Après avoir échappé de peu à la mort, Nora, 40 ans, est animée par une brûlante urgence de se sentir en vie. Elle se jette à corps perdu dans deux relations amoureuses avec deux hommes que tout oppose, Tom et Max, reflets de ses propres aspirations contradictoires. Mais lorsque ni l’un ni l’autre ne parvient à combler son vide intérieur, Nora est contrainte d’affronter la vérité : elle devra faire face à la peur profonde qui alimente sa soif de vivre.
Titre
Espagne, 2026
D’Aina Clotet
Durée : 1h53
Sortie : 14/10/2026
Note : ![]()
T’ES MALADE OU QUOI ?
Viva s’ouvre sur un diagnostic qui n’a rien de joyeux : une possible rechute du cancer du sein de l’héroïne, Nora, alors que celle-ci a déjà subi une mastectomie partielle. Visiblement pas pressée de traverser cette épreuve une seconde fois, Nora jette à peine un regard à son docteur avant de prendre la poudre d’escampette, au propre comme au singulier. Nora n’en parlera pas à son conjoint, ni à ses amis, elle n’en parlera tout simplement à personne car il n’y a rien à raconter et que tout va bien, n’est ce pas ? Un tel déni n’a rien de drôle, et pourtant c’est bel et bien dans une comédie que nous plonge Viva.
Aina Clotet, qui travaille en tant qu’actrice depuis la fin des années 90 et qui interprète ici le rôle principal, réalise son tout premier long métrage avec Viva. Elle dit avoir bâti son scénario sur ses inquiétudes les plus profondes et en effet le sujet est grave – Nora ne cache aucune de ses cicatrices, qu’elles soient physiques ou mentales. Cette attachante héroïne n’est pourtant pas du genre à s’en laisser compter. Sur le chantier de sa maison de campagne, elle est aussi bien capable d’abattre les murs que de trouver une source d’eau en plein désert, ou presque.
Une telle formule pourrait laisser croire que Viva n’a d’autre ambition que d’offrir un « magnifique portrait de femme » comme le veut cette satanée formule pleine de clichés. Aina Clotet a heureusement plus d’humour que ça. Le chemin de Nora vers la liberté retrouvée va s’avérer plus dingo que prévu, à mesure que se réveille sa libido et qu’un gamin de 20 ans se met à lui envoyer des sextos. En toute honnêteté, le tour de piste que la réalisatrice nous offre à travers les situations cocasses ne cherche pas une originalité révolutionnaire. Viva provoque moins des éclats de rires choqués qu’un gros capital sympathie. Clotet sait néanmoins trouver le rythme nécessaire pour nous émouvoir de bien des manières avec cette héroïne désinvolte qui est tantôt l’instigatrice, tantôt le risible jouet du joyeux chaos sensuel qu’est sa vie.
| Suivez Le Polyester sur Bluesky et Instagram ! |
par Gregory Coutaut
