Festival de Sarlat | Critique : The Last Pickpocket in New York

Harry est le dernier pickpocket de New York. Alors que l’argent liquide se fait rare, il continue d’exercer son art en toute discrétion. Un jour, Harry dérobe une mystérieuse clef USB à un jeune mafieux et se retrouve pris en chasse par une dangereuse organisation criminelle…

The Last Pickpocket in New York
États-Unis, 2026
De Noah Segan

Durée : 1h28

Sortie : 30/12/2026

Note :

NEW YORK CITY SERENADE

Lorsqu’Harry (John Turturro, du cousu main pour ce rôle) vole le portefeuille d’un golden boy qui se rend probablement à ses meetings au Financial District, le pickpocket chevronné ne se doute peut-être pas qu’il n’y aura aucun billet à récupérer. Qui a encore du liquide en 2026 ? Les gens portent-ils encore suffisamment de montres à chaparder et à revendre, dans un monde où n’importe quoi donne l’heure ? Harry est un pro dans ce qu’il fait, mais peut-être n’a-t-il pas avancé aussi vite que l’époque dans laquelle il vit. Peut-être n’a-t-il pas avancé aussi vite que le New York d’aujourd’hui.

Sélectionné à Sundance et à la Berlinale, The Last Pickpocket in New York est un film qui mêle de manière charmante et chaleureuse le drame, la comédie, et le polar. Noah Segan, qui signe ici son second long métrage après l’inédit en France Blood Relatives, saisit de manière très immersive et très sensorielle l’énergie des rues de New York. Harry traverse la ville en long en large et en travers, du Bronx à Staten Island en passant par Manhattan, le Queens et Brooklyn. C’est un lieu commun que de dire qu’un film se déroulant dans une ville est une lettre d’amour à celle-ci mais : The Last Pickpocket in New York est une lettre d’amour à la ville dans laquelle le film se déroule. Et à sa population dans tout ce qu’elle peut avoir de diverse.

Mais le film ne romantise pas tout : on y suggère un New York qui n’existe plus, hanté par des hommes du passé. Ce ne sont pas des lamentations mièvres, plutôt un commentaire assez universel sur la vieillesse qui donne de la consistance à son protagoniste. New York I love you, but you’re bringing me down, dit la chanson de LCD Soundsystem (parmi d’autres chansons consacrées à New York qu’on entend dans le film). Harry, lors d’un vol qui tourne mal, se retrouve face à des requins trop grands pour lui. Le choix de Will Price, avec sa juvénilité et son teint de Blanche Neige, apporte un contrepoint appréciable à l’univers figé de mafieux new-yorkais façon Joe Pesci.

La partie polar de The Last Pickpocket fonctionne, en chérissant l’atmosphère plus que l’action à proprement parler. Ce n’est pas un thriller frénétique, c’est un film qui laisse une place précieuse à la langueur. Il y a une musique de polar 70s, mais ce n’est pas non plus un exercice de style reproduisant un genre avec nostalgie. Si le dernier acte est plus convenu et appliqué, le film parvient à avoir un cœur, quelque part entre les immuables buildings qui scintillent dans le dernier plan – jusqu’au fondu au noir.

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par Nicolas Bardot

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