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		<title>Festival de Cannes &#124; Critique : Roma Elastica</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Jun 2026 16:38:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>1982. Eddie est une actrice qui a eu son heure de gloire américaine. Accompagnée de Valentina, sa fidèle maquilleuse, elle [&#8230;]</p>
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									<p><strong>1982. Eddie est une actrice qui a eu son heure de gloire américaine. Accompagnée de Valentina, sa fidèle maquilleuse, elle accepte le rôle principal d’un film de science-fiction tourné à Rome, qui pourrait bien être son ultime film…</strong></p>								</div>
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									<p><b>Roma Elastica</b><br />France, 2026<br />De Bertrand Mandico</p><p>Durée : 1h47</p><p>Sortie : 23/12/2026</p><p>Note : <img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-123" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2018/07/5-6.png" alt="" width="100" height="14" /></p>								</div>
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									<h4><strong>CIMETIÈRE DE LA SPLENDEUR</strong></h4><p>Eddie est une scream queen, autant dire quelqu&rsquo;un de terriblement important pour chaque cinéphile déviant.e qui se respecte, ce qui inclut bien entendu Bertrand Mandico. La séquence d&rsquo;ouverture nous montre cette héroïne alors qu&rsquo;elle vraisemblablement contrainte de tourner l&rsquo;ultime scène d&rsquo;une série Z de pas très haute volée, mais dès qu&rsquo;elle daigne sortir de sa caravane, il n&rsquo;y a aucun doute : derrière son regard brouillé de femme perdue dans ce décor toc, Eddie est une star, une géante, une divinité tel qu&rsquo;on n&rsquo;en croise presque que dans les films de Mandico. Or, on a à peine le temps de poser les yeux sur cette charismatique comète qu&rsquo;elle est déjà happée ailleurs.</p><p>Flanquée de son assistante et unique amie (Noémie Merlant, pure dynamite), voilà Eddie dans l&rsquo;avion pour Rome, où elle est invitée à tenir le rôle principal d&rsquo;un film de science fiction. Le Rome où elle atterrit, où elle se retrouve plutôt plongée comme en apnée, ne ressemble ni à la réalité ni à une carte postale. Bertrand Mandico a tourné dans les studio de Cinecittà et <strong>Roma Elastica</strong> ressemble surtout à une succession de tableaux dans des décors rétro à l&rsquo;artifice assumé, presque des maquettes. L&rsquo;action du film se déroule entre la fin des années 70 et le début des années 80, mais son atmosphère nébuleuse vise un mélange plus grand encore.</p><p>Dans un catalogue de références et clins d&rsquo;oeil, la haute culture et la culture alternative se superposent. D&rsquo;un coté, Cocteau (cette idée de statues revêtues de peau humaine semble sortir directement de son œuvre) et bien sûr Fellini, notamment les visions baroques de ses derniers films. De l&rsquo;autre, Franco Nero et tout un imaginaire de cinéma de genre à la mauvaise réputation, qu&rsquo;il soit italien ou non. Le film qu&rsquo;Eddie est censée tourner dans ce cirque est une sorte de remake féministe de <strong>New York 1997</strong>, et c&rsquo;est une formule qu&rsquo;on pourrait offrir en compliment à <strong>Roma Elastica</strong> dans son ensemble. Un futur fantasmé de science fiction s&rsquo;y superpose avec la nostalgie d&rsquo;une civilisation qui est déjà en ruines sans s&rsquo;en rendre compte. L&rsquo;ironie a sa place dans cette étrange comédie fantastique, mais pas le cynisme.</p><p>Film-rêve et film-cauchemar, il peut avoir l&rsquo;air difficile de trouver la porte de sortie ou même une fenêtre pour respirer dans <strong>Roma Elastica</strong>, mais Mandico ne se contente pas de nous proposer une partie de <em>Memory</em> pour cinéphiles. Situé dans une sorte de réalité parallèle, son long métrage est pourtant bel et bien relié à notre monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. La scénariste du film-dans-le-film s&rsquo;avère trouver son inspiration dans son don de médium et les visions qui lui arrivent de notre futur. Cette idée malicieuse permet à Mandico de creuser ce qui est une nouvelle piste de son cinéma, ouverte dans ses derniers courts, concernant le rôle politique des artistes dans le monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui face à l&rsquo;IA, la censure et le fascisme.</p><p>La générosité de Mandico se retrouve également ailleurs. Bien entendu dans sa galerie de personnages féminins plus riches, puissants et hors-normes que n&rsquo;importe où ailleurs, et qui font de <strong>Roma Elastica</strong> non pas une simple cité des femmes mais une planète de femmes. Mais aussi dans sa direction d&rsquo;actrices. On n&rsquo;a tout simplement jamais vu Marion Cotillard ainsi. Rien que la manière que Mandico a de filmer ses yeux donne l&rsquo;impression de découvrir pour la première fois son visage pourtant familier. Après le superbe <a href="https://lepolyester.com/critique-la-tour-de-glace/"><strong>La Tour de glace</strong></a> de Lucile Hadzihalilovic, <strong>Roma Elatisca</strong> vient poursuivre la passionnante entreprise consistant à enfin débarrasser la star française des apparats bourgeois qui l&rsquo;enfermaient dans un sage cinéma à la <em>Studio Magazine</em>, pour remettre en avant son charisme, son étrangeté et l&rsquo;excellence de son jeu.</p><p>| Suivez Le Polyester sur <a href="https://bsky.app/profile/lepolyester.bsky.social">Bluesky</a> et <a href="https://www.instagram.com/le_polyester/">Instagram !</a> |</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><strong><span class="author">par Gregory Coutaut<br /></span></strong></p>								</div>
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		<title>Festival de Cannes &#124; Critique : Viva</title>
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		<pubDate>Sun, 31 May 2026 15:43:29 +0000</pubDate>
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<p>L’article <a href="https://lepolyester.com/critique-viva/">Festival de Cannes | Critique : Viva</a> est apparu en premier sur <a href="https://lepolyester.com">Le Polyester</a>.</p>
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									<p><strong>Après avoir échappé de peu à la mort, Nora, 40 ans, est animée par une brûlante urgence de se sentir en vie. Elle se jette à corps perdu dans deux relations amoureuses avec deux hommes que tout oppose, Tom et Max, reflets de ses propres aspirations contradictoires. Mais lorsque ni l’un ni l’autre ne parvient à combler son vide intérieur, Nora est contrainte d’affronter la vérité : elle devra faire face à la peur profonde qui alimente sa soif de vivre.</strong></p>								</div>
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									<p><b>Titre</b><br />Espagne, 2026<br />D&rsquo;Aina Clotet</p><p>Durée : 1h53</p><p>Sortie : 14/10/2026</p><p>Note : <img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-122" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2018/07/4-6.png" alt="" width="100" height="14" /></p>								</div>
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									<h4><strong>T&rsquo;ES MALADE OU QUOI ?</strong></h4><p><strong>Viva</strong> s&rsquo;ouvre sur un diagnostic qui n&rsquo;a rien de joyeux : une possible rechute du cancer du sein de l&rsquo;héroïne, Nora, alors que celle-ci a déjà subi une mastectomie partielle. Visiblement pas pressée de traverser cette épreuve une seconde fois, Nora jette à peine un regard à son docteur avant de prendre la poudre d&rsquo;escampette, au propre comme au singulier. Nora n&rsquo;en parlera pas à son conjoint, ni à ses amis, elle n&rsquo;en parlera tout simplement à personne car il n&rsquo;y a rien à raconter et que tout va bien, n&rsquo;est ce pas ? Un tel déni n&rsquo;a rien de drôle, et pourtant c&rsquo;est bel et bien dans une comédie que nous plonge <strong>Viva</strong>.</p><p>Aina Clotet, qui travaille en tant qu&rsquo;actrice depuis la fin des années 90 et qui interprète ici le rôle principal, réalise son tout premier long métrage avec <strong>Viva</strong>. Elle dit avoir bâti son scénario sur ses inquiétudes les plus profondes et en effet le sujet est grave &#8211; Nora ne cache aucune de ses cicatrices, qu&rsquo;elles soient physiques ou mentales. Cette attachante héroïne n&rsquo;est pourtant pas du genre à s&rsquo;en laisser compter. Sur le chantier de sa maison de campagne, elle est aussi bien capable d&rsquo;abattre les murs que de trouver une source d&rsquo;eau en plein désert, ou presque.</p><p>Une telle formule pourrait laisser croire que <strong>Viva</strong> n&rsquo;a d&rsquo;autre ambition que d&rsquo;offrir un « magnifique portrait de femme » comme le veut cette satanée formule pleine de clichés. Aina Clotet a heureusement plus d&rsquo;humour que ça. Le chemin de Nora vers la liberté retrouvée va s&rsquo;avérer plus dingo que prévu, à mesure que se réveille sa libido et qu&rsquo;un gamin de 20 ans se met à lui envoyer des sextos. En toute honnêteté, le tour de piste que la réalisatrice nous offre à travers les situations cocasses ne cherche pas une originalité révolutionnaire.<strong> Viva</strong> provoque moins des éclats de rires choqués qu&rsquo;un gros capital sympathie. Clotet sait néanmoins trouver le rythme nécessaire pour nous émouvoir de bien des manières avec cette héroïne désinvolte qui est tantôt l&rsquo;instigatrice, tantôt le risible jouet du joyeux chaos sensuel qu&rsquo;est sa vie.</p><p>| Suivez Le Polyester sur <a href="https://bsky.app/profile/lepolyester.bsky.social">Bluesky</a> et <a href="https://www.instagram.com/le_polyester/">Instagram !</a> |</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><strong><span class="author">par Gregory Coutaut<br /></span></strong></p>								</div>
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		<title>Festival de Cannes &#124; Critique : Notre salut</title>
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		<pubDate>Sat, 30 May 2026 08:32:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Septembre 1940, le régime de Pétain se met en place. Henri Marre, 49 ans, débarque à Vichy sans le sou, [&#8230;]</p>
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									<p><strong>Septembre 1940, le régime de Pétain se met en place. Henri Marre, 49 ans, débarque à Vichy sans le sou, sans contact, loin de sa femme et ses enfants. Il voit dans la nouvelle administration l’opportunité de trouver enfin la place qu’il mérite. Dans sa valise, son traité politique édité à compte d’auteur, Notre Salut, où il défend ses convictions patriotiques et ses méthodes d’ingénieur. Son credo : « gagner en efficacité » pour relever la France de la débâcle. Mais peut-être qu’Henri cherche avant tout à fuir sa propre débâcle…</strong></p>								</div>
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									<p><b>Notre salut</b><br />France, 2026<br />De Emmanuel Marre</p><p>Durée : 2h30</p><p>Sortie : 30/09/2026</p><p>Note : <img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-123" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2018/07/5-6.png" alt="" width="100" height="14" /></p>								</div>
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									<h4><strong>TOUJOURS DU BON CÔTÉ</strong></h4><p>Apprendre à gueuler correctement <em>« Vive le Maréchal ! »</em> pour célébrer Pétain n’est pas chose si aisée. C’est ce qu’expérimentent quelques personnages dans une scène de <strong>Notre salut</strong> : la voix est parfois timide, la honte bloque tout dans la gorge. D’autres, en revanche, n’ont ni ces difficultés ni ces états d’âme et crient <em>« Vive le Maréchal ! »</em> avec autant de simplicité que de naturel, comme s’ils poussaient un <em>« Allez les Verts »</em> à un quelconque match de foot. Le nouveau film du Français Emmanuel Marre, révélé avec le formidable moyen métrage <a href="https://lepolyester.com/entretien-avec-emmanuel-marre/"><strong>D’un château l’autre</strong></a>, raconte la France de la Seconde Guerre Mondiale – et pas vraiment du côté des héros. Lorsque Marre filme une discussion épineuse au tout début du long métrage, la caméra reste concentrée sur Henri (prodigieusement interprété par Swann Arlaud) qui écoute. On s’attend comme par réflexe à ce qu’il intervienne, qu’il soit un héros, qu’il soit un résistant – c’est tout le contraire qui arrive et ce sera le sujet du film.</p><p>Le réalisme de <strong>Notre salut</strong> est à la fois dû à la façon qu’a Emmanuel Marre de refuser la romantisation du récit national (combien de films de résistants a-t-on vu au cinéma contre combien de récits de collabos ?) mais aussi tout simplement au matériel qu’il adapte, même librement. Le personnage principal de <strong>Notre salut</strong> se nomme Henri Marre, c’est tout simplement l’arrière-grand-père du cinéaste, et ce dernier s’est inspiré de ses correspondances pour écrire son film. Mais si le long métrage semble dépeindre la Seconde Guerre Mondiale et la collaboration de façon réaliste et comme on ne les avait jamais vues, c’est aussi grâce à ses artifices. A de nombreuses reprises, les personnages semblent toustes plongé.es dans le noir, comme éclairé.es de manière brutale, maladroite, avec un air de cauchemar, à la lampe de poche. Voilà un parti-pris formel saisissant pour mettre en scène ce monde sur lequel la nuit la plus lugubre est tombée.</p><p>La caméra à l’épaule invite une forme de déséquilibre à l’image, comme si les personnages claudiquaient, marchaient sur des œufs. C’est que nous sommes dans une période urgente, une époque dramatique où tout peut s’emballer très vite – et certains n’ont pas besoin d’être poussés longtemps pour se rallier aux pires causes. Le Pétainisme était une opportunité : voilà entre autres ce que raconte le film. Henri Marre était un médiocre, <strong>Notre salut</strong> est l’histoire d’un trou du cul. Mais un trou du cul qui a compris que sa condition de petit mec pathétique pouvait être un atout s’il savait se poser au bon endroit, auprès des bonnes personnes. Henri Marre est un <em>« fanfaron opportuniste »</em> comme on le décrit dans le long métrage, c’est un perdant qui n’a pas les codes, un guignol lâche et pathétique comme d’autres collabos – ce pauvre type est fascinant et à travers lui on regarde l’Histoire autrement, et probablement mieux qu’à travers les déguisements héroïsants d’autres récits épiques.</p><p><strong>Notre salut</strong> est un drame historique de 2h30 mais il ne pèse jamais sur lui la raideur qui guette ce type de reconstitution. On a parlé de son approche formelle qui dynamite les clichés, mais il y a également un trouble qui garde <strong>Notre salut</strong> toujours vivant et jamais figé. Le film n’est pas une parodie, mais il peut être une comédie très noire et cinglante. Les discussions de décisionnaires, entre deux picoles et une tarte aux pommes (bien sucrée), semblent sorties d’un mockumentary. Certains propos tenus dans <strong>Notre salut</strong> ressemblent comme deux gouttes d’eau à des propos politiques lamentables que l’on entend aujourd’hui : Henri Marre et ses potes vivent dans les années 40 mais on croirait voir une caméra cachée dans des bureaux de macronistes. <em>« Les Allemands sont beaucoup plus polis que les Français »</em> dit une dame élégante, passant d&rsquo;ores et déjà sur le fait que ces gens polis sont des nazis.</p><p>Emmanuel Marre saisit de manière à la fois grinçante et grotesque une époque, mais aussi, plus profondément, ce que cette déchéance a d&rsquo;humain. Dans <strong>D&rsquo;un château l&rsquo;autre</strong>, on apercevait déjà un protagoniste au bord du précipice, se questionnant sur son possible vote RN. Parmi les collabos de <strong>Notre salut</strong>, on a sauté le pas et le basculement tragique narré par Marre peut avoir des conséquences très rapides. Son impressionnant long métrage est vu avec des yeux de 2026 et comme on l&rsquo;entend durant le film : <em>« Je ne suis pas sûr que le monde change tant que ça »</em>.</p><p>| Suivez Le Polyester sur <a href="https://bsky.app/profile/lepolyester.bsky.social">Bluesky</a> et <a href="https://www.instagram.com/le_polyester/">Instagram !</a> |</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><strong><span class="author">par Nicolas Bardot<br /></span></strong></p>								</div>
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		<title>Festival de Cannes &#124; Entretien avec Berthold Wahjudi</title>
		<link>https://lepolyester.com/entretien-avec-berthold-wahjudi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 May 2026 08:43:43 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Cannes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Distingué au dernier Festival de Cannes dans le cadre de la Semaine de la Critique, « Vaterland » or A Bule Named [&#8230;]</p>
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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Distingué au dernier Festival de Cannes dans le cadre de la Semaine de la Critique, <em>« Vaterland » or A Bule Named Yanto</em> est réalisé par le Germano-Indonésien Berthold Wahjudi. Ce court métrage raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;un jeune homme pris entre le pays où il vit (l&rsquo;Allemagne) et son pays d&rsquo;origine (l&rsquo;Indonésie), alors qu&rsquo;il se rend à Yogyakarta pour des retrouvailles familiales. A travers la douceur de la lumière, le ton tendre de l&rsquo;écriture et la délicatesse de sa bande originale, Wahjudi fait le portrait attachant d&rsquo;un héros solitaire qui n&rsquo;est considéré à sa place nulle part par les autres, et examine avec finesse les questions d&rsquo;identité et d&rsquo;appartenance. Le réalisateur est notre invité.</strong></h4>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>A quel point <em>Vaterland </em>est tiré de votre propre expérience, et quelle place avez-vous laissée à la fiction&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Je voulais réaliser ce film pour explorer mes propres sentiments conflictuels envers mon identité raciale. En Allemagne, je suis toujours perçu comme un étranger, un immigrant, parfois une menace. En Indonésie, je deviens soudainement blanc, quelqu’un de privilégié et riche. Le dénominateur commun, cependant, est que je reste un outsider dans les deux sociétés. Bien que le film soit très écrit de mon point de vue, j’ai finalement opté pour un scénario fictif autour d’une relation familiale afin de modeler mes expériences en une histoire.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="617" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-2-1024x617.jpg" alt="" class="wp-image-72181" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-2-1024x617.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-2-300x181.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-2-768x463.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-2.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Yanto n&rsquo;est jamais complètement seul, mais c&rsquo;est comme si nous pouvions ressentir sa solitude tout au long du film. Comment avez-vous travaillé pendant le processus d&rsquo;écriture, et même le tournage, pour aborder ce sujet avec cette subtilité ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Notre thème était plus « l&rsquo;aliénation » que « la solitude », mais je pense que cette dernière est définitivement une conséquence naturelle de la première. Mon directeur de la photographie, Noah Böhm, qui est germano-ghanéen, et moi avons eu beaucoup de conversations sur nos propres sentiments d’aliénation vis-à-vis de l’Allemagne et de nos supposés « pays d’origine ». Il avait une compréhension très instinctive et vécue de l’histoire que je voulais raconter, et je pense que cela se traduit magnifiquement dans son approche formelle.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="617" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-4-1024x617.jpg" alt="" class="wp-image-72182" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-4-1024x617.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-4-300x181.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-4-768x463.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-4.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Votre utilisation de la musique apporte une sensation particulière et douce à <em>Vaterland</em>. Pouvez-vous m&rsquo;en dire plus sur cet élément ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;adore personnellement ce que j&rsquo;appelle des « mixtape movies ». Les films qui restent avec moi pendant des années sont généralement ceux dont je ne peux m&#8217;empêcher d&rsquo;écouter les bandes originales en boucle. Notre film contient presque uniquement des chansons déjà existantes, certaines indonésiennes, certaines musiques jazz basées sur la musique traditionnelle indonésienne et la musique classique européenne. <strong>Vaterland </strong>joue avec l&rsquo;idée de l&rsquo;image et de l&rsquo;image de soi. Quand le personnage principal Yanto est-il perçu comme un étranger et quand comme quelqu&rsquo;un qui appartient à l&rsquo;endroit où il se trouve ? La musique reflète cette tension et l&rsquo;entre fusion culturelle et orientalisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a un morceau récurrent de Schumann dans le film intitulé <em>Gens et pays étrangers</em> — une imagination romantique allemande de l’Orient, faisant écho à la tendance intériorisée de Yanto à se voir à travers le prisme de l’eurocentrisme. Mais il y a également <em>Pagodes </em>de Debussy, qu’il a composé après avoir assisté à la performance d’un orchestre de gamelan javanais à l’Exposition universelle de Paris en 1889 — probablement l’une des premières occurrences de la fusion de la musique occidentale avec la musique indonésienne. J’adore ces deux morceaux en eux-mêmes, mais les utiliser a également ajouté une autre couche de sens au film.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="617" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-1-1024x617.jpg" alt="" class="wp-image-72183" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-1-1024x617.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-1-300x181.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-1-768x463.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-1.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Comment êtes-vous venu à cette idée poétique d&rsquo;avoir Yanto dans un train allemand, arrivant directement en gare en Indonésie&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;idée initiale derrière le film était d&rsquo;avoir une structure en chapitres, chaque chapitre étant centré autour de l&rsquo;idée qu&rsquo;une vidéo ou une photo soit prise de Yanto comme moyen de le marquer soit comme un étranger, soit comme quelqu&rsquo;un qui appartient à un endroit. Cela nous a permis de condenser une histoire assez vaste (s&rsquo;étendant sur deux continents) en une construction dramaturgique adaptée à la forme d&rsquo;un court métrage. Chaque chapitre commence par un moyen de transport (trains, bus, avion) montrant Yanto comme un personnage perpétuellement en transit, sans idée claire de sa destination.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="617" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-3-1024x617.jpg" alt="" class="wp-image-72184" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-3-1024x617.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-3-300x181.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-3-768x463.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-3.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Qui sont vos cinéastes de prédilection et/ou qui vous inspirent&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Actuellement j&rsquo;écoute beaucoup les bande originales des Wong Kar-wai des années 90, des films de Sofia Coppola du début des années 2000, et des films actuels de Joachim Trier – tous ont influencé la sensibilité et l&rsquo;utilisation de la musique de <strong>Vaterland</strong>. Mais je suis toujours excité à l&rsquo;idée de découvrir de nouveaux films – <strong>Un poète</strong> de Simón Mesa Soto et <strong>Shana </strong>de Lila Pinell me viennent à l&rsquo;esprit.</p>



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<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="jetpack-video-wrapper"><iframe title="Trailer - „VATERLAND“ ODER EIN BULE NAMENS YANYO dir. Berthold Wahjudi (French Sub)" width="640" height="480" src="https://www.youtube.com/embed/X_DFVZrtxlw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Entretien réalisé par Nicolas Bardot le 26 mai 2026. </em></p>



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		<title>Festival de Cannes &#124; Critique : Clarissa</title>
		<link>https://lepolyester.com/critique-clarissa/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 May 2026 06:00:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Festivals]]></category>
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		<category><![CDATA[LGBT]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Clarissa, femme du monde, prépare une réception dans sa maison de Lagos, au Nigeria, où elle retrouve de manière inattendue [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="72152" class="elementor elementor-72152">
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									<p><strong>Clarissa, femme du monde, prépare une réception dans sa maison de Lagos, au Nigeria, où elle retrouve de manière inattendue des amis de jeunesse. Au fil de cette nuit, leurs souvenirs communs refont surface : relations complexes, amours passionnées, désirs enfouis et aspirations perdues nourrissent une confrontation douce-amère avec le passé.</strong></p>								</div>
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									<p><b>Clarisssa</b><br />Nigéria, 2026<br />D&rsquo;Arie Esiri et Chuko Esiri</p><p>Durée : 2h05</p><p>Sortie : prochainement</p><p>Note : <img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-122" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2018/07/4-6.png" alt="" width="100" height="14" /></p>								</div>
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									<h4><strong>REGARDE LES RICHES</strong></h4><p>Révélés à la Berlinale il y a six ans avec <a href="https://lepolyester.com/1res-images-du-buzz-nigerian-eyimofe-en-competition-a-entrevues-belfort/"><strong>Eyimofe, This is my Desire</strong></a>, les frères jumeaux nigérians Arie et Chuko Esiri présentent leur nouveau long métrage à la Quinzaine des Cinéastes, une adaptation de <em>Mrs Dalloway</em> de Virginia Woolf. Peut-être devrait-on parler de transposition plutôt que de simple adaptation, car le récit change ici entièrement de contexte, passant du Londres d&rsquo;après-guerre aux quartiers bourgeois de Lagos où, malgré le confort environnant, ni l&rsquo;ombre de Boko Haram ni les séquelles du vécu colonial ne sont entièrement oubliés.</p><p>Femme aisée, Clarissa organise une réception où sont attendues de nombreuses personnes d&rsquo;importance : intellectuels, militaires, aristocrates oisifs et peut-être bien même son ancien amant. Comme dans le roman d&rsquo;origine, la succession de tâches plonge l&rsquo;héroïne éponyme dans les souvenirs, notamment ceux d&rsquo;un amour de jeunesse précédant le mariage de raison dans lequel elle se trouve aujourd&rsquo;hui. La bonne idée des frères Esiri et de ne jamais mettre en scènes ces flashbacks de manière différente que les scènes appartenant au présent, traduisant ainsi la perte de repère et la superposition des couches temporelles caractérisant le courant de conscience de Woolf.</p><p>Tourné dans les intérieurs et les accueillants jardins d&rsquo;une propriété cossue, <strong>Clarissa</strong> montre un visage rarement entraperçu chez nous de la société nigériane. D&rsquo;une langueur très élégante, le film donne également à voir un angle différent du cinéma nigérian, trop souvent réduit aux différentes facettes de son cinéma de genre. Récit choral tout en respirations, composé de micro événements, où se croisent une galerie de personnages échangeant sur la littérature ou la politique, le film pourrait presque avoir l&rsquo;air un peu guindé au premier abord.</p><p>Or c&rsquo;est justement derrière ces apparences que se trouve le nerf du film, dans la vanité de cette bulle de luxe habitée par des gens qui se croient au mieux coupés du monde, au pire capables de devenir maitres des situations (qu&rsquo;elles soient sociales ou amoureuses). Pas besoin de tendre l&rsquo;oreille bien loin pour saisir la violence sous-jacente dans cette garden party où le problème le plus grave semble être qu&rsquo;un des poteaux de la pergola n&rsquo;est pas bien droit. Au cœur de cet ensemble chic, au rythme agréablement funambule, l&rsquo;actrice britannique Sophie Okonedo fait des merveilles, apportant un mélange de nervosité, de mélancolie et d&rsquo;humour sec à chacune des ses apparitions.</p><p>| Suivez Le Polyester sur <a href="http://@lepolyester.bsky.social">Bluesky</a> et <a href="https://www.instagram.com/le_polyester/">Instagram !</a> |</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><strong><span class="author">par Gregory Coutaut<br /></span></strong></p>								</div>
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		<title>Festival de Cannes &#124; Critique : In Waves</title>
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		<pubDate>Wed, 27 May 2026 05:59:34 +0000</pubDate>
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									<p><strong>À Los Angeles, AJ, lycéen discret, rencontre Kristen. Elle est passionnée de surf, lui de skateboard et de dessin. Ils tombent follement amoureux ; un avenir heureux se profile. Mais tout bascule lorsque Kristen tombe malade. Ensemble, ils se lancent dans un combat contre l’adversité, portés par la force de leur amour, leurs amis et leur passion désormais commune pour le surf et l’océan.</strong></p>								</div>
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									<p><b>In Waves</b><br />France/Belgique, 2026<br />De Phuong Mai Nguyen</p><p>Durée : 1h31</p><p>Sortie : 01/07/2026</p><p>Note : <img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-122" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2018/07/4-6.png" alt="" width="100" height="14" /></p>								</div>
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									<h4><strong>S&rsquo;ETEINT LE SOLEIL</strong></h4><p>La question du deuil a traversé de nombreux films de l&rsquo;édition 2026 du Festival de Cannes. Cette récurrence s&rsquo;est retrouvée particulièrement mise en avant à la Semaine de la Critique, où les films d&rsquo;ouverture (<strong>In Waves</strong>) et de clôture (<strong>Adieu monde cruel</strong>) se sont renvoyés en miroir des récits offrant des perspectives à la fois poignantes et galvanisantes sur les manières possible de vivre après et avec le deuil. Ce thème est central dans <strong>In Waves</strong> et son récit d&rsquo;amour de jeunesse assombri par la maladie, mais ce film d&rsquo;animation situé dans le milieu du surf californien n&rsquo;a rien d&rsquo;un pensum dépressif pour autant. Baigné de nostalgie, le résultat est à la fois cool, pop et très attachant.</p><p><strong>In Waves</strong> est l&rsquo;adaptation du roman graphique de l&rsquo;auteur américain AJ Dungo. Il a sans doute fallu une audace certaine à la réalisatrice française d&rsquo;origine vietnamienne Phuong Mai Nguyen (qui, de son propre aveu, ne pratique même pas le surf) pour traverser métaphoriquement l&rsquo;Atlantique et s&rsquo;approprier ainsi le récit son seulement intime mais carrément autobiographique d&rsquo;un homme encore vivant. A cheval sur les frontières, le film l&rsquo;est jusque dans son casting de voix puisqu&rsquo;il a été doublé directement en deux versions, une française et une anglaise. Ne cherchez donc pas quel est la vraie version originale du film, c&rsquo;est à vous de choisir.</p><p>Du matériau d&rsquo;origine, le film de Phuong Mai Nguyen respecte le récit porté par les élans d&rsquo;un romantisme adolescent. Elle y apporte deux modifications importantes. D&rsquo;une part, elle occulte la biographie d&rsquo;un des pères du surf injustement oublié par l&rsquo;Histoire. Bien vu, car le parallèle originel avec le récit du protagoniste avait tendance à réduire maladroitement ce dernier en jérémiades d&rsquo;un nerd qui se fantasme lui aussi en génie incompris. L&rsquo;autre précieux apport, c&rsquo;est le déluge de couleurs que la réalisatrice fait pleuvoir sur une œuvre à l&rsquo;origine dessinée en sépia. De vagues turquoises en couchers de soleil roses et oranges, le coin de Californie ou se déroule l&rsquo;action est sublimé jusqu&rsquo;à l&rsquo;artifice, offrant un ravissement pour les yeux. Quant à la bande originale composée par Oklou et Rob, elle vient souligner à merveille le doux équilibre de ce conte amoureux qui surfe entre le cool et la tristesse.</p><p>| Suivez Le Polyester sur <a href="http://@lepolyester.bsky.social">Bluesky</a> et <a href="https://www.instagram.com/le_polyester/">Instagram !</a> |</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><strong><span class="author">par Gregory Coutaut<br /></span></strong></p>								</div>
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		<title>Festival de Cannes &#124; Critique : Les Eléphants dans la brume</title>
		<link>https://lepolyester.com/critique-les-elephants-dans-la-brume/</link>
		
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		<pubDate>Wed, 27 May 2026 05:58:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans un village népalais niché au cœur d’une forêt peuplée d’éléphants sauvages vit une communauté kinnar aussi vénérée que crainte [&#8230;]</p>
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									<p><strong>Dans un village népalais niché au cœur d’une forêt peuplée d’éléphants sauvages vit une communauté kinnar aussi vénérée que crainte pour ses pouvoirs de bénédiction et de malédiction. Pirati, l&rsquo;une des mères de la communauté, rêve de s’échapper avec l’homme qu’elle aime. Mais lorsqu’une de ses filles disparaît, elle se doit mener l&rsquo;enquête et choisir entre son désir de liberté et ses responsabilités envers sa communauté.</strong></p>								</div>
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									<p><b>Les Eléphants dans la brume</b><br />Népal, 2026<br />D&rsquo;Abinash Bikram Shah</p><p>Durée : 1h43</p><p>Sortie : 23/09/2026</p><p>Note : <img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-122" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2018/07/4-6.png" alt="" width="100" height="14" /></p>								</div>
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									<h4><strong>JAMAIS SANS MA FILLE</strong></h4><p><em>« Gloire à toutes les mères »</em> entend-on ici au détour d&rsquo;une prière. Ce sont justement des mères pas comme les autres qui peuplent ce village perdu dans la forêt embrumée du Népal. L&rsquo;action des <strong>Éléphants dans la brume</strong> se déroule en pleine communauté kinnar, d&rsquo;après le nom donné aux personnes trans et non-binaires dans les cultures du sous-continent indien. Le lien solide et chaleureux qui unit les habitant.e.s de ce village n&rsquo;est pas biologique, il s&rsquo;acquiert et se confirme au sein de cérémonies sacrées où des ainé.e.s prennent officiellement pour fille ou pour fils l&rsquo;un.e des jeunes membre de la communauté. Une responsabilité avec laquelle on ne plaisante pas.</p><p>La cohabitation avec la ville voisine, où les hommes hypocrites sont à la fois transphobes et sexuellement attirés par les kinnars, n&rsquo;a rien d&rsquo;évident, mais Pirati n&rsquo;est pas le genre de femme à s&rsquo;en laisser raconter. Matriarche charismatique possédant « une sagesse ancienne et la force des montagnes », elle est même bientôt destinée à être élue cheffe du village. Or, la disparition suspecte de sa fille va l&rsquo;obliger à mener l&rsquo;enquête à la ville et faire face à ses propres contradictions. Le cinéaste népalais Abinash Bikram Shah réalise ici son premier long métrage après avoir signé il y a deux ans le scénario de <a href="https://lepolyester.com/critique-shambhala/"><strong>Shambhala</strong></a>, de son compatriote Min Bahadur Bham. <strong>Les Éléphants dans la brume</strong> ne cherche pas du tout à reproduire le rythme contemplatif de ce dernier. Le long métrage pourrait en quelque sorte être divisé en deux parties égales, et chacune brille par un rythme nerveux juste ce qu&rsquo;il faut.</p><p>La deuxième moitié des <strong>Éléphants dans la brume</strong> prend le chemin prévisible du récit de mère courage seule contre tous, mais au moins la recette est-elle exécutée avec savoir-faire et talent. Le sel le plus inattendu du film se trouve surtout dans la première moitié du film qui nous invite tout simplement à une découverte de cette communauté, sans chercher à tout prix à tisser d&#8217;emblée un récit. D&rsquo;un côté, cette immersion documente avec respect les différents rituels, recettes et superstitions propres à cette culture, mais de l&rsquo;autre elle offre aux personnages une richesse réjouissante. Loin d&rsquo;être des déesses parfaites et dignes, ces fières femmes trans à la fois prostituées et sorcières ont l&rsquo;injure à la bouche et se révèlent délicieusement <em>bitchy</em> les unes envers les autres. Harmonieux dans son ensemble, le film réussit à s&rsquo;adresser équitablement et généreusement à des publics très différents : celui avide de connaissance du monde, celui friand de représentations queer rares, et celui connaisseur et amateur de la richesse de tons du cinéma du sous-continent indien.</p><p>| Suivez Le Polyester sur <a href="http://@lepolyester.bsky.social">Bluesky</a> et <a href="https://www.instagram.com/le_polyester/">Instagram !</a> |</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><strong><span class="author">par Gregory Coutaut<br /></span></strong></p>								</div>
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		<title>Festival de Cannes &#124; Entretien avec Aude N’Guessan Forget</title>
		<link>https://lepolyester.com/entretien-avec-aude-nguessan-forget/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 May 2026 05:55:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Interviews]]></category>
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		<category><![CDATA[Réalisatrice]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au croisement de la légende immémoriale et du fait divers tragique,&#160;Man’mi&#160;se distingue par son utilisation gracieuse du réalisme magique. Ce [&#8230;]</p>
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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Au croisement de la légende immémoriale et du fait divers tragique,&nbsp;<em>Man’mi</em>&nbsp;se distingue par son utilisation gracieuse du réalisme magique. Ce court métrage dévoilé en compétition à la Semaine de la Critique raconte le quotidien modeste d&rsquo;une mère et de sa fille qui va subitement basculer. Drame qui semble d’abord sans drame, <em>Man’mi</em> dépeint finement les combats invisibles face au racisme systémique. La Française Aude N’Guessan Forget parvient avec délicatesse à se mettre à hauteur d’enfant dans un film qui examine de manière glaçante le syndrome méditerranéen. La réalisatrice est notre invitée.</strong></h4>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Votre film débute par un conte/une légende lointaine avant qu&rsquo;on n&rsquo;atterrisse en un cut dans le monde contemporain, quotidien. Pouvez-vous nous parler de ce choix d&rsquo;ouverture et de ce contraste ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai choisi de plonger directement Flora dans son imaginaire, car celui-ci imprègne son quotidien. Il lui permet d’échapper à une réalité parfois difficile. C’est aussi le moyen qu’elle s’est créé pour tenter de sauver sa mère. Le cut la sort de ses pensées et nous plonge dans la réalité de son quotidien, mais l’imaginaire de Flora ne la quitte jamais vraiment.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="552" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/man-mi-1-1024x552.jpeg" alt="" class="wp-image-72129" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/man-mi-1-1024x552.jpeg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/man-mi-1-300x162.jpeg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/man-mi-1-768x414.jpeg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/man-mi-1-1536x828.jpeg 1536w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/man-mi-1.jpeg 1916w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong><em>Man&rsquo;mi</em> semble d&rsquo;abord se dérouler sans drame, avant que celui-ci ne surgisse de manière plus évidente. Quelles questions vous êtes-vous posées pour écrire et mettre en scène ce qu&rsquo;on ne voit pas ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui m’a guidée dans l’écriture et la réalisation, c’est le point de vue de Flora, une enfant de six ans. Sa mère, atteinte de drépanocytose, fait tout pour lui cacher ses maux. Même si Flora les ressent et sent venir le drame, j’ai souhaité que cette prise de conscience soit progressive, à mesure que le conte prend de l’ampleur dans la mise en scène. Flora comprend peu à peu la situation et tente de lutter contre la fatalité.</p>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Beaucoup de choses sont perçues par Flora. Comment avez-vous travaillé sur son point de vue, et comment avez-vous collaboré avec votre jeune actrice ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Quand je me replonge dans mes souvenirs d’enfant, je réalise que je comprenais beaucoup de choses, plus que ce que les adultes imaginent souvent. Même ce qui n’était pas dit. C’est de ce postulat que je suis partie. Flora perçoit que quelque chose ne va pas ; dès lors, elle essaie de changer les choses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La collaboration avec Jade a été très fluide. Dès que je l’ai rencontrée, j’ai su que ce serait elle. Son regard, à la fois fort et bouleversant, sa compréhension de mes indications et son intelligence de jeu m’ont immédiatement convaincue. Nous avons fait beaucoup de répétitions afin qu’elle s’approprie le personnage de Flora, et elle m’a confié que cela l’amusait beaucoup. Sur le plateau, je communiquais énormément avec elle durant les séquences, mais Jade restait toujours concentrée, profondément habitée par ce qu’elle jouait.</p>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>A quel point votre film a été inspiré par le fait divers concernant Naomi Musenga ? Qu&rsquo;est-ce qui vous a donné envie de raconter l&rsquo;histoire de <em>Man&rsquo;mi</em> ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Mon film est avant tout inspiré d’un drame intime. En 2017, lorsque j’ai entendu l’appel qui circulait aux informations concernant la non-prise en charge de Naomi Musenga, cela m’a bouleversée. J’ai réalisé que ma mère n’était pas la seule à avoir vécu un tel drame. J’ai depuis souhaité raconter mon histoire, et celle des autres victimes du syndrome méditerranéen.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Qui sont vos cinéastes de prédilections et/ou qui vous inspirent ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis très inspirée par Deniz Gamze Ergüven, notamment par son film <strong>Mustang</strong>, qui est une véritable référence pour moi, par sa manière de dépeindre un drame social tout en y associant un échappatoire empreint d’espoir. Je suis également influencée par Mati Diop et son réalisme magique dans <strong>Atlantique</strong>, ainsi que par Radu Mihaileanu, notamment dans <strong>Va, vis et deviens</strong>, et sa manière si juste de nous plonger dans des récits à la fois sociaux et épiques.</p>



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<p class="wp-block-paragraph"><em>Entretien réalisé par Nicolas Bardot le 26 mai 2026. Merci à Étienne Lévêque.</em></p>



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		<title>Festival de Cannes &#124; Critique : The Man I Love</title>
		<link>https://lepolyester.com/critique-the-man-i-love/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 May 2026 04:20:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Toutes les critiques]]></category>
		<category><![CDATA[LGBT]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>New York, fin des années 1980, Jimmy George, figure iconique de la scène théâtrale, vit en couple avec le plus [&#8230;]</p>
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									<p><strong>New York, fin des années 1980, Jimmy George, figure iconique de la scène théâtrale, vit en couple avec le plus tendre et attentionné des amants. Mais devant la mort qui lui est promise, la soif de vivre et de créer, de désirer et d’aimer, une dernière fois, est plus forte que tout.</strong></p>								</div>
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									<p><b>The Man I Love</b><br />États-Unis, 2026<br />De Ira Sachs</p><p>Durée : 1h35</p><p>Sortie : prochainement</p><p>Note : <img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-123" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2018/07/5-6.png" alt="" width="100" height="14" /></p>								</div>
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									<h4><strong>MES DISQUES SONT DES MIROIRS</strong></h4><p>L&rsquo;un des premiers plans de <strong>The Man I Love</strong> montre le protagoniste homosexuel du film fumant une cigarette, le regard dans le vide et les poignets en position cassée. C&rsquo;est une image récurrente qui traverse le cinéma d&rsquo;Ira Sachs, dont les personnages prennent souvent cette pose d&rsquo;homme sensible et intellectuel, mélancolique mais dont la solitude n&rsquo;est pas vulnérable. C&rsquo;est une image forte qui semble sortie d&rsquo;un album de photos d&rsquo;une époque révolue, une époque charnière pour la communauté gay mais dont presque plus aucun protagoniste n&rsquo;est vivant. Avec ce nouveau chapitre de sa filmographie, Ira Sachs poursuit en effet son œuvre précieuse de catalogue et de transmission des vécus gay.</p><p>Le scénario n&rsquo;a besoin que d&rsquo;un ou deux sous-entendus discret pour nous le faire comprendre entre deux portes : Jimmy est séropositif et il n&rsquo;y a pas d&rsquo;issue possible à sa situation. Celles et ceux qui, à la lecture de cette phrase, s&rsquo;attendrait à un remake de <strong>Philadelphia</strong> n&rsquo;ont certainement jamais vu de film de Sachs. <strong>The Man I Love</strong> possède certes un récit très mélodramatique mêlant le conjoint régulier de Jimmy ainsi que son nouvel amant, mais cette histoire n&rsquo;est jamais racontée de manière larmoyante, au contraire. Le scénario est régi par une économie remarquable qui fait que le film ne ressemble jamais vraiment à ce à quoi on croit devoir s&rsquo;attendre. C&rsquo;est comme si Sachs avait trouvé là l&rsquo;équilibre parfait entre la dimension romanesque de ses premiers films et le virage radical de son tout dernier (<a href="https://lepolyester.com/critique-peter-hujars-day/"><strong>Peter Hujar&rsquo;s Day</strong></a>).</p><p>Le cinéaste américain fait en effet le choix gonflé d&rsquo;évacuer presque entièrement tous les nœuds narratifs attendus : grandes déclarations et engueulades, scènes de larmes ou d&#8217;embrassades. Il met au premier plan des scènes qui pourraient à première vue avoir l&rsquo;air de détails : des échanges anodins entres voisins ou amis mais surtout beaucoup de chansons. Qu&rsquo;elles soient écoutées ou performées par les personnages, celles-ci sont souvent laissées dans leur intégralité ou bien répétées à loisir. <strong>The Man I Love</strong> n&rsquo;est pas un film musical à proprement parler, mais la musique y joue un rôle clé car elle vient illustrer une notion au cœur des enjeux du film, et au cœur de la vie de nombreuses personnes queer : la performance, le jeu de rôle.</p><p>Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;un texte de théâtre que Jimmy peine à retenir, du maquillage délibérément artificiel d&rsquo;une drag queen sachant chaleureusement se faire écouter, ou encore de la conviction de façade au moment d&rsquo;une réunion familiale (amèrement mise en miroir face à celle, nettement plus spontanée, d&rsquo;un concert improvisé entre amis) le film est rempli de performances et de masques divers qui viennent métaphoriquement se substituer à ce que personne n&rsquo;ose regarder dans les yeux : le compte à rebours lancé vers le décès du protagoniste. Ces petites mises en scène du quotidien n&rsquo;ont rien de superficiel : chacun de ces matériaux artistiques et analysé et transmis avec respect par des connaisseurs passionnés, et cette générosité là est un antidote à l&rsquo;absence d&#8217;empathie du monde extérieur (celui de la famille, de l&rsquo;hôpital). C&rsquo;est dans ces scènes anti-événementielles que Jimmy et Ira Sachs parviennent à exprimer une vulnérabilité sincère et bouleversante.</p><p>De ce personnage tout en filigrane, Rami Malek se tire plutôt correctement, bien que son jeu visible à l&rsquo;américaine soit fort différent des acteurs habituels de Sachs, notamment son collaborateur fréquent Ben Whishaw. Que cela soit voulu ou non, le jeu de Malek vient souligner une autre singularité du film : non seulement les trois membres de ce triangle amoureux ne se ressemblent pas du tout physiquement mais ces personnages tous très ambivalents sont interprétés de façon bien distinctes par leurs interprètes (<strong>Luther Ford</strong> crève l&rsquo;écran dans ce qui est sa toute première apparition dans un long métrage). Ces différences apportent l&rsquo;impression de voir trois solitudes qui se croisent mais que la fatalité empêche de vraiment se rencontrer. Bien plus poignant qu&rsquo;il n&rsquo;y parait, le résultat est l&rsquo;un des tous meilleurs films d&rsquo;Ira sachs.</p><p>| Suivez Le Polyester sur <a href="https://bsky.app/profile/lepolyester.bsky.social">Bluesky</a> et <a href="https://www.instagram.com/le_polyester/">Instagram !</a> |</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><strong><span class="author">par Gregory Coutaut<br /></span></strong></p>								</div>
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		<title>Festival de Cannes &#124; Critique : La Gradiva</title>
		<link>https://lepolyester.com/critique-la-gradiva/</link>
		
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		<pubDate>Tue, 26 May 2026 02:16:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un groupe de lycéens français part en voyage scolaire à Naples pour découvrir les ruines de Pompéi et ses corps [&#8230;]</p>
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									<p><strong>Un groupe de lycéens français part en voyage scolaire à Naples pour découvrir les ruines de Pompéi et ses corps pétrifiés par le Vésuve. C’est là que le vertige les saisit brutalement. L’un après l’autre, ils se laissent submerger par le désir et la colère jusqu’à s’y abandonner complètement.</strong></p>								</div>
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									<p><b>La Gradiva</b><br />France, 2026<br />De Marine Atlan</p><p>Durée : 2h25</p><p>Sortie : 04/11/2026</p><p>Note : <img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-123" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2018/07/5-6.png" alt="" width="100" height="14" /></p>								</div>
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									<h4><strong>C&rsquo;EST COMME UN TREMBLEMENT DE TERRE</strong></h4><p><em>« Il ne s&rsquo;agit pas de comprendre, il s&rsquo;agit de perdre connaissance »</em>. Voilà un conseil qui semble passer loin au dessus de la tête des élèves de cette classe que nous suivons en voyage scolaire à Pompei. L&rsquo;histoire locale et la science des volcans n&rsquo;intéressent qu&rsquo;une poignée d&rsquo;entre eux, les autres ayant surtout à l&rsquo;esprit une camaraderie chahuteuse, des premiers désirs à assouvir ou encore une colère intérieure à tenter d&rsquo;assoupir. Le cinéma français ne manque certainement pas de films sur l&rsquo;école mais, par son atmosphère et par l&rsquo;ambition de sa mise en scène, l&rsquo;imprévisible <strong>La Gradiva</strong> vise et atterrit bien au-dessus des archétypes du genre.</p><p><strong>La Gradiva</strong> est certes un film réaliste, mais de la même manière que certains films de Bonello ou Noé sont également réalistes. Le film se compose de nombreuses discussions aux enjeux a priori banals, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des cours dispensés ou des moqueries méchantes que s&rsquo;échangent les élèves, et pourtant on sent que sous ce quotidien ensoleillé, les plaques tectoniques grondent fort. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs ce que sous-entend la sublime séquence d&rsquo;ouverture, filmée à bord d&rsquo;un train où les élèves à moitié endormis paraissent plongés en état d&rsquo;hypnose et où se réveille alors un inconscient à la fois voyeur et morbide, dans une formule qui évoque le court métrage <a href="https://lepolyester.com/entretien-avec-jocelyn-charles/"><strong>Dieu est timide</strong></a>.</p><p>Brillante chef opératrice pour de nombreux jeunes cinéastes français ou francophones (<strong>L&rsquo;Engloutie</strong>, <strong>Les Reines du drame</strong>, <strong>Le Ravissement</strong>, <strong>Foudre</strong>, <strong>Nos cérémonies</strong>&#8230;) Marine Atlan réalise ici son premier long métrage et cette poignée de plans d&rsquo;ouverture suffisent à asseoir son talent rare. Et il en faut du talent, pour faire passer aussi vite ces 2h25 en compagnie de cette bande de petits cons. Le travail de montage n&rsquo;est pas seulement sensationnel par sa gestion du rythme, et chaque séquence prise indépendamment possède ses propres variations d&rsquo;intensité. Hyper vivant jusqu&rsquo;au vertige, <strong>La Gradiva</strong> est perpétuellement rêveur et nerveux dans le même geste.</p><p>Il est interdit de révéler la direction dans laquelle se dirige le film, mais il y a une parabole politique flagrante dans le portrait de cette incapacité des uns et des autres à s&rsquo;écouter, mais aussi à regarder le passé dans les yeux, résultant en un poignant sentiment d&rsquo;échec collectif. Mais le titre du film, inspiré de l&rsquo;héroïne éponyme fantomatique d&rsquo;une nouvelle historique ayant beaucoup inspiré Freud, nous rappelle que <strong>La Gradiva</strong> est moins un exposé qu&rsquo;un sacré numéro de funambule entre rêverie et cauchemar. Le résultat est si puissant que lorsque l&rsquo;un des protagonistes dit à son pote <em>« Raconte mieux, frère »</em>, on jurerait entendre Marine Atlan mettre au défi quiconque d&rsquo;atteindre les mêmes sommets qu&rsquo;elle.</p><p>| Suivez Le Polyester sur <a href="https://bsky.app/profile/lepolyester.bsky.social">Bluesky</a> et <a href="https://www.instagram.com/le_polyester/">Instagram !</a> |</p>								</div>
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