Sophie intègre une prestigieuse académie de tennis dans laquelle la brutalité du sport de compétition est poussée à l’extrême et où seules les plus féroces survivent.
Bloddy Tennis
Allemagne, 2026
De Nikias Chryssos
Durée : 1h34
Sortie : –
Note : ![]()
ENCORE UN EFFORT
Sophie roule en plein désert. Au milieu de cet improbable coin coupé du reste du monde se trouve sa destination : une école de tennis. Sophie est attendue et pourtant elle pourrait tout aussi bien débarquer sur une autre planète, tant l’accueil qu’elle reçoit manque de chaleur. Paradoxalement, ce sentiment de dépaysement ne sera pas franchement partagé par les spectatrices et spectateurs de Bloody Tennis, qui auront au contraire l’impression familière de reconnaitre bien des codes du cinéma d’horreur dans cette mise en place.
En effet, inutile d’avoir à chercher entre les lignes pour voir le violent malaise qui règne sur cette école privée aux noirs secrets. Sous le regard d’une directrice à la fois fantasque et flippante (Elina Löwensohn), une poignée de jeunes fille très sûres d’elles sont invitées à pousser à l’extrême l’effort physique et la concurrence. Aux codes traditionnels et increvables du film de pensionnat de jeunes filles s’ajoutent une dose de body horror, une pincée de queer et une métaphore d’un capitalisme cannibal : pour son premier film en anglais, le cinéaste allemand Nikias Chryssos reproduit là une recette très contemporaine, ce qui est un peu une manière polie de dire une recette déjà vue.
L’arbitralité agaçante avec laquelle les héroïnes passent de rivales à amantes aurait sans doute mérité un point de vue un peu plus contemporain pour le coup en guise de dépoussiérage. Après tout, dans combien de films fantastiques voit-on ainsi des jeunes mecs se mettre à se rouler des pelles de façon si gratuite ? Passé cette dimension qui n’est de toute façon pas au cœur du récit, le petit tour de train fantôme de Bloody Tennis se laisse suivre certes sans surprise mais pas sans plaisir. Il faut dire que, outre quelques idées morbides sympathiques à base de raquettes de tennis, le film possède deux atouts attachants : un décor improbable, sorte de ranch aux murs rouge sang, et l’interprétation en mode cartoon d’Elina Löwensohn en grande méchante.
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par Gregory Coutaut
