Festival de Busan | Entretien avec Patiparn Boontarig

Primé lors du récent Festival de Busan, Solids by the Seashore est le premier long métrage du Thaïlandais Patiparn Boontarig. Celui-ci raconte la romance entravée entre deux jeunes femmes, dans la campagne thaïlandaise. Ce film d’une grande douceur sensorielle fait preuve d’une ambition formelle à la fois inventive et subtile. Patiparn Boontarig est notre invité de ce Lundi Découverte.


Quel a été le point de départ de Solids by the Seashore ?

Le point de départ remonte à il y a 12 ans. À l’époque, j’ai réalisé un court documentaire sur cette digue. Après avoir terminé le tournage et le montage de mon film, le maire de la ville que j’avais interviewé a été tragiquement abattu. Il était l’une des personnes qui tentaient de protéger la plage contre le projet de digue initié par le gouvernement. Cet incident m’a profondément touché et m’a fait réaliser que je voulais faire un film sur cette question. J’ai décidé d’adapter mes expériences personnelles à la vie des gens qui y vivent et d’utiliser la digue comme métaphore.



Pouvez-vous nous en dire davantage sur votre utilisation des éléments naturels, des vagues aux étoiles, pour transmettre les émotions et conflits des personnages ?

Ces éléments naturels servent de métaphores tout au long du film. La plage et les vagues peuvent représenter la beauté intacte de la vie et de l’amour, tandis que la digue rappelle les forces destructrices des attentes et du développement de la société. En tissant ces éléments ensemble, le but était de créer un paysage visuel et émotionnel qui reflète les conflits intérieurs des personnages ainsi que les thèmes plus larges de l’histoire. Pour moi, c’est un bon moyen de mettre l’accent sur la manière dont les protagonistes luttent pour maintenir leurs émotions authentiques face aux forces sociétales qui tentent de façonner leur vie et leurs amours d’une manière plus artificielle. Cela donne également au public l’espace nécessaire pour réfléchir à des aspects de sa propre vie qui peuvent être liés à ces thèmes.

Comment avez-vous eu l’idée de la « scène de sable », où la caméra s’enfonce profondément dans la place et où l’on découvre tout un monde ?

En fait, cette scène est intentionnellement laissée ouverte pour que le public puisse l’interpréter à sa manière. Ce que je veux transmettre, c’est que juste sous la surface, les aspects les plus profonds de chaque individu sont purs. Mon objectif est d’illustrer l’importance de regarder au-delà des apparences extérieures.



Qui sont vos cinéastes de prédilection et/ou qui vous inspirent ?

J’ai commencé mon parcours dans l’industrie cinématographique en ayant l’opportunité de travailler en tant qu’assistant réalisateur de Phuttiphong Aroonpheng (Manta Ray) et Jakrawal Nilthamrong (Anatomy of Time), ce qui m’a révélé que la production cinématographique ne se limite pas aux formats traditionnels. Le cinéma indépendant permet une plus grande liberté dans le processus de travail et l’exploration du contenu au-delà des frontières conventionnelles. Ils sont tous les deux mes adorables superviseurs, mentors et grandes inspirations.

Quelle est la dernière fois où vous avez eu le sentiment de voir quelque chose de neuf, de découvrir un nouveau talent ?

Je suis né à une époque où de nombreux nouveaux talents et de nouvelles perspectives cinématographiques émergeaient continuellement. J’ai toujours exploré les films classiques et contemporains. Aujourd’hui encore, je reste ouvert à la découverte de nouveaux talents et à l’appréciation de nouvelles perspectives et de récits innovants au cinéma.



Entretien réalisé par Nicolas Bardot le 13 octobre 2023. Un grand merci à Patitta Jittanont et Mai Meksawan.

| Suivez Le Polyester sur TwitterFacebook et Instagram ! |

Partagez cet article