Festival de San Sebastian | Critique : Brace Your Heart

Dans un village sami au cœur ds montagnes. Ejva, 20 ans, hérite du troupeau de rennes de son père à la mort de celui-ci. Elle reprend la tradition familiale et s’efforce de la faire prospérer.

Brace Your Heart
Suède, 2026
De Amanda Kernell

Durée : 1h37

Sortie : –

Note :

COUP AU COEUR

Qui fera confiance à Ejva, contrainte à assumer de plus grandes responsabilités à la mort brutale de son père ? Et qui écoutera la jeune femme lorsqu’un autre drame surviendra dans sa vie ? Révélée avec Sami, une jeunesse en Laponie il y a dix ans, la Suédoise Amanda Kernell signe un nouveau portrait dans la communauté samie avec Brace Your Heart, présenté en compétition à San Sebastian. Il s’agit cette fois non pas d’un récit historique mais d’une histoire contemporaine, où la façon de débuter in media res rappelle son précédent long métrage, le drame Charter resté inédit dans les salles françaises. Les scènes sont courtes, la narration est épurée, et Brace Your Heart adopte les contours d’un réalisme assez austère.

Le long métrage n’est certes pas d’une générosité folle, mais celui-ci se déploie petit à petit au rythme lent de son héroïne. Celle-ci, interprétée avec talent et personnalité par la débutante Elli Sara Valkeapää, doit trouver son propre chemin tandis que le poids de la transmission, de la communauté et des traditions pèse sur ses épaules. Le groupe peut être un cocon protecteur, il peut aussi être une construction anxiogène qui ne laisse que peu de perspectives aux individus. C’est le cas pour Ejva, tiraillée entre l’envie de fuir et de revenir, entre ses responsabilités et son besoin de liberté.

Ne se sent-on pas encore plus seule dans un décor de neige comme celui de Brace Your Heart ? Avec retenue et sobriété, la mise en scène d’Amanda Kernell (associée à la même directrice de la photographie que ses deux précédents longs métrages, Sophia Olsson) accompagne patiemment Ejva, et la caméra vient subtilement saisir ses émotions. Brace Your Heart prend le temps nécessaire pour qu’Ejva mette des mots sur la violence qu’elle a vécue, le temps nécessaire pour les articuler – le film parvenant avec intégrité à dépeindre les dynamiques complexes de l’abus et des réactions à celui-ci.

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par Nicolas Bardot

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