Bangui. Robert a 17 ans et rêve de faire carrière dans la musique. Mais il n’est pas un Centrafricain comme les autres. Il est un réfugié congolais. Lorsque ses parents sont arrêtés, il doit s’occuper seul de ses quatre jeunes frère et sœurs. Il jongle alors entre petits boulots et révisions du bac, tout en évitant les milices qui font régner la terreur dans la ville. Un jour, il apprend qu’un concours musical est organisé. Gagner devient son seul espoir.
Congo Boy
République centrafricaine, 2026
De Rafiki Fariala
Durée : 1h31
Sortie : prochainement
Note : ![]()
CHANTE TOUJOURS
« Ceux qui ont réussi, comment ils ont fait ? », chante t-on dans Congo Boy. Comment le jeune Robert, qui a plutôt l’âge de se pencher sur ses exercices de mathématiques, peut-il percer et réussir dans le monde de la musique ? Rafiki Fariala, réalisateur de Congo Boy, est lui-même un jeune chanteur de pas moins de 30 ans, et le film raconte son histoire. S’il ne s’agit pas d’un documentaire comme le film qui l’a révélé (Nous, étudiants !, sorti chez nous en 2023), Congo Boy puise directement dans le réel : « J’ai vraiment vécu tout ce qui est raconté dans le film » confie le cinéaste.
Congo Boy dépeint un quotidien où les individus sont soumis aux évolutions politiques. A travers le parcours accidenté de ses parents, Rafiki Fariala raconte le sort de réfugié.es qui ont fui la guerre en République démocratique du Congo pour, des années plus tard, être pris.es dans un autre conflit en République centrafricaine. Au-delà du récit intime et familial, Congo Boy propose un autre regard sur les personnes réfugiées et notamment celles et ceux dont on parle peu : des réfugié.es quittant un pays africain pour un autre. C’est une singularité à noter dans ce long métrage qui, malgré son décor différent, peut parfois être un peu prisonnier de ses archétypes et de certaines formules : les galères successives et répétitives d’un aspirant artiste, l’émancipation contrariée face à l’autorité paternelle…
Congo Boy peut néanmoins compter sur l’élégance vivace de sa mise en scène : il y a l’œil de Rafiki Fariala mais aussi l’habileté du directeur de la photographie Adrien Lallau qui a auparavant travaillé sur des clips musicaux. Si sa trajectoire peut être assez familière, le cœur battant du long métrage est son héros attachant, interprété de manière convaincante par le jeune Bradley Fiomona. Film à la chaleur humaine communicative, Congo Boy fait sa première mondiale dans la compétition Un Certain Regard.
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par Nicolas Bardot
