, vulnérable juste ce qu&rsquo;il faut, participe très activement à la vie chaotique de la maison. Changer son planning en urgence pour emmener sa fille à la crèche, retrouver une peluche perdue&#8230; ce n&rsquo;est pas que tout soit simple pour cet homme dont le visage trahit plus la concentration que l&rsquo;aisance, mais il fait le job plutôt bien mieux que la moyenne.</p><p>Particulièrement électrique, la première demi heure du film est traversée d&rsquo;une tension remarquable,  alors qu&rsquo;il ne s&rsquo;y passe précisément rien qui ne sorte de l&rsquo;ordinaire d&rsquo;une famille avec de jeunes enfants. Rien que mettre tout le monde dans la voiture et partir au travail devient un casse-tête sportif dans lequel <strong>Father</strong> nous immerge avec une grande efficacité, la caméra collé à son acteur principal toujours en action. Puis, suite à un rebondissement narratif qu&rsquo;on ne révèlera pas, le film change de vitesse, et ce pour de bon.</p><p>Dans ses deux précédentes fictions, <a href="https://lepolyester.com/2018/10/16/critique-sans-jamais-le-dire/"><b>Sans jamais le dire </b></a>et <strong>Nightsiren</strong> (primé à Locarno en 2022), la cinéaste slovaque <a href="https://lepolyester.com/entretien-avec-tereza-nvotova/">Tereza Nvotová</a> prenait pour protagoniste des jeunes filles troublées et pas facilement aimables. Ce n&rsquo;est pas le fait d&rsquo;avoir remplacé ces anti-héroïnes par un super papa qui rend la suite de<strong> Father</strong> moins percutant. C&rsquo;est avant tout une question de rythme et de structure. Mi-parabole sur le patriarcat et ses mille et un problèmes, mi-« magnifique-portrait-d&rsquo;homme » (vous avez remarqué que cette expression n&rsquo;est justement jamais utilisée au masculin ?), <strong>Father</strong> pose des questions justes, inconfortables et pas naïves sur la culpabilité et la rédemption, mais aucune de ces aspérités ne vient rééquilibrer assez vivement sa baisse de régime progressive. Le passage de l&rsquo;action à l&rsquo;exploration psychologique permet néanmoins de mettre en valeur la performance très convaincante de Milan Ondrik.</p><p>| Suivez Le Polyester sur <a href="https://bsky.app/profile/lepolyester.bsky.social">Bluesky</a> et <a href="https://www.instagram.com/le_polyester/">Instagram !</a> |</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><strong><span class="author">par Gregory Coutaut<br /></span></strong></p>								</div>
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