Festival de Karlovy Vary | Critique : Against Nature

Après de nombreuses années loin de chez lui, Jonás retourne à la campagne pour commencer à travailler comme tailleur de pierre. Dans un endroit marqué par la dureté de la vie, il s’ouvre à quelque chose d’intangible – une force qui imprègne le paysage, les corps et le temps lui-même

Against Nature
Mexique, 2026
De Axel Bertha

Durée : 1h28

Sortie : –

Note :

NATURE HUMAINE

Un écran gris ouvre Against Nature, long métrage dévoilé au Festival de Karlovy Vary. Mais ce n’est pas un monochrome statique : le gris se nuance peu à peu et à l’image se dessinent des ouvriers qui travaillent la roche. La nature sous différentes formes est parcourue dans le premier long métrage du Mexicain Axel Bertha, mais le lien entre les individus et celle-ci semble contrarié – comme le suggère le titre du film.

Jonás est de retour chez lui après des années d’absence et ce retour n’est pas dénué de sombres mystères. Mais peu importe : le monde a été empoisonné, tout a été massacré et personne ne nous regrettera. C’est le constat examiné par Against Nature, triste méditation métaphysique qui questionne le fait de se sentir étranger au monde. Il y a quelque chose d’engageant à ne pas délivrer un film de réponses, mais Against Nature est parfois, à nos yeux, figé dans une posture cryptique.

Le film, néanmoins, parvient à être ample malgré sa courte durée. Il évoque d’autres parentés mexicaines damnées comme Carlos Reygadas ou Amat Escalante. Si son manque d’explication peut rendre le récit aride, Against Nature se distingue par des compositions formelles spectaculaires – le regard d’Axel Bertha sur notre monde à bout de souffle est puissant et inspiré.

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par Nicolas Bardot

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