Berlinale | Critique : Light Pillar

Le futur, l’hiver. Les  voyages spatiaux ne sont plus un rêve. Un concierge solitaire entretien un vaste studio de cinéma en faillite.

Light Pillar
Chine, 2026
De Xu Zao

Durée : 1h30

Sortie : –

Note :

COUPEZ

L’animation chinoise n’est pas forcément celle qui parvient le plus jusqu’aux écrans occidentaux. On peut néanmoins citer l’exemple récent de Liu Jian dont les films Have a Nice Day et Art College 1994 ont tous les deux été sélectionnés en compétition à la Berlinale avant d’être visibles dans les salles françaises (Art College 1994 devrait sortir chez nous en juin prochain). Et c’est à nouveau à la Berlinale qu’on peut découvrir le film d’animation Light Pillar de Xu Zao, dans la compétition Perspectives dédiée aux jeunes talents.

Un paysage est, la nuit, recouvert de neige. Ou bien s’agit-il de cendres ? La question pourrait presque se poser tant ce mini-monde semble fantôme. Light Pillar se déroule en effet dans un studio de cinéma dont les grandes heures sont passées. Un gigantesque Sphynx est posé là, comme une anomalie ensommeillée dans le décor. Les vestiges sont désormais recouverts d’un drap blanc : que deviennent les utopies, comme dans ce lieu désolé qui ressemble à un parc d’attractions autrefois rayonnant mais désormais à l’abandon ? Cela pourrait être un triste spectacle hanté, mais l’atmosphère de ce long métrage d’animation est étonnamment douce.

Cela passe par le design des personnages et les couleurs utilisées. Mais aussi par ce rythme curieux, tendre et lancinant, qui accentue la dimension paisible et rêveuse de ce vaste et petit décor de boule à neige. Un charmant et confortable matou déambule à pas lents tandis que les flocons recouvrent tout. L’herbe est-elle plus belle dans l’espace (car il est ici envisagé de partir pour le cosmos) ? Le climat délicatement nostalgique semble nous indiquer qu’il n’y a en tout cas plus grand chose à attendre du présent dans ce décor pourtant cinégénique.

L’humour dans Light Pillar est pince-sans-rire, à froid. Mais dans cette réalité à l’étrangeté taiseuse, personne n’est à l’abri de l’absurdité du monde du travail. Les souvenirs dans ce long métrage sont un trésor à chérir : lorsqu’un protagoniste enfile ce qui ressemble à un casque de VR, c’est le passé heureux qui apparaît à l’écran. Contraste saisissant : il s’agit de prises de vues réelles. La fête foraine est scintillante, et la nostalgie berce dans ce drôle de film à la fois joyeux et mélancolique.

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par Nicolas Bardot

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