Festival de Busan | Critique : Satoko Always

Le film suit trois femmes à différentes étapes de la vie : Satoko, collégienne de 15 ans, qui découvre la douce douleur du premier amour ; Satoko, attachée de presse de 35 ans, qui navigue dans les eaux stagnantes d’une liaison extraconjugale ; et Satoko, femme au foyer de 55 ans, qui retrouve son identité après avoir élevé ses enfants.

Satoko Always
Japon, 2026
De Shuichi Okita

Durée : 2h18

Sortie : –

Note :

ÉCRIS L’HISTOIRE

Satoko, 15 ans, a un crush. Satoko est grognonne avec ses parents, Satoko s’endort lors de la sortie scolaire pour voir du kabuki, bref Satoko est une adolescente comme les autres. Et pas de doute à en voir sa chambre encore décorée de jouets : la jeune fille sort à peine de l’enfance. Le réalisateur japonais Shuichi Okita la filme à cet âge de transition, mais il filme surtout ce moment où va peut-être naître une vocation : l’écriture. C’est le point commun des trois héroïnes de Satoko Always, dont le parcours est, à un moment ou à un autre, lié à l’écriture. Il y a Satoko 15 ans, Satoko 35 ans, Satoko 55 ans. Cela pourrait être la même femme à différents âges, cela peut être simplement une expérience commune. Voilà une dynamique qui donne un relief ludique à Satoko Always.

La durée étonnante de ce long métrage au ton assez léger (2h18) est en réalité équilibrée entre ses différents segments. Le meilleur, à notre sens, est celui consacré à sa plus jeune héroïne. L’adolescence de Satoko peut avoir ses petits drames, mais le ton est globalement chaleureux et sans épreuve insurmontable. Si la patine de Satoko Always est très mainstream, le film parvient néanmoins à dessiner finement le monde intérieur de sa protagoniste, et comment une jeune fille apprend à s’inférioriser. S’il y a une émancipation chez Satoko, celle-ci ne passe pas non plus par des clichés – en témoigne le personnage de mentor littéraire qui échappe avec bonheur aux poncifs les plus paresseux.

La partie adulte, à nos yeux, manque de consistance en comparaison, tandis que le segment dédié à la Satoko la plus âgée est plus attendu et un peu plus mièvre. Dévoilé en première mondiale dans la compétition du Festival de Busan, Satoko Always est un crowdpleaser élégant, dont la photo a été signée par l’excellente Akiko Ashizawa (collaboratrice régulière, entre autres, de Kiyoshi Kurosawa). Le long métrage est habité par une fraîcheur touchante et porte sur ses personnages féminins de tous âges un regard généreux.

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par Nicolas Bardot

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