Festival de Varsovie | Critique : Test

Un bodybuilder d’une petite ville de l’Ohio se heurte à sa mère très pieuse alors qu’il poursuit ses rêves sous la direction d’un entraîneur renommé.

Test
Etats-Unis, 2026
De Sam McConnell

Durée : 1h53

Sortie : –

Note :

LA CHUTE EST FAMILIÈRE

Pas besoin de plus d’une image pour le savoir : Eddie fait du culturisme de compétition et il a le corps pour le prouver. Pas besoin d’une seule scène pour le comprendre : joyeusement illuminée, sa mère est à la fois sa coach complice et sa cheerleader personnelle. Ce n’est pas comme si ces rôles pouvaient revenir à d’autres proches car, dans cette petite ville triste d’Ohio à l’horizon grisâtre, Eddie et sa mère vivotent ensemble et ne peuvent compter que l’un sur l’autre. Du moins jusqu’à l’arrivée de Mike, nouvel entraineur qui va susciter chez Eddie un désir jusqu’ici refoulé.

Ceux qui attendraient de Test des représentations gay nouvelles et stimulantes ne cherchent pas au bon endroit. Ce récit d’apprentissage (et pourquoi n’aurait on pas droit à des récits d’apprentissage même quand on est déjà adulte ?) suit un chemin très familier et même étonnamment chaste : il faut attendre une heure pour un premier baiser, et après la première (unique) scène de sexe entre les deux acteurs, l’un d’entre eux remet immédiatement son slip même pour trainer au lit. Mais c’est un peu faire un faux procès à Test que de l’observer sous cet unique angle réducteur car l’homosexualité refoulée puis assumée d’Eddie n’est pas au cœur même des enjeux du film. Ce n’est que l’un des facteurs sur lequel ce protagoniste plus tendre qu’il n’y parait va devoir s’émanciper : mère envahissante, hypocrise de sa communauté religieuse, complexité du rapport à un père absent, ambiguïté de l’entourage amical, illégalité des hormones qu’on lui impose…

Aucune de ces pistes en soi ne fait preuve d’originalité flagrante, et ce n’est pas non plus ce portrait collectif de ce coin d’Amérique déshérité qui risque de décoiffer, mais cela n’empêche pas le résultat d’être touchant et rondement mené. Pour son premier long métrage de fiction, le réalisateur américain Sam McConnell fait preuve de suffisamment de savoir faire narratif pour rendre ces deux heures vivantes (cf les qualités d’exposition signalées dans le premier paragraphe). Il peut pour cela compter sur des interprètes investis et convaincants qui rendent leurs personnages crédibles au-delà des archétypes.

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par Gregory Coutaut

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