Mostra de Venise | Critique : I Plant My Hand in the Garden

Hoda, une réfugiée iranienne vivant à Berlin, est enceinte et amoureuse de Boris, un homme gay queer originaire de Serbie. Ensemble, ils décident de se marier et d’élever l’enfant, en imaginant un futur construit selon leurs propres termes. 

I Plant My Hand in the Garden
Allemagne/Serbie, 2026
De Boris Hadžija & Hoda Taheri

Durée : 1h23

Sortie : –

Note :

MAIN DANS LA MAIN

« Maman ! Internet est revenu ! » : voilà à quoi peut tenir une relation familiale normale – à une connexion internet qui fonctionne. Cela pourrait être futile, mais c’est en réalité essentiel quand une mère et sa fille vivent à des milliers de kilomètres de distance, entre l’Iran et la Serbie. Et c’est ainsi que sont vécus de grands événements de vie dans I Plant My Hand in the Garden : on parle aussi bien de grossesse que de mariage que de visa en priant, décidément, pour qu’internet ne soit pas coupé.

Dévoilé dans la compétition de Giornate Degli Autori dans le cadre de la Mostra de Venise, I Plant My Hand in the Garden est un premier long métrage réalisé à quatre mains par l’Iranienne Hoda Taheri et le Serbo-Monténégrain Boris Hadžija. Désormais basé à Berlin, le duo indique que le film se situe quelque part entre leur véritable vie et celle qu’iels peuvent imaginer – soit un vaste champ des possibles. De fait, la fluidité est de mise dans I Plant My Hand in the Garden, à l’image de l’identité qui change en exil, où lorsqu’on finit par ne plus jouer les rôles familiaux attendus.

Les discussions peuvent être aussi banales que la vie de tous les jours, puis tout à coup on se met à parler de cadavres pendant la manucure. Rien de si surprenant finalement pour les protagonistes du film, car le macabre a complètement intégré le quotidien, et la répression en Iran peut se faire ressentir jusqu’en Europe. Les prises sont souvent longues et sans coupe, créant un espace de discussion qui met en valeur les interprètes. Ce parti-pris formel parvient avec succès à créer de l’attention, même si la construction du film et sa progression dramatique nous ont semblé parfois trop monotone. Il ressort néanmoins de I Plant My Hand in the Garden de la personnalité ainsi que de la modernité.

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par Nicolas Bardot

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