Josette, 75 ans, souffre de solitude à Yaoundé et n’a qu’un seul but : faire revenir ses enfants partis vivre en Europe. Alors qu’elle tente de les convaincre de construire une maison au Cameroun, elle rencontre Sarah, une jeune femme de son quartier. Une amitié naît entre les deux femmes, une amitié qui vient bouleverser leurs vies.
La Maison du vent
Cameroun, 2026
De Auguste Bernard Kouemo Yanghu
Durée : 1h42
Sortie : –
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CONTRE VENTS ET MARÉES
Quel vent étrange souffle dans la maison de Josette ? Est-ce simplement cet oiseau dans le salon et son battement d’ailes qui donnent cette impression de souffle ? La maison de Josette est pourtant bien vide, pour cette dame âgée dont le mari est décédé et dont les enfants ne vivent plus au Cameroun. La maison est bien vide et Josette en est la gardienne : des murs, mais aussi de la mémoire. Au début de La Maison du vent, premier long métrage du Français d’origine camerounaise Auguste Bernard Kouemo Yanghu, des personnages sont devant leur maison, c’est ainsi qu’iels s’inscrivent dans la ville. Josette est chez elle, mais un peu prisonnière.
C’est comme si les informations venaient préparer Josette psychologiquement : « il n’y a pas de perspective ici pour les jeunes ». Josette continue pourtant d’aménager une maison pour un fils qui, c’est sûr, reviendra. Mais c’est quoi, la famille, au juste ? Pour Josette, c’est une fiction à laquelle s’accrocher, quand plus tard elle voit un vieux mort seul et craint y déceler un avertissement. Mais pour Sarah, que Josette rencontre de manière imprévue, la famille est une fiction, quelque chose que l’on met en scène. L’antagonisme entre Josette et Sarah fonctionne, et leurs positions vis-à-vis de leurs familles respectives semblent se répondre harmonieusement.
Dévoilé dans la compétition Orizzonti à la Mostra de Venise, La Maison du vent est un film épuré, doux-amer et nuancé. Le long métrage gagne en relief grâce à l’aspérité donnée aux personnages, abimés par l’individualisme, la pauvreté ou le chagrin. Il n’y a pas de misérabilisme ni de pathos dans La Maison du vent, plutôt une tendre mélancolie, avec une scène qui ressemble à un clin d’œil à Tout ce que le ciel permet de Douglas Sirk. Qu’est-ce que le ciel permet à Josette (incarnée par la propre mère du réalisateur) ? S’il y a une patine assez mainstream dans La Maison du vent, il y a aussi un efficace savoir-faire pour raconter et émouvoir.
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par Nicolas Bardot
