Tommy, dix-neuf ans, vit une vie faite de drogues, de fêtes et de violence. Une nuit, après s’être séparé de ses amis, il est enlevé par un homme mystérieux et se réveille enchaîné dans le sous-sol d’une maison isolée en banlieue. Là, une famille étrange commence à le forcer à participer à des jeux psychologiques destinés à « réformer » son comportement.
Good Boy
Royaume-Uni / Pologne
De Jan Komasa
Durée : 1h50
Sortie : –
Note : ![]()
LA CHAMBRE DU FILS
Etonnante carrière (bien qu’encore jeune) que celle du cinéaste polonais Jan Komasa. Nommé aux Oscars et aux César avec un drame tourné chez lui et dans sa langue, La Communion, le voilà doublement dépaysé puisqu’il signe la même année deux longs métrages de genre anglophones, l’un tourné aux Etats-Unis, l’autre en Angleterre. Le premier est Anniversary, dévoilé en première mondiale en ouverture du Festival de Varsovie, Good Boy est le second, présenté au Festival de Toronto. L’un est une dystopie politique, l’autre un film de séquestration, et pourtant ces deux films faits loin de la Pologne partagent bien des points communs.
Dans les deux cas, Komasa commence en n’ayant pas peur d’utiliser des images très archétypales du cinéma de chaque pays : son film américain s’ouvre sur un déjeuner familial ressemblant à une mini convention démocrate dans le vaste jardin d’une grande demeure, son film britannique s’ouvre sur un montage accéléré de la folle nuit passé par son protagoniste, petite frappe grande gueule qui picole, gerbe, et se croit le roi du monde dans les rues de la City. Et dans les deux cas, Komasa nous emmène finalement ailleurs et le trouble dans la carte postale provient d’une cellule familiale bien sous tous rapports. L’antihéros pénible de Good Boy, que l’on rêve instantanément de voir puni, se retrouve en effet séquestré par une famille illuminée s’étant donné pour mission de le redresser.
Good boy a le pitch et le titre qui conviennent pour devenir un film d’horreur mêlant angoisse claustrophobe et malaise psychologique. Cette piste est évoquée, plus que franchement explorée, mais elle n’est pas au centre du film. Sur une unique trame narrative plutôt minimaliste, Komasa explore également la comédie et le drame poignant. Ces changements de registre ont parfois la subtilité arbitraire d’un interrupteur allumé en urgence, mais ils ont le mérite de participer à rendre Good Boy moins prévisible que prévu. Au concours de la fascinante ambiguïté, ce n’est ni Komasa ni ses acteurs masculins qui sortent vainqueurs mais bien la toujours parfaite Andrea Riseborough, ici autant vampirique que complètement larguée.
Encore un point commun avec Anniversary : Good Boy veut faire rentrer tant de tons différents et tant de personnages dans ces deux petites heures qu’il s’en retrouve bizarrement déséquilibré au point de ressembler à une saison de série télé remontée pour faire un long métrage. C’est un défaut mais paradoxalement ce côté de guingois donne au film un relief involontairement grotesque qui lui apporte un supplément de personnalité. Le résultat est imparfait mais parvient néanmoins à plutôt retomber sur ses pattes en passant du suspens au drame.
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par Gregory Coutaut
