Quels sont les films à ne pas manquer en août ? Le Polyester vous propose sa sélection de longs métrages à découvrir en salles.

• Slow, Marija Kavtaradze (6 août)
L’histoire : Elena, une danseuse épanouie, fait la rencontre de Dovydas, un interprète en langue des signes. Leur connexion est immédiate. Alors que leur lien s’approfondit, Dovydas confie à Elena, qu’il ne ressent aucun désir sexuel pour elle, ni pour personne : il est asexuel. Ensemble, ils tentent de bâtir une nouvelle forme d’intimité.
Pourquoi il faut le voir : Distinguée au Festival de Sundance, cette miniature amoureuse raconte une histoire touchante, traitée avec intelligence et finesse par une cinéaste (lire notre entretien) qui sait utiliser ellipses et silences.

• A feu doux, Sarah Friedland (13 août)
L’histoire : Élégante octogénaire, Ruth Goldman reçoit un homme à déjeuner. Alors qu’elle pense poursuivre le rendez-vous galant vers une destination surprise, elle est menée à une résidence médicalisée. Portée par un appétit de vivre insatiable et malgré sa mémoire capricieuse, Ruth s’y réapproprie son âge et ses désirs.
Pourquoi il faut le voir : A feu doux est l’une des très belles découvertes de cet été dans laquelle l’Américaine Sarah Friedland fait preuve d’une grande subtilité, qu’il s’agisse de l’épure de son écriture ou de la délicatesse de sa mise en scène. Un film qui laisse une place précieuse à l’introspection, à la fois pour sa protagoniste et pour le public.

• En boucle, Junta Yamaguchi (13 août)
L’histoire : Une nouvelle journée commence à l’auberge Fujiya, nichée au coeur des montagnes japonaises. Une journée ordinaire… ou presque : car les uns après les autres, les employés et les clients se rendent compte que les mêmes 2 minutes sont en train de se répéter à l’infini… Certains veulent en sortir, d’autres préfèrent y rester, mais tous cherchent à comprendre ce qui leur arrive.
Pourquoi il faut le voir : Remarqué avec l’extravagant Beyond the Infinite Two Minutes, le Japonais Junta Yamaguchi signe un nouvel ovni ludique et tourbillonnant avec ce récit de science-fiction à la fois minimaliste et vertigineux, qui manie avec habileté les variations de registres.

• Miroirs No. 3, Christian Petzold (27 août)
L’histoire : Lors d’un week-end à la campagne, Laura, étudiante à Berlin, survit miraculeusement à un accident de voiture. Physiquement épargnée mais profondément secouée, elle est recueillie chez Betty, qui a été témoin de l’accident et s’occupe d’elle avec affection. Peu à peu, le mari et le fils de Betty surmontent leur réticence, et une quiétude quasi familiale s’installe. Mais bientôt, ils ne peuvent plus ignorer leur passé, et Laura doit affronter sa propre vie.
Pourquoi il faut le voir : Avec ce long métrage sélectionné à la Quinzaine des Cinéastes, le grand cinéaste allemand signe un nouveau récit fantomatique qui maintient son mystère jusqu’au bout. Petzold prouve qu’il peut raconter des choses ambitieuses avec des éléments narratifs minimalistes, c’est sans doute là la marque des grands auteurs.

• Fantôme utile, Ratchapoom Boonbunchachoke (27 août)
L’histoire : Après la mort tragique de Nat, victime de pollution à la poussière, March sombre dans le deuil. Mais son quotidien bascule lorsqu’il découvre que l’esprit de sa femme s’est réincarné dans un aspirateur. Bien qu’absurde, leur lien renaît, plus fort que jamais — mais loin de faire l’unanimité. Sa famille, déjà hantée par un ancien accident d’ouvrier, rejette cette relation surnaturelle. Tentant de les convaincre de leur amour, Nat se propose de nettoyer l’usine pour prouver qu’elle est un fantôme utile, quitte à faire le ménage parmi les âmes errantes…
Pourquoi il faut le voir : Grand Prix à la dernière Semaine de la Critique, ce premier film thaïlandais est une comédie mélancolique où la malice, la sensualité et la philosophie cohabitent dans un curieux mélange. Fantôme utile alterne de manière imprévisible moments fous et élégante retenue, le tout avec une mise en scène soignée.
Nicolas Bardot
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