Dossier Étrange Festival 2018

COMPÉTITION

21 longs métrages figurent dans la compétition de cette 24e édition de l’Étrange Festival. Parmi les grands noms au menu, Lars Von Trier sera à l’honneur avec The House That Jack Built, autoportrait déformé dans lequel le réalisateur se répète parfois mais offre une intéressante mise à nu. Le Japonais Shinya Tsukamoto présentera Killing, qui suit le parcours d’un ronin dans le Japon de l’ère Edo. Ce film fera sa première mondiale quelques jours auparavant en compétition de la Mostra de Venise.

Quelques noms prometteurs, dont certains ont été repérés à l’Étrange, font leur retour. Le Canadien Panos Cosmatos, repéré avec sa rêverie Beyond the Black Rainbow, revient avec Mandy, récit de SF horrifique avec un Nicolas Cage qui cherche à se venger. L’anthologie The Field Guide to Evil est signée par quelques uns des talents les plus remarquables du genre en ce moment, comme les Autrichiens Veronika Franz et Severin Fiala, la Polonaise Agnieszka Smoczynska ou le Britannique Peter Strickland. Autres réalisateurs déjà passés par l’Étrange : le Philippin Erik Matti suit dans le thriller Buybust un organisme de lutte contre la drogue qui met en place une opération massive dans les bidonvilles de Manille. Remarqué avec le déjanté Macabre, l’Indonésien Timo Tjahjanto réalise le film d’horreur May the Devil Take You dans lequel deux sœurs vont être confrontées à des forces maléfiques. Plus sage sur le papier, le Français Sébastien Marnier (Irréprochable avec Marina Foïs) dirige Laurent Lafitte dans L’Heure de la sortie, sur un prof remplaçant confronté à des élèves inquiétants.

Parmi les temps forts de cette année devrait figurer Utoya, 22 juillet du Norvégien Erik Poppe. Ce long métrage glaçant relate le massacre terroriste qui a eu lieu à Utoya en 2011. Derrière le pari technique incroyable (le film est tourné en un plan séquence), Poppe pose de bonnes questions de cinéma et, en donnant un visage aux victimes, fait un geste politique. Dans un registre plus léger, Meurs, monstre meurs de l’Argentin Alejandro Fadel raconte, dans un coin reculé de la Cordillère des Andes, une enquête sur des crimes terribles. Passé par Cannes, le film est un ride sensoriel et surréaliste qui laisse parfois bouche bée. Une curiosité : Life Guidance de l’Autrichienne Ruth Mader, dystopie SF minimaliste sur un homme vivant dans un monde sans émotion où l’on fait un tri entre les citoyens jugés valables et ceux plus précaires…

Côté découvertes, on attend beaucoup de l’Allemand buzzé Luz de Tilman Singer, film d’horreur dans lequel des policiers libèrent des forces occultes. Autre buzz, le conte horrifique The Dark de l’Américain Justin P.Lange et l’Autrichien Klemens Hufnagl, qui raconte la rencontre entre une jeune fille qui hante le bois dans lequel elle a été assassinée et un jeune garçon sans yeux. L’Américaine Sarah Daggar-Nickson dirige Olivia Wilde dans le thriller A Vigilante, dans lequel l’actrice incarne une femme maltraitée va aider d’autres victimes d’abus. Également au menu : le film d’espionnage coréen The Spy Gone North de Yoon Jong-Bin (Nameless Gangster), le drame fantastique espagnol Up Upon the Stars de Zoe Berriatua produit par Álex de la Iglesia, le film d’horreur américain Amalia d’Omar Rodriguez Lopez, le film de SF américain Perfect de Eddie Alcazar, le film fantastique brésilien The Nightshifter de Dennison Ramalho, le thriller britannique Perfect Skin de Kevin Chicken ou encore la comédie horrifique tunisienne Dachra de Abdelhamid Bouchnak. Cette compétition s’ouvrira par le Britannique Anna & the Apocalypse de John McPhail, comédie fantastique musicale dans laquelle une jeune femme va être confrontée à des zombies – tout cela en chansons.

HORS COMPÉTITION

Les différentes sections non-compétitives devraient comme chaque année réserver leurs réjouissances. Il y a certains noms bien connus : Gaspar Noé avec son nouvel ovni Climax, le duo Kervern-Delépine qui dirige Jean Dujardin dans la comédie I Feel Good et Bruno Dumont qui vient présenter la suite de P’tit Quinquin dont le titre, Coin-Coin et les Z’inhumains, est déjà un poème. Parmi les films qu’on attend, citons le Japonais Liverleaf de Eisuke Naito et sa jeune héroïne harcelée qui va se venger, le craquage queer Fags in the Fast Lane de l’Australien John Sinbad Collins, le haut en couleurs Diamantino de Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt et son footballeur sensible ou encore le film d’horreur malaisien Dukun de Dain Said (Interchange) dont l’héroïne a l’air délicieusement diabolique. L’animation sera représentée par trois longs métrages qui semblent parfaitement étranges : le Japonais Violence Voyager de Ujicha sur deux amis égarés dans un parc d’attractions abandonné, le Chinois She de Zhou Shengwei et sa parabole à base de chaussures (oui) et le Chilien La Casa lobo de Cristóbal León et Joaquin Cociña sur une jeune femme qui se réfugie dans une maison semblant réagir aux émotions. Le film de clôture sera le drame SF polonais The Man With The Magic Box de Bodo Kox et son récit de voyage dans le temps.

PÉPITES ET RÉTROSPECTIVES

L’un des bonheurs de l’Étrange, chaque année, se niche dans ses pépites et raretés. Le menu 2018 est particulièrement affriolants avec notamment une rétrospective intitulée Nikkatsu Extravaganza ! qui permettra de (re)découvrir entre autres la trilogie Woman Gambler, les longs métrages de la série Stray Cat Rock ou Blind Woman’s Curse, une joyeuseté signée Teruo Ishii qui a autrefois été honoré par une belle rétro au festival. Un autre programme amoureux du Japon, 8mm Hachimiri Madness – Japanese Indies from the Punk Years, est un carambolage de pitchs merveilleux avec derrière la caméra des réalisateurs comme Sono Sion, Nobuhiro Suwa ou Shinya Tsukamoto. Des focus seront consacrés à l’Iranien Shahram Mokri et au Kazakh Adilkhan Yerzhanov, deux personnalités à part du jeune cinéma contemporain. Des Cartes Blanches ont été accordées à Jackie Berroyer et Pakito Bolino (pour les 25 ans du Dernier cri). L’Étrange Musique (avec Mondo DC et Embodiment of Evil de Jose Mojica Marins au programme) et Retour de flamme (dédié à Edgar Allan Poe) sont à nouveau au menu. Si vous ne trouvez rien à votre goût, on ne peut plus rien faire pour vous…

L’Étrange Festival, qui se déroule du 5 au 16 septembre au Forum des Images à Paris, est à suivre sur Le Polyester. Retrouvez la sélection complète ci-dessous.

Ouverture
Bavure de Donato Sansone + Anna & the Apocalypse de John McPhail

Clôture
The Man with the Magic Box de Bodo Kox

Compétition
Amalia d’Omar Rodriguez Lopez
Utoya, 22 juillet d’Erik Poppe
Meurs, monstre, meurs d’Alejandro Fadel
The Spy Gone North de Yoon Jong-Bin
Mandy de Panos Cosmatos
Luz de Tilman Singer
Life Guidance de Ruth Mader
Up Upon the Stars de Zoe Berriatua
The Nightshifter de Dennison Ramalho
Dachra de Abdelhamid Bouchnak
The House That Jack Built de Lars Von Trier
Perfect Skin de Kevin Chicken
Anna & the Apocalypse de John McPhail
L’Heure de la sortie de Sébastien Marnier
May the Devil Take You de Timo Tjahjanto
Perfect de Eddie Alcazar
A Vigilante de Sarah Daggar-Nickson
The Field Guide to Evil (Collectif)
Killing de Shinya Tsukamoto
Buybust de Erik Matti
The Dark de Justin P.Lange & Klemens Hufnagl

Nouveaux talents – hors compétition
Kafou de Bruno Mourral
La Casa lobo de Cristobal Leon
She de Zhou Shengwei
Rhizom de Shazzula
Lifechanger de Justin McConnell

Mondovision – hors compétition
Diamantino de Gabriel Abrantes, Daniel Schmidt
Violence Voyager de Ujicha
Upgrade de Leigh Whannell
Dukun de Dain Said
Frig de Antony Hickling
Liverleaf de Eisuke Naito
Climax de Gaspar Noé
Coincoin et les Z’inhumains de Bruno Dumont
I Feel Good de Bruno Delépine et Gustave Kervern
Fags in the Fast Lane de Josh Sinbad Collins

Documentaires
Des cowboys et des Indiens de Fabrice du Welz
L’Ange du nord de Jean Michel Roux
The Allins de Sami Saif

Carte blanche à Jackie Berroyer
Lune froide de Patrick Bouchitey
Exotica de Atom Egoyan
La Vengeance est à moi de Shohei Imamura
Double messieurs de Jean-François Stévenin
Clonk de Bertrand Lenclos + Mission Socrate de Bertrand Lenclos & Jackie Berroyer

Carte blanche à Pakito Bolino (25 ans du Dernier cri)
Mondo DC
Undergronde de Francis Vadillo + Dearraindrop de Billy Grant + 2Up:Block/2Up:Phobia de Tetsunori Tawaraya + Sgure/Sgure ox/DJ Rainbow Ejaculation / Muscle Park de Sekitani Norihiro
Red & Rosy de Frank Grow + Matt Konture de Francis Vadillo

Focus Shahram Mokri
Fish & Cat
Invasion

Focus Adilkhan Yerzhanov
Night God
The Plague at the Karatas Village
The Owners
Constrictors
The Story of Kazakh Cinema
Realtors
La Tendre indifférence du monde

8mm Hachimiri Madness – Japanese Indies from the Punk Years
The Isolation of 1/880000 de Sogo Ishii + The Adventure of Denchu Kozo de Shinya Tsukamoto
I Am Sono Sion !! de Sono Sion + Tokyo Cabbageman K de Akira Ogata
Saint Terrorism de Yamamoto Masashi
Hanasareru Gang de Nobuhiro Suwa
A Man’s Flower Road de Sono Sion
Happiness Avenue de Hirano Katsuyuki
Unk de Makoto Tezuka + High-School-Terror de Makozo Tezuka + The Rain Women de Shinobu Yaguchi

Nikkatsu Extravaganza !
Blind Woman’s Curse de Teruo Ishii
Les Tueuses en collants noirs de Yasuharu Hasebe
La trilogie Woman Gambler de Haruyasu Noguchi
La saga Stray Cat Rock de Yasuharu Hasebe et Toshiya Fujita

L’Etrange Musique
Mondo DC
Embodiment of Evil de Jose Mojica Marins

Retour de flamme
The Tell Tale Heart de Charles Klein & Leon Shomroy
Le Crime du Docteur Crespi de John H. Auer
Rachmaninoff’s Prelude de Castleton Knight

Les Pépites de l’Étrange
L’Hôpital de Arthur Hiller
La Saignée de Claude Mulot
Parade funèbre des roses de Toshio Matsumoto

Séances spéciales
El Otro Cristobal de Armand Gatti
Fender l’Indien de Robert Cordier
Moi, Christine F, 13 ans, droguée, prostituée de Uli Edel

Dossier réalisé par Nicolas Bardot

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