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	<title>Cannes - Le Polyester, La fibre du cinéma d&#039;auteur</title>
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		<title>Festival d&#8217;Annecy &#124; Entretien avec Zsuzsanna Kreif</title>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Jun 2026 01:22:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dévoilé à la Semaine de la Critique et cette semaine en compétition à Annecy, Adgwa-Ata de la Hongroise Zsuzsanna Kreif [&#8230;]</p>
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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Dévoilé à la Semaine de la Critique et cette semaine en compétition à <a href="https://lepolyester.com/category/festivals/annecy/">Annecy</a>, <em>Adgwa-Ata</em> de la Hongroise Zsuzsanna Kreif raconte le périlleux rituel qui attend trois adolescentes dans un monde mystérieux. La cinéaste crée un univers à l&rsquo;imagination vertigineuse : <em>Adgwa-Ata </em>est un envoûtement psychédélique aux images puissantes, une fable initiatique sur l&rsquo;âge adulte et la féminité à la croisée de l&rsquo;horreur, de la comédie et de la science-fiction. Zsuzsanna Kreif nous en dit davantage sur l&rsquo;un des meilleurs courts métrages de l&rsquo;année.</strong></h4>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;un des plaisirs que j&rsquo;ai eus à regarder <em>Adgwa-Ata</em> a été de me sentir complètement ailleurs. Comment avez-vous constitué ce monde mystérieux et très imaginatif ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">En arrivant à la trentaine, je me suis beaucoup intéressée aux rituels d&rsquo;initiation. J&rsquo;ai réalisé qu&rsquo;en termes d&rsquo;âge, j&rsquo;étais suffisamment avancée pour être une adulte, mais que je n&rsquo;arrivais pas à me sentir comme véritablement adulte. Et je pense que ce n&rsquo;est pas seulement moi, mais toute une génération, car dans notre culture, nous avons perdu ces moments charnières de la vie, où toute une communauté vous aidait à grandir et à passer d&rsquo;une phase de la vie à une autre. J&rsquo;ai donc commencé à examiner mes doutes, mes émotions vis-à-vis de ce sujet – qu&rsquo;est-ce qui fait qu&rsquo;une personne est adulte. Et j&rsquo;ai essayé de trouver mes propres réponses à travers l&rsquo;histoire et tout le processus de réalisation du film.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mon objectif était de créer presque comme un espace immersif, où le visuel, les effets sonores et la musique entraînent le public, qui devient également partie prenante de ce rituel, sans jamais savoir ce qui va se passer ensuite. Avec les visuels, j&rsquo;ai essayé d&rsquo;activer mon subconscient et d&rsquo;être libre, en faisant surgir des images et des couleurs capables d&rsquo;activer des émotions collectives. J&rsquo;ai essayé de renforcer le lien entre les différents espaces et groupes – les déesses, les Amazones, les jeunes filles et les serpents – et j&rsquo;ai réfléchi à de petits détails sur leurs habitudes, leurs attitudes, leurs objectifs, leurs émotions. Pour le rituel, j&rsquo;ai étudié des rituels d&rsquo;initiation existants – qui sont très souvent violents et oppressifs, surtout envers les jeunes filles – et je voulais inventer une essence de ceux-ci.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/entretien-Zsuzsanna-Kreif-2-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-71505" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/entretien-Zsuzsanna-Kreif-2-1024x576.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/entretien-Zsuzsanna-Kreif-2-300x169.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/entretien-Zsuzsanna-Kreif-2-768x432.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/entretien-Zsuzsanna-Kreif-2.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Pouvez-vous me parler de votre utilisation de ces couleurs puissantes et frappantes ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La combinaison de couleurs rose et verte de la partie principale du film est apparue assez tôt, lors des premiers tests visuels que j’ai réalisés. Je voulais créer une atmosphère qui soit d’une certaine manière « féminine », mais qui puisse facilement se transformer en quelque chose de troublant, d’inconfortable. En contraste avec cet univers plus chaud, j’ai ajouté une tonalité plus froide, d’un bleu profond, pour l’ère divine, où les déesses flottent dans l’espace vaste, exprimant l’intemporalité, l’élégance et le calme de leur univers. Et pour les espaces personnels des trois serpents, je voulais donner trois couleurs très distinctes, qui symbolisent les différentes attitudes des trois filles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La fille dans l’univers rose est très sensuelle, elle n’a pas peur des changements, donc elle entre facilement dans l’âge adulte. En même temps, elle accepte tout telles que les choses sont, sans se préoccuper de ce qui est juste ou problématique. La fille entourée de vert est paralysée par la peur, cette couleur froide symbolise comment elle se fige dans cette situation choquante, et à la fin elle est incapable d&rsquo;agir. Le personnage principal, Adgwa-Ata, se trouve dans un espace violet, qui est entre le froid et le chaud. D&rsquo;abord, elle a aussi peur, et commence à fuir et à se cacher, mais elle est plus forte, donc elle essaye aussi de riposter. Et dans la scène culminante, où elle commence à danser avec le serpent, j&rsquo;utilise également la couleur rose éclatante pour elle, afin de créer un espace chaud, semblable à un utérus, pour sa renaissance.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/entretien-Zsuzsanna-Kreif-3-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-71506" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/entretien-Zsuzsanna-Kreif-3-1024x576.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/entretien-Zsuzsanna-Kreif-3-300x169.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/entretien-Zsuzsanna-Kreif-3-768x432.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/entretien-Zsuzsanna-Kreif-3.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Dans quelle mesure diriez-vous que les motifs de la fable vous ont autorisé davantage de liberté pour parler de féminité ou de l&rsquo;âge adulte ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;adore le fait qu&rsquo;il soit possible de créer des univers entiers en animation. Je pense que le symbolisme peut sembler plus naturel et sans effort que dans la prise de vue réelle – le public peut facilement accepter les propres règles de ton univers, donc tu n&rsquo;es pas limité.e par la gravité. C&rsquo;est ainsi que j&rsquo;ai pu construire tout ce système métaphorique avec les têtes de déesse flottantes, les serpents colorés et le lac de la jungle rose. J&rsquo;aime aussi, si ce n&rsquo;est que chaque détail n&rsquo;est pas évident, que la fluidité des visuels offre différentes interprétations, et que le public doive associer et utiliser sa propre imagination également pour reconstituer l&rsquo;histoire.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/entretien-Zsuzsanna-Kreif-5-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-71507" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/entretien-Zsuzsanna-Kreif-5-1024x576.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/entretien-Zsuzsanna-Kreif-5-300x169.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/entretien-Zsuzsanna-Kreif-5-768x432.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/entretien-Zsuzsanna-Kreif-5.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong><em>Adgwa-Ata</em> peut être défini comme un film d&rsquo;horreur, un film de science-fiction, un survival avec des éléments de jeu vidéo, une comédie camp… Pouvez-vous m&rsquo;en dire davantage sur ce mélange de genres ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le cœur de l&rsquo;histoire est la partie rituelle, avec les chamans faisant de la magie avec leurs longs ongles noirs, et les filles forcées de boire le liquide noir suspect. Ici, je voulais montrer des scènes effrayantes, donc je savais que ce serait une partie d&rsquo;horreur-thriller mystique. Ensuite, les différents groupes de personnages offrent un espace pour différentes ambiances et genres de films – je pouvais utiliser plus d&rsquo;humour en montrant les amazones donnant des soins de beauté aux chamans, ou lorsqu’elles font une danse ensemble. Avec les jeunes filles, je pouvais être plus détendue, moins satirique, montrant leur naïveté idyllique, comme dans les séquences d’ouverture des films d’horreur pour adolescent.es. Je savais aussi depuis le début que la scène de transformation d’<strong>Adgwa-Ata</strong> devrait être plus proche d’un clip musical, une séquence onirique où je peux utiliser l’animation de manière très fluide et libre. J&rsquo;ai donc beaucoup pris de plaisir avec ces changements d&rsquo;ambiance entre les différents personnages et les différents univers.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/entretien-Zsuzsanna-Kreif-4-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-71508" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/entretien-Zsuzsanna-Kreif-4-1024x576.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/entretien-Zsuzsanna-Kreif-4-300x169.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/entretien-Zsuzsanna-Kreif-4-768x432.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/entretien-Zsuzsanna-Kreif-4.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Qui sont vos cinéastes de prédilection et/ou qui vous inspirent ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">En général, je suis inspirée avant tout par les cinéastes qui travaillent de manière intuitive, utilisent leur subconscient avec audace pour nous surprendre avec des idées inattendues, qui sont ouverts à l&rsquo;expérimentation et trouvent de nouvelles voies dans chacun de leurs films. Dans l&rsquo;animation hongroise, j&rsquo;ai un grand idole, György Kovásznai, qui a créé des films très inventifs dans les années 70 et 80. Il a expérimenté diverses techniques d&rsquo;animation et a abordé des sujets sociaux complexes de manière sensible et satirique. Son grand chef-d&rsquo;œuvre est <strong>Bubblebath</strong>, un musical animé, qui fut un échec à son époque, mais est devenu un film culte des décennies plus tard. </p>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;aime aussi l&rsquo;univers mystique de Satoshi Kon, en particulier <strong>Paranoia Agent</strong> et <strong>Perfect Blue</strong>. David Lynch est bien sûr aussi très inspirant pour moi, c&rsquo;est le grand maître du mélange de la vie quotidienne profane avec le mysticisme surnaturel, je peux plonger dans l&rsquo;univers de <strong>Twin Peaks</strong> à tout moment. Et pour <strong>Adgwa-Ata</strong>, des films comme <strong>Suspiria</strong>, <strong>Rosemary’s Baby</strong>, <strong>Under the Silver Lake</strong>,<strong> Infinity Pool</strong> ou <strong>Shining </strong>ont été de grandes inspirations avec leur réalisme mystique.</p>



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<p class="wp-block-paragraph"><em>Entretien réalisé par Nicolas Bardot le 4 mai 2026. Merci à Luce Grosjean.</em></p>



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		<title>Festival d&#8217;Annecy &#124; Critique : In Waves</title>
		<link>https://lepolyester.com/critique-in-waves/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Jun 2026 01:01:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>À Los Angeles, AJ, lycéen discret, rencontre Kristen. Elle est passionnée de surf, lui de skateboard et de dessin. Ils [&#8230;]</p>
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									<p><strong>À Los Angeles, AJ, lycéen discret, rencontre Kristen. Elle est passionnée de surf, lui de skateboard et de dessin. Ils tombent follement amoureux ; un avenir heureux se profile. Mais tout bascule lorsque Kristen tombe malade. Ensemble, ils se lancent dans un combat contre l’adversité, portés par la force de leur amour, leurs amis et leur passion désormais commune pour le surf et l’océan.</strong></p>								</div>
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									<p><b>In Waves</b><br />France/Belgique, 2026<br />De Phuong Mai Nguyen</p><p>Durée : 1h31</p><p>Sortie : 01/07/2026</p><p>Note : <img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-122" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2018/07/4-6.png" alt="" width="100" height="14" /></p>								</div>
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									<h4><strong>S&rsquo;ETEINT LE SOLEIL</strong></h4><p>La question du deuil a traversé de nombreux films de l&rsquo;édition 2026 du Festival de Cannes. Cette récurrence s&rsquo;est retrouvée particulièrement mise en avant à la Semaine de la Critique, où les films d&rsquo;ouverture (<strong>In Waves</strong>) et de clôture (<strong>Adieu monde cruel</strong>) se sont renvoyés en miroir des récits offrant des perspectives à la fois poignantes et galvanisantes sur les manières possible de vivre après et avec le deuil. Ce thème est central dans <strong>In Waves</strong> et son récit d&rsquo;amour de jeunesse assombri par la maladie, mais ce film d&rsquo;animation situé dans le milieu du surf californien n&rsquo;a rien d&rsquo;un pensum dépressif pour autant. Baigné de nostalgie, le résultat est à la fois cool, pop et très attachant.</p><p><strong>In Waves</strong> est l&rsquo;adaptation du roman graphique de l&rsquo;auteur américain AJ Dungo. Il a sans doute fallu une audace certaine à la réalisatrice française d&rsquo;origine vietnamienne Phuong Mai Nguyen (qui, de son propre aveu, ne pratique même pas le surf) pour traverser métaphoriquement l&rsquo;Atlantique et s&rsquo;approprier ainsi le récit son seulement intime mais carrément autobiographique d&rsquo;un homme encore vivant. A cheval sur les frontières, le film l&rsquo;est jusque dans son casting de voix puisqu&rsquo;il a été doublé directement en deux versions, une française et une anglaise. Ne cherchez donc pas quel est la vraie version originale du film, c&rsquo;est à vous de choisir.</p><p>Du matériau d&rsquo;origine, le film de Phuong Mai Nguyen respecte le récit porté par les élans d&rsquo;un romantisme adolescent. Elle y apporte deux modifications importantes. D&rsquo;une part, elle occulte la biographie d&rsquo;un des pères du surf injustement oublié par l&rsquo;Histoire. Bien vu, car le parallèle originel avec le récit du protagoniste avait tendance à réduire maladroitement ce dernier en jérémiades d&rsquo;un nerd qui se fantasme lui aussi en génie incompris. L&rsquo;autre précieux apport, c&rsquo;est le déluge de couleurs que la réalisatrice fait pleuvoir sur une œuvre à l&rsquo;origine dessinée en sépia. De vagues turquoises en couchers de soleil roses et oranges, le coin de Californie ou se déroule l&rsquo;action est sublimé jusqu&rsquo;à l&rsquo;artifice, offrant un ravissement pour les yeux. Quant à la bande originale composée par Oklou et Rob, elle vient souligner à merveille le doux équilibre de ce conte amoureux qui surfe entre le cool et la tristesse.</p><p>| Suivez Le Polyester sur <a href="http://@lepolyester.bsky.social">Bluesky</a> et <a href="https://www.instagram.com/le_polyester/">Instagram !</a> |</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><strong><span class="author">par Gregory Coutaut<br /></span></strong></p>								</div>
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		<title>Festival d&#8217;Annecy &#124; Entretien avec Jocelyn Charles</title>
		<link>https://lepolyester.com/entretien-avec-jocelyn-charles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Jun 2026 01:31:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dévoilé au Festival de Cannes (en compétition à la Semaine de la Critique) et nommé au César du meilleur court, [&#8230;]</p>
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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Dévoilé au Festival de Cannes (<strong>en compétition à la Semaine de la Critique</strong>)<strong> et nommé au César du meilleur court, <em>Dieu est timide</em> est cette semaine au programme du <a href="https://lepolyester.com/category/festivals/annecy/">Festival d&rsquo;Annecy</a>. </strong>Le Français Jocelyn Charles raconte l&rsquo;histoire de deux jeunes gens qui, lors d&rsquo;un trajet en train, échangent sur leurs plus grandes terreurs. Le cinéaste compose une captivante exploration de la peur, visuellement très inspirée et d&rsquo;une réjouissante imprévisibilité. Quel niveau d&rsquo;imprévisibilité ? Pensez à l&rsquo;iconique Danièle Evenou plongée dans des visions glaçantes et hallucinées à la Junji Ito. <strong>Jocelyn Charles</strong> est notre invité.</strong></h4>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Quel a été le point de départ de <em>Dieu est timide</em> ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dieu est timide</strong> nait d&rsquo;une envie de faire un court métrage, souvent évoquée mais jamais entamée, jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;elle soit concrétisée par Ugo et Felix les deux créateurs du studio Remembers dans lequel je travaille ; Sachant que je trouve l&rsquo;inspiration sous la contrainte, ils m&rsquo;ont imposé de leur fabriquer une animatique (storyboard animé) d&rsquo;une minute dans les deux mois qui ont suivi notre discussion. J&rsquo;ai alors, sans réfléchir, tout de suite mis à l&rsquo;image mes idées, en créant par le storyboard, sans écriture au préalable. Mon seul fil rouge était que je voulais dessiner des scènes que j&rsquo;aurais envie de voir en tant que spectateur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce film était aussi l’opportunité de consolider et concrétiser mon univers artistique. Pendant la réalisation du clip <em>Hématome </em>pour le groupe L&rsquo;Impératrice, j&rsquo;ai développé avec ma co-réalisatrice Roxane Lumeret, le sujet de la monstruosité, qui est devenu un thème récurrent dans mon travail. Dans le clip <em>How Do I Make You Love Me </em>pour l&rsquo;artiste The Weeknd, que j&rsquo;ai réalisé et imaginé seul, j’ai poussé un degré de plus dans l&rsquo;horreur, allant parfois jusqu&rsquo;au « gore », avec de la décomposition, du sang, des visages horrifiques. Tout cela m&rsquo;a donné des clés et des idées de scènes que je désirais mettre au service d&rsquo;une histoire originale et plus personnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis également fasciné par les questionnements métaphysiques, l&rsquo;astronomie, l&rsquo;inconscient. Mon précédent court métrage, réalisé en groupe, avait pour thème la zététique, c&rsquo;est à dire l&rsquo;étude rationnelle opposée aux sciences occultes. Je crois que j&rsquo;ai toujours aimé ces sujets, et ils sont naturellement venus à moi pendant la création de ce film, comme guidés par mon subconscient.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/entretien-jocelyn-charles-4-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-62683" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/entretien-jocelyn-charles-4-1024x576.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/entretien-jocelyn-charles-4-300x169.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/entretien-jocelyn-charles-4-768x432.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/entretien-jocelyn-charles-4-1536x864.jpg 1536w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/entretien-jocelyn-charles-4.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Il y a dans votre film une dimension horrifique hallucinée qui tend vers le grotesque, et qui m&rsquo;a évoqué les mangas d&rsquo;horreur comme ceux de Junji Ito par exemple. Est-ce que cela constituait une influence ou aviez-vous d&rsquo;autres inspirations ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Bien vu ! Je suis en effet assez fan du travail de Junji Ito. J&rsquo;ai d&rsquo;ailleurs réalisé en 2021 avec la chaîne américaine Adult Swim, qui diffusait une adaptation du manga <strong>Spirale </strong>de Junji Ito, une animation hommage à cette œuvre. Je suis très influencé par la narration visuelle japonaise, que ce soit en manga ou en animation, et il faut avouer qu&rsquo;ils sont les maîtres dans les histoires à destination des adolescents / adultes. Là où en occident, l&rsquo;animation ou la bd restent plutôt cantonnés à un public très jeune. J&rsquo;ai aussi été très inspiré par les frères Coen pour le mélange entre burlesque et violence, et plus récemment par les frères Safdie pour leurs trips effrénés et haletants, enrobés de beaucoup de poésie.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/entretien-jocelyn-charles-5-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-62684" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/entretien-jocelyn-charles-5-1024x576.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/entretien-jocelyn-charles-5-300x169.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/entretien-jocelyn-charles-5-768x432.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/entretien-jocelyn-charles-5-1536x864.jpg 1536w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/entretien-jocelyn-charles-5.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Comment vous est venu l&rsquo;idée de caster Danièle Evenou pour cette voix particulièrement importante du film, et pouvez-vous nous parler de votre collaboration ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Pour être honnête, Danièle n&rsquo;était pas la première voix à laquelle j&rsquo;avais pensé. J&rsquo;ai voulu une voix capable d&rsquo;improviser, qui avait du caractère, qui paraissait déjà déjantée sans même voir son visage. Je voulais que la comédienne n&rsquo;ait presque pas à jouer, juste à être elle-même. Avec mes producteurs, nous avions contacté Béatrice Dalle qui aurait évidemment grandement imprégné le film de sa personnalité (peut-être trop après considération ?). Finalement cela n&rsquo;a pas pu se concrétiser avec Béatrice, et après des heures de visionnage de comédiennes sur internet, je suis tombé sous le charme de la personnalité de Danièle, notamment une interview dans laquelle elle parle de ses relations passées. La projection était aisée étant données les similitudes entre son récit et le thème de mon film, nous l&rsquo;avons donc contactée et elle a accepté avec beaucoup de gentillesse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Finalement, n&rsquo;ayant qu&rsquo;une journée d&rsquo;enregistrement pour 15mn de film, je n&rsquo;ai pas pu m&rsquo;offrir le luxe d&rsquo;essayer l&rsquo;improvisation avec Danièle, j&rsquo;ai senti que la singularité de l&rsquo;histoire, le contexte de notre rencontre et son expérience passée ne l&rsquo;avaient pas aidée pour ce type d&rsquo;exercice. Mais elle a pu tout de même insuffler énormément de personnalité à mon texte, et je suis très fier du résultat.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/entretien-jocelyn-charles-6-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-62685" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/entretien-jocelyn-charles-6-1024x576.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/entretien-jocelyn-charles-6-300x169.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/entretien-jocelyn-charles-6-768x432.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/entretien-jocelyn-charles-6-1536x864.jpg 1536w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/entretien-jocelyn-charles-6.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Votre utilisation des couleurs est frappante et suit davantage les émotions qu&rsquo;une représentation réaliste. Comment avez-vous approché ce surprenant usage des couleurs ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La couleur est évidemment un curseur essentiel d&rsquo;émotions. Le bleu et le violet du train amènent une froideur qui prépare l&rsquo;évènement dramatique à venir, et les couleurs chaudes du paysage qui défile nous invitent dès le départ à voir la nature comme un échappatoire plus réconfortant. Les personnages, eux, sont très souvent dotés de couleurs très saturées, pour ramener de la légèreté, presque un côté enfantin à leurs apparences. Les couleurs saturées ont disparu progressivement depuis les années 60, il y a eu un déclin dans tous les domaines, mobilier, objets, vêtements, et même dans la bande dessinée et la pop culture plus généralement. </p>



<p class="wp-block-paragraph">En plus de la légèreté, pour moi elles amènent aussi de l&rsquo;humour, comme une façon de se prendre moins au sérieux. Je pense par exemple à la figure de Superman, dans les années 50, les couleurs étaient saturées, les poses, les décors, tout était stylisé, avec beaucoup de symbolisme. Aujourd&rsquo;hui, les comics ou les films adoptent des couleurs ternes, se prennent très au sérieux, le costume de Superman est devenu presque gris : je trouve ça dommage.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/entretien-jocelyn-charles-3-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-62689" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/entretien-jocelyn-charles-3-1024x576.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/entretien-jocelyn-charles-3-300x169.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/entretien-jocelyn-charles-3-768x432.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/entretien-jocelyn-charles-3-1536x864.jpg 1536w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2025/05/entretien-jocelyn-charles-3.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Qu&rsquo;est-ce qui vous a dirigé vers ce thème de la peur, pouvez-vous nous en dire davantage sur ce que vous souhaitiez explorer à travers ce film et ses récits horrifiques enchevêtrés ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Je trouve que le genre de l&rsquo;horreur est un genre « populaire » qu&rsquo;on associe souvent à tort à de la sous-culture, un genre moins noble que celui du drame ou de la romance. C&rsquo;est pourtant le seul qui peut réellement ajouter une nouvelle émotion à notre palette d&rsquo;émotions de spectateur : la peur. Comme une nouvelle couleur, on peut l&rsquo;associer à d&rsquo;autres, la mélanger, l&rsquo;effacer ou l&rsquo;étaler.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis fasciné par le travail de Ari Aster, qui a su esthétiser l&rsquo;horreur par son originalité dans la mise en scène et dans les situations qu&rsquo;il crée. J&rsquo;aimerais insuffler de l&rsquo;humour dans ces situations, comme il a pu le faire dans son dernier film <strong>Beau is Afraid</strong>, ou comme pourrait le faire Jordan Peele dans ses films. J&rsquo;ai également été très touché par le chef d&rsquo;œuvre coréen <strong>The Strangers</strong>, qui mélange les genres, les tons, et qui revisite les films de possession avec le chamanisme et le folklore coréen.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Se raconter des histoires d&rsquo;horreur a toujours été le petit plaisir des adolescents et mêmes des plus âgés : le fantasme de l&rsquo;histoire au coin du feu, qui nous fait frissonner. C&rsquo;est, comme avec les couleurs, une volonté d&rsquo;amener de la légèreté dans la forme, du divertissement, pour mieux jouer, par contraste, avec un fond plus poétique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, l&rsquo;animation étant un medium extrêmement chronophage (animer un personnage se déplacer d&rsquo;une pièce à l&rsquo;autre, d&rsquo;un endroit à un autre, étant si long et fastidieux à fabriquer) que l&rsquo;idée de se raconter des histoires est aussi un moyen de gagner du temps, de jouer avec mon medium : elle m&rsquo;autorise à me téléporter d&rsquo;un décor à un autre, avoir comme une succession d&rsquo;illustration, comme une suite de petits GIF. Je crois que ça me plait de fonctionner ainsi.</p>



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<p class="wp-block-paragraph"><em>Entretien réalisé par Nicolas Bardot le 7 mai 2025. Un grand merci à Andréa Goncalves.</em></p>



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		<title>TIFF &#124; Critique : Minotaure</title>
		<link>https://lepolyester.com/critique-minotaure/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Jun 2026 02:28:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Toutes les critiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Russie, 2022. Gleb, chef d’entreprise prospère, vit avec sa femme Galina et leur fils dans une ville de province. Il [&#8230;]</p>
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									<p><strong>Russie, 2022. Gleb, chef d’entreprise prospère, vit avec sa femme Galina et leur fils dans une ville de province. Il se retrouve confronté à des problèmes professionnels croissants, dans un monde de plus en plus instable. L’effondrement d’une vie soigneusement construite bascule rapidement dans la violence.</strong></p>								</div>
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									<p><b>Minotaure</b><br />France, 2026<br />De Andreï Zviaguintsev</p><p>Durée : 2h15</p><p>Sortie : 14/10/2026</p><p>Note : <img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-123" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2018/07/5-6.png" alt="" width="100" height="14" /></p>								</div>
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									<h4><strong>SANS RETOUR</strong></h4><p>C&rsquo;est la double peine pour les protagonistes de <strong>Minotaure </strong>: non seulement iels vivent dans l&rsquo;enfer de la Russie, mais ce coin paumé a l&rsquo;air absolument sinistre. Droits dans leurs chaussures lustrées et leurs costumes propres, des hommes probablement puissants se réunissent au bureau, sous un portrait de Poutine, afin de lister des citoyens qui devront partir à la guerre. Cela semble d&rsquo;un cynisme absolu – mais à ce stade du film, on n&rsquo;a encore rien vu en termes de cynisme. Neuf longues années se sont écoulées entre <strong>Faute d&rsquo;amour</strong> et <strong>Minotaure</strong>. Entre temps, Andreï Zviaguintsev a contracté une forme très sévère de covid et a financé son dernier film entièrement hors de Russie – ce qui, vu la férocité du propos, n&rsquo;a rien d&rsquo;étonnant.</p><p><em>« Nique ta guerre »</em> dit un graffiti au mur, mais cette colère ressemble à un cri anonyme dans le vide. La guerre est absente de l&rsquo;écran, on ne voit ni soldat sur le front, ni mort, ni bombes. La guerre traverse pourtant tout le film, à l&rsquo;image de ce convoi de tanks placés sur un train en marche. Mais papa, pour l&rsquo;instant, a le sentiment d&rsquo;avoir les mains propres. Papa enseigne à son fils comment on doit être un vrai homme qui se bat, soi-disant pour se défendre. Isolée dans les bois, la maison de verre suppose une forme de transparence, et pourtant rien n&rsquo;est si clair au sein même de la famille.</p><p>Sans trop en dévoiler, <strong>Minotaure</strong> glisse minutieusement d&rsquo;un drame social sur un pays entier à un drame conjugal. Cela pourrait être une réduction d&rsquo;échelle un peu frustrante et étonnante, mais c&rsquo;est au contraire ainsi que le film trouve un relief inattendu. La première partie de <strong>Minotaure</strong> fonctionne, mais elle peut avoir la pesanteur des derniers Zviaguintsev comme <strong>Leviathan</strong> ou <strong>Faute d&rsquo;amour</strong>. Le glissement vers le film noir donne au long métrage une tension vénéneuse et efficace qui rappelle son excellent <strong>Elena</strong>, film dont les signes extérieurs paraissent (à tort) moins ambitieux mais qui est à nos yeux une de ses meilleures réussites. Du marécage dans lequel se débat la Russie (récit auquel on pouvait peut-être s&rsquo;attendre), <strong>Minotaure</strong> passe à un marécage personnel qui semble décentrer le sujet et rebattre les cartes.</p><p>On parle pourtant de la même chose : une société pourrie, hantée par des hommes se dévorent, et dans laquelle il n&rsquo;y a aucune forme d&rsquo;espoir. De la lumière bleue froide qui glace le décor à la décharge à ciel ouvert, on ne sait plus où mettre le pied dans cette Russie, aussi inextricable qu&rsquo;un labyrinthe. Signalons également le relief de l&rsquo;habillage sonore, qui ne dit jamais exactement la même chose que l&rsquo;image. Autant d&rsquo;éléments qui rendent le public actif devant <strong>Minotaure</strong>, alors que les autorités dépeintes dans le film finissent par tenir des discours aussi idiots qu&rsquo;infantilisants, avec un champ lexical digne d&rsquo;une chanson de Bernard Minet. C&rsquo;est pourtant le monde de <strong>Minotaure</strong>, notre monde, celui où la vérité n&rsquo;a strictement plus aucune forme d&rsquo;importance et où seuls subsistent des simulacres pathétiques. On croit avoir vu venir la parabole de Zviaguintsev, celle-ci s&rsquo;avère encore plus cinglante que prévu.</p><p>| Suivez Le Polyester sur <a href="https://bsky.app/profile/lepolyester.bsky.social">Bluesky</a> et <a href="https://www.instagram.com/le_polyester/">Instagram !</a> |</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><strong><span class="author">par Nicolas Bardot<br /></span></strong></p>								</div>
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		<title>TIFF &#124; Critique : Fatherland</title>
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		<pubDate>Sat, 20 Jun 2026 01:01:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 1949, Thomas Mann, lauréat du prix Nobel de littérature, retourne pour la première fois en Allemagne depuis la fin [&#8230;]</p>
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									<p><strong>En 1949, Thomas Mann, lauréat du prix Nobel de littérature, retourne pour la première fois en Allemagne depuis la fin de la guerre, accompagné de sa fille Erika, actrice, écrivain et pilote de rallye. Au volant d&rsquo;une Buick noire, ils entreprennent un voyage éprouvant dans un pays qu’ils ont fui, seize ans plus tôt, lors de la prise de pouvoir du parti nazi. De Francfort, sous domination américaine, jusqu’à Weimar, contrôlée par les Soviétiques, père et fille traversent une Allemagne en ruines, coupée en deux par la guerre froide.</strong></p>								</div>
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									<p><b>Fatherland</b><br />Allemagne, 2026<br />De Pawel Pawlikowski</p><p>Durée : 1h22</p><p>Sortie : 02/12/2026</p><p>Note : <img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-123" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2018/07/5-6.png" alt="" width="100" height="14" /></p>								</div>
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									<h4><strong>JE REVIENS</strong></h4><p>Huit ans que l&rsquo;on était sans nouvelles ou presque de Pawel Pawlikowski, depuis la présentation de <a href="https://lepolyester.com/critique-cold-war/"><strong>Cold War</strong></a> en compétition à Cannes en 2018. Huit années plus tard, à nouveau dans le cadre de la compétition, le retour du cinéaste polonais était fort attendu, au point qu&rsquo;on ne sait pas bien si l&rsquo;on doit être surpris ou non de le retrouver&#8230; quasiment là où on l&rsquo;avait laissé, comme si on l&rsquo;avait quitté la veille. En effet, on pourrait extraire à l&rsquo;aveugle n&rsquo;importe quel plan de <strong>Fatherland</strong> et les admirateurs d&rsquo;<strong>Ida</strong> et <strong>Cold War</strong> reconnaitraient sans hésitation la patte du cinéaste.</p><p><strong>Fatherland</strong> est à nouveau un film historique en noir et blanc centré sur un couple de personnages emportés par l&rsquo;Histoire. Pawlikowski remonte le temps un peu plus loin cette fois-ci, jusqu&rsquo;au lendemain de la seconde guerre mondiale, son film se déroule non pas en Pologne mais en Allemagne, et la paire de protagonistes n&rsquo;est pas un duo d&rsquo;amoureux mais un père et sa fille. Et pas n&rsquo;importe quel père, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit du célèbre auteur allemand Thomas Mann qui, au moment où nous le suivons, revient de plusieurs années d&rsquo;exil et s&rsquo;apprête à recevoir deux décorations honorifiques à quelques jours d&rsquo;intervalle. L&rsquo;une en Allemagne de l&rsquo;Ouest sous présence américaine, l&rsquo;autre en Allemagne de l&rsquo;Est régie par les Russes.</p><p>D&rsquo;hôtels chics en réceptions militaires, entre collabos et survivants, le duo voyage à travers sa mère patrie (ou plutôt sa père patrie comme l&rsquo;indique le titre du film). Grand sujet, image rigoureuse, acteurs de renom, références littéraires et nombreux dialogues&#8230; les nombreux signes extérieurs de très grand sérieux dont se pare <strong>Fatherland</strong> peuvent faire craindre un moment de se retrouver face à une interro d&rsquo;Histoire ou de lettres pour laquelle on aurait oublié de réviser. Le tour de magie qui vient balayer très loin cette inquiétude se trouve justement aussi dans la trousse à outils de Pawlikowski. En effet, si le cinéaste utilise ici ces codes visuels et narratifs habituels, il n&rsquo;oublie certainement pas la qualité en or de ces précédents films : la concision.</p><p>Ce n&rsquo;est pas qu&rsquo;une question de durée totale. Le montage a beau être moins immédiatement nerveux que dans <strong>Cold War</strong>, lorsque <strong>Fatherland</strong> se termine au bout d&rsquo;1h22, on s&rsquo;en trouve le souffle coupé comme si l&rsquo;on s&rsquo;était approché trop près d&rsquo;un précipice sans le réaliser. A coup de scènes brèves, où la beauté règne sur chaque plan et où les enjeux sont expertement dosés tant par le scénario que par la qualité d&rsquo;interprétation de Sandra Hüller et Hanns Zischler, le film se transforme. Sans que l&rsquo;on puisse pointer du doigt le moment exact où cela s&rsquo;opère, le sage film en costumes devient un film de fantômes sans domiciles, à la fois poignant et incisif.</p><p>| Suivez Le Polyester sur <a href="https://bsky.app/profile/lepolyester.bsky.social">Bluesky</a> et <a href="https://www.instagram.com/le_polyester/">Instagram !</a> |</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><strong><span class="author">par Gregory Coutaut<br /></span></strong></p>								</div>
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		<title>TIFF &#124; Critique : Le Journal d&#8217;une femme de chambre</title>
		<link>https://lepolyester.com/critique-le-journal-dune-femme-de-chambre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Jun 2026 01:11:39 +0000</pubDate>
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									<p><strong>Gianina, jeune Roumaine, travaille comme employée de maison dans une famille bourgeoise bordelaise. Elle répète le soir avec une troupe de théâtre amateur le rôle d’une soubrette dans une adaptation du <em>Journal d’une femme de chambre</em> d’Octave Mirbeau. Au quotidien, elle s’occupe de Louen, le fils de ses employeurs, tandis que sa propre fille grandit loin d’elle, en Roumanie.</strong></p>								</div>
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									<p><b>Le Journal d&rsquo;une femme de chambre</b><br />France, 2026<br />De Radu Jude</p><p>Durée : 1h34</p><p>Sortie : 28/10/2026</p><p>Note : <img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-122" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2018/07/4-6.png" alt="" width="100" height="14" /></p>								</div>
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									<h4><strong>MON LAID MIROIR</strong></h4><p>Cette année à Cannes, de nombreux cinéastes étrangers se sont retrouvés aux manettes de productions françaises ou de film avec des acteurs français. Plus ou moins réussis, les résultats sont venus rappeler qu&rsquo;il faut beaucoup de talent pour ne pas perdre sa patte de cinéaste lors de tels déménagements. Auteur d&rsquo;une des œuvres les plus subversives, mais aussi les plus prolifiques, du cinéma d&rsquo;auteur de ces dernières années, <a href="https://lepolyester.com/entretien-avec-radu-jude-nattendez-pas-trop-de-la-fin-du-monde/">Radu Jude</a> avait-il suffisamment d&rsquo;inspiration pour ne rien perdre de sa verve dans ce projet francophone improbable commandité par le producteur Saïd Ben Saïd ? Déjà un film de commande, son <strong>Dracula</strong> nous avait laissé sur une note pleine de doute.</p><p>Le début de cette nouvelle adaptation du <strong>Journal d&rsquo;une femme de chambre</strong> laisse craindre une trop grande hétérogénéité et il faut quelque temps au film (pourtant pas bien long) pour trouver son assise et convaincre de sa recette. En effet, les dialogues ont d&rsquo;abord l&rsquo;air un peu toc (mais peut-être est-ce juste le fait de les entendre en français pour la première fois), la mise en abyme artificielle d&rsquo;une pièce de théâtre dans le film parait avoir été agrafée à la va-vite afin de ne pas oublier le matériau littéraire d&rsquo;origine, et Vincent Macaigne prend une place un peu trop grande avec ce qu&rsquo;il convient d&rsquo;appeler son numéro très habituel. Difficile de pointer du doigt le déclic exact, mais à force de férocité, Jude parvient pourtant à donner une direction et une harmonie à tout cela.</p><p>C&rsquo;est sans doute que le film devient de plus en plus méchant. Filmée avec l&rsquo;image trop crue d&rsquo;un téléphone, l&rsquo;opulence des rues bordelaises devient quelque chose d&rsquo;étrange et un peu dégueu. Macaigne laisse progressivement place à la très précieuse Marie Rivière, prête à se lancer avec gourmandise dans un grand show d&rsquo;humiliation volontaire. A l&rsquo;image de sa protagoniste, fière émigrée roumaine contrainte de devenir une docile femme de ménage dans une famille bourgeoise, <strong>Le Journal d&rsquo;une femme de chambre</strong> laisse monter la colère en lui, assume son vrai visage et finit par n&rsquo;avoir plus que l&rsquo;injure hilarante à la bouche. Jude peut alors laisser libre court à une caricature où même les enfants sont insultés, une comedia dell&rsquo;arte n&rsquo;ayant que faire d&rsquo;une subtilité bourgeoise qui n&rsquo;oserait pas se salir les mains.</p><p>Il manque sans doute à ce <strong>Journal d&rsquo;une femme de chambre</strong> un peu plus d&rsquo;inventivité formelle pour se hisser à la hauteur des meilleurs films de Jude. Celles et ceux qui découvriront le cinéaste par ce film-là risquent de se demander comment l&rsquo;auteur de cette farce familière peut avoir obtenu un Ours d&rsquo;or mérité il y a quelques années. On a effectivement connu Jude plus inspiré et preneur de risque, et on a hâte de le retrouver dans cette position, mais en attendant il ne s&rsquo;est pas laissé contaminer par la bourgeoisie qu&rsquo;il filme ici. Pour un invité cinématographique dans notre pays, il se comporte même avec une grossièreté réjouissante, nous renvoyant un reflet bien laid de la France. On a sûrement dû le mériter.</p><p>| Suivez Le Polyester sur <a href="https://bsky.app/profile/lepolyester.bsky.social">Bluesky</a> et <a href="https://www.instagram.com/le_polyester/">Instagram !</a> |</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><strong><span class="author">par Gregory Coutaut<br /></span></strong></p>								</div>
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		<title>Festival de Cannes &#124; Critique : Roma Elastica</title>
		<link>https://lepolyester.com/critique-roma-elastica/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Jun 2026 16:38:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>1982. Eddie est une actrice qui a eu son heure de gloire américaine. Accompagnée de Valentina, sa fidèle maquilleuse, elle [&#8230;]</p>
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									<p><strong>1982. Eddie est une actrice qui a eu son heure de gloire américaine. Accompagnée de Valentina, sa fidèle maquilleuse, elle accepte le rôle principal d’un film de science-fiction tourné à Rome, qui pourrait bien être son ultime film…</strong></p>								</div>
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									<p><b>Roma Elastica</b><br />France, 2026<br />De Bertrand Mandico</p><p>Durée : 1h47</p><p>Sortie : 23/12/2026</p><p>Note : <img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-123" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2018/07/5-6.png" alt="" width="100" height="14" /></p>								</div>
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									<h4><strong>CIMETIÈRE DE LA SPLENDEUR</strong></h4><p>Eddie est une scream queen, autant dire quelqu&rsquo;un de terriblement important pour chaque cinéphile déviant.e qui se respecte, ce qui inclut bien entendu Bertrand Mandico. La séquence d&rsquo;ouverture nous montre cette héroïne alors qu&rsquo;elle vraisemblablement contrainte de tourner l&rsquo;ultime scène d&rsquo;une série Z de pas très haute volée, mais dès qu&rsquo;elle daigne sortir de sa caravane, il n&rsquo;y a aucun doute : derrière son regard brouillé de femme perdue dans ce décor toc, Eddie est une star, une géante, une divinité tel qu&rsquo;on n&rsquo;en croise presque que dans les films de Mandico. Or, on a à peine le temps de poser les yeux sur cette charismatique comète qu&rsquo;elle est déjà happée ailleurs.</p><p>Flanquée de son assistante et unique amie (Noémie Merlant, pure dynamite), voilà Eddie dans l&rsquo;avion pour Rome, où elle est invitée à tenir le rôle principal d&rsquo;un film de science fiction. Le Rome où elle atterrit, où elle se retrouve plutôt plongée comme en apnée, ne ressemble ni à la réalité ni à une carte postale. Bertrand Mandico a tourné dans les studio de Cinecittà et <strong>Roma Elastica</strong> ressemble surtout à une succession de tableaux dans des décors rétro à l&rsquo;artifice assumé, presque des maquettes. L&rsquo;action du film se déroule entre la fin des années 70 et le début des années 80, mais son atmosphère nébuleuse vise un mélange plus grand encore.</p><p>Dans un catalogue de références et clins d&rsquo;oeil, la haute culture et la culture alternative se superposent. D&rsquo;un coté, Cocteau (cette idée de statues revêtues de peau humaine semble sortir directement de son œuvre) et bien sûr Fellini, notamment les visions baroques de ses derniers films. De l&rsquo;autre, Franco Nero et tout un imaginaire de cinéma de genre à la mauvaise réputation, qu&rsquo;il soit italien ou non. Le film qu&rsquo;Eddie est censée tourner dans ce cirque est une sorte de remake féministe de <strong>New York 1997</strong>, et c&rsquo;est une formule qu&rsquo;on pourrait offrir en compliment à <strong>Roma Elastica</strong> dans son ensemble. Un futur fantasmé de science fiction s&rsquo;y superpose avec la nostalgie d&rsquo;une civilisation qui est déjà en ruines sans s&rsquo;en rendre compte. L&rsquo;ironie a sa place dans cette étrange comédie fantastique, mais pas le cynisme.</p><p>Film-rêve et film-cauchemar, il peut avoir l&rsquo;air difficile de trouver la porte de sortie ou même une fenêtre pour respirer dans <strong>Roma Elastica</strong>, mais Mandico ne se contente pas de nous proposer une partie de <em>Memory</em> pour cinéphiles. Situé dans une sorte de réalité parallèle, son long métrage est pourtant bel et bien relié à notre monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. La scénariste du film-dans-le-film s&rsquo;avère trouver son inspiration dans son don de médium et les visions qui lui arrivent de notre futur. Cette idée malicieuse permet à Mandico de creuser ce qui est une nouvelle piste de son cinéma, ouverte dans ses derniers courts, concernant le rôle politique des artistes dans le monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui face à l&rsquo;IA, la censure et le fascisme.</p><p>La générosité de Mandico se retrouve également ailleurs. Bien entendu dans sa galerie de personnages féminins plus riches, puissants et hors-normes que n&rsquo;importe où ailleurs, et qui font de <strong>Roma Elastica</strong> non pas une simple cité des femmes mais une planète de femmes. Mais aussi dans sa direction d&rsquo;actrices. On n&rsquo;a tout simplement jamais vu Marion Cotillard ainsi. Rien que la manière que Mandico a de filmer ses yeux donne l&rsquo;impression de découvrir pour la première fois son visage pourtant familier. Après le superbe <a href="https://lepolyester.com/critique-la-tour-de-glace/"><strong>La Tour de glace</strong></a> de Lucile Hadzihalilovic, <strong>Roma Elatisca</strong> vient poursuivre la passionnante entreprise consistant à enfin débarrasser la star française des apparats bourgeois qui l&rsquo;enfermaient dans un sage cinéma à la <em>Studio Magazine</em>, pour remettre en avant son charisme, son étrangeté et l&rsquo;excellence de son jeu.</p><p>| Suivez Le Polyester sur <a href="https://bsky.app/profile/lepolyester.bsky.social">Bluesky</a> et <a href="https://www.instagram.com/le_polyester/">Instagram !</a> |</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><strong><span class="author">par Gregory Coutaut<br /></span></strong></p>								</div>
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		<title>Festival de Cannes &#124; Critique : Viva</title>
		<link>https://lepolyester.com/critique-viva/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 May 2026 15:43:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après avoir échappé de peu à la mort, Nora, 40 ans, est animée par une brûlante urgence de se sentir [&#8230;]</p>
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									<p><strong>Après avoir échappé de peu à la mort, Nora, 40 ans, est animée par une brûlante urgence de se sentir en vie. Elle se jette à corps perdu dans deux relations amoureuses avec deux hommes que tout oppose, Tom et Max, reflets de ses propres aspirations contradictoires. Mais lorsque ni l’un ni l’autre ne parvient à combler son vide intérieur, Nora est contrainte d’affronter la vérité : elle devra faire face à la peur profonde qui alimente sa soif de vivre.</strong></p>								</div>
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									<p><b>Titre</b><br />Espagne, 2026<br />D&rsquo;Aina Clotet</p><p>Durée : 1h53</p><p>Sortie : 14/10/2026</p><p>Note : <img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-122" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2018/07/4-6.png" alt="" width="100" height="14" /></p>								</div>
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									<h4><strong>T&rsquo;ES MALADE OU QUOI ?</strong></h4><p><strong>Viva</strong> s&rsquo;ouvre sur un diagnostic qui n&rsquo;a rien de joyeux : une possible rechute du cancer du sein de l&rsquo;héroïne, Nora, alors que celle-ci a déjà subi une mastectomie partielle. Visiblement pas pressée de traverser cette épreuve une seconde fois, Nora jette à peine un regard à son docteur avant de prendre la poudre d&rsquo;escampette, au propre comme au singulier. Nora n&rsquo;en parlera pas à son conjoint, ni à ses amis, elle n&rsquo;en parlera tout simplement à personne car il n&rsquo;y a rien à raconter et que tout va bien, n&rsquo;est ce pas ? Un tel déni n&rsquo;a rien de drôle, et pourtant c&rsquo;est bel et bien dans une comédie que nous plonge <strong>Viva</strong>.</p><p>Aina Clotet, qui travaille en tant qu&rsquo;actrice depuis la fin des années 90 et qui interprète ici le rôle principal, réalise son tout premier long métrage avec <strong>Viva</strong>. Elle dit avoir bâti son scénario sur ses inquiétudes les plus profondes et en effet le sujet est grave &#8211; Nora ne cache aucune de ses cicatrices, qu&rsquo;elles soient physiques ou mentales. Cette attachante héroïne n&rsquo;est pourtant pas du genre à s&rsquo;en laisser compter. Sur le chantier de sa maison de campagne, elle est aussi bien capable d&rsquo;abattre les murs que de trouver une source d&rsquo;eau en plein désert, ou presque.</p><p>Une telle formule pourrait laisser croire que <strong>Viva</strong> n&rsquo;a d&rsquo;autre ambition que d&rsquo;offrir un « magnifique portrait de femme » comme le veut cette satanée formule pleine de clichés. Aina Clotet a heureusement plus d&rsquo;humour que ça. Le chemin de Nora vers la liberté retrouvée va s&rsquo;avérer plus dingo que prévu, à mesure que se réveille sa libido et qu&rsquo;un gamin de 20 ans se met à lui envoyer des sextos. En toute honnêteté, le tour de piste que la réalisatrice nous offre à travers les situations cocasses ne cherche pas une originalité révolutionnaire.<strong> Viva</strong> provoque moins des éclats de rires choqués qu&rsquo;un gros capital sympathie. Clotet sait néanmoins trouver le rythme nécessaire pour nous émouvoir de bien des manières avec cette héroïne désinvolte qui est tantôt l&rsquo;instigatrice, tantôt le risible jouet du joyeux chaos sensuel qu&rsquo;est sa vie.</p><p>| Suivez Le Polyester sur <a href="https://bsky.app/profile/lepolyester.bsky.social">Bluesky</a> et <a href="https://www.instagram.com/le_polyester/">Instagram !</a> |</p>								</div>
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		<title>Festival de Cannes &#124; Critique : Notre salut</title>
		<link>https://lepolyester.com/critique-notre-salut/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 May 2026 08:32:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Septembre 1940, le régime de Pétain se met en place. Henri Marre, 49 ans, débarque à Vichy sans le sou, [&#8230;]</p>
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									<p><strong>Septembre 1940, le régime de Pétain se met en place. Henri Marre, 49 ans, débarque à Vichy sans le sou, sans contact, loin de sa femme et ses enfants. Il voit dans la nouvelle administration l’opportunité de trouver enfin la place qu’il mérite. Dans sa valise, son traité politique édité à compte d’auteur, Notre Salut, où il défend ses convictions patriotiques et ses méthodes d’ingénieur. Son credo : « gagner en efficacité » pour relever la France de la débâcle. Mais peut-être qu’Henri cherche avant tout à fuir sa propre débâcle…</strong></p>								</div>
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									<p><b>Notre salut</b><br />France, 2026<br />De Emmanuel Marre</p><p>Durée : 2h30</p><p>Sortie : 30/09/2026</p><p>Note : <img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-123" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2018/07/5-6.png" alt="" width="100" height="14" /></p>								</div>
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									<h4><strong>TOUJOURS DU BON CÔTÉ</strong></h4><p>Apprendre à gueuler correctement <em>« Vive le Maréchal ! »</em> pour célébrer Pétain n’est pas chose si aisée. C’est ce qu’expérimentent quelques personnages dans une scène de <strong>Notre salut</strong> : la voix est parfois timide, la honte bloque tout dans la gorge. D’autres, en revanche, n’ont ni ces difficultés ni ces états d’âme et crient <em>« Vive le Maréchal ! »</em> avec autant de simplicité que de naturel, comme s’ils poussaient un <em>« Allez les Verts »</em> à un quelconque match de foot. Le nouveau film du Français Emmanuel Marre, révélé avec le formidable moyen métrage <a href="https://lepolyester.com/entretien-avec-emmanuel-marre/"><strong>D’un château l’autre</strong></a>, raconte la France de la Seconde Guerre Mondiale – et pas vraiment du côté des héros. Lorsque Marre filme une discussion épineuse au tout début du long métrage, la caméra reste concentrée sur Henri (prodigieusement interprété par Swann Arlaud) qui écoute. On s’attend comme par réflexe à ce qu’il intervienne, qu’il soit un héros, qu’il soit un résistant – c’est tout le contraire qui arrive et ce sera le sujet du film.</p><p>Le réalisme de <strong>Notre salut</strong> est à la fois dû à la façon qu’a Emmanuel Marre de refuser la romantisation du récit national (combien de films de résistants a-t-on vu au cinéma contre combien de récits de collabos ?) mais aussi tout simplement au matériel qu’il adapte, même librement. Le personnage principal de <strong>Notre salut</strong> se nomme Henri Marre, c’est tout simplement l’arrière-grand-père du cinéaste, et ce dernier s’est inspiré de ses correspondances pour écrire son film. Mais si le long métrage semble dépeindre la Seconde Guerre Mondiale et la collaboration de façon réaliste et comme on ne les avait jamais vues, c’est aussi grâce à ses artifices. A de nombreuses reprises, les personnages semblent toustes plongé.es dans le noir, comme éclairé.es de manière brutale, maladroite, avec un air de cauchemar, à la lampe de poche. Voilà un parti-pris formel saisissant pour mettre en scène ce monde sur lequel la nuit la plus lugubre est tombée.</p><p>La caméra à l’épaule invite une forme de déséquilibre à l’image, comme si les personnages claudiquaient, marchaient sur des œufs. C’est que nous sommes dans une période urgente, une époque dramatique où tout peut s’emballer très vite – et certains n’ont pas besoin d’être poussés longtemps pour se rallier aux pires causes. Le Pétainisme était une opportunité : voilà entre autres ce que raconte le film. Henri Marre était un médiocre, <strong>Notre salut</strong> est l’histoire d’un trou du cul. Mais un trou du cul qui a compris que sa condition de petit mec pathétique pouvait être un atout s’il savait se poser au bon endroit, auprès des bonnes personnes. Henri Marre est un <em>« fanfaron opportuniste »</em> comme on le décrit dans le long métrage, c’est un perdant qui n’a pas les codes, un guignol lâche et pathétique comme d’autres collabos – ce pauvre type est fascinant et à travers lui on regarde l’Histoire autrement, et probablement mieux qu’à travers les déguisements héroïsants d’autres récits épiques.</p><p><strong>Notre salut</strong> est un drame historique de 2h30 mais il ne pèse jamais sur lui la raideur qui guette ce type de reconstitution. On a parlé de son approche formelle qui dynamite les clichés, mais il y a également un trouble qui garde <strong>Notre salut</strong> toujours vivant et jamais figé. Le film n’est pas une parodie, mais il peut être une comédie très noire et cinglante. Les discussions de décisionnaires, entre deux picoles et une tarte aux pommes (bien sucrée), semblent sorties d’un mockumentary. Certains propos tenus dans <strong>Notre salut</strong> ressemblent comme deux gouttes d’eau à des propos politiques lamentables que l’on entend aujourd’hui : Henri Marre et ses potes vivent dans les années 40 mais on croirait voir une caméra cachée dans des bureaux de macronistes. <em>« Les Allemands sont beaucoup plus polis que les Français »</em> dit une dame élégante, passant d&rsquo;ores et déjà sur le fait que ces gens polis sont des nazis.</p><p>Emmanuel Marre saisit de manière à la fois grinçante et grotesque une époque, mais aussi, plus profondément, ce que cette déchéance a d&rsquo;humain. Dans <strong>D&rsquo;un château l&rsquo;autre</strong>, on apercevait déjà un protagoniste au bord du précipice, se questionnant sur son possible vote RN. Parmi les collabos de <strong>Notre salut</strong>, on a sauté le pas et le basculement tragique narré par Marre peut avoir des conséquences très rapides. Son impressionnant long métrage est vu avec des yeux de 2026 et comme on l&rsquo;entend durant le film : <em>« Je ne suis pas sûr que le monde change tant que ça »</em>.</p><p>| Suivez Le Polyester sur <a href="https://bsky.app/profile/lepolyester.bsky.social">Bluesky</a> et <a href="https://www.instagram.com/le_polyester/">Instagram !</a> |</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><strong><span class="author">par Nicolas Bardot<br /></span></strong></p>								</div>
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		<title>Festival de Cannes &#124; Entretien avec Berthold Wahjudi</title>
		<link>https://lepolyester.com/entretien-avec-berthold-wahjudi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 May 2026 08:43:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Distingué au dernier Festival de Cannes dans le cadre de la Semaine de la Critique, « Vaterland » or A Bule Named [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://lepolyester.com/entretien-avec-berthold-wahjudi/">Festival de Cannes | Entretien avec Berthold Wahjudi</a> est apparu en premier sur <a href="https://lepolyester.com">Le Polyester</a>.</p>
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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Distingué au dernier Festival de Cannes dans le cadre de la Semaine de la Critique, <em>« Vaterland » or A Bule Named Yanto</em> est réalisé par le Germano-Indonésien Berthold Wahjudi. Ce court métrage raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;un jeune homme pris entre le pays où il vit (l&rsquo;Allemagne) et son pays d&rsquo;origine (l&rsquo;Indonésie), alors qu&rsquo;il se rend à Yogyakarta pour des retrouvailles familiales. A travers la douceur de la lumière, le ton tendre de l&rsquo;écriture et la délicatesse de sa bande originale, Wahjudi fait le portrait attachant d&rsquo;un héros solitaire qui n&rsquo;est considéré à sa place nulle part par les autres, et examine avec finesse les questions d&rsquo;identité et d&rsquo;appartenance. Le réalisateur est notre invité.</strong></h4>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>A quel point <em>Vaterland </em>est tiré de votre propre expérience, et quelle place avez-vous laissée à la fiction&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Je voulais réaliser ce film pour explorer mes propres sentiments conflictuels envers mon identité raciale. En Allemagne, je suis toujours perçu comme un étranger, un immigrant, parfois une menace. En Indonésie, je deviens soudainement blanc, quelqu’un de privilégié et riche. Le dénominateur commun, cependant, est que je reste un outsider dans les deux sociétés. Bien que le film soit très écrit de mon point de vue, j’ai finalement opté pour un scénario fictif autour d’une relation familiale afin de modeler mes expériences en une histoire.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="617" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-2-1024x617.jpg" alt="" class="wp-image-72181" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-2-1024x617.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-2-300x181.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-2-768x463.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-2.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Yanto n&rsquo;est jamais complètement seul, mais c&rsquo;est comme si nous pouvions ressentir sa solitude tout au long du film. Comment avez-vous travaillé pendant le processus d&rsquo;écriture, et même le tournage, pour aborder ce sujet avec cette subtilité ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Notre thème était plus « l&rsquo;aliénation » que « la solitude », mais je pense que cette dernière est définitivement une conséquence naturelle de la première. Mon directeur de la photographie, Noah Böhm, qui est germano-ghanéen, et moi avons eu beaucoup de conversations sur nos propres sentiments d’aliénation vis-à-vis de l’Allemagne et de nos supposés « pays d’origine ». Il avait une compréhension très instinctive et vécue de l’histoire que je voulais raconter, et je pense que cela se traduit magnifiquement dans son approche formelle.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="617" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-4-1024x617.jpg" alt="" class="wp-image-72182" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-4-1024x617.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-4-300x181.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-4-768x463.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-4.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Votre utilisation de la musique apporte une sensation particulière et douce à <em>Vaterland</em>. Pouvez-vous m&rsquo;en dire plus sur cet élément ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;adore personnellement ce que j&rsquo;appelle des « mixtape movies ». Les films qui restent avec moi pendant des années sont généralement ceux dont je ne peux m&#8217;empêcher d&rsquo;écouter les bandes originales en boucle. Notre film contient presque uniquement des chansons déjà existantes, certaines indonésiennes, certaines musiques jazz basées sur la musique traditionnelle indonésienne et la musique classique européenne. <strong>Vaterland </strong>joue avec l&rsquo;idée de l&rsquo;image et de l&rsquo;image de soi. Quand le personnage principal Yanto est-il perçu comme un étranger et quand comme quelqu&rsquo;un qui appartient à l&rsquo;endroit où il se trouve ? La musique reflète cette tension et l&rsquo;entre fusion culturelle et orientalisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a un morceau récurrent de Schumann dans le film intitulé <em>Gens et pays étrangers</em> — une imagination romantique allemande de l’Orient, faisant écho à la tendance intériorisée de Yanto à se voir à travers le prisme de l’eurocentrisme. Mais il y a également <em>Pagodes </em>de Debussy, qu’il a composé après avoir assisté à la performance d’un orchestre de gamelan javanais à l’Exposition universelle de Paris en 1889 — probablement l’une des premières occurrences de la fusion de la musique occidentale avec la musique indonésienne. J’adore ces deux morceaux en eux-mêmes, mais les utiliser a également ajouté une autre couche de sens au film.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="617" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-1-1024x617.jpg" alt="" class="wp-image-72183" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-1-1024x617.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-1-300x181.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-1-768x463.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-1.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Comment êtes-vous venu à cette idée poétique d&rsquo;avoir Yanto dans un train allemand, arrivant directement en gare en Indonésie&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;idée initiale derrière le film était d&rsquo;avoir une structure en chapitres, chaque chapitre étant centré autour de l&rsquo;idée qu&rsquo;une vidéo ou une photo soit prise de Yanto comme moyen de le marquer soit comme un étranger, soit comme quelqu&rsquo;un qui appartient à un endroit. Cela nous a permis de condenser une histoire assez vaste (s&rsquo;étendant sur deux continents) en une construction dramaturgique adaptée à la forme d&rsquo;un court métrage. Chaque chapitre commence par un moyen de transport (trains, bus, avion) montrant Yanto comme un personnage perpétuellement en transit, sans idée claire de sa destination.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="617" src="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-3-1024x617.jpg" alt="" class="wp-image-72184" srcset="https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-3-1024x617.jpg 1024w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-3-300x181.jpg 300w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-3-768x463.jpg 768w, https://lepolyester.com/wp-content/uploads/2026/05/vaterland-3.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h4 class="wp-block-heading"><strong>Qui sont vos cinéastes de prédilection et/ou qui vous inspirent&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Actuellement j&rsquo;écoute beaucoup les bande originales des Wong Kar-wai des années 90, des films de Sofia Coppola du début des années 2000, et des films actuels de Joachim Trier – tous ont influencé la sensibilité et l&rsquo;utilisation de la musique de <strong>Vaterland</strong>. Mais je suis toujours excité à l&rsquo;idée de découvrir de nouveaux films – <strong>Un poète</strong> de Simón Mesa Soto et <strong>Shana </strong>de Lila Pinell me viennent à l&rsquo;esprit.</p>



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<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="jetpack-video-wrapper"><iframe title="Trailer - „VATERLAND“ ODER EIN BULE NAMENS YANYO dir. Berthold Wahjudi (French Sub)" width="640" height="480" src="https://www.youtube.com/embed/X_DFVZrtxlw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Entretien réalisé par Nicolas Bardot le 26 mai 2026. </em></p>



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