Une famille brésilienne noire dans la ville de Belo Horizonte lutte pour reconstruire sa vie après une perte récente. Pris entre souvenirs et cauchemars, et incapables d’exprimer leurs sentiments les uns aux autres, une mère et ses enfants tentent d’échapper à la douleur du deuil en s’immergeant dans leurs routines individuelles.
Our Secret
Brésil, 2026
De Grace Passô
Durée : 1h48
Sortie : –
Note : ![]()
L’INCONNU DANS LA MAISON
La Brésilienne Grace Passô signe son premier long métrage en tant que réalisatrice avec Our Secret (Nosso segreto), mais elle est, en tant qu’actrice, l’un des visages les plus familiers du cinéma d’auteur brésilien. Ces dernières années, on a pu la voir entre autres dans Temporada d’André Novais Oliveira, Au cœur du monde de Gabriel et Maurilio Martins, Desterro de Maria Clara Escobar ou encore Levante de Lillah Halla. Formée au théâtre où elle met également en scène, Passô possède un regard qui se remarque assez vite dans Our Secret. Si le film débute comme ce qui ressemble à un drame familial possiblement confortable, sa construction et sa mise en scène l’emmènent ailleurs.
Quand nos morts nous manquent, c’est comme une petite chose qui reste en soi sans qu’on ne sache ce que c’est : voilà plus ou moins ce que dit un protagoniste au début du long métrage, au fil d’une conversation profonde mais qui s’intègre globalement dans le small talk d’un trajet de taxi. Our Secret balaie ensuite la ville pour se recentrer sur la maison familiale. Quelque chose l’imprègne, comme l’infiltration qui coule du plafond. Our Secret s’articule autour d’une tension proche du réalisme magique – la cinéaste citant même l’afrofuturisme parmi ses influences. Ce trouble et ces éclats surréels sont d’autant plus frappants qu’ils prennent place dans un film d’une sensibilité réaliste.
Plus étrange que le drame chaleureux attendu, Our Secret se distingue néanmoins par sa douceur générale : celle du ton, des couleurs, des interactions entre les protagonistes. On s’entraine à dire je t’aime quand ça ne veut pas sortir – et il y a visiblement des choses qui restent bloquées, peut-être dues à une absence dans la maison qui pèse aussi fort qu’une omniprésence. A nos yeux trop laborieux narrativement pour être parfaitement réussi, ce premier essai brille néanmoins par la poésie de son élégance formelle et par certaines de ses images marquantes, des contrastes forts qui font habilement basculer notre regard et notre point de vue.
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par Nicolas Bardot
