Mostra de Venise | Critique : Oasis

Lorsqu’une vidéo virale montrant un étudiant menaçant ses camarades de classe apparaît en ligne, l’école sombre dans une spirale de violence. Accablés par la pression des enseignants et des parents, trois marginaux se réfugient dans une forêt à proximité. Là-bas, le jeu se transforme en rituel et la douleur devient une échappatoire, jusqu’à ce que de vieilles blessures refassent surface et que les limites entre eux soient redéfinies.

Oasis
Allemagne, 2026
De Jannis Lenz

Durée : 1h58

Sortie : –

Note :

JEUX INTERDITS

Dans cette école allemande, comme dans toutes les écoles du monde, il y a du harcèlement. Sauf que cette fois, il y a des images pour dévoiler ce qui se passe généralement à l’abri des regards : une vidéo captée par un téléphone portable montre un élève diriger sa colère menaçante contre les autres. Mais toute concrète que soit cette vidéo, constitue-t-elle une preuve à proprement parler, et si oui de quoi ? Que s’est-il passé juste avant que la personne commence son enregistrement ? Que s’est-il progressivement passé au fil des mois ? Où la violence trouve-t-elle sa première origine ? 

Avec son tout premier long métrage, Jannis Lenz pose d’ambitieuses questions, mais plutôt que de prétendre avoir des réponses toutes faites et trop pratiques, il nous invite à aller plonger notre regard ailleurs, plus exactement dans des bois. C’est là que deux élèves, dont celui de la vidéo, viennent régulièrement se cacher. Bientôt rejoints par une de leur camarade, ils se livrent à des jeux militaires étranges à la fois enfantin et dangereux, s’amusant autant avec des armes qu’avec des coccinelles. Pour ces trois protagonistes, l’oasis du titre n’est pas seulement ce coin de forêt anonyme qui les coupe enfin du monde extérieur, c’est aussi ce triangle tordu et homoérotique où ils peuvent divaguer sans même avoir besoin de parler.

La majeure partie d’Oasis se déroule en dehors de l’établissement scolaire et ce n’est pas un hasard. Jannis Lenz propose tout autre chose qu’une étude sociologique sur le harcèlement scolaire ou la fascination des ados pour la violence. Ce qu’il propose en échange n’est pas toujours clair, que cela soit délibéré ou non. De même qu’on ne sait jamais trop d’où la tension pourrait surgir dans ce portrait de groupe, il y a une sorte de vent imprévisible qui règne sur ce film bancal, parfois frustrant mais intrigant à force de couleurs saturées, et qui rappelle parfois les élans d’un autre film allemand, No Hard Feelings – Le monde est à nous.

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par Gregory Coutaut

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