Mostra de Venise | Critique : What Belongs to Others

Kasia gagne sa vie en cambriolant des appartements avec son petit ami. Lors d’un de leurs cambriolages, elle découvre le corps d’un homme qui s’est suicidé.

What Belongs to Others
Pologne, 2026
De Grzegorz Debowski

Durée : 1h45

Sortie : –

Note :

LE GRAND BLUFF

Kasia et son mec sont un couple de cambrioleurs. Disons plutôt que c’est elle qui cambriole, pendant que lui fomente les plans en coulisses. A lui le cerveau, à elle les mains habiles ? Ce n’est pas que Kasia est trop bête pour se débrouiller seul, c’est plutôt que son partenaire a sur elle une emprise qu’elle n’a même pas l’air de réaliser. A elle de faire tous les efforts et de prendre des risques pendant que monsieur se repait du contrôle qu’il pense avoir sur tout ça. De toute façon leur butin est souvent très maigre, ils se retrouvent mis à la rue et on ne sait pas trop quelle porte de sortie ils pourraient espérer trouver dans la banlieue particulièrement grisâtre où ils font leurs méfaits, un coin perdu où « même les oiseaux ne viennent plus chier ».

La surprise arrive en deux coups consécutifs : en s’infiltrant dans un appartement supposément abandonné, Kasia découvre un cadavre. Avant même qu’elle n’en parle à son compère, ce dernier se fait arrêter. Kasia hérite donc de deux cadeaux inattendus dont elle ne sait que faire : un appartement où squatter discrètement et une liberté nouvelle. Se faisant passer pour l’amie du défunt, elle contacte les proches de ce dernier dans le but de leur soutirer des sous, mais c’est un trésor d’un tout autre style qui va progressivement s’offrir à elle.

Le réalisateur polonais Grzegorz Debowski est encore peu identifié en France mais son précédent film, Next to Nothing, avait remporté pas moins de six pris lors des Polish Awards de 2023. Si l’image de son nouveau film ne dévie jamais des codes attendus (et convenus) du cinéma social d’Europe Centrale et ne déborde pas de personnalité, le scénario opère un changement de registre bienvenu. What Belongs to Others débute presque comme un film noir où les personnages n’ont d’autre choix que d’être toujours dans l’action, mais bascule progressivement vers un portrait de personnage touchant, alors même que le récit se déroule sur seulement une poignée de journées. C’est paradoxalement en se faisant passer pour quelqu’un d’autre que Kasia va reprendre le contrôle de sa vie qui, pour rependre l’ambiguïté du titre, appartenait jusqu’ici à quelqu’un d’autre. Le résultat reste dans un entre-deux trop sage qui n’est ni un pur mélo ni un vertige radical, mais qui s’avère composé et interprété avec savoir-faire.

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par Gregory Coutaut

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