Inspiré d’une histoire vraie. Années 80, New Jersey. Malmenée par un quotidien épuisant et un passé traumatique, Rita découvre enfin la sérénité en rencontrant la fascinante Ricky, à la tête d’une communauté de femmes. Guidée par leurs croyances sectaires, Rita se laisse doucement séduire. Mais lorsque ses deux filles tentent de la raisonner, Rita doit choisir entre sa liberté retrouvée et la vie qu’elle a laissée derrière elle.
The Liberation of Rita Cooper
France, 2026
De Guy Nattiv
Durée : 2h04
Sortie : 06/01/2027
Note : ![]()
FEMME LIBÉRÉE
The Liberation of Rita Cooper est construit sur un perpétuel va-et-vient entre deux récits ne se déroulant pas au même moment. Dans l’un d’entre eux, une mère de famille aimante mais lasse (Rita Cooper) fait la connaissance d’un sympathique groupe de développement personnel pour femmes. Dans l’autre récit, deux adolescentes infiltrent une secte dans le but de sauver leur mère. Ce n’est pas gâcher une surprise que de le dire, car le film n’est pas long à confirmer l’intuition du spectateur : ces deux mères sont bien une seule et même personne.
Que c’est-il passé pour que Rita change de nom, et pour que l’accueillante organisatrice du cercle de parole se transforme en intransigeante gourou manipulant ses adeptes ? A quel moment a eu lieu ou aura lieu la libération promise par le titre ? En suivant en parallèle ces deux récits, le film mène une double enquête. Dans le récit au présent, nous découvrons en même temps que les deux jeunes héroïnes la réalité du soi-disant camp de vacances dans lequel vit leur mère, ou plutôt le fantôme maladif de ce qu’elle fut. Le ton est alors indéniablement au suspens. Dans la partie au passé, c’est directement au côté de Rita que nous nous trouvons et nous suivons étape par étape l’évolution du piège dans lequel elle tombe. Surprise, le ton est ici au drame chaleureux et poignant, au magnifique-portrait-de-femme comme diraient les adeptes des clichés.
Quelle idée étonnante de bâtir un film sur le mariage de deux registres si différents, de deux énergies qui sur le papier ne sont pas faites pour se rencontrer. Ces deux visages se nourrissent-ils mutuellement ? Le résultat donne plutôt l’impression inverse, celle d’une cohabitation pas désagréable mais limitée. D’un jeu de piste sympathique mais un peu gratuit. Parfois inquiétant, The Liberation of Rita Cooper n’est jamais éprouvant. Que celles et ceux qui espèrent avant tout les sévices et délices d’un film de secte soient prévenu.e.s. On est ici avant tout face un drame nerveux mais accessible et tout public. Si trouble il y a, celui-ci réside surtout dans la réalisation progressive que les deux récits sont bien plus proches dans le temps qu’il n’y parait.
Plus efficace sur le terrain de portrait de personnage que dans l’articulation d’une tension, le réalisateur Guy Nattiv peut en tout cas compter un atout majeur : Carrie Coon. Souvent croisée dans des séries mais trop peu au cinéma ces dernières années, l’Américaine est ici méconnaissable et livre une performance digne des plus grandes. Le plaisir de la suivre dans ses éclats comme dans ses ruptures subtiles est tel qu’il participe paradoxalement à affaiblir l’autre partie du film, où son personnage est complètement effacé. Les nuances de sa performance happent tant qu’elles éclipsent les ficelles un peu grosses du reste du film. La toute fin du long métrage vient expliquer de manière touchante à quel point le projet était personnel pour Nattiv, mais davantage qu’à la confirmation d’un cinéaste, on assiste ici avec enthousiasme à la confirmation d’une grande actrice.
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par Gregory Coutaut
