Derrière les murs d’un centre de détention pour jeunes délinquants, Troy est plongé dans un univers brutal de gangs, de loyauté et de violence dès son arrivée. Lorsqu’une complicité silencieuse se noue avec un autre détenu, cela devient une vulnérabilité qui les mets tous les deux en danger.
Animol
Royaume-Uni, 2026
D’Ashley Walters
Durée : 1h30
Sortie : –
Note : ![]()
LES ÉVADÉS
Animol se déroule dans ce qui serait un lieu de cauchemar pour à peu près n’importe qui d’un tant soit peu sensible : un endroit uniquement peuplé de sales petits mecs très sûrs d’eux. L’action se déroule dans une prison pour jeunes délinquants mais il pourrait tout aussi bien s’agir d’un simple pensionnat, d’une école militaire ou encore de l’île déserte de Sa majesté des mouches. On découvre ce lieu en même temps que Troy, le protagoniste, partageant avec lui l’angoisse qu’il peine à masquer lorsqu’il se retrouve immédiatement impliqué dans des dynamiques de brutalité et de chantage entre détenus.
Dévoilé en début d’année dans l’excellente section Perspectives de la Berlinale, dédiée aux premiers films, Animol ne cherche pas à révolutionner les codes du film de prison ni ceux du cinéma social britannique. Si le résultat manque peut-être de quelque chose d’unique, il s’agit cependant d’une réussite rondement menée. Le cinéaste Ashley Walters a en effet dans sa poche deux atouts de taille qui viennent apporter du relief à ce récit d’apprentissage archétypal. Il s’agit d’une part d’un casting particulièrement réussi : tous très convaincants et charismatiques, les quatre jeunes comédiens principaux composent un quatuor de garçons très différents les uns des autres. L’autre point fort d’Animol est l’équilibre de son traitement visuel qui parvient à éviter autant la claustrophobie redoutée que les effets esthétiques qui transforment trop souvent un certain cinéma britannique en clip ringard.
La dimension queer d’Animol ne se dévoile pas tout de suite, à tel point qu’en parler équivaudrait presque à gâcher une surprise. Il y a une crédibilité délicate et touchante dans la manière dont celle-ci débarque en ayant l’air de surprendre les principaux concernés eux-mêmes. Pour dire les choses clairement, Animol ne se transforme pas d’un seul coup en romance gay carcérale. Ce n’est pas qu’Ashley Walters s’en lave les mains, c’est plutôt qu’il fait preuve de tact dans la manière de doser discrètement cette révélation. Ce n’est pas tant l’homosexualité ou l’homophobie qui enferme les personnages. Les secrets et la honte sont certes des prisons, mais la masculinité est avant tout une prison pour tout le monde, peu importe le genre de garçon que l’on est. Le dénouement cathartique est un tantinet naïf mais le film dans son ensemble trouve un équilibre efficace entre l’empathie et l’incisif.
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par Gregory Coutaut
