Trois générations de femmes se réunissent dans un chalet isolé pour venger la mort d’un être cher, avant de découvrir que leur captif n’est pas celui qu’il prétend être, et sa famille se rapproche, attendant le crépuscule.
Sundown
Canada, 2026
De Rebekah McKendry
Durée : 1h20
Sortie : –
Note : ![]()
QUAND SOUDAIN
Une bonne partie du capital sympathie de Sundown, présenté hors compétition au Festival de Locarno, réside dans son sens de la surprise, au point que le choix de la photo pour illustrer cette critique a demandé réflexion. A partir de quel point risque-t-on de trop en révéler ? La question est sans doute malicieusement venue à l’esprit de la réalisatrice américaine Rebekah McKendry au moment de doser les différents registres ici à l’oeuvre, et de calculer le moment idéal où son principal virage fera le plus effet.
Tout débute comme un drame nerveux, un film noir confortablement familier situé dans une petite ville américaine avec son diner traditionnel et ses cabanes de chasse. Le récit est axé sur trois femmes de la même famille : l’ado encore timide, la mère à l’ambitieuse carrière politique locale, et la grand-mère pas commode à qui personne n’oserait dire non. Il est question a demi-mot d’un drame familial, d’un jugement qui n’a pu être rendu et du dilemme moral consistant à faire justice soi-même. Pas de questionnement philosophique pour autant : mamie a retrouvé le sale type qu’elle cherchait depuis longtemps, elle le séquestre dans son salon et il y a urgence à agir. Et alors qu’il n’y a aucune raison de douter que nous sommes là en plein film de vengeance prêt à faire le tour des festivals de films policiers, voilà que Sundown se transforme en un claquement de doigts en film d’horreur.
Ce claquement de doigts ne se situe ni trop près du début, ni bien sûr à l’approche du dénouement. Il y a un certain panache à mener sympathiquement le public par le bout du nez avant de remplacer cette histoire familiale par des scènes authentiquement gores. Sundown souffre d’être un peu étriqué, cela se ressent dans certains effets spéciaux mais aussi certains dialogues un peu artificiels, et la peur espérée s’en retrouve comme entravée. McKendry parvient à redresser la barre en proposant un jeu de massacre aux mises à mort originales (avec un chandelier par exemple), quelques clins d’œil cinéphiles (les maquillages évoquent Vampire, vous avez dit vampire ?) et une dose de sang somme toute inattendue. Le résultat ne réinvente pas la roue mais offre un petit tour de train fantôme aux tournants pas si prévisibles.
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par Gregory Coutaut
