Critique : Fuxi – Four Tales of Feasting

À travers quatre millénaires, le Soleil et la Lune sont témoins de quatre histoires de festins : des funérailles d’un ancêtre préhistorique au rite printanier d’un roi mythique, du banquet d’un poète exilé à l’anniversaire d’un garçon orphelin, où vivants et morts, dieux et fantômes se rassemblent pour savourer la joie quotidienne de la nourriture.

Fuxi: Four Tales of Feasting
Chine, 2026
De Qiu Jiongjiong

Durée : 2h15

Sortie : –

Note :

EN AVANT LES HISTOIRES

En dialecte du Sichuan, Fuxi désigne la joie du ventre. Et en effet, on mange beaucoup, et avec joie, dans Fuxi : Four Tales of Feasting, réalisé par le Chinois Qiu Jiongjiong. Découvert notamment avec New Old Play qui fut primé au Festival de Locarno avant de sortir (discrètement) sur les écrans français l’an passé, Qiu possède un style reconnaissable au premier coup d’œil avec son ample cinéma qui fait appel au théâtre et à la peinture. Fuxi : Four Tales of Feasting (dévoilé cette semaine en première mondiale au Festival de Tokyo) élargit encore le champ artistique puisque le film a été décliné en une installation présentée à la rentrée en Chine, à Chengdu.

Quatre contes, quatre époques, et des banquets en fil rouge : voici le dispositif narratif de son nouveau long métrage. A la grandeur des mythes se mêlent les histoires de la vie de tous les jours – et pourtant rien ne semble vraiment quotidien dans Fuxi. Qiu Jiongjiong a filmé entièrement en studio et ses artifices sont visibles, qu’il s’agisse des décors ou des costumes, des perruques ou des masques, des maquillages ou des têtes artificielles. Voilà qui participe à rendre le film différent, poétique et inventif. On ne sait jamais trop ce que le Fuxi va nous réserver visuellement et voilà une qualité que l’on aimerait retrouver dans plus de longs métrages.

La structure en différentes histoires permet également au film de trouver une respiration qui manquait à New Old Play, même si le long métrage finit par manquer de dynamisme sur ses 2h15. Mais cet ovni qui se déploie de la préhistoire au vingtième siècle offre un spectacle d’une générosité qui efface quelque peu ses défauts. Qiu Jiongjiong et son équipe ont accompli un travail remarquable et exquis sur les couleurs, sur l’utilisation de la lumière, sur la composition du cadre. Cette beauté parvient à ne pas être figée grâce à son atmosphère de fantaisie qui laisse une place précieuse à l’humour. Les repas s’enchainent au rythme des vies flottantes, sous le soleil et la lune. Récit dans le récit dans le récit, Fuxi : Four Tales of Feasting est un coffre à histoires dont l’imaginaire trouve peu de concurrents cette année.

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par Nicolas Bardot

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