Festival de Neuchâtel | Critique : Quince

À Mexico, les préparatifs vont bon train pour la célébration des quinze ans de deux amies qui ne figurent pas vraiment parmi les reines du lycée. Mais la fête de princesses vire au drame lorsque l’une d’entre elles tombe enceinte et qu’une créature surnaturelle grandit dans son ventre… 

Quince
Argentine/Mexique, 2026
De Jack Zagha Kababie et Yossy Zagha

Durée : 1h37

Sortie : –

Note :

L’AGE INGRAT

Ce qui rend l’adolescence aussi propice à toutes les métaphores horrifiques, et donc aussi présente dans le cinéma de genre, c’est la mutation des corps. Ou non, disons plutôt le harcèlement. Enfin non, c’est sans doute l’impossibilité de se faire entendre ou prendre ou sérieux. Bon, disons : la découverte du monde horrible des adultes ? Et si tout simplement, les raisons de penser que l’adolescence = l’enfer sur terre étaient trop nombreuses pour les lister et les hiérarchiser ? C’est en tout cas la proposition que nous fait Quince, qui refuse joyeusement de choisir entre différentes sources de monstruosités.

Quince (quinze en espagnol), c’est l’âge de Ligia et Mayte, les deux anti héroïnes du film qui s’apprêtent donc à fêter leur quinceañera, une étape clé du passage à l’âge adulte dans les cultures d’Amérique hispanophone, prétexte à un bal où chaque adolescente peut devenir une princesse. Pourtant, leurs vies ne ressemblent pas du tout à un conte de fée. Souffre-douleurs de leurs camarades de classe qui ne manquent pas une occasion de leur rappeler qu’elles sont plus minces et riches qu’elles, Ligia et Mayte rêvent (à raison) d’un bain de sang général. La réponse à leur désir va débouler d’un peu partout à la fois. Une grossesse flippante, une créature vivant dans les égouts, un petit ami zombie, des pimbêches qui méritent d’être torturées, une violence de classe quotidienne, du body horror gore, du folklore démoniaque hispanophone… quitte à préparer un grand buffet festif, pourquoi choisir ?

Voilà ce que semblent s’être dit les frères Zagha, qui coréalisent Quince comme une farce qui tache plutôt que comme une fine analyse psychologique. Dans un premier temps, le va-et-vient entre toutes ces différentes pistes peut donner l’impression agaçante que chacune d’entre elles ne va être que superficiellement explorée, mais la générosité et le mauvais esprit bordélique finissent par emporter la mise dans un dernier acte en forme de jeu de massacre jubilatoire où tout converge vers une grande punition collective dont les trouvailles méchantes ont suscité bien des applaudissements en cours de séance lors de la présentation du film en compétition au Festival de Neuchâtel. Après tout, quel film peut se vanter d’utiliser comme arme de mise à mort un feu de Bengale ?

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par Gregory Coutaut

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