Critique : Papaya

Passionnée par les airs, une minuscule graine de papaye dans la forêt amazonienne doit continuer à bouger pour éviter de s’enraciner. Grâce à sa persévérance, elle découvre la puissance de ses racines, déclenchant une révolution qui transforme son monde et réalise ses rêves de manière inattendue.

Papaya
Brésil, 2025
De Priscilla Kellen

Durée : 1h14

Sortie : –

Note :

C’EST ÇA, ÊTRE DE TOUTES LES COULEURS

Y’a-t-il une couleur de l’arc-en-ciel qui ne figure pas dans Papaya ? Réalisé par la Brésilienne Priscilla Kellen (lire notre entretien) et sélectionné à la Berlinale dans la section Generation dédiée au jeune public, Papaya peut évoquer le très bon souvenir du resplendissant Le Garçon et le monde, réalisé par son compatriote Alê Abreu et sorti chez nous en 2014. Ce nouveau film est produit par Abreu, et parvient encore une fois à créer de l’animation poétique et imaginative qui ne prend pas les enfants pour des idiots.

Papaya est une explosion de couleurs et sa beauté ravissante est déjà à elle seule un spectacle. La cinéaste effectue un habile travail sur les échelles avec ce film entre minimalisme et gigantisme, dont le design est composé de formes géométriques à la fois riches et simples. C’est une avalanche de séduisantes gommettes, dans un film qui rend une certaine forme d’abstraction parfaitement accessible. Papaya est formellement d’une douceur enveloppante mais fait également preuve d’un dynamisme visuel tout à fait efficace.

Avec cette épopée d’un minuscule grain de papaye, Priscilla Kellen signe une fable écologique qui souligne le pouvoir magique et réconfortant de la nature. Sous le regard de la cinéaste, la nature peut ressembler à un décor de science-fiction, et l’on peut se retrouver avalé par la menace d’un monde tout-industriel. Si le film a peut-être un peu de mal à se conclure, il est rehaussé par la qualité de sa bande originale et se sort très correctement du défi représenté par sa narration muette. Tout à fait adorable, Papaya nous semble promis à un succès mérité.

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par Nicolas Bardot

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