Cannes 2019 | Critique : Douleur et gloire

Une série de retrouvailles après plusieurs décennies, certaines en chair et en os, d’autres par le souvenir, dans la vie d’un réalisateur en souffrance. Premières amours, les suivantes, la mère, la mort, des acteurs avec qui il a travaillé, les années 60, les années 80 et le présent. L’impossibilité de séparer création et vie privée. Et le vide, l’insondable vide face à l’incapacité de continuer à tourner.

Douleur et gloire
Espagne, 2019
De Pedro Almodovar

Durée : 1h52

Sortie : 17/05/2019

Note :

PLAISIR OU SOUFFRANCE

Qu’est devenu le cinéma subversif de Pedro Almodovar ? On ne demande pas au cinéaste de ressortir la même recette à chaque film, on ne lui interdit pas de murir et vieillir, mais à quel moment le cinéma d’Almodovar a rajouté encore plus de couleurs à l’écran pour cacher l’affadissement de son cinéma ? Pauline Kael parlait de ces films qui ressemblent à des beaux livres d’art que l’on pose sur une table basse – voilà qui, à nos yeux, pourrait tout à fait correspondre à ce Douleur et gloire.

Mise à nu bouleversante, amour du cinéma et exploration de sa propre filmographie : Douleur et gloire est aussi un film bien pratique puisqu’il fournit avec la séance son Profil d’une œuvre. Du traitement visuel lisse au sentiments cheesy en passant par les souvenirs pittoresques – artifices assumés ou non – tout selon nous ressemble ici à une caricature lessivée de cinéma bourgeois d’une vertigineuse auto-complaisance. Tout le monde semble avoir aimé et c’est probablement formidable – mais on vous laisse notre part du gâteau.

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par Nicolas Bardot

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