Depuis la disparition de son fils adolescent, Daniel sonde inlassablement le fleuve. Alors que police et médias ont cessé les recherches, il refuse de renoncer, suspendu entre espoir et effroi.
Closure
Pologne, 2026
De Michal Marczak
Durée : 1h45
Sortie : –
Note : ![]()
UNE PLACE AU SOLEIL
Le cinéaste polonais Michal Marczak s’était fait remarquer il y a onze ans déjà avec le singulier All Those Sleepless Nights, mélange de documentaire immersif et de fiction musicale qui suivait deux adolescents tentant de trouver leur place dans les nuits festives de Varsovie. Après une longue attente, on retrouve Marczak dans un contexte tout différent : les nuits sans sommeil ont fait place au soleil écrasant d’une région marécageuse. Le héros est cette fois un quadragénaire et ses raisons de fermer l’œil de la nuit sont bien différentes : son fils adolescent a disparu il y a des années sans laisser de traces. Il n’a depuis de cesse de chercher son corps partout, sous la moindre branche de la rivière voisine.
L’alliance entre l’angoisse de cette situation très sombre et la chaleur des rayons de soleil qui baignent ce paysage n’est pas le seul paradoxe à l’œuvre dans Closure. Si Marczak a changé de décor, sa formule narrative reste la même : ici tout est vrai, mais tout est filmé comme s’il s’agissait d’une fiction. Ce n’est pas du tout une incitation de mauvais goût à douter de la véracité des faits ou bien une manière de mettre son protagoniste à une trop grande distance de nous, mais plutôt une invitation à venir remettre en question nos réflexes et habitudes de spectateurs sur ce qui constitue forcément une image documentaire et forcément une image de fiction.
Il y a quelque chose du conte ou de la fable dans la manière dont ce père sonde sans fin la même rivière dans un cycle digne de Sisyphe, mais Closure reste près du réel. Le film bâtit ainsi peu à peu un parallèle étonnant sur le thème de la santé mentale : il y a d’un côté celle de ce protagoniste, qui réalise qu’il risque de passer sa vie dans une vaine recherche, mais aussi celle de son fils, dont la mort est incertaine et qui a tout aussi bien pu fuguer à force de ne pas pouvoir s’exprimer. La résolution finale (c’est le sens du titre anglophone), le protagoniste la trouve moins dans une résolution magique qu’en sortant de sa coquille pour se réintégrer à une communauté dont ses recherches solitaires l’avait exclu. A défaut de retrouver son fils, il trouve en réalité des indices et des preuves permettant à d’autres parents d’enfants disparus de pouvoir faire leur deuil, trouver leur closure. Telle est l’ouverture chaleureuse vers laquelle évolue ce film plus homogène, harmonieux et direct qu’on aurait pu le croire à première vue.
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par Gregory Coutaut
