Festival de Locarno | Critique : Juju Stories

Dans Love Potion, une femme célibataire accepte d’utiliser un juju pour se trouver un partenaire idéal. Dans Yam, un jeune homme des rues ramasse de l’argent apparemment laissé au bord de la route, avec les conséquences qui s’ensuivent. Dans Suffer the Witch, l’amour et l’amitié deviennent une obsession lorsqu’une étudiante attire l’intérêt de son crush.

Juju Stories
Nigeria, 2021
De Abba Makama, C.J. ‘Fiery’ Obasi & Michael Omonua

Durée : 1h24

Sortie : –

Note :

URBAN LEGEND

Juju Stories est un film coréalisé par trois cinéastes issus de la nouvelle génération du cinéma d’auteur nigérian. Abba Makama, dont le long métrage Green White Green avait été sélectionné à Toronto et Berlin, Michael Omonua dont le court Rehearsal était à également à Berlin, et C.J. “Fiery” dont le prochain projet sera présenté dans quelques semaines à la Mostra dans la section Final Cut. Tous trois sont membres fondateurs de Surreal16 Collective, mouvement cinématographique qui vise à mettre en valeur les cultures propres au Nigeria (langues, traditions, légendes), tout en encourageant l’usage du fantastique.

Juju Stories est divisé en trois histoires distinctes, presque des légendes urbaines, ayant toutes trait aux pratiques religieuses et magiques propres au Nigeria et à l’Afrique de l’ouest. Les personnages y sont suffisamment nuancés pour sortir des archétypes et s’ancrer dans quelque chose d’authentiquement contemporain. Les trois films dans le film ont été écrits et tournés indépendamment les uns des autres, et possèdent chacun leur propre ton : le mélancolique Love Potion cite Murakami, tandis que le surréalisme de Yam se fait plus expressionniste. La photo (assez élégante), le montage et la musique ont néanmoins étaient confiés aux mêmes équipes à chaque fois, ce qui donne au film une cohérence étonnante et bienvenue.

Parmi les buts du Surreal16 Collective, il y a l’envie de créer un nouveau cinéma nigérian, davantage attentif au scénario, plutôt que de copier des modes des productions dominantes et héritées des États-Unis. Le concept est enthousiasmant, et l’exécution n’est peut-être pas encore à la hauteur. Premier long métrage du collectif à se retrouver sélectionné dans un grand Festival européen, Juju Stories possède un charme imparfait de film de poche encore trop mou et dilué. Le réalisme fantastique du Surreal16 Collective est une formule encore à parfaire, mais prometteuse quoi qu’il en est.

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par Gregory Coutaut

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