Festival de Karlovy Vary | Critique : Hijamat

La vie de Murad, 50 ans, est bouleversée quand il apprend que son frère cadet est gay. Murad aimerait soutenir son frère, mais leur famille musulmane traditionnelle ne l’accepte pas. Il se retrouve sous pression de tous les côtés – de son père, qui est très lié à l’imam local, et aussi du groupe d’amis de son frère.

Hijamat
Iran, 2026
De Nader Saeivar​​

Durée : 1h44

Sortie : –

Note :

TU ES MON AUTRE

Réalisateur de La Femme qui en savait trop (sorti chez nous l’an passé), l’Iranien Nader Saeivar, qui signe ici son quatrième long métrage, demeure assez méconnu en France en tant que cinéaste. Mais il a été un proche collaborateur d’un de ses compatriotes les plus illustres, en participant aux scénarios de Trois visages et de la Palme d’or Un simple accident de Jafar Panahi. Panahi prend d’ailleurs part lui-même à Hijamat (dévoilé en compétition au Festival de Karlovy Vary) en tant que producteur et monteur.

En un saisissant contraste d’échelle, une main tendue vers un enfant au début de Hijamat donne l’illusion qu’un membre de géant vient cueillir un minuscule garçon. Il s’agit d’une scène de fête, l’enfant est célébré, la caméra se met à sa place. Mais la fête est interrompue lorsqu’un jeune homme est frappé – soulignant des rapports familiaux plus qu’ambivalents. Hijamat se déroule en Allemagne et pas en Iran, mais il y questionne les différentes façon d’être musulman. Si le poids religieux est important dans Hijamat, le film questionne, de manière plus générale, comment l’on peut faire famille.

Le jeune héros du film est gay et son orientation sexuelle fait la honte de son entourage. Voilà qui met en lumière l’hypocrisie familiale, à laquelle s’ajoute le chantage émotionnel et la pression de l’imam. On repense à la main de géant et le garçonnet au début du film : veut-elle le saisir pour le protéger ou pour l’écraser ? Malgré ses enjeux forts, le scénario d’Hijamat est alourdi par une narration assez scolaire et bavarde, tandis que de très maladroits protagonistes secondaires (interprétés par Nastassja Kinski et Moritz Bleibtreu) semblent jouer dans un autre film. Hijamat intrigue davantage lorsqu’il met en scène son secret dans un secret, et interroge de manière inattendue le lien qui unit le jeune protagoniste à son frère plus âgé. Derrière la désillusion causée par l’abandon des croyances, il y a aussi une transmission que l’on n’avait pas vue venir.

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par Nicolas Bardot

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