Libéré après 19 ans de bagne pour le vol d’un pain, Jean Valjean décide de changer de vie et de faire le bien autour de lui. Sous une fausse identité, il devient avec le temps un notable respecté de tous. Venant en aide à Fantine, une ouvrière mourante, il promet de sauver sa fille, Cosette, des griffes des cruels Thénardier.
Les misérables
France, 2026
De Fred Cavayé
Durée : 2h58
Sortie : 14/10/2026
Note : ![]()
LES MISEROÏDES
Ouf, on a failli rester plusieurs années de suite sans adaptation des Misérables. On ne nous laisse guère prendre le risque d’oublier ce récit tant il a été maintes, maintes fois traduit à l’image, changé d’époque, rendu musical. Oublions ces variations puisque c’est au matériau d’origine que cette version 2026 reste avant tout fidèle. Fidèle au point de prendre peu de risque visible. On ne peut pas dire que Fred Cavayé soit un cinéaste formaliste particulièrement intéressé par l’image. La brutalité des conditions de vie des personnages et les couleurs grisâtres de Paris (même si certaines scènes sont en réalité tournées à Bordeaux) ont beau dos, car pour dire les choses sans générosité : il n’y a pas une seule scène de ce film-fleuve qui nous ait semblé mise en scène de façon intéressante, ou même tout simplement jolie.
Mais Cavayé n’a pas beaucoup plus l’air d’être un cinéaste très intéressé par les acteurs et actrices. Non seulement le casting sans grande imagination de ces nouveaux Misérables est tellement dans l’air du temps qu’on le dirait imaginé par une intelligence artificielle chargée de composer l’ensemble le plus potentiellement césarisable, mais nul ne donne ici la meilleure performance de sa carrière. On peut même aller plus loin : personne ne joue très bien. Noémie Merlant est peut-être celle qui s’en sort le mieux, mais face à elle, il est plus difficile de croire au couple Thénardier quand Benjamin Lavernhe joue la comédie goguenarde tandis que Camille Cottin joue avec un trop plein d’intensité digne d’Angela Bassett. Quant aux élans héroïques de Vincent Lindon en Jean Valjean, ils ont carrément suscité quelques ricanements en projection de presse. Cela ne veut pas dire pour autant que Les Misérables soit un nanar, ni même un naufrage.
Qui reverra de ce long métrage d’ici dix ans ? On peut rester dubitatif sur l’avenir d’un tel film scolaire (voix off, violons et dialogue explicatifs sont tous présents à l’appel) et attrape-prix, mais il faut reconnaitre à Cavayé un talent pour le rythme. Il en fallait pour faire rentrer toutes ces péripéties et rebondissements romanesques en diable dans ces quasi trois heures qui passent sans faiblir. Le mérite n’en revient pas particulièrement aux diverses scènes de baston, mais ces dernières ont la qualité de venir faire flotter une très légère brise d’inattendu, presque un peu camp, comme si nous revenait en mémoire de façon quasi subliminale le souvenir du sketch des Inconnus revisitant le classique de Victor Hugo en film d’action, intitulé Les Miséroïdes.
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par Gregory Coutaut
