Depuis trente ans, Loran, médecin parisien, revient à Tristan da Cunha, l’île habitée la plus isolée au monde. À 50 ans, il embarque une dernière fois, décidé à s’y installer pour toujours. Un savant mélange des genres cinématographiques, une odyssée drôle et envoûtante aux confins du monde, entre rêve d’évasion et quête de soi.
Tristan Forever
Suisse, 2026
De Tobias Nölle et et Loran Bonnardot
Durée : 1h30
Sortie : –
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IL EST DES NÔTRES
Tristan Forever est un documentaire réalisé à quatre mains par le cinéaste suisse Tobias Nölle (Aloys) et le Français Roman Bonnardot. Ce dernier a pour particularité d’une part de ne pas être cinéaste de formation mais médecin, mais également d’être le protagoniste de Tristan Forever en même temps que le coréalisateur. Qui est ce Tristan qui donne son nom au titre? Rien à avoir avec un éventuelle cri de ralliement de fan girls de Lucile Amour et Rock’n’Roll, le titre fait référence à Tristan da Cunha, île réputée comme la plus isolée au monde, perdue en plein Atlantique sud. Un lieu si reculé que seuls y vivent deux grosses centaines d’habitant accompagnés de nombreux oiseaux (tous plus adorables les uns que les autres) et que l’unique moyen d’y parvenir est de faire dix jour de bateau depuis l’Afrique du sud.
La découverte des immenses paysages brumeux et verdoyants (paradoxal pour une île volcanique) donne lieu à des images puissantes, où l’on perd parfois le sens de l’échelle dans un vertige. Tristan Forever n’est pas pour autant un simple reportage à la National Geographic. Le sujet central en est Bonnardot, médecin français qui a déjà vécu sur l’île par le passé, et qui souhaite aujourd’hui revenir s’y installer définitivement. Le projet parait fantasque, d’autant plus que des coups de fils viennent nous faire comprendre qu’il a encore des attaches familiales en France. Sous ses légers airs rêveurs de Robinson Crusoë moderne, il fait pourtant preuve de réalisme et surtout de respect au moment de réaliser son rêve.
L’histoire de l’île n’est que brièvement évoquée, le temps d’archives étonnantes ou d’une reconstitution napoléonienne ludique, mais les points de vue et la paroles des autochtones occupent ici une place toute aussi centrale que celle de Bonnardot. Ainsi, la pérennité de sa présence sur l’île est soumise à l’approbation d’un conseil administratif, dont le vote est filmé presque en vue subjective. Cette idée de mise en scène nous invite avec un mélange de malice et profondeur à nous poser la question qui traverse tout Tristan Forever : suffit-il de se sentir à sa place pour être réellement à sa place ? Et qu’est ce que ça veut dire « être à sa place » ? Dans ce cadre presque magique d’une île perdue à l’autre bout du monde, les deux cinéastes parviennent à articuler des questions complexes avec une douceur accueillante.
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par Nicolas Bardot
