8 films à surveiller au Festival des 3 Continents 2018

Le Festival des 3 Continents, dédié aux cinématographies d’Asie, d’Afrique et d’Amérique Latine, débute ce mardi 20 novembre au durera jusqu’au 27 novembre à Nantes. Et il sera à suivre sur Le Polyester ! C’est une année très particulière puisqu’il s’agit de sa 40e édition. Le directeur artistique Jérôme Baron a détaillé pour nous les temps forts du festival. Comme chaque année, les riches rétrospectives proposeront quelques trésors. Nous vous proposons, du côté des avant-premières, 8 films qu’il faudra surveiller…

 

A Land Imagined | Yeo Hsiew Hua (Compétition)

Le pitch : À Singapour, le détective Lok enquête sur la disparition d’un ouvrier chinois du nom de Wang. Celui-ci travaillait comme d’autres immigrés sur les chantiers d’extension de la ville, enfouissant mètre par mètre le littoral de sable. Lok récolte des indices, prenant place dans les lieux laissés vacants par Wang…

Pourquoi il faut aller le voir : Le second long métrage du réalisateur singapourien, Yeo Hsiew Hua a créé la surprise cet été en remportant le Léopard d’or du meilleur film à Locarno. Et l’on sait que le festival suisse a l’oeil pour découvrir de grands nouveaux talents, notamment d’Asie.

An Elephant Sitting Still | Hu Bo (Un état des lieux du cinéma contemporain)

Le pitch : On raconte que quelque part dans la campagne chinoise, du côté de Manzhouli, un éléphant échappé d’un cirque reste assis toute la journée à méditer sur les bassesses du monde. En attendant de le rejoindre, il faut encore trouver la force de faire vivre ce rêve depuis une vaste et sombre ville post-industrielle du Nord de la Chine, un monde de limbes qui semble prendre en otage des habitants incapables de s’en extirper.

Pourquoi il faut aller le voir : Ce film-fleuve de près de 4 heures avait fait forte impression en début d’année à la Berlinale et vient d’être couronné meilleur film aux Golden Horse Awards. C’est un météore bouleversant et d’une modernité radicale qui restera malheureusement le premier et dernier long métrage de son jeune auteur, qui s’est suicidé après l’avoir achevé.

La Flor | Mariano Llinas (Un état des lieux du cinéma contemporain)

Le pitch : Film à épisodes d’une durée totale de quatorze heures, La Flor ressemble à un jeu de pistes. C’est un film fantastique, une comédie musicale mélodramatique, un récit d’espionnage intercontinental, un quatrième épisode aussi indescriptible que vertigineux, la tentation d’offrir d’un classique du cinéma français un remake, puis un film primitif…

Pourquoi il faut aller le voir : Senses (et ses 5 heures), sélectionné et primé aux 3 Continents il y a trois ans, fait presque figure de court métrage comparé à La Flor. En une dizaine d’heures et trois parties, Mariano Llinas construit un labyrinthe de cinéma qui a beaucoup fait parler.

Grass | Hong Sangsoo (Un état des lieux du cinéma contemporain)

Le pitch : Au bout d’une allée, un café que personne ne s’attendrait à trouver. Les gens s’assoient et parlent de leur vie. Au fil du temps, les clients se côtoient et apprennent à se connaître. Une femme les observe et semble mettre par écrit leurs pensées. La nuit commence à tomber mais tous restent dans le café.

Pourquoi il faut aller le voir : On a débuté 2018 avec la beauté de Seule sur la plage la nuit, on terminera l’année avec le tout aussi beau Grass. Il règne un spleen fantomatique dans l’étrange nouveau Hong Sangsoo découvert à la Berlinale et qui met à nouveau en scène la merveilleuse Kim Min-Hee.

Pig | Mani Haghighi (Séances spéciales)

Le pitch : Hasan Kasmai, réalisateur quinquagénaire, est depuis quelques temps censuré par le gouvernement. Il reste convaincu d’être un grand réalisateur. Quand un mystérieux serial killer sévit dans le milieu du cinéma iranien, décapitant plusieurs cinéastes de grande renommée, Hasan prend peur un moment, mais n’en reste pas moins scandalisé : pourquoi le serial killer n’est toujours pas venu le chercher, alors qu’il reste bel et bien le meilleur en son domaine ?

Pourquoi il faut aller le voir : Parce que si les drames politiques iraniens qui parviennent jusqu’à nos écrans sont relativement nombreux, les farces horrifiques (mais tout aussi politiques) le sont beaucoup moins. Une surprise qui brille en festivals depuis sa première mondiale en compétition à la Berlinale.

Temporada | André Novais Oliveira (Compétition)

Le pitch : Juliana déménage seule à Contagem, banlieue de la métropole de Belo Horizonte, pour y occuper au sein d’une petite unité de quartier un emploi de contrôleuse sanitaire dans la prévention contre la dengue. Le temps est beau, les habitants sont hospitaliers, les collègues accueillants et généreux. Mais ici, une fusillade peut éclater en plein jour, les colonies de moustiques tapies dans un recoin restent invasives, le salaire est maigre et le mari que Juliana attend donne de moins en moins de nouvelles…

Pourquoi il faut aller le voir : Ce pourrait être un terrible drame social comme on en voit beaucoup, mais il y a, dans le regard du Brésilien André Novais Oliveira, une douceur bienveillante qui trouve l’équilibre subtil pour dire les choses sans les ripoliner, et sans le sensationnalisme du poverty porn. Un cœur gros comme ça.

Three Adventures of Brooke | Yuan Qing (Compétition)

Le pitch : Xingxi (Brooke), chinoise, voyage seule à Alor Setar, au nord de la Malaisie. Elle y vit trois aventures distinctes, et comme parallèles, dont le point de départ est identique : une journée de grande chaleur, au bord d’un chemin perdu, elle est victime d’une crevaison de vélo…

Pourquoi il faut aller le voir : C’est l’une des curiosités de cette quarantième édition. Un buzz de la Mostra de Venise, premier long métrage de sa jeune réalisatrice chinoise, au concept ludique et qui semble lorgner du côté d’Eric Rohmer…

Your Face | Tsai Ming-Liang (Un état des lieux du cinéma contemporain)

Le pitch : Quelques histoires racontées (avec ou sans parole), des questions simples, des paroles libérées de tout jugement. « De quoi souhaiteriez-vous parler ? » demande le réalisateur. Chaque intervenant du casting, anonyme repéré dans les rues de Taipei (exception faite de Lee Kang-sheng, acteur fétiche de Tsai Ming-liang), est présenté dans un seul plan fixe, sans interruptions…

Pourquoi il faut aller le voir : Le grand cinéaste taïwanais signe un film aux portes de l’expérimentation et qu’il dévoile en première française. Il sera présent au festival pour une masterclass exceptionnelle.

Le site officiel

Nicolas Bardot

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