Critique : Sauvons les meubles

Lucile est une photographe reconnue et indépendante. Lorsque sa mère tombe malade, elle accourt dans la maison de son enfance et y retrouve son frère Paul. Là, ils découvrent que leur mère, autrefois pétillante et entrepreneuse, leur cache des choses… Lucile et Paul comprennent alors qu’ils n’ont plus que quelques jours pour sauver bien plus que les meubles…

Sauvons les meubles
France, 2026
De Catherine Cosme

Durée : 1h26

Sortie : 06/05/2026

Note :

L’ARGENT DE LA VIEILLE

Au détour d’une visite familiale, Lucile apprend par hasard qu’elle est endettée jusqu’au cou. Sa mère, avec qui elle était en froid, a usurpé son identité pour contracter des prêts. Or il ne faut surtout pas révéler à cette dernière que l’arnaque a été découverte car son cœur est désormais trop fragile. Mais si cette dernière décède trop rapidement, c’est à dire avant d’avoir avoué son crime, Lucile est bonne pour la prison. Tout bonnement sidérée, celle-ci doit donc passer les vacances chez son escroc de mère à prétendre que tout va bien. Ce postulat pourrait donner lieu à une comédie à la cruauté explosive, mais pourtant la réalisatrice belge Catherine Cosme privilégie un ton doux amer où le pathos et le lunaire marchent main dans la main.

Catherine Cosme réalise ici son premier long métrage mais ce n’est pas une inconnue pour autant puisqu’elle a plus de quinze ans d’expérience en tant que cheffe décoratrice qui lui ont valu plusieurs nominations aux Magritte ainsi qu’un César il y a quelques mois à peine pour L’Inconnu de la grande arche. Cosme s’inspire d’une histoire ayant touché sa propre famille, et la transposition du réel vers la fiction assume plutôt sympathiquement sa transparence (la protagoniste est ici photographe) et son artificialité (le film débute avec un entretien entre la protagoniste et Benoît Hamon dans son propre rôle, étonnante introduction qui ne ressemble pas vraiment à la suite du film).

Une fois rassemblés tous les membres de cette famille (et nous avec) dans la maison parentale, Sauvons les meubles propose en réalité un tour du propriétaire très familier de la comédie dramatique à la française. Le film ne cherche pas à tenter beaucoup de sorties de route audacieuses d’un programme relativement prévisible, notamment dans sa mise en image convenue. Si le résultat s’avère néanmoins chaleureux, c’est surtout grâce à ses comédiens qui parviennent tous à donner à leur personnage fantasque une épaisseur attachante, notamment Vimala Pons dans un registre plus bougon que d’habitude et qui lui va bien.

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par Gregory Coutaut

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